Odanak

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Odanak
Église Saint-François-de-Sales
Église Saint-François-de-Sales
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Région Centre-du-Québec
Statut municipal Réserve indienne
Chef Richard O'Bomsawin
2013 - ...
Démographie
Gentilé Abénakis
Population 457 hab. (2011)
Densité 75 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 04′ 25″ N 72° 48′ 52″ O / 46.073707, -72.81446546° 04′ 25″ Nord 72° 48′ 52″ Ouest / 46.073707, -72.814465  
Superficie 607 ha = 6,07 km2
Divers
Code géographique 24 50802
Localisation

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Odanak

Odanak (qui signifie: « au village ») est une réserve indienne abénaquise du Québec (Canada) située sur la rive est de la rivière Saint-François, à 32 km à l'est de Sorel, dans la municipalité régionale de comté de Nicolet-Yamaska dans la région administrative du Centre-du-Québec[1],[2].

Toponyme[modifier | modifier le code]

Le village, qui a été fondé vers 1670 par les Abénaquis vivant dans la vallée du Connecticut, était appelé à l'origine Arsikantegouk, qui signifie « rivière à la cabane vide », qui est le nom de la rivière Saint-François dans cette langue. Quand la mission abénaquise située sur la rivière Chaudière se déplaça à Odanak, le village et la rivière prirent le nom de cette dernière, « Saint-François ». L’habitude d’appeler le village « Odanak », qui signifie « au village » s'est implanté au début du XXe siècle. En 1916, le bureau de poste pris ce nom[3].

Données[modifier | modifier le code]

  • Circonscription fédérale: Bas-Richelieu - Nicolet - Bécancour
  • Circonscription provinciale: Nicolet-Bécancour
  • Superficie: 561 hectares
  • Langues parlées: abénaquis, français, anglais

Lieu-dit[modifier | modifier le code]

  • Adalômkamek[4]

Gouvernance[modifier | modifier le code]

La communauté d'Odanak possède son propre Conseil, comme toutes les communautés des Premières Nations du Québec, mais partage aussi quelques-unes de ses responsabilités avec le Grand Conseil Waban-Aki qu'elle a en commun avec la communauté sœur de Wôlinak.

Les responsabilités du Grand Conseil Waban-Aki, situé à Wolinak sont les infrastructures, les immobilisations, l'urbanisme, l'inspection des bâtiments et les revendications territoriales.

Histoire[modifier | modifier le code]

Village des Abénaquis, Pierreville, vers 1910
Centre communautaire d'Odanak

Au début de l'an 1000 de l’ère commune, un peuple parlant la langue iroquoise s'est installé le long du fleuve Saint-Laurent, où il pratiquait l'agriculture avec la chasse et la pêche. Des recherches archéologiques ont révélé que vers 1300, ils ont construit des villages fortifiés identifiables comme similaires à ceux observés et décrits par l'explorateur français Jacques Cartier dans le milieu du XVIe siècle, quand il visita Hochelaga et Stadaconé.

En 1600, cependant, les villages et les populations étaient partis. Depuis les années 1950, les historiens et les anthropologues ont trouvé des preuves archéologiques et linguistiques pour développer un consensus selon lequel les gens formaient un groupe distinct, qu'ils ont appelé Iroquoiens du Saint-Laurent. Ils parlaient le laurentien et ils étaient séparés de la puissante confédération des nations iroquoises qui s'est développée dans l'actuel État de New York.

Ils ont été chassés de leurs demeures dans l'État du Maine en 1690, durant la guerre du Roi Philip. Ils ont été relocalisés à Saint-François. Le village sera détruit le 4 octobre 1759 par les troupes Rangers du major Robert Rogers. La population fut en partie décimée. Les Rangers étaient partis de la baie Missisquoi. Le 2 novembre, Bourlamaque, basée sur l'île aux Noix et surveillant la frontière du lac Champlain, y envoie des Amérindiens, suivis de réguliers et de miliciens. Jean-Daniel Dumas, accompagné par un groupe de miliciens et d'Amérindiens était parti de Trois-Rivières le lendemain de l'attaque à la poursuite des ennemis qui avaient détruit Odanak. Beaucoup de rangers furent capturés et tués, car ils avaient détruit le village en massacrant une trentaine d'Abénaquis, dont beaucoup de femmes et d'enfants. Ils avaient de plus capturé deux garçons et trois filles. « Deux des prisonniers, un petit garçon et une jeune femme, connaîtront une expérience vraiment horrible. Après avoir attaqué le village, les rangers se séparent en petits groupes et repartent vers le sud, en direction des colonies britanniques où ils seront en sécurité. Les deux Abénaquis sont conduits par un groupe de cinq hommes vers la baie Missisquoi, où Rogers a caché plusieurs baleinières en se rendant à Odanak. Pendant le trajet, les rangers sont à court de vivres; ils tuent le petit garçon et commencent à le manger, puis deux d'entre eux se divisent le reste pour le manger plus tard. »[5] Robert Roger, épuisé et affamé, réussit à se rendre en radeau au Fort no 4 (aujourd'hui Charlestown, New Hampshire) sur la rive du fleuve Connecticut.

L'attaque des Anglais a été perpétrée pour se venger des raids que les Abénaquis avaient effectué avec leurs alliés français en Nouvelle-Angleterre. Cependant, c'est surtout parce que les Abénaquis d'Odanak avaient refusé les offres de Johnson, le 22 août 1759, de rester neutre dans cette guerre que les Anglo-américains décidèrent de détruire le village.

Culture et Tourisme[modifier | modifier le code]

Institution Kiuna
  • On retrouve à Odanak le musée des Abénakis. Fondé en 1962, il est le plus vieux musée consacré à la culture autochtone au Québec[6].
  • L'église catholique actuelle qui a été construite en 1826
  • Boutiques d'artisanat local
  • Le restaurant Le Calumet
  • La fromagerie

Organismes[modifier | modifier le code]

Le 22 août 2011 l'Institution Kiuna, le premier cégep consacré à l'éducation des autochtones du Québec depuis la fermeture du collège Manitou ouvre ses portes à Odanak. Il offre des cours pour une trentaine d'étudiant[7].

Démographie[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Première nation d'Odanak (Abénaquis)

Population[modifier | modifier le code]

Tendance de la population[8]

Recensement Population Variation (%)
2011 457 en diminution2,6 %
2006 469 en augmentation10,4 %
2001 425 en augmentation8,4 %
1996 392 en augmentation17,7 %
1991 333

Langue[modifier | modifier le code]

Langue maternelle (2006)[9]

Langue Population Pct (%)
Français seulement 410 88,17 %
Anglais seulement 55 11,83 %
Français et anglais 0 0,00 %
Autres langues 0 0,00 %

Personnalités[modifier | modifier le code]

Culturelles[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Nolet (1924-2000), ancien animateur de radio et de télévision a grandi sur la réserve d'Odanak.
  • Alanis Obomsawin, à l'âge de six mois, et sa mère sont retournées vivre à la réserve Odanak où ils vécurent 9 ans.
  • Christine Sioui-Wawanoloath, a grandi à Odanak et y est de retour depuis 2008.

Politiques[modifier | modifier le code]

  • Rick O'Bomsawin, Chef actuel

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Pierreville Rose des vents
N Pierreville
O    Odanak    E
S
Saint-François-du-Lac Pierreville

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Première Nation d'Odanak
  2. Gouvernement du Québec, « Répertoire des municipalités : Odanak », sur Ministère des Affaires municipales, Régions et Occupation du territoire (consulté le 19 janvier 2011)
  3. « Odanak », Banque des noms de lieux du Québec, sur Commission de Toponymie (consulté le 4 janvier 2012)
  4. Commission de toponymie du Québec : Adalômkamek
  5. Les Iroquois et la guerre de Sept Ans, p. 177
  6. « Musée des Abénakis : premier musée amérindien au Québec, ouvert depuis 1962 », sur Conseil des Abénakis d'Odanak (consulté le 27 février 2013)
  7. Jean-Philippe Brière, « Premiers cours conçus pour les Premières Nations », sur TVA Nouvelles (consulté le 27 août 2011)
  8. Statistique Canada : Recensements de 1996, 2001, 2006 et 2011
  9. Recensement 2006

Étienne Dubois, Le Nouvelliste, Cahier Arts et Spectacles, le 6 août 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charland, Thomas, Les Abénakis d'Odanak, Les Éditions du Lévrier, Montréal, 1964
  • D. Peter MacLeod, Les Iroquois et la guerre de Sept Ans, vlb éditeur, 2000, ISBN 2-89005-713-5

Liens externes[modifier | modifier le code]