Guimaëc

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Guimaëc
Mairie de Guimaëc.
Mairie de Guimaëc.
Blason de Guimaëc
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Lanmeur
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Pays de Morlaix
Maire
Mandat
Georges Lostanlen
2014-2020
Code postal 29620
Code commune 29073
Démographie
Gentilé Guimaécois, Guimaécoise
Population
municipale
956 hab. (2011)
Densité 51 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 40′ 04″ N 3° 42′ 27″ O / 48.667778, -3.7075 ()48° 40′ 04″ Nord 3° 42′ 27″ Ouest / 48.667778, -3.7075 ()  
Superficie 18,73 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune

Guimaëc [gimɛk] (en breton : Gwimaeg) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Elle se situe en pays trégorrois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Guimaëc
Locquirec
Saint-Jean-du-Doigt Guimaëc Plestin
Lanmeur Plouégat-Guerrand

Historique[modifier | modifier le code]

Étymologie et origines[modifier | modifier le code]

Peuplée dès le néolithique comme l'attestent plusieurs mégalithes, Guimaëc est une paroisse de l'Armorique primitive ou ploue. Les paroisses de Lanmeur et Locquirec ont été créées à ses dépens. Le nom de « Ploemaec » disparaît vers le XIVe siècle pour laisser place à Guimaëc (qui se prononce « Guimec », en breton Gwimaeg) c’est-à-dire le bourg de saint Maëc, connu aussi sous les variantes de saint Maeoc, saint Mic, saint Nic, saint Mayeux et saint Mieux[1]. Selon la légende, on tenta d’y enterrer le corps de ce saint, honoré en d’autres lieux de Bretagne, mais en vain, à chaque fois la dépouille sortait de son tombeau. Ce saint, à l'existence hypothétique, est parfois assimilé (ou confondu) avec saint Méloir, lui-même connu également sous différentes variantes de noms dont saint Mélar, ce qui explique l'existence par le passé dans la paroisse d'une chapelle Saint-Mélar désormais disparue.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Paroisse rurale d’une certaine importance -elle compta jusqu’à deux mille habitants au XIXe siècle- Guimaëc pratique la culture intensive des céréales dès la fin du Moyen Âge. Cette relative prospérité permet la présence sur le territoire d’une aristocratie nombreuse. Au XVIe siècle on compte près de trente demeures nobles dont une bonne partie est habitée par des gentilshommes laboureurs.

Les loups se multiplièrent à l'époque des guerres de religion : les comptes de la chapelle du Christ en Guimaëc et ceux de Plougasnou citent plusieurs paiements au veneur du seigneur de Coetnizan « du devoir du loup » : cette taxe fut payée six fois en 1599-1600 par les fabriques de la chapelle du Christ[2].

Figures emblématiques du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • Rannou, seigneur de Trelever, sorte de géant bon enfant et redresseur de torts, il a jalonné le pays de menhirs, de rochers qui sont autant de témoignages de ses exploits herculéens. C’est lui qui décida de la victoire navale de la pointe Saint-Mathieu sur les Anglais en 1403[3], ce qui lui valut la reconnaissance du duc de Bretagne.
  • Jean Coatanlem, né au manoir de Keranrun vers 1455. Corsaire et armateur, à la tête d’une flottille, il chassait l’Anglais en mer d’Iroise pour le compte du duc de Bretagne ou pour son propre compte. En 1484, il organisa le sac de la ville de Bristol. Après avoir amassé une fortune colossale, il termina sa vie comme grand amiral de la marine portugaise, combattant les Barbaresques en Méditerranée. Il aurait fréquenté les côtes américaines avant Christophe Colomb. Une légende dit même qu’il indiqua à celui-ci la route du Nouveau Monde…

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Résistance[modifier | modifier le code]

Le réseau "Var" à Guimaëc, formé d'agents britanniques du SOE (Special Operations Executive), des frères et sœurs Alice, Germaine, Raymonde et Yvonne Jacob, la mère, qui tenaient un café à Guimaëc et d'Aristide Sicot, nom de code Jeannette, originaire de Saint-Cast où ce dernier avait initialement organisé une filière d'évasion pour les aviateurs alliés, se replie sur Beg-An-Fri en Guimaëc à partir de janvier 1944. Avec la complicité d'un forgeron de Plouigneau, Thomas (qui accueille les aviateurs depuis la gare locale) et d'un négociant en vins, Barazer (qui les transporte), le réseau "Var" parvint à recevoir 27 agents alliés et à faire embarquer 55 personnes, principalement des aviateurs alliés, depuis Beg-an-Fri[4]. Il seront transféré de Guimaec vers Beg-ar-Fri à pieds, une distance d'environ 7 km, de nuit en suivant le talus coté champ alors que les patrouilles SS passaient sur la route a 5 mètres d'eux. Rendu a destination, ils seront pris en charge par un sous marin et rapatriés en Angleterre.

L' après-Seconde-guerre-mondiale[modifier | modifier le code]

Vers 1980, EDF avait présenté un projet de construction d'une centrale nucléaire sur les falaises de Beg an Fri. Puis le projet avait été abandonné pour se concentrer sur Plogoff.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 664 1 668 1 665 1 789 1 941 1 948 1 924 1 924 1 952
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 901 1 815 1 822 1 768 1 795 1 725 1 568 1 590 1 527
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 545 1 377 1 277 1 203 1 148 1 084 1 029 1 026 986
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
952 910 826 810 880 855 912 920 956
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Blason[modifier | modifier le code]

Le blason de la commune de Guimaëc a été établi en 1987 par Bernard Cabon. Il a été adopté cette même année par le conseil municipal et officialisé par un arrêté préfectoral qui le protège. Il ne peut être utilisé sans l'accord de la commune.

La justification est la suivante :

  • L'épée est celle de Rannou Trelever, géant mythique et emblématique du Trégor, dont la légende dit qu'il habitait la paroisse de Guimaëc.
  • La nef est celle de Jean Coetanlem, corsaire du XVe siècle, né à Guimaëc, qui aurait fréquenté les côtes américaines avant Christophe Colomb et qui fut grand amiral de la flotte du Portugal. Il mourut en 1492.
  • Les couleurs sont celles de la famille de Trelever, telles qu'attestées dans le procès-verbal des prééminences de la paroisse de Guimaëc en date du 27 septembre 1679.

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

  • L' Église Saint-Pierre (XVIIe ‑ XVIIIe siècles). La commune comptait autrefois de nombreuses chapelles dont deux sont encore en bon état. Certaines autres, après s'être dégradées ou avoir été pillées, ont fourni une part des statues qui ornent aujourd'hui l'église.
  • Les chapelles actuelles[7] :
    • Chapel Itron Varia Joaou (chapelle Notre-Dame des Joies)
    La tradition attribue l'origine de cette chapelle aux seigneurs de Trémédern. Ainsi, le fils aîné du marquis de Trémédern était parti à la croisade. Des années s'écoulèrent sans que l'on reçût de ses nouvelles. Sa famille le pleura, n'espérant plus le revoir. C'est alors que le frère cadet, se promenant à cheval, vit venir un cavalier tout couvert de poussière dont la visière baissée cachait le visage. Tous deux voulurent passer de front dans l'étroit sentier. Nul ne voulant céder le passage, un duel fut décidé sur-le-champ. L'étranger, affaibli, allait être vaincu lorsqu'il s'écria : « Sainte Vierge, me faudra-t-il mourir ici, après avoir échappé à tant de périls, en face du manoir de mon père ». Son adversaire lui demanda : « Qui donc es-tu ? » Le croisé leva sa visière et répondit : « Je suis le fils du seigneur de Trémédern. » Pleurant d'émotion les deux frères s'embrassèrent et firent le vœu d'élever une chapelle en ce lieu où ils avaient failli s'entretuer. La chapelle a bénéficié d'une restauration intérieure dans les années 1980 et 90. On peut y admirer aujourd'hui un grand nombre de peintures sur bois des XVIe siècle et XVIIe siècle ainsi qu'un remarquable chancel. Visites commentées les mardis et jeudis après-midi l'été.
    • Chapel Krist (chapelle du Christ, en rénovation)
    Datée du XVIIe siècle, c'est la plus grande chapelle de la paroisse. Bâtie sur un tertre, elle est de forme rectangulaire avec une chapelle en L côté midi, et son architecture est de style flamboyant. Située au carrefour de deux anciennes voies romaines, les pèlerins qui se rendant au pardon de Saint-Jean-du-Doigt s'y arrêtaient pour prier. Autrefois, le chœur était entouré d'une clôture de bois à colonnettes tournées comme on peut en voir à la chapelle Notre-Dame des Joies. La détérioration de la chapelle de Krist commence dès 1946 où les vitres brisées sont remplacées puis brisées une deuxième fois ; les grands feuillus, magnifique rideau d'arbres protégeant la chapelle, sont abattus en 1947.
    Ouverte à tous les vents, sans protection, ardoises et murs se détériorent très vite et s'écroulent en grande partie en 1958 et 1959. Sans la moindre décision qui permette de remettre rapidement hors d'eau ce chef-d'œuvre, l'ensemble ressemble rapidement à une ruine. En accord avec l'évêché et les beaux-arts, les moines de l'abbaye de Landévennec emportent les dalles et un autel de pierre, puis le vandalisme commence. Depuis, certains étés, des troupes de scouts sont venus débroussailler et ces travaux de nettoyage, plus importants en 1998, ont sensibilisés quelques habitants des environs. Une association est créée et, grâce à des concours et des dons, la restauration peut commencer en 2005. À ce jour les murs ont été remontés, la charpente traditionnelle en chêne a été installée récemment, de même que la toiture en ardoises de Locquirec. La prochaine tranche de travaux devrait concerner les vitraux, les enduits, le dallage ainsi que l'électricité afin que puissent s'y dérouler des spectacles, des concerts et s'y tenir des expositions.
    • Chapel Sant Ingar (paroisse de Guimaëc, commune de Locquirec).
    Chapelle simple, rectangulaire, datant du XVIe siècle, elle est rattachée à la paroisse, par l'évêque de Quimper en 1954. Le saint patron Ingar serait également un moine évangélisateur. Lors du pardon les cultivateurs apportaient des offrandes en nature : blé et orge par 25 kg. Le pardon a lieu au mois de juillet.
    • Chapel Sant Sebastien (Saint-Sébastien).
    Chapelle domestique du manoir de Kerven en ruines au début du XXe siècle et reconstruite en 1906, les pierres de la chapelle ruinée de Saint-Melar furent utilisées lors des travaux de remise en l'état, à la demande de M. de Bergevin, maire de Guimaëc et propriétaire du manoir.
  • Anciennes chapelles[7] :
    • Chapel Kerbaol ou Sant Paol (XVIe siècle).
    Elle se trouve près de la mer, dans le vallon de Traou Stang. Depuis longtemps en ruine, faute d'entretien, la croix du placître brisée, elle a été sauvagement pillée. En 1946, pierre et voûtes de porte ont servi à la construction du monument aux morts de la commune. Dépendance des seigneurs de Penarprat au XVIIIe siècle, elle était en forme d'équerre dont l'aile se terminait par un arrondi.
    • Chapel Santez Rosa (chapelle Sainte-Rose)
    Construite à 80 m d'altitude, face à la mer dont elle essuie toutes les tempêtes, cette chapelle serait privée. Il ne reste que quelques ruines et est interdite au culte par le propriétaire des lieux depuis 1947, date du dernier pardon (le premier dimanche après la sainte Anne). À l'origine, du temps des seigneurs de Kervegen, le jour du pardon, les fermiers de Kerbaul, de Keroriou et des alentours payaient une dîme comme en témoigne un aveu du recteur en 1702.
    « Le dimanche que se trouve le pardon de sainte Rose, au vis de la chapelle appartenant au dit seigneur, à l'isseu des vespres du dit jour, de représenter plein une brassée de cordes de pois en gousses pour y être en l'endroit brulez ou à défaut de ce faire, payer à la dite seigneurerie soixante solz d'amende. »
    Désaffectée au début du XXe siècle, elle est située face à l'église paroissiale où, après avoir servi d'école jusqu'en 1964, elle abrita la mairie de 1974 à 2006 puis la garderie (Ti Mon ar big) depuis 2008. Il s'agit d'un bâtiment très simple de forme rectangulaire et dont aucun élément religieux ne subsiste.
    • Chapel Nevez ou Sant Mélar (chapelle Neuve ou Saint-Mélar, XVIIe siècle)
    En partie détruite avant 1880 elle est rasée en 1903. Avec sa nef, son transept et son abside à trois pans c'est la plus récente de la paroisse. Une partie des pierres de construction a été vendue, d'autres encore ont servi à réparer le mur sud de l'église paroissiale. Tout près, il existe toujours une fontaine et dans le prolongement, une piscine compartimentée en plusieurs bacs peu profonds où étaient plongés les enfants de santé fragile. Le pardon de la chapelle était célébré au mois de mai.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Vallée et moulin de Trobodec (XVIIe ‑ XIXe siècles): les murs de ce moulin à farine ont été remontés au moins trois fois au cours des siècles. Il a cessé de fonctionner dans les années 1950 et a été acquis par le Conservatoire du Littoral. La roue à augets de 5 mètres de diamètre a été restaurée à l'identique par un artisan local.
  • Pigeonnier de Kervéguen, construit dans les années 1550 par le seigneur du manoir. Le nombre considérable de ses trous de boulin donne une idée de l'importance du domaine car chaque alvéole correspond à un couple de pigeons et à 50 ares de terre.
  • Musée rural des Vieux Outils du Trégor. Ce musée ouvert l'été et sur demande pour les groupes abrite une remarquable collection d'outils de la terre, de la mer et de la vie quotidienne.
  • Plage de Venizella sous Beg an Fri.
  • Plage de Poul Rodou.
  • Pointe de Beg An Fri.
  • Sentier côtier de Saint-Jean-du-Doigt à Locquirec.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://marikavel.org/bretagne/guimaec/accueil.htm
  2. Henri Bourde de La Rogerie, L'église de Saint-Jean-du-Doigt ; notes pour servir à son histoire, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1909, Gallica
  3. http://www.skoluhelarvro.org/culture-bretagne/batailles/detail.php?id=29
  4. Ce fut la deuxième plus importante filière clandestine d'évasion d'aviateurs alliés vers l'Angleterre en Bretagne, après le réseau Shelburn depuis la plage Bonaparte en Plouha
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  7. a et b http://www.guimaec.com/chapelles.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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