Gland (fruit)

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Deux glands d'un Chêne pédonculé.

Le gland est le fruit du chêne.
Les jeunes chênes ne produisent pas de glands, et les productions annuelles dites « glandaies » sont chez le chêne particulièrement irrégulières, ce qui peut avoir des répercussions sur la santé des populations de sangliers ou d'autres animaux se nourrissant de glands.
Autrefois, en Europe, on menait les cochons manger les glands en forêt, mais cette activité était réglementée ou taxée, plus ou moins selon les régions.

Étymologie[modifier | modifier le code]

« Gland » vient du latin glans, glandis à ne pas confondre avec glandula qui signifie glande, organe sécrétoire.

Le fruit[modifier | modifier le code]

Glands de Chêne vert.
Glands du chêne vélani
Muséum de Toulouse

Sur le plan botanique, le gland est un akène, c'est-à-dire un fruit sec indéhiscent ne contenant qu'une seule graine. Il est enveloppé partiellement à sa base par une cupule, qui est en fait un involucre modifié, formé de bractées soudées.

Le gland est riche en amidon et fait partie de la nourriture habituelle des (sangliers) et des écureuils. Il peut en temps de famine se révéler une alimentation acceptable pour les hommes, mais la présence de tanins, substance astringente, en quantité appréciable en limite naturellement l'absorption, de même que l'afflux d'anthocyane au printemps qui colorie le gland en rouge ou orange. Cette coloration permet aussi de le camoufler aux yeux des herbivores qui confondent rouge et noir.

Les cupules de glands peuvent fournir d'excellentes teintures naturelles : beige, gris, noir pour le Chêne velani, dont en particulier Quercus macrolepis, présent en Asie Mineure et en Grèce, Albanie, Algérie, Chypre et Crète. Leurs cupules, de la taille d'une pomme sont récoltées après deux ans de maturation.

Dans les pays du Maghreb, le gland est connu sous le nom de belot ou baloute[1] (en arabe) et ablud (en kabyle, prononcé "avelodh"), peut-être en relation avec l'espagnol bellota ; le jambon ibérique issu de porcs nourris exclusivement aux glands porte ainsi l'appellation de jamón ibérico de bellota.

Semis pour reboisement[modifier | modifier le code]

Compte tenu de sa bonne résistance aux incendies, le chêne pubescent est avec le chêne vert une des principales espèces de chêne utilisées pour les reboisements artificiels.

Pour le semis de reboisement, mieux vaut cueillir les glands plutôt que les récolter au sol. Commencer la cueillette des glands de teinte brune quinze jours après que les premiers glands (généralement tarés) soient tombés au sol. Ne pas conserver les glands en sacs ou autre contenant en plastique. Préférer des sacs de jute ou contenant en bois ajourées (cagettes). Les glands se conservent au frais et à l'humidité dans du sable pendant deux mois. Pour une conservation plus longue, on peut placer un sac perforé (pas de sac fermé hermétiquement) de glands mélangés à du sable au réfrigérateur entre un et 4 °C.

L'idéal est de planter dès la récolte dans un trou de 30 cm ameubli en tout sens. Pour la plantation en masse, on peut utiliser une canne à semer. Le gland est à semer entre 3 et 5 cm de profondeur. Pour protéger le semis des prédateurs (rats, sangliers), on peut placer par dessus le gland un carré de grillage fin de 20 cm de côté à mailles de 1 cm. Celui-ci pourra être laissé en place et se dégradera avec le temps.

Glands doux[modifier | modifier le code]

Certains glands ont une teneur en tanins (qui les protège habituellement des prédateurs) plus faible que les autres, ce qui rend leur saveur plus douce et les rend donc consommables par l'homme : mais le gland est toxique pour l'homme et les ruminants lorsqu'il est consommé en grandes quantités. Ainsi, les glands du chêne-liège (Q. suber L.) sont traditionnellement commercialisés et consommés au Maroc[2]. Isidore de Séville, au VIIe siècle de notre ère, dit de l'yeuse que son nom latin, ilex, signifie " élu ", " choisi " "parce que son fruit est le premier cueilli par l'homme pour sa nourriture "[3] (on sait aujourd'hui que la variété ballota du Q. ilex = Quercus rotundifolia, serait la seule de l'espèce à avoir de gros glands doux toujours très consommés comme des châtaignes notamment en Turquie). "Séchés, décortiqués, puis finement moulus, ils fournissaient un pain très pâteux qui fut consommé en Europe jusqu'au XVIIIe lors des périodes de disette[4]."

Les Indiens d'Amérique (notamment en Californie) vivaient essentiellement d'un régime à base de glands de chêne (Quercus alba L, Quercus agrifolia Née, Quercus chrysolepis Liebm. et Quercus undulata Torr.) et de poissons. Ils enlevaient l'amertume de la farine de glands par un lessivage" compliqué "à l'eau chaude obtenue par la technique de pierres incandescentes". Aujourd'hui on peut faire ce lessivage plus simplement en cuisant les glands dans de l'eau. Dès que l'eau vire au brun, on recommence jusqu'à ce que l'eau reste claire, signe que les tanins (hydrosolubles) auront disparu et que les glands seront devenus comestibles.

On recense aujourd'hui une vingtaine d'espèces de chênes à glands doux[5] dont notamment Quercus ilex ‘ballotta‘, Quercus macrolepsis (syn. Quercus aegilops), Quercus michauxii, Quercus trojana, Quercus virginiana et certaines variétés de Quercus pyrenaica, Quercus suber

Gland et maladie de Lyme[modifier | modifier le code]

Un lien inattendu a été mis en évidence par une étude nord américaine[6] récente (1996) entre la densité de chênes et le risque de maladie de Lyme ;

  • Cette étude - fondée sur 13 ans de données prélevées au cœur de la zone d'endémie nord-américaine et de la zone croissance de la maladie de Lyme - a montré qu'il existait (dans cette zone et au delà des variations annuelles ou saisonnières) un faible lien avec la présence de cervidés (Odocoileus virginianus), un lien assez bref avec le climat (chaleur, pluviométrie) et un lien bien plus fort avec la densité de souris, de tamias et - ce qui était plus inattendu - de chêne (Quercus spp.)  ;
  • En Amérique du Nord, la souris à pattes blanches jouerait, devant le Tamia, le rôle le plus important pour la croissance et diffusion ou le maintien de cette zoonose.
  • Or les bonnes glandaies favorisent les Tamias et souris, dont les populations augmentent alors, au profit des larves de tiques qu'elles nourrissent plus facilement, en étant plus nombreuses, ceci d'autant que la chasse et le piégeage, ou des empoisonnements par pesticides, collisions avec les véhicules, etc. ont fait diminuer le nombre et la densité de leurs prédateurs (loups, renards, lynx, cougars, rapaces, etc.)

Décomposition[modifier | modifier le code]

Une partie des glands subit une décomposition et participe à la formation de l'humus.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans L'Âge de glace et ses suites, l'écureuil Scrat est obsédé par les glands, qu'il tente, par tous les moyens, de cacher dans un endroit sûr, au prix de nombreuses péripéties, ce qui donne lieu à de longues suites de gags récurrents.

Dans Mon voisin Totoro, les Totoros se nourrissent de glands. La journée, pendant que le grand Totoro dort, les deux plus petits ramassent des glands et les stockent dans des pots qui se trouvent sous les racines d'un grand camphrier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.setif.info/article5122.html
  2. Broussaud-le-Strat F., Chênes à glands doux, - Juillet 2002
  3. Isidorus Hispaniensis, Étymologiæ, lib. XVII, éd. J. André, Paris, 1981
  4. Mythologie des arbres, Paris, 1993, p. 94
  5. Douces chênaies à glands comestibles...
  6. Ostfeld RS, Canham CD, Oggenfuss K, Winchcombe RJ, Keesing F, 2006 Climate, Deer, Rodents, and Acorns as Determinants of Variation in Lyme-Disease Risk. PLoS Biol 4(6): e145. doi:10.1371/journal.pbio.0040145 (Article complet consultable en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]