Jean Nicot

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Jean Nicot

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Gravure de 1876 représentant Jean Nicot

Naissance 1530[1]
Nîmes[1]
Décès 10 mai 1604 (à 70 ans)
Paris
Pays de résidence France, Portugal[1]
Profession
Diplomate et philologue
Distinctions
Connu pour avoir introduit le tabac en France

Jean Nicot (1530-10 mai 1604), diplomate et philologue, est considéré comme l'introducteur du tabac en France[1],[2] et comme le père du Trésor de la langue françoise, publié par David Douceur, issu de ses Commentaires de la langue française, publiés en 1573.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Nicot, fils d'un notaire, est né à Nîmes en 1530[1], il mourra le 10 mai 1604, ainsi que l'écrit l'abbé Claude-Pierre Goujet.

Il étudia à la faculté des arts de Nîmes, où il connut le diplomate Gabriel de Luetz, l'historien Pierre de Paschal et Guy de Bruès[3].

Par la suite, il vint à Paris, où il fut archiviste du roi jusqu'en 1559.

En 1559, François II l'envoya au Portugal pour négocier le mariage du jeune roi Sébastien avec Marguerite de Valois. D'abord mal reçu, il réussit à se concilier les Portugais ; mais l'expédition de Villegagnon vint tout gâcher, et, injurié, il dut s'enfuir à la fin de 1561. Il eut néanmoins le temps d'envoyer en France le tabac, qu'il appellera Nicotiane, dans ses Commentaires de la langue française.

Dans la Maison rustique de Ch. Estienne et Liebault, II, 9, il fait un grand éloge de cette plante du point de vue médical. Parallèlement, il avait envoyé des oranges, des figues et des citrons à Catherine de Médicis et au Cardinal de Lorraine.

Il semble qu'il se soit alors marié et il se fixa à Brie-Comte-Robert. C'est là qu'il amassa une riche bibliothèque dont plusieurs volumes sont conservés à la BNF.

Il y prépara une édition d'Aimoin, qui sera publié par Charles Wechel en 1567.

Il y réalisa de nombreuses notes qu'il donna pour l'édition de 1573 du Dictionnaire d'Estienne, préparée par Jacques Dupuys.

C'est deux ans après sa mort en 1606 que sera publié le Thrésor de la langue française de David Douceur, qui lui vaudra la célébrité.

L'introduction du tabac[modifier | modifier le code]

En 1559, François II nomme Jean Nicot ambassadeur de France au Portugal. Durant son séjour à Lisbonne, Jean Nicot plante dans les jardins de son ambassade quelques graines de tabac qu'il a reçues d'un marchand flamand[1]. À l'époque, le tabac se prise seulement.

En 1560, il fait parvenir à Catherine de Médicis de la poudre de tabac pour soigner les migraines de son fils (François II). En reconnaissance du service rendu à la famille royale, Jean Nicot est récompensé de ses services par une gratification (prélude à un anoblissement)[1]. Il devint seigneur de Villemain, petite cure située dans l'est parisien non loin de Brie-Comte-Robert. Le tabac est alors surnommé l'herbe à Nicot ou « herbe à la Reine »[4].

En 1753, le naturaliste Carl Linnaeus choisit le nom de Jean Nicot pour désigner un genre de plantes (appelé Nicotiana) comprenant notamment la plante Nicotiana Tabacum (désormais une espèce cultivée pour la production de tabac) qui soigna les migraines du fils de Catherine de Medicis[1].

Le dictionnaire de la langue française, dit de Nicot ou de Nicod[modifier | modifier le code]

Ce diplomate et voyageur érudit passe pour être l'auteur du premier grand corpus de dictionnaires français-latin, conçu au XVIe siècle. En fait, le Dictionnaire françois-latin de Nicot, proprement dit, est un remaniement des Dictionnaires de Robert Estienne, 1531 ; de Guillaume Budé, 1544 ; et se rapproche beaucoup de celui de Jean Thierry, 1564 ; il l'a augmenté des notes de son ami le président Aimar de Ranconnet qu'il a reprises après sa mort en 1559 ; ce dictionnaire fut publié en 1573, puis en 1584, 1593 et 1599 ; jusqu'à sa mort, a-t-on dit, il travailla à cette tâche. Après la mort de Nicot, en 1606 un libraire nommé David Douceur, réunit son Dictionnaire par ordre alphabétique, avec l'Acheminement à la Langue française de Jean Masset, le Dictionnaire d'Aegidius Nuceriensis, et le Nomenclator de Junius Adrianus, sous le nom de Thresor de la langue françoyse tant ancienne que moderne. Cet ouvrage recevra une nouvelle édition en 1621 ; le seul dictionnaire de Nicot fut aussi publié à Genève, par Jean Stoer, dans de bonnes éditions, sous le titre Le Grand dictionaire françois-latin, d'après Nicod (1593, 1599). Par ailleurs, le 14 janvier 1609, un dénommé Guillaume Poille obtint le Privilege du Roy pour la publication d'un ouvrage intitulé : Le Grand Dictionaire de M. Nicod, de nouveau augmenté par Monsieur Guillaume Poille, 1609, 1614. Enfin, on trouve une édition du Grand dictionaire de Nicod, revue par Maître Pierre de Brosses, chez Claude Larjot, 1625.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Tristan Gaston-Bretton, « Jean Nicot, et le tabac conquit le monde », Les Échos, 21 juillet 2008, page 11.
  2. Même si, lorsque Jean Nicot naît (en 1530), le tabac est déjà connu en Europe depuis une quarantaine d'années.
  3. Guy de Bruès, dans ses Dialogues contre les nouveaux Académiciens, Cavellat, 1557, met en scène Nicot conversant avec ses amis Baïf et Ronsard.
  4. Michel Peyramaure, Henri IV - T1 : L'enfant roi de Navarre, Robert Laffont, p. 259.

Articles divers:

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]