Kahnawake

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Kahnawake
Kahnawake, vers 1910
Kahnawake, vers 1910
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Statut municipal Réserve indienne
Chef Michael Delisle Jr.
2009-2012
Constitution s. o.
Démographie
Population 8 550 hab. (2006)
Densité 206 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 25′ 00″ N 73° 41′ 00″ O / 45.416672, -73.683338 ()45° 25′ 00″ Nord 73° 41′ 00″ Ouest / 45.416672, -73.683338 ()  
Superficie 4 152 ha = 41,52 km2
Divers
Code géographique 67802
Localisation

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Liens
Site web http://www.kahnawake.com/

Kahnawake est une réserve amérindienne dite mohawk (agnière) au Québec (Canada), située dans la région administrative de la Montérégie[1]. Sa population est d'environ 8 000 individus, dont 6 500 qui vivent sur la réserve.

Origine[modifier | modifier le code]

Établie en 1667, la première mission iroquoise en Nouvelle-France était nommée Kentaké. Celle-ci fut déplacée en 1676 et rebaptisée Kahnawake ou "aux rapides". En 1680, le village fut encore déplacé et renommé Kahnawakon, ou "dans les rapides". En 1696, la mission revint "aux rapides" (à un endroit différent), un établissement ultérieurement nommé Kanatakwente, ou "le village tel que laissé". Le village de Kahnawake atteint son endroit actuel en 1716[2]. Le terme "Caughnawaga", issu d'une ancienne traduction anglaise et hollandaise, fut employé pour désigner le village jusque dans les années 1970, alors que le Centre Culturel Kanien'kehaka Raotitiokwa commença à persuader les gens à revenir à l'épellation ancestrale du nom. En 1981, le Centre Culturel fit une requête auprès du gouvernement du Québec afin que le nom original soit de nouveau utilisé. En 1985, les cartes et panneaux de signalisation furent modifiés.

Dans les années 1830, Kahnawake est le plus grand village autochtone du Bas-Canada, peuplé de près de 1000 agriculteurs, fermiers, chasseurs, guerriers et artisans. Presque toutes les familles possèdent un cheval, des cochons et des bovins. La plupart cultivent du maïs et des patates et d'autres cultivent aussi de l'orge, des pois et des fèves. Le blé cultivé est rare ; en fait la plupart des familles vivent de maïs, de chasse et d'artisanat (Recensement de 1831).

Alors que les autorités appellent les résidents de ce village "Native American of Caughnawaga" ou "Iroquois tribe of Caughnawaga", et que leurs voisins de Châteauguay les surnomment "Amérindiens du Sault", "Gens du Sault" ou "Sauvages du Sault", les habitants de Kahnawake préfèrent s'appeler "Iroquois du Sault-Saint-Louis". Cette appellation renvoie à une identité collective qui s'exprime sur au moins quatre niveaux, et qui ne cesse d'évoluer au cours des décennies.

Au XIXe siècle, certains habitants de Kahnawake sont unilingues iroquois alors que la plupart parlent aussi le français et portent des noms iroquois agencés à des noms de famille français tels que de Lorimier, Giasson, Beauvais, Monique et Delisle. En opposition à aujourd'hui, la langue anglaise ne leur est pas familière.

Groupe de Mohawks accompagnés du maire de Montréal, William Workman, Kahnawake, QC, 1869

En utilisant le terme « iroquois », les gens de Kahnawake du XIXe siècle s'identifient à la confédération iroquoise, dont les villages se trouvent encore dans l'État de New York et qui est formée de 6 nations distinctes : Mohawk, Cayuga, Onondaga, Oneida, Seneca et Tuscarora. Aujourd'hui, ce sentiment d'identité est plus précis puisque les gens de Kahnawake s'identifient en tant que "Mohawks", une des 6 nations iroquoises.

Le terme Sault-Saint-Louis distingue Kahnawake des autres villages amérindiens du Bas-Canada, dont St-Régis (Akwesasne), Deux-Montagnes (Kanesatake-Oka), le village Abenaki de Saint-François[Lequel ?], et le village Wendat-Huron de Lorette[Lequel ?]. À l'époque, les 7 principaux villages amérindiens du Bas-Canada sont regroupés dans ce qu'ils appellent la Fédération des Sept-Feux ou des Sept Nations. Kahnawake est le "chef-lieu" de ce pacte fédératif et sert à titre d'organisation politique centrale tout en respectant l'autonomie des communautés alliées. Le conseil de Kahnawake est d'ailleurs composé de 7 chefs élus à vie par leurs clans respectifs. Le terme Sault-Saint-Louis n'est pas vraiment utilisé aujourd'hui, sauf dans le contexte de revendications territoriales.

Enfin, le terme Sault-Saint-Louis renvoie au nom de la seigneurie dans laquelle le village de Kahnawake se trouve depuis ses origines. En 1680, un terrain de 40 000 acres fut octroyé aux Jésuites afin d'y faire habiter des Iroquois convertis. Il était convenu que les Jésuites n'étaient pas les seigneurs du Sault et ne devaient pas concéder des terres à des blancs. Toutefois, sous l'influence illicite des prêtres, les limites sud (seigneurie de la Salle) et est (seigneurie de La Prairie) du Sault-Saint-Louis devinrent rapidement outrepassées par des agriculteurs blancs.

Aujourd'hui, seulement 11 000 acres des 40 000 acres originaux demeurent dans les mains des Mohawks.

Les revendications territoriales[modifier | modifier le code]

Depuis 1760, les Iroquois de Kahnawake réclament une portion de leur territoire, la seigneurie du Sault St. Louis, qui a été annexée à la seigneurie voisine de La Prairie de la Magdeleine. Au cours du XIXe siècle, la limite mal définie entre Sault St-Louis et La Prairie est devenue l'objet de nombreuses requêtes, pétitions et délégations de la part des chefs de Kahnawake.

En 1829, le curé séculier de Kahnawake, Joseph Marcoux, rédigea un « résumé » de 15 « preuves en faveur des Sauvages du Sault St-Louis » dans l'espoir que la portion de terre réclamée leur soit remise. Toutefois, tout comme les autres demandes, ce texte tomba sur des oreilles de sourds. Voici d'ailleurs un portrait du curé Marcoux: http://en.wikipedia.org/wiki/File:Marcoux.jpg

Les revendications territoriales actuelles touchent les municipalités de Saint-Constant, Sainte-Catherine, Saint-Mathieu, Delson, Candiac et Saint-Philippe, tous s'étant graduellement établies sur la seigneurie du Sault-Saint-Louis.

Expulsions des non-Mohawks de la réserve de Kahnawake en 2010[modifier | modifier le code]

En février 2010, le conseil de bande de la réserve de Kahnawake décide d'expulser toute personne qui n'est pas Mohawk de celle-ci, y compris ceux qui ont un conjoint de cette tribu et interdit aux étrangers de s'y installer[3]. Or, ce phénomène n'est pas nouveau, comme en témoignent les archives. En effet, dès la création de la communauté au XVIIe siècle, l'identité collective des habitants de Kahnawake est régulièrement une source de débats[4]. À ce sujet, voir "Kahnawake has long history of conflict with Whites", Montreal Gazette, February 18, 2010[5]. Un texte de 1850 relate d'ailleurs les règles suivantes  : « il n'est pas permit a un blanc qui se marie à une sauvagesse de jouir des droits des Sauvages, qu'en se mariant a un blanc elle perd ainsi que ses enfans, tous droits comme membres de Tribu a la quelle elle appartenoit [...]; un Sauvage qui se marie à une blanche peut emmener sa femme dans sa cabane et elle et ses enfants jouissent de tous les droits des membres de la Tribu a laquelle appartient, le Sauvage avec qui elle se marie [...]; il n'est pas permis a un blanc de s'établir parmi nous et de jouir de nos droits. [Ces] droits nous ont été transmis par nos pères, ils ont toujours été respecté. »[6]

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Dorval,
Lac Saint-Louis
Montréal,
Fleuve Saint-Laurent
Rose des vents
Châteauguay N Sainte-Catherine
O    Kahnawake    E
S
Saint-Isidore Saint-Constant

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Gouvernement du Québec, « Kahnawake », Répertoire des municipalités, sur Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire
  2. Toponymie : Kahnawake
  3. (fr) Si vous n'êtes pas mohawk... dehors, tous !, Cyberpresse, 4 février 2010
  4. Matthieu Sossoyan: The Kahnawake Iroquois and the Lower-Canadian Rebellions, 1837-1838, McGill University, Master's Thesis in Anthropology, 1999: p. 82-85 http://de.scientificcommons.org/7829560
  5. [1]
  6. Martin Tekanasontie et al. à Lord Elgin, 18 septembre 1850, Archives Nationales du Canada RG10, vol. 607: p. 51857

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alfred, Gerald R., 1995a: Heeding the Voices of our Ancestors: Kahnawake Mohawk Politics and the Rise of Native Nationalism. Toronto: Oxford University Press.
  • Alfred, Gerald R., 1995b: To Right Certain Wrongs: A Report on Research into Lands Known as the Seigniory of Sault St. Louis. Kahnawake: Kahnawake Seigneury Office.
  • Devine, Edward James, 1922: Historic Caughnawaga. Montreal: Messenger Press
  • Kanien'kehaka Raotitiokwa Cultural Center, 1979: Tewaterihwarenia'tha: the Journal of Kanien'kehaka Raotitiokwa Cultural Center 2 (1).
  • Kanien'kehaka Raotitiokwa Cultural Center, 1980: Tewaterihwarenia'tha: the Journal of Kanien'kehaka Raotitiokwa, Cultural Center 3 (5).
  • Kanien'kehaka Raotitiokwa Cultural Center, 1991: Old Kahnawake; an Oral History of Kahnawake. Kahnawake: Kanien'kehaka Raotitiokwa Cultural Center
  • Sossoyan, Matthieu, 1999 : The Kahnawake Iroquois and the Lower-Canadian Rebellions, 1837-1838. Université McGill, Département d’Anthropologie, Mémoire de maîtrise. [2]