Béothuks

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Pour la langue, voir Béothuk (langue).

Béothuks

Description de cette image, également commentée ci-après

Demasduit (Mary March), 1819 peint par Henrietta Hamilton (Library and Archives Canada)

Populations significatives par région
Population totale éteinte
Autres
Langues

béothuk

Terre-Neuve : territoire tribal des Béothuks

Les Béothuks ([be.o.tuk], parfois orthographié Béothucks) étaient les habitants autochtones de Terre-Neuve au Canada, lors du contact européen au XVe siècle. Le peuple a été officiellement déclaré éteint en tant que groupe ethnique distinct en 1829 avec le décès de Shanawdithit, la dernière survivante répertoriée.

Ethnonyme[modifier | modifier le code]

Béothuk était le nom utilisé par ce peuple amérindien en référence à eux-mêmes. Béothuk correspond non seulement à « Amérindien rouge de Terre-Neuve » mais est également l'expression générique du mot « Amérindien » et du mot composé haddabothic, qui signifie corps, Homme[1] ou encore ventre[R 1]. Comme beaucoup d'autres peuples se désignant par le terme Homme, les Béothuks ont fait de même[2]. L'ethnologue Robert Gordon Latham croyait que Béothuk signifiait « bonne nuit » dans leur langue de la tribu, s'identifiant par « les Amérindiens Bonne Nuit », puisque le vocabulaire de Demasduit utilisait béothuk pour « bonne nuit ». Les Béothuks utilisaient d'autres formes de salutation comme le mot betheoate, une forme du verbe baetha signifiant "s'en aller chez soi" et ainsi le sens du mot Béothuk devrait être l'expression « je m'en vais chez moi » (être humain)[1].

La forme orthographique et la prononciation du nom varient : Béthuks, Béothuks, Béothuc, Béothucks, Béothiks, Béothicks, Bœothukcs, Bœothicks, Bœthicks, Béhathooks et Béathooks. Les linguistes supportent l'usage de Béothuk mais la forme Béothuck est toujours populaire et était proposée par des auteurs comme James P. Howley[R 1].

Le nom Béothuk apparaît dans la littérature vers la fin du XVIIIe siècle. Avant cette période, les explorateurs, les pêcheurs et les colonisateurs surnomment le peuple Indiens Rouges ou les Peaux-Rouges (Red Indians en anglais) en raison de l'important usage de l'ocre rouge[R 1]. L'expression Peaux-Rouges a été employée plus tard en référence aux Amérindiens en général[R 2]et a pris une connotation plus négative. D'autres sources indiquent que la dénomination de peaux-rouges vient de l'habitude des Amérindiens de se passer de la teinture de roucou pour lutter contre les moustiques. Cette plante a par ailleurs été longtemps cultivée en Guyane pour ses qualités tinctoriales[réf. nécessaire].

Le territoire[modifier | modifier le code]

Avant que des hommes puissent occuper en permanence Terre-Neuve, il a fallu que la calotte glaciaire disparaisse et que le pergélisol en fondant permettent l'installation de la forêt. La plupart des groupes passaient les mois d'été au bord du rivage afin de collecter du poisson, des mammifères marins, des oiseaux de mer, etc. À l'intérieur des terres, ils chassaient le caribou et des animaux à fourrure pendant l'automne et l'hiver (Cf. fragments d'arcs, outils de pierre puis de fer). Les Béothuks utilisaient aussi bien évidemment l'éventail des ressources végétales (racines, baies et fruits) de l'île au gré de la saison. L'exploitation des ressources, saisonnière tant pour les végétaux que les animaux marins qui migrent, nécessitait des déplacements sur leur territoire. Les sites de campements, le long de la rivière montre l'importance de cette voie de circulation au moyen de canoës.

Les Béothuks, chasseurs-cueilleurs, ont dû constamment s'adapter à leur environnement pour survivre. La relative rareté des mammifères terrestres à la différence du Labrador a dû rendre les Béothucks plus vulnérables à l'évolution de leur environnement. De plus, l'orignal, le porc-épic et de nombreuses autres espèces continentales n'étaient pas présentes sur l'île lors de l'installation des premiers peuplements. Le caribou a donc été une part importante du régime alimentaire des Béothuks, ils chassaient également l'ours, le lièvre arctique, le castor, le renard, la martre et la loutre.

Le retrait glaciaire[modifier | modifier le code]

Au Dernier Maximum Glaciaire (env. 20 000 ans), Terre-Neuve est totalement couverte par les glaces venues du Labrador et la banquise s'étend jusqu'au Grands Bancs sur l'ensemble de la plate-forme continentale. Il y a 16 000 ans, le secteur des Grands Bancs, à l'est de l'île, est libéré des glaces. Vers 14 000 ans, le retrait glaciaire libère largement le golfe du Saint-Laurent et quelques petits secteurs côtiers au nord de celui-ci sur Terre-Neuve (baie de Saint-George). Il y a 13 000 ans, la majorité de la bordure côtière est accessible sauf sur la péninsule de Saint-John et dans la portion où l'inlandsis joint encore le Labrador et l'archipel. Vers 12 000 ans, toutes les côtes ne sont plus englacées mais une calotte de glace couvre la majorité des terres intérieures (voir série de cartes du retrait glaciaire[3],[4]).

C'est donc les côtes qui ont pu être visitées saisonnièrement par les Amérindiens pendant quelques milliers années à la fin de la période glaciaire. Puis la remontée du niveau marin a modifié le trait de côte et des terres précédemment libérées ont disparu. La libération des glaces et la fonte du pergélisol pour rapides qu'elles aient pu être n'ont pas autorisé toutes les ressources que les Béothuks pouvaient utiliser lors des premiers contacts par les Européens.

La présence de la calotte glaciaire a exercé un contrôle sur le climat jusqu'il y a 7000 ans. Les données de l'analyse pollinique, entre autres, montrent une migration des biomes durant l'Holocène de l’ordre de 100 à 200 m par année. La reconquête de la végétation forestière dans l'ensemble de la région du Golfe du Saint-Laurent a commencé par l'épicéa, le peuplier, le bouleau et le pin entre 10 000 et 7 000 ans. La végétation de toundra persistait alors sur les sommets de l'Ouest et du Sud-Ouest de Terre-Neuve. De petites phases de rafraîchissement ont ponctué ce début de l'Holocène et ont modifié la distribution des essences forestières[5],[6],[7].

La côte[modifier | modifier le code]

Les recherches archéologiques ont montré que les Béothuks ou leurs ancêtres Little Passage ont vécu dans toutes les grandes baies de l'île. Des sites de campements et de sépultures ont été trouvées sur la côte Sud à Burgeo, dans les baies de Couteau, d'Hermitage, de Plaisance et d'Espoir. Un petit outillage lithique vient de la péninsule d'Avalon (Passage à Ferryland, South Dildo, Bull Arm dans la baie Trinity). D'autres artefacts ont été trouvés sur les plages du cap Fréhel, Gambo Pond et dans la baie de Bonavista (voir cartes territoriales des campements et sites funéraires[8],[9]).

L'intérieur[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La dernière glaciation[modifier | modifier le code]

Les premiers Homo sapiens modernes, sont arrivés en Amérique du Nord durant la dernière glaciation, la Glaciation wisconsinienne (80 000 - 6 000 ans)[10],[11],[12]. La date de la première migration est toujours le sujet de débats[12]. D'une part, l'eau retenue par les calottes glaciaires fait baisser le niveau de la mer d'environ 120 mètres, créant de vastes ponts terrestres, dont celui du détroit de Béring, la Béringie (reliant l'Alaska et Sibérie sur plus de 1 000 km de long) et d'autre part, parce que l'extension de l'inlandsis de l'Alaska était moindre que celle du Canada et qu'un passage était possible entre les deux[12],[13]. De grands mammifères s'y sont aventurés, suivis par les humains[12].

Le territoire de Terre-Neuve est totalement couvert par l'inlandsis laurentidien à l'époque où les premiers hommes traversent le détroit de Béring. L'inlandsis s'étend jusqu'au Sud des grand lacs américains actuels lors du maximum glaciaire (22 000 - 18 000 ans). Le front glaciaire à la fin du Wisconsinien et au début de l'Holocène amorce son retrait il y a une vingtaine de milliers d'années. L'extension de l'inlandsis couvre encore Terre-Neuve au Tardiglaciaire vers 12 500 ans. La fonte de la calotte glaciaire de Terre-Neuve s'achève à l'Holocène.

Des occupations holocènes[modifier | modifier le code]

La déglaciation libère progressivement les territoires du Nord du Québec, du Labrador et de Terre-Neuve. Entre 12 500 et 8 000 ans AD, le Québec méridional n'enregistre pas de traces d'occupation humaine tandis que la région des Grands lacs correspond à la culture du Paléo-indien (entre 12 000 et 8 000 ans AD). La culture de l'Archaïque puis des groupes de l'Archaïque maritime se répandent dans les provinces maritimes de Nouvelle-Angleterre et au-delà du détroit de Belle-Isle.

La colonisation végétale de la toundra gagne les régions côtières dès qu'elles sont libérées des glaces, puis la forêt boréale s'installe. Les chasseurs-cueilleurs investissent rapidement l'espace et s'y adaptent en particulier sur les côtes riches en ressources. Au huitième millénaire, les marges orientales du Québec-Labrador sont ainsi peuplées (tandis que l'Arctique ne le sera que vers 4 000 ans AD).

Si des sites sont datés entre 8 000 et 7 000 ans AD sur la partie continentale, aucune date aussi ancienne ne correspond aux premiers signes de présence humaine sur l’île de Terre-Neuve. Il apparaît encore difficile de dire si le peuplement de Terre-Neuve s'est fait par la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard ou par la Gaspésie et la Moyenne-Côte-Nord. La plupart des sites de l'Archaïque maritime datent de 6 000 à 4 000 ans AD et se répartissent dans la région côtière du Labrador, de Belle-Isle et de l'Ouest de Terre-Neuve[14].

Dans le Sud du Labrador, les petits tumulus funéraires de l'Archaïque maritime sont les plus anciens d'Amérique (Cf. L'Anse Amour daté de 7530 ± 140 BP). La centaine de sépultures de Port-au-Choix à Terre-Neuve a livré des éléments d'une remarquable culture (objets décorés et sculptés en pierre, coquillages et bois), indiquant une société prospère et hiérarchisée. La culture des pêcheurs et chasseurs d’animaux marins montre également un usage abondant de l’ocre rouge.

Cette civilisation se serait éteinte il y a 4 000 ans, probablement à la suite de la submersion du plateau continental.

Vers -850, arrivent les paléo-inuits qui occupent l’île durant environ 700 ans. D'origine asiatique (Sibérie), ces Inuits ont émigré il y a plusieurs milliers d'années en traversant le détroit de Béring et se sont établis en Amérique du Nord. Ils sont supplantés par les représentants de la culture Dorsets et simultanément par ceux de la culture « Recent Indian », ancêtres possibles des Béothuks. Ces deux nations occupent l’île pendant le millénaire suivant.

Les contacts avec les Européens[modifier | modifier le code]

Les Vikings[modifier | modifier le code]

Les côtes méridionales furent probablement explorées pour la première fois autour de l'an mil par Leif Erikson, fils d'Érik le Rouge, un Viking originaire d'Islande. Des colonies vikings furent créées sur la côte Ouest du Groenland par Érik le Rouge. Toutefois, au début du XVe siècle, les colonies vikings au Groenland disparurent à la suite, entre autres, d'un refroidissement climatique (début du Petit Âge Glaciaire).

Avant de disparaître, les Vikings du Groenland avec Þorfinnr Karlsefni tentent une colonisation de Terre-Neuve (Vinland, désignation scandinave de Terre-Neuve ou de la Nouvelle-Écosse) comme l'attestent les vestiges de l'Anse aux Meadows (inscrit au patrimoine mondial par l'Unesco) qu'ils appellent Straumfjörðr). En 1014 naît Snorri, fils de Thorfinn Karlsefni et Gudrid, sans doute le premier Européen né au Vinland.

Cette colonisation finit par échouer, les sagas scandinaves relatant des dissensions entre les colonisateurs et des conflits avec les autochtones skrælings (Béothuks ? Dorsets ? Mi'kmaqs ?). L'évacuation du village a lieu quelques années plus tard. Selon les récits scandinaves, les dernières expéditions vers le Vinland ont lieu au XIIe siècle.

Les pêcheurs à la morue et à la baleine[modifier | modifier le code]

Selon un mémoire de 1710 des archives de Saint-Jean-de-Luz[réf. nécessaire], les Basques auraient découvert Terre-Neuve en 1392, à la poursuite de la morue.

Mais la pièce la plus significative concernant la possible découverte de Terre-Neuve par des pêcheurs bretons est une chartes de l'abbaye de Beauport à Paimpol, datée de 1514, et qui fait état d'un litige entre les moines et les habitants de l'île de Bréhat à propos de droits, établis 60 ans auparavant (donc vers 1454), de dîme sur la pêche « tant à la coste de Bretaigne, la Terre-Neuffre, Islande qu'ailleurs »[15].

La pêche à la baleine était également pratiquée par les marins basques. Le légiste bordelais, Cleirac, indique dans son livre Us et coutumes de la mer, que cent ans avant Christophe Colomb, les Basques chassaient déjà la baleine et pratiquaient la pêche à la morue. Cleirac précise que les marins basques découvrirent même le Grand Banc et le petit banc des morues au large de Terre-Neuve et reconnurent les côtes et rivages du golfe du Saint-Laurent[16].

Les sources récentes indiquent que les premières expéditions régulières de marins basques sur les côtes du Canada datent de 1525 et en 1630, des colons basques commencent à s’installer de manière permanente en Nouvelle-France[17],[18],[19](voir également la Carte basque de Terre Neuve[20]).

Les cartes[modifier | modifier le code]

Au cours du Moyen Âge apparaît sur les cartes marines, bien avant le voyage de Christophe Colomb, les noms de deux lieux situés en Amérique du Nord, Estotiland localisé selon les cartes sur l'actuel Labrador et Québec, et Drogeo situé plus au Sud, ou correspondant à Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick ou la Nouvelle-Angleterre. Drogeo attire l'attention en raison de son étymologie qui l'apparente à celle de la terminologie mi'kmaq [-geo-] dans (Drogeo) et aux autres terminaisons des lieux mi'kmaqs.

Dans la mythologie irlandaise, des navigateurs et des moines irlandais auraient abordé le continent américain au cours du XIIIe siècle suivant en cela le voyage de Saint-Brendan effectué au VIe siècle. Ces voyages deviennent un mythe dans l'exploration de l'Amérique. Jean Cabot et Jacques Cartier chercheront en vain le territoire de Norembergue, lieu supposé des Hommes du Nord européens venus coloniser l'Amérique au cours de la période médiévale.

Par la suite, une expédition revient dans la région en 1497 lorsque John Cabot explore la région pour le compte de l’Angleterre et découvre à son tour les Grands Bancs de morue de Terre-Neuve. Des Européens commencent à s'installer en 1505 alors que les Béothuks comptent à cette époque entre 1 000 et 5 000 individus.

La colonisation européenne[modifier | modifier le code]

En 1534, Jacques Cartier fait la première rencontre bien documentée avec les Béothuks[R 3]. En fait, Jean Cabot, en 1497, et Gaspar Corte-Real, en 1501, font mention des Amérindiens mais confondent divers peuples et ne font pas allusion à la teinture d'ocre rouge[R 3]. En 1502, des pêcheurs anglais commencent à fréquenter les Grands Bancs de Terre-Neuve, suivis par les Normands en 1506, les Bretons en 1510 puis des vaisseaux de pays ayant une façade sur l’Atlantique (voir également [21].

Les rencontres avec les Béothuks étaient généralement brèves principalement en raison de la barrière de langue. Les témoignages des Européens font surtout état du comportement et de la culture matérielle. Des captifs, en particulier Shanawdithit, ont enseigné du vocabulaire et quelques aspects culturels. Les témoignages micmacs sont également importants[R 4].

L'extinction[modifier | modifier le code]

The taking of Mary March on the North side of the lake : illustration de l'enlèvement de Demasduit (Mary March) sur le Lac Red Indian, par Shanawdithit, hiver de 1829
Objets béothuks British Museum. Au fond, probablement un col de manteau, l'objet courbé est un peigne en os, peut-être utilisé en amulette
Reconstitution archéologique de Béothuks dans un musée terre-neuvien
Camp Mi'kmaq : illustration de l'article Tribu des Mic-Macs de M. Vernoll dans Le Monde illustré 53 en 1858
Mary March Provincial Museum
Boyd's Cove Beothuk Site Museum

À l'arrivée de John Cabot en 1497, les Béothuks sont évalués entre 500 à 700 individus[22]. Les premiers contacts avec les Européens sont généralement amicaux mais fuyants. Les problèmes commencent lors de la colonisation britannique sur la côte, de la baie de la Conception à la baie de la Trinité puis jusqu'à la baie de Bonavista et, française à Plaisance[23]par des conflits de chasse et de pêche, des vols et une incompréhension généralisée[R 3]. Les Béothuks passaient leurs étés à la pêche le long de la côte et leurs hivers à la chasse à l'intérieur des terres. En automne, ils installaient des barrières pour diriger les caribous en migration vers les chasseurs qui les attendaient. Ils conservaient toute la nourriture en surplus pour l'hiver.

Les maladies apportées par les Européens sont souvent responsables de la mort des Autochtones[24]. De manière générale, les maladies transmises aux populations amérindiennes entrées en contact avec les colons au début du XVIIe siècle étaient nombreuses et virulentes, en particulier la variole, les maladies vectorielles à tiques, la typhoide et la rougeole[25].

À partir du Traité de Ryswick en 1697, les Anglais prennent possession de Terre-Neuve. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, les conflits avec les Blancs sont de plus en plus fréquents et les Béothuks sont repoussés vers l'intérieur des terres[R 3]. Les Béothuks attaquaient les Blancs, en général pour se procurer des outils et autres provisions, tandis que les Blancs, lors de leurs raids, pouvaient tuer des dizaines, voir des centaines de Béothuks[R 3]. Les Blancs capturaient aussi des Béothuks, notamment Demasduit en 1819 et Shanawdithit en 1823[R 3]. Les Béothuks ont aussi gardé des Blancs captifs[R 3]. Malgré le changement rapide de mentalité et le courant de sympathie envers les Béothuks, notamment à travers l'œuvre de l'explorateur écossais William Cormack, ceux-ci sont réduits à une poignée en 1823, à cause de la perte de leurs terres, des attaques, et des maladies venues d'Europe[R 3]. Aucun contact n'est réussi avec ces survivants et ces derniers quittent la rivière Exploits peu après. Il semble qu'ils se sont déplacés au nord pour aller vivre avec leurs alliés amérindiens du Labrador[R 1]. La Bœothick Institution, fondée en 1827, ne parvient pas à trouver de survivants[R 1]. Shanawdithit meurt en 1829; il est peu probable qu'il restait d'autres Béothuks à Terre-Neuve à ce moment[R 1].

Estimations de la population béothuk[R 1]
Année Population Source
1497 500 à 700 Marschall I., 1996
fin du XVIIe siècle plus de 500 Estimation d'après les morts d'un raid
1768 400 à 500 Estimation de Cartwright
fin du XVIIIe siècle plus de 500 Estimation d'après les morts d'un raid
1811 72 Recensement de Shanawdithit
1823 14 Recensement
1829 0 Estimation extinction

Demasduit, Shanawdithit et Santu Toney[modifier | modifier le code]

En 1819, les Britanniques comme John Peyton ont enlevé Demasduit (par la suite Mary March, capturée en mars), son père et une bande de pêcheurs (en tuant son mari Nonosbawsut le chef des Béothuks et leur poupon qui est mort de faim) et amené à Saint-Jean Terre-Neuve (Cf. le documentaire scientifique «L'enlèvement de Mary, la fin des Peaux-Rouges»). Le gouverneur de la colonie souhaitait en faire l'interprète et l'intermédiaire entre les colons britanniques et les Béothuks. Elle meurt de la tuberculose et est déposée dans un cercueil près de son mari et de leur bébé au Lac Indien Rouge. La nièce de Demasduit, une adolescente appelée Shanawdithit, est la dernière Béothuk connue. Elle est capturée en 1823 et appelée Nancy par les colons britanniques et passe les six dernières années de sa vie à décrire la culture et la langue béothuk à l'explorateur écossais William E. Cormack, lui révélant comment furent assassinés le chef et un chasseur de la tribu. Le décès de Shanawdithit est également attribuable à la tuberculose. Après l'étude du peuple Béothuk et de sa fin tragique, William E. Cormack amene les crânes du chef et de son épouse Demasduit en Écosse, où ils sont toujours exposés dans un musée.

En 1910-11, Santu Toney, une femme de 75 ans, est présentée par l'anthropologue Frank Speck comme la dernière survivante des Béothuks (de mère mi'kmaq et de père béothuk) mais son origine a été sujette à controverse[R 1]; il est cependant vraisemblable que depuis la mort de Shanawdithit en 1829, quelques Béothuks ou métis aient pu survivre.

La tradition orale affirme que quelques Béothuks ont survécu pendant quelques années dans la région de la rivière Exploits, Twillingate et, que des unions eurent avec les colons européens, les Inuits et les Mi'kmaqs [26]. Les enfants portaient des gènes Béothuks et d'autres ancêtres. Certaines familles de Twillingate affirment descendre partiellement de Béothuks du début du XIXe siècle.

Analyses génétiques et ostéologiques[modifier | modifier le code]

Récemment l'ADN mitochondrial des Béothuks a été analysé[27],[28]. Les deux échantillons prélevés sur les crânes de Demasduit et Nonosabasut portaient des haplotypes d'ADNmt relèvant des haplogroupes X et C et l'haplogroupe Y Q-M3, conformément aux populations autochtones actuelles du Nord-Est de l'Amérique. Les données des séquences de l'ADN mitochondrial permettent d'envisager un flux génétique possible ou d'une population ancestrale commune aux Béothuks et aux Mi'kmaqs, ce qui paraît naturel puisqu'ils partageaient le même territoire.

Huit ans après la mort de Nonosabasut et de Demasduit, leurs crânes ont été retirés de leur tumulus funéraire et transféré à l'Université d'Edimbourg par l'explorateur écossais William E. Cormack (Cf. National Museums of Scotland). Le crâne du chef Nonosabasut porte des traces de traumatisme au menton mais bien guéri et des blessures de combat. Le crâne de Demasduit présente une fracture perimortem de l'os pariétal gauche s'étendant sur la base du crâne [29].

Controverses à propos d'un génocide[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, la population béothuk est réduite à quelques réfugiés dans le bassin de la rivière des Exploits, subsistant des maigres ressources de l'intérieur.

De nombreux Mi'kmaqs habitent également l'île dans la région de Plaisance où se développe la colonie française[30]. Les Mi'kmaqs remplacent leurs arcs et leurs flèches par des mousquets fournis par les Français[31], ce qui leur donne un avantage sur les Béothuks qui refusent contact et alliance[32] qui leur aurait assuré une protection légale[33],[34] de par la politique paternaliste de l'Onontio[35]. En 1681, Louis XIV - Onontio Goa - écrit à l'intendant Duchesneau qu'il ne soit fait "aucune violence à mes sujets naturels. Il est aussi important de traiter les Sauvages avec la même douceur (etc.)"[36]. Selon certains auteurs[R 3], les Français encouragèrent les Mi'kmaqs à tuer des Béothuks ; les pêcheurs, chasseurs et trappeurs considérant le meurtre de Béothuks comme un mal nécessaire pour protéger leurs propriétés.

Au milieu du XVIIIe siècle, les gouverneurs de Terre-Neuve ont tenté, semble-t-il, d'établir trop tardivement des contacts amicaux avec les Béothuks[37],[38]. Les gouverneurs offrirent une récompense de 50 livres pour la capture d'un Béothuk vivant puis la récompense a été doublée sans que trappeurs et pêcheurs ne se soucient de combien ils auraient de Béothuks ils auraient à tuer pour essayer d'en capturer un vivant. Lorsque Shanawdithit est âgée de 10 ans, il serait restés seulement quelque 75 Béothuks qui essaient de survivre. Son oncle, le chef Nonosbawsut, et sa famille ont été assassinés par le juge John Peyton Jr. et son père alors qu'ils tentaient d'obtenir la récompense[39]. Les versions de cet évènement diffèrent très largement. Ainsi, si cette campagne de massacres, hautement douteuse pour certains auteurs, menée contre les Béothuks avait effectivement eu lieu, c'eut été en toute illégalité en raison de la Proclamation en 1759 par le Capitaine John Bryon comme un crime de nuire aux Béothuks ("a serious crime to harm a Beothuk") [40].

Que les Européens aient commis un génocide des autochtones reste un sujet de controverses[41],[42],[39]. Selon les chercheurs, les Européens ont réalisé le génocide des populations indigènes tandis que d'autres affirment que les épidémies (origine européenne) ont causé la mort de 90-95 % des populations autochtones.

Dans la question de la responsabilité des Européens à propos la disparition des Béothuks, l'explication la plus répandue mettant en cause l'hostilité des Anglais, il en est résulté des accusations de génocide (similaire au cas des Aborigènes de Tasmanie). S'il est peu vraisemblable qu'il y ait eu destruction systématique et intentionnelle de ce peuple, ce qui correspond à la définition usuelle d'un génocide[43], il n'en reste pas moins que la convoitise brutale de certains et la négligence à divers titres (maladies, exploitation du territoire) des Européens a conduit à la perte du peuple béothuk.

Dans le contexte d'attribution de la faute, Barrie Reynolds, à partir d'une source peu fiable, accuse ainsi les Français d'avoir offert une récompense aux Mi'kmaqs pour chaque tête de Béothuk[44]. Il est dommage, écrit Françoy Raynauld dans une note, que l'interprétation de l'extinction des Béothuks de Barrie Reynolds apparaisse dans le Handbook of North American Indians, car ce volume de référence (divisé en une vingtaine de parties de 600 pages chacune) fait autorité pendant un demi-siècle avant d'être révisé. Jared Diamond reprend cette thèse dans son livre Le Troisième chimpanzé, essai sur l'évolution et l'avenir de l'animal humain. Dans un tableau présentant quelques génocides depuis 1492, les Français sont présentés comme les auteurs des massacres avec les Mi'kmaqs. J. Diamond, sans citer ses sources, place le début de ces événements en 1497, un siècle avant que les Français ne s'installent en permanence dans la région et les termine en 1829, soit environ 75 ans après le départ définitif des Français.

Sources et artéfacts[modifier | modifier le code]

Outre le vocabulaire de Shanawdithit, peu d'artéfacts ont survécu. W.E. Cormack a légué des canots, des paniers et des figurines au British Museum de Londres et au Musée royal d'Écosse à Édimbourg. Le Musée de Terre-Neuve possède également quelques pièces, notamment quelques dessins de Shanawdithit (mais la plupart des documents qu'elle a réalisé ont disparu) ; le manteau attribué à Shanawdithit, conservé à Terre-Neuve, n'est probablement pas d'origine béothuk. La majorité des artéfacts envoyés en Écosse ont également été perdus[R 4]. Certains pièces n'ont été étudiées que très récemment.

Culture[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Béothuk (langue).

La langue des Béothuks ou encore béothukan, était parlé par les amérindiens Béothuks de Terre-Neuve dont la dernière s'est éteinte en 1829. Il existe peu de témoignages écrits et les liens linguistiques avec les langues algonquiennes voisines ne sont pas solidement fondés[45],[46]. Le béothuk n'est connu que par trois listes de mots écrits aux XVIII-XIXe siècles (collectés entre 1791 et 1828) soit quelque 325 mots mais sans syntaxe. Le peu de sources ne permet pas d'établir un corpus sûr et la présence européenne française (basque et breton) et anglaise a pu jouer un rôle.

Santu Toney a chanté une chanson apprise de son père en langue béothuque en 1929, rediffusée par la radio canadienne CBC le 13 septembre 2000 et apprise par les groupes Autochtones contemporains[47].

Religion et mythologie[modifier | modifier le code]

Les Béothuks croyaient en l'existence d'un « Grand esprit », au supernaturel et en la vie après la mort. Des figurines et des bâtons sculptés en bois sont considérés comme des représentations d'esprits et de concepts mythologiques. Selon la légende, les Béothuks seraient apparus lorsqu'ils auraient bondi d'une ou de plusieurs flèches plantées dans le sol[R 3].

Les morts étaient respectés. Ils étaient enroulés dans du mâchecoui (écorce de bouleau) et enterrés, souvent dans un endroit particulier sur la côte. Les hommes étaient enterrés avec leurs armes et d'autres objets personnels, les femmes portant simplement leurs vêtements. Des figurines, représentant probablement le défunt, étaient aussi enterrées. Les Béothuks croyaient pouvoir communiquer avec les morts. À la mort de son épouse, le survivant se lavait rituellement[R 5].

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

La société béothuk était vraisemblablement patriarcale mais beaucoup de respect était accordé aux femmes, tandis qu'il n'y a pas de division des tâches, excepté pour la chasse, considérée comme une activité masculine. Un comportement sain et une maison bien rangée étaient la norme chez les Béothuks ; les femmes étaient reconnues pour leur modestie et leur courtoisie. Les mariages, monogames, étaient célébrés durant plus de 24 heures[R 5].

Les Béothucks reconnaissaient un chef. La propriété privée, notamment des armes et de certains aliments, était reconnue. Bien qu'ils volaient souvent les Européens, ils étaient conscients que c'était un crime. Plusieurs étaient en fait sévèrement punis ; les adultères étaient brûlés vifs et les fugitifs risquaient la mort[R 5].

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Selon les observations contemporaines, les Béothuks chassaient, cueillaient et pêchaient à partir de leurs établissements côtiers durant la majeure partie de l'année. Les oiseaux et petits animaux étaient piégés ou chassés au moyen d'arcs ; les plus grands animaux chassés à la lance tandis que les phoques et parfois les baleines étaient chassées au harpon. Des mollusques, des racines, la partie intérieure de certaines écorces et les œufs complétaient le régime alimentaire ; des provisions de ces aliments étaient faites pour l'hiver. La viande était mangée bouillie ou rôtie[R 6].

L'analyse des dents (isotopes stables du collagène et de la dentine) de Nonosabasut et de Demasduit a montré que les deux individus avaient durant leur vie consommé pour une grande part des poissons d'eau douce et salée et d'autres aliments d'origine marine, qu'ils buvaient principalement l'eau du lac plutôt que l'eau du fleuve et que Demasduit et Nonosabasut eurent un accès égal à tous les types d'aliments et d'eau[28].

Les Béothuks faisaient du feu en frappant des morceaux de pyrite ensemble. Le mâchecoui servait à fabriquer des plats, des casseroles, des paniers et des sceaux. Des tendons d'animaux et des racines souples servaient alors de ficelles ou de lacets[R 5].

Les Béothuks partaient en expédition jusqu'à l'île Funk en raison des importantes colonies d'oiseaux marins, rapportant des œufs bouillis pour assurer leur conservation[R 6]. Durant l'hiver, les caribous étaient piégés dans des clôtures à caribous le long de la rivière Exploits. La transformation nécessitait une importante main-d’œuvre. La viande était fumée ou surgelée puis entreposée dans des contenants de mâchecoui déposés dans des bancs de neige ou dans des puits, ou encore elle était conservée dans des entrepôts.

Les Béothuks ne pratiquaient vraisemblablement pas la domestication, bien qu'un observateur nota, en 1819, la présence d'une chienne et de chiots[R 6].

Habitat[modifier | modifier le code]

Durant l'été, les Béothuks résidaient dans des wigwams coniques, souvent groupés par deux ou trois. Les parois étaient faites de plusieurs couches de mâchecoui soutenus par des poteaux à l'intérieur et à l'extérieur. Un trou au sommet permettait à la fumée du foyer de s'échapper. La nourriture séchée était probablement entreposée sur de hautes plates-formes. L'entrée était fermée par une peau de caribou. Les lits étaient placés dans des fosses creusés dans le sol, une pratique propre aux Béothuks. Les wigwams d'hiver ou mamateek étaient de forme octogonale et couverts de terre pour en améliorer l'isolation. Ces wigwams étaient plus grands et pouvaient abriter de douze à quinze personnes[R 6].

Les entrepôts avaient soit des toits coniques comme les wigwams soit des toits rigides, et leur parois étaient isolées avec des peaux de caribou. Un foyer était aménagé au centre de l'édifice et un trou percé dans le toit permettait l'évacuation de la fumée. Des puits d'entreposage étaient creusés dans le sol et revêtus de mâchecoui. Des échafauds pour sécher le saumon et entreposer les os de caribous conservés pour leur moelle et des supports pour canots complétaient les installations[R 6].

Les huttes à sudation étaient aménagées dans des constructions hémisphériques couvertes de peaux, où de l'eau versée sur des pierres chaudes fournissaient la vapeur[R 6]. Les maladies étaient traitées dans une hutte à sudation, accompagné d'incantations[R 5].

Habillement et parure[modifier | modifier le code]

L'élément le plus distinctif de l'accoutrement béothuk est l'ocre rouge pilé mélangé avec de l'huile ou de la graisse. Les autochtones en mettaient dans leurs cheveux, sur leur corps et sur leurs vêtements et leurs armes, bien que ces deux derniers usages ne sont probablement pas intentionnel ; l'ocre rouge permettait d'ailleurs aux Européens de différencier les Béothuks des autres peuples. Le principal vêtement utilisé, autant par les hommes et les femmes, consistait en un manteau sans manches de forme carrée, fait de deux peaux de caribou cousues et parfois avec des franges, auquel on pouvait ajouter un grand col. Ce vêtement permettait aux femmes d'emporter facilement un bébé attaché dans le dos ou aux hommes de libérer un bras pour tirer à l'arc. Les Béothuks portaient aussi des mocassins, des manches, des pantalons, des chapeaux, des mitaines et parfois des ceintures ; ces accessoires en cuir étaient portés avec la fourrure à l'intérieur et huilés à l'extérieur afin d'assurer une plus grande isolation. Des plumes étaient parfois placées dans les cheveux. De nombreux ornements sculptés en os étaient portés. Les femmes Béohtuks vivant captives aimaient les couleurs vives et les étoffes fines mais portaient leurs manteaux par dessus des vêtements occidentaux[R 7].

Technologie[modifier | modifier le code]

Les Béothuks aimaient utiliser les technologies apportées par les Blancs mais n'ont jamais utilisé d'armes à feu. Les javelots, les haches, les couteaux, les arcs et les gourdins étaient utilisés à la fois pour la chasse et comme armes. Les lames et pointes étaient généralement faites en pierre, principalement du silex ou en os mais les pointes de certaines flèches étaient en bois. Les arcs étaient fait en frêne ou en sapin et mesuraient 1,5 mètre ou plus de long. Les flèches étaient fabriquées en pin, avaient des empennages et étaient transportées dans un carquois. Des alênes de bois pouvaient aussi remplacer les flèches. Des harpons de 3,7 mètres de long avec des pointes en os, puis en fer, étaient utilisées pour la chasse aux phoques[R 8].

Les couvertures étaient fabriquées en peaux animales. Les bois d'orignaux servaient à fabriquer les peignes tandis que les boucles d'oreilles étaient fabriquées en os[R 5].

Transports[modifier | modifier le code]

Les Béothuks se déplaçaient généralement à pied et utilisaient des raquettes et des traîneaux durant l'hiver. Les carcasses d'animaux étaient conservées dans de grands emballages de mâchecoui et des radeaux étaient conservés à la rivière. La plupart des voyages sur l'eau nécessitaient l'usage de canots en mâchecoui ; le portage permettait de relier les différents cours d'eau mais des canots étaient entreposés sur les trajets les plus fréquentés ; les peaux de caribous devaient remplacer le mâchecoui[R 7].

Les canots faisaient au moins six mètres de long. La proue et la poupe sont pointues alors que le bordé s'élève au milieu du bateau pour former une pointe. Muni d'une quille et d'un ballast, il pouvait être utilisé pour se déplacer en haute mer. Les Béothuks n'hésitaient pas en fait à se rendre aussi loin que l'île Funk ou à traverser le détroit de Belle-Isle. Certains auteurs rapportent que des voiles étaient parfois installées mais il se peut que cet usage ait été adopté des Européens[R 7].

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Les armoiries de Terre-Neuve-et-Labrador sont supportées par deux Béothuks.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Notes :
  • (en) Barrie Reynolds et William C. Sturtevant (dir.), Handbook of North American Indians, vol. 2, Government Printing Office,‎ 1978:
  1. a, b, c, d, e, f, g et h Reynolds et Sturtevant 1978, p. 107
  2. Reynolds et Sturtevant 1978, p. 101
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Reynolds et Sturtevant 1978, p. 106
  4. a et b Reynolds et Sturtevant 1978, p. 108
  5. a, b, c, d, e et f Reynolds et Sturtevant 1978, p. 105
  6. a, b, c, d, e et f Reynolds et Sturtevant 1978, p. 102
  7. a, b et c Reynolds et Sturtevant 1978, p. 103
  8. Reynolds et Sturtevant 1978, p. 104
  • Autres références:
  1. a et b Howley James Patrick, The Beothucks or red Indians : the aboriginal inhabitants of Newfoundland, New York, AMS Press,‎ 1915 (réed. 1979) (ISBN 0404155898, OCLC 4500147), p. 304-305
  2. Michel Allard, Les Beothucks : La fin d'un peuple, Montréal, Département des sciences de l'éducation, pour le groupe de recherche « The Exploits Valley », UQAM, p. 8
  3. Natural Ressources Canada, Geographic change in the glacial period, 2006 [1]
  4. Shaw J., Piper D.J.W., Fader G.B, King E.L., Todd B.J., Batterson M.J., Liverman D.J.E., 2006 - A conceptual model of the deglaciation of Atlantic Canada. Quaternary Science Reviews, 25, 2059-2081
  5. Macpherson J.B., 1995 - A 6 ka BP reconstruction for the island of Newfoundland from a synthesis of Holocene lake-sediment pollen records. Geographie physique et Quaternaire 49: 163-182
  6. Andersona Thane W. et al., 2007 Cooling in the Gulf of St. Lawrence and estuary region at 9.7 to 7.2 14C ka (11.2–8.0 cal ka): Palynological response to the PBO and 8.2 cal ka cold events, Laurentide Ice Sheet air-mass circulation and enhanced freshwater runoff . Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology 246, 1, 75–100
  7. Dyke Arthur S., 2005 - Late Quaternary Vegetation History of Northern North America Based on Pollen, Macrofossil, and Faunal Remains. Géographie physique et Quaternaire, 59, 2-3, 211-262
  8. Distribution and Size of the Beothuk Population, Leadership and Communal Activities, 2012 (d'après Ingeborg Marshall, A History and Ethnography of the Beothuk. Montreal, McGill-Queen's University Press, 1996)[2]
  9. Historica [3]
  10. Pierre-André Bourque (Université de Laval), Planète Terre (2010) - Les glaces du Pléistocène [4]
  11. Pierre-André Bourque (Université de Laval), Planète Terre (2010) - Le retrait des glaces wisconsiniennes, les Grands Lacs, la Mer de Champlain et le fleuve Saint-Laurent [5]
  12. a, b, c et d Robert McGhee, « Préhistoire », sur L'encyclopédie canadienne
  13. Goebel Ted et al., 2008 - The Late Pleistocene Dispersal of Modern Humans in the Americas. Science 319, 1497 (DOI: 10.1126/science.1153569) [6]
  14. Duhaime Gérard (dir.) 2001- Atlas historique du Québec. Les presses de l'université de Laval
  15. Penanguer R., « Les Français en Amérique avant Christophe Colomb », Journal de la Société des Américanistes, 1929, t. 21, no 1, pp. 275-276 lire en ligne sur Gallica
  16. E. Cleirac, Us et Coutumes de la mer…, Bordeaux, 1647, p. 151.
  17. Mario Mimeault, Destins de pêcheurs. Les Basques en Nouvelle-France, Les éditions du Septentrion, 2011, 204 p. ISBN papier : 9782894486498
  18. Ronald Rompkey (dir.), Français à Terre-Neuve : Un lieu mythique, une culture fantôme, Presses université de Bordeaux, 2010 (ISBN 9782867815560)
  19. Nicolas Landry, Plaisance : Terre-Neuve 1650-1713. Une colonie française en Amérique, Les éditions du Septentrion, 2008, 414 p. (ISBN 9782894485057)
  20. (Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE SH 18 PF 128 DIV 2 P 3) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b59703241
  21. Alberto Cantino, 1500, reprinted in Upton, L.F.S., « The Extermination of the Beothuks of Newfoundland », The Canadian Historical Review [7]
  22. Marshall I. 1996. A history and ethnography of the Beothuk. Montreal: McGill-Queen’s University Press
  23. Toute l'actualité des Amérindiens d'hier à Aujourd'hui
  24. Marshall I., 1981 - Disease as a factor in the demise of the Beothuk Indians. In: Wilton C, editor. Change and continuity, Vol.1. Toronto: McGraw-Hill Ryerson.
  25. Epidemics and Pandemics in the US [8]
  26. Marshall, 1996
  27. Reed AM. 2001 - Mitochondrial DNA analysis of Nonosabasut, a Beothuk Indian chief. MA thesis, Ball State University, Muncie, In.
  28. a et b Kuch Mélanie et al., 2007 - A Preliminary Analysis of the DNA and Diet of the Extinct Beothuk: A Systematic Approach to Ancient Human DNA. American Journal of Physical Anthropolgy 132:000–000 (2007) Beothuk.pdf
  29. Black S.M., Marshall I.C.L., Kitchener A.C., 2009 - The skulls of Chief Nonosabasut and his wife Demasduit – Beothuk of Newfoundland. John Wiley & Sons, Ltd., International Journal of Osteoarchaeology, 19, 6 : 659–677 DOI: 10.1002/oa.1004 [9]
  30. Terre-Neuve
  31. Les Indiens du Canada [10]
  32. La traite des fourrures au Canada jusqu'en 1787
  33. La colonisation européenne et les autochtones
  34. La Confédération canadienne [11]
  35. Havard Gilles, 2003 - Empire et métissages: Indiens et Français dans le Pays d'en Haut, 1660-17152003 - Les éditions du Septentrion, 858 pages [12]
  36. Havard Gilles, 2003- (page 362)
  37. Pastore Ralph T., 1997 (Unité d'archéologie et Département d'histoire Memorial University of Newfoundland) [13]
  38. Pastore RT, 1986 - Excavations at Boyd’s cove. The 1985 field season, a preliminary report. In: Thomson J.S. & Thomson C., ed. Archeology in Newfoundland and Labrador 1985, 6. St. Johns: Historic Resources Division, Department of Culture, Recreation and Youth
  39. a et b Beechey Laurel A., 2012 - Last of the Beothuks. Tillsonburg News.com http://www.tillsonburgnews.com/2012/03/02/last-of-the-beothuks
  40. Visitnewfoundland.ca The Beothuk of Newfoundland http://visitnewfoundland.ca/beothuk.html
  41. Rubinstein W.D., 2004 - Genocide and Historical Debate: William D. Rubinstein Ascribes the Bitterness of Historians' Arguments to the Lack of an Agreed Definition and to Political Agendas. History Today 54 [14]
  42. Knowles R.P., Tomplins J., Worthen W.B., 2003 - Modern Drama: Defining the Field. University of Toronto Press 169 ISBN 0-8020-8621-7
  43. Charles A. Martijn, 1997 - La présence Mi'kmake à Terre-Neuve. Recherches amérindiennes au Québec, XXVII
  44. Françoy Raynauld, Les pêcheurs et les colons anglais n'ont pas exterminé les Béothuks de Terre-Neuve. Recherches amérindiennes au Québec, XIV, 1, 1984
  45. Mithun Marianne, 2001 - The Languages of Native North America. Cambridge University Press, Cambridge, UK, page 368. ISBN 0-521-23228-7
  46. Campbell Lyle, Goddard Ives, Golla Victor, Mackenzie J. Lachlan, Mithun Marianne & Mixco Mauricio J. , 2007 - Atlas of the World's Languages. 2de éd., London, New York, Routledge
  47. Perry S.J., 2008 - Santu's Song: Memorable day for Beothuk Interpretation Centre. Porte Pilot [15]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Assiniwi Bernard, 1996 - La saga des Béothuks. Babel, LEMÉAC (roman) ISBN 2-7609-2018-6
  • Howley James P., 1915 - The Beothuks, or Red Indians: the Aboriginal Inhabitants of Newfoundland (Les Indiens Beothucks ou rouge : les habitants autochtones de Terre-Neuve). Cambridge University Press ISBN 0404155898 (oclc 15915962)
  • (en) Diamond Jenness, « Notes on Beothuck Indians of Newfoundland », Canada Geographical Journal, no 56,‎ 1927, p. 36-39
  • (en) Diamond Jenness, The vanished Red Indians of Newfoundland, Montréal, Canadian Geographical Society,‎ janvier 1934 (OCLC 61620626)
  • (en) English Arthur, The vanished race, Montréal,‎ 1927 (OCLC 25414843)
  • (en) Marshall Ingeborg, A history and ethnography of the Beothuk, Montréal, McGill-Queen's University Press,‎ 1929 (réed. 1996), 640 p. (ISBN 0-7735-1390-6)
  • (fr) Rousseau Jacques, Le dernier des peaux-rouges, Montréal, Éditions des dix,‎ 1963, 31 p. (OCLC 48442092)
  • Rowe W. Fredrick, 1986 - Extinction: the Beothuks of Newfoundland. Toronto, McGraw-Hill Ryerson, 162 p.
  • (en) Ralph Pastore, « The Collapse of the Beothuk World », dans P.A. Buckner, Gail G. Campbell et David Frank, The Acadiensis Reader, vol. 1 : Atlantic Canada Before Confederation, Fredericton, Acadiensis Press,‎ 1998 (ISBN 0-919107-44-3)
  • Bibliographie d’histoire de l’Amérique française (publications récentes). Centre de bibliographie historique de l’Amérique française. Revue d'histoire de l'Amérique française, 32, 4, 1979, p. 649-678 [16] DOI: 10.7202/303744ar

Vidéothèque[modifier | modifier le code]

  • Pittman Ken (dir.). 1982 - Shanaditti: Last of the Beothuks [vidéo]. Montréal, Office national du film du Canada, 1982, 20 min 22 s.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]