Socialisme islamique

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Le socialisme islamique est un terme inventé par différents penseurs et dirigeants musulmans pour répondre à la demande d’une forme plus spirituelle de socialisme. Les musulmans socialistes estiment que les enseignements du Coran et de Mahomet sont compatibles avec les principes d'égalité et de redistribution des richesses. De plus, pour eux, l’islam s’oppose au libéralisme économique et impose une gestion socialiste de l’économie.

Certains érudits musulmans déclarent orthodoxes différentes pratiques socialistes, telle que la confiscation de biens privés pour répondre à l’impératif de la maslaha (en), c’est-à-dire de la préservation de l’intérêt général de la communauté.

Histoire du socialisme islamique[modifier | modifier le code]

Pour les partisans du socialisme islamique, celui-ci remonte directement aux enseignements du Coran et à la pratique du Prophète et de ses compagnons. Dans ce courant de pensée, la figure du compagnon du Prophète Abu Dharr occupe une place privilégiée.

À l’époque contemporaine, la première expérience islamique du socialisme a été établie au cours de la Révolution russe de 1917 dans le cadre du mouvement Wäisi, soutien du gouvernement soviétique. Le Comité des musulmans socialistes Kazan a aussi été actif à ce moment-là. Sultan Galiev joua un rôle déterminant dans cette action, mais celui-ci fut éliminé par la suite par Staline.

Plus tard, le penseur indo-pakistanais Muhammad Iqbal développa ce thème du socialisme islamique.

Dans les années 1950-1960, certains penseurs des Frères musulmans développèrent l’idée d’un socialisme islamique, tels que les égyptiens Sayyid Qutb dans ses ouvrages comme La justice sociale en islam (1949) et Le combat de l’islam et du capitalisme (1951), le cheikh Mohammed al-Ghazali, Abdelkader al-Awda ou le syrien Moustapha Siba’i dans son ouvrage Le socialisme de l’islam (1959).

Dans cet ouvrage, Mustapha Siba’i expliquait : "Le socialisme n’est pas une mode qui passera, c’est une tendance humaine qui s’exprime dans les enseignements des Prophètes, dans les réformes des Justes, depuis les premiers siècles de l’histoire. Les peuples du monde présent – surtout les peuples en retard – cherchent à le réaliser effectivement afin de se libérer des sédiments d’injustice sociale et d’inégalités de classe. […] Le but du socialisme, toujours, dans toutes ses écoles, a consisté à empêcher l’individu d’exploiter les capitaux des riches sur le dos des masses humiliées et brutalisées, à confier à l’Etat la surveillance et le contrôle de l’activité économique individuelle, à réaliser enfin la solidarité sociale entre les citoyens de manière à effacer l’indigence, la frustration, l’inégalité excessive des fortunes".

Faisant rééditer et diffuser ses ouvrages, Mouammar Kadhafi s’est réclamé de l'idéologie du "socialisme islamique", qu'il amalgamait par ailleurs avec le socialisme arabe. De même, le président pakistanais Zulfikar Alî Bhutto ou l’algérien Houari Boumédiène se sont réclamés du socialisme islamique.

L’islamo-marxisme[modifier | modifier le code]

Islamo-marxisme est un terme qui a été utilisé pour décrire le penseur iranien Ali Shariati. Il est également parfois utilisé dans des discussions sur la révolution iranienne de 1979, y compris des partis comme l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI). Aussi, en Turquie, il existe un mouvement islamique en relation avec le marxisme : le mouvement Anti-Kapitalist Müslümanlar (Musulmans anticapitalistes).

Anarchisme islamique[modifier | modifier le code]

Tout au long de l'histoire de l'islam ont existé plusieurs groupes anti-autoritaires, souvent liées au soufisme. La fin du XXe siècle a apporté des idées en relation avec un socialisme islamique et libertaire promues par des penseurs comme Hakim Bey, Abdennour Prado, Leda Rafanelli et Yakoub Islam.

Elévation des hommes dans le Coran[modifier | modifier le code]

Az-Zukhruf, Verset 32 : Serait-ce à eux de distribuer la miséricorde de ton Seigneur? Non ! C'est Nous qui répartissons entre eux leurs moyens d'existence en ce monde et qui les élevons les uns au-dessus des autres de quelques degrés, afin qu'ils se portent mutuellement assistance. Cependant, la miséricorde de ton Seigneur vaut mieux que tous les biens qu'ils amassent.

Voir aussi[modifier | modifier le code]