Timée (Platon)

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Sur la fresque de L'École d'Athènes, Raphaël a représenté Platon tenant à la main le texte du Timée, considéré comme son œuvre la plus importante.

Le Timée (en grec ancien Τίμαιος), un des derniers dialogues de Platon, est considéré depuis l’Antiquité comme l’œuvre capitale du maître. Platon y décrit une vaste cosmogonie fondée sur les données les plus certaines de la science la plus moderne de son époque, où prennent place le récit de la formation de l’Âme du monde, les théories du lieu et des éléments, ainsi qu’un système astronomique. C’est ainsi qu’après un bref échange avec Socrate, Critias et Hermocrate, le philosophe pythagoricien Timée de Locres expose une réflexion sur l’origine et la nature du monde physique et de l’âme humaine vues comme les œuvres d’un démiurge tout en abordant les questions de la connaissance scientifique et de la place des mathématiques dans l’explication du monde. Cette cosmologie constitue une encyclopédie complète de toute la science platonicienne, indispensable au philosophe et à l’homme d’État. Platon y rattache une anthropologie, partie maîtresse du dialogue relative à l’homme, dans laquelle il dessine l’histoire fictive de l’humanité et de la cité d’Athènes.

Écrit vers 360 av. J.-C., le Timée appartient à la dernière période de Platon et devait composer une trilogie avec le Critias et l’Hermocrate, mais rien de ce dernier dialogue n’a jamais été trouvé ; Friedrich Nietzsche suppose que Platon a incorporé ou retravaillé l’Hermocrate et l’a ajouté aux textes des Lois[1]. Cette trilogie avait pour projet de décrire les origines de l’univers, de l’homme et de la société.

Présentation générale[modifier | modifier le code]

Une encyclopédie[modifier | modifier le code]

Plus que dans tout autre dialogue de Platon, le Timée présente une composition nettement méthodique et pédagogique, avec des articulations marquées : annonces des développements qui vont suivre, récapitulations des résultats acquis et pas moins de dix résumés. C’est aussi le dialogue dans lequel l’exposé continu, et parfois aride, d’un seul personnage, Timée de Locres, occupe la quasi totalité de l’œuvre. Autant de procédés qui donnent à ce dialogue l’allure d’un cours destiné non à des profanes mais à un auditoire déjà « familier avec les méthodes de la science »[A 1], comme Platon le fait remarquer lui-même[2]. Sous son apparence de fiction, le caractère scientifique et positif du Timée ne doit pas être méconnu : Platon expose avec précision et dans une langue technique, l’état le plus récent des connaissances de son temps, mais sans prétendre être exhaustif[3]. En effet, loin de se limiter à la cosmologie et aux interrogations sur la nature du monde physique, le Timée aborde les mathématiques, la biologie, la chimie, la médecine, la psychologie, la politique, la religion et l’astronomie, entre autres.

Histoire fictive de l’État idéal[modifier | modifier le code]

Cependant, dans cette encyclopédie, tout ce qui touche à la description de l’univers, à la physique et à la formation de l’Âme du Monde n’est pas l’essentiel aux yeux de Platon : la cosmologie joue un rôle accessoire par rapport à l’anthropologie. On le voit à la requête amicale que Socrate adresse à ses trois interlocuteurs. Il leur demande de faire l’éloge de la cité idéale qu’il a décrite la veille[note 1], en racontant comment, de théorique et abstraite, on peut imaginer son excellence en action[4]. Pourrait-on en construire le modèle vivant et montrer sa perfection face aux difficultés de la réalité, en temps de paix et de guerre ?[A 2]. Tel est l’objet principal du Timée : l’intention du dialogue est politique. Critias fait alors le récit de la guerre victorieuse menée par Athènes, il y a neuf mille ans, contre l’ennemi atlante et la chute de l’Atlantide. C’est ainsi que, par un habile artifice, Platon prétend nous raconter l’histoire oubliée — mais en réalité, fictive — de l’humanité et de la cité d’Athènes. Il cherche à fonder la constitution idéale décrite dans La République en montrant que dans la plus haute antiquité, avant le déluge, à Athènes, les choses étaient conformes à ce modèle d’excellence, qui lui-même répondait aux fins d’un être humain qui trouvait sa place dans cette cité et cet univers organisé. De la sorte, Platon dote son récit de l’autorité de l’histoire ; et en rattachant cette histoire à l’histoire de l’univers, il la fait bénéficier aussi de l’autorité de la science physique, tout en mettant en relief l’unité des choses[5].

Microcosme et macrocosme[modifier | modifier le code]

Ce qui demeure toujours au centre de la réflexion de Platon, c'est l’homme. Toutes les sciences, même les plus abstraites, ne sont étudiées que dans leurs rapports à la science de l’homme. Ainsi, l’origine des végétaux ou l’histoire des animaux ne sont traitées accessoirement qu’à l’occasion de la nutrition ; de même, la physique, la minéralogie, la chimie ne sont abordées que sous l’angle qui intéresse directement l’humanité, au point de vue des sensations, de l’hygiène, de la thérapeutique, ou de propriétés dont nous pouvons faire notre profit[6]. Cette histoire naturelle de l’homme, qui commence avec Phoroneus, « celui qu’on appelle le premier homme »[A 3], est conduite en vue de ses applications pratiques à l’éducation, à la médecine et à la politique. Elle entre dans la conception globale d’une liaison étroite entre nature humaine et nature universelle, entre microcosme et macrocosme. Cette conception du Timée dominera toute la philosophie de la Renaissance et du XVIIe siècle. Elle explique le choix du plan annoncé par Critias au début du dialogue : « Il nous a paru que Timée, celui d’entre nous qui est le meilleur astronome et qui a donné le plus de travail à pénétrer la nature de l’Univers, devait prendre la parole le premier et, partant de la naissance du monde (τῆς τοῦ κόσμου γενέσεως), terminer par la nature de l’homme (ἀνθρώπων φύσιν)[A 4]. » Ce programme audacieux soulève aussitôt le problème philosophique fondamental de la connaissance : peut-on embrasser dans un même discours rigoureux une cosmologie et une anthropologie ? L’homme peut-il accéder à la vérité au sujet de l’univers, de la politique et du divin ? Car pour Platon, « ce que l’Être est au devenir, la vérité l’est à la croyance[A 5]. »

Un mythe vraisemblable[modifier | modifier le code]

Le Timée instaure dès le début la distinction entre deux formes de connaissance, d’une part la science, qui fonde un savoir irréfutable au moyen de démonstrations rigoureuses, et d’autre part les opinions ou le mythe vraisemblables (εἰκότα μῦθον)[A 6] ; par la suite, Platon fait également la distinction entre cause nécessaire et raison vraisemblable (εἰκότα λόγον), et il n’hésite pas à répéter maintes fois le caractère conjectural de son discours[7], allant même jusqu’à considérer parfois que la connaissance qu’il cherche, « nul homme n’en est actuellement capable, ni sans doute ne le sera jamais à l’avenir[A 7]. » En outre, la certitude affirmée par Platon que l’être humain est la proie d’erreurs et d’illusions des sens, et sa « critique de la raison, dont l’inflexibilité vaut celle de Kant ou même la dépasse[8] », a pu contribuer à donner l’impression que le Timée n’était qu’une fable distrayante mais sans valeur.

En réalité, la vraisemblance, notée par l’épithète εἰκώς, utilisée à dix-neuf reprises dans le Timée pour qualifier le mythe[9], loin de l’affaiblir, fonde au contraire l’autorité du récit : « Platon insiste moins sur le caractère fictif de sa narration, qui est évident, que sur les raisons qu’il a de la croire vraisemblable, et sur l’exceptionnelle probabilité de ses inductions[10]. » Platon a en effet recours au mythe pour éclairer, de façon approximative, les questions impénétrables par la seule force de la raison discursive[11] ; telles sont les questions métapsychologiques pour lesquelles Platon forge la théorie mythique de la structure psychique de l’homme[A 8]. Il fait de même dans le domaine métaphysique et cosmologique, pour expliquer la naissance de l’Univers. Car le changement auquel est soumis l’Univers dans le flux incessant du devenir crée un principe d’indétermination et d’incertitude ; faute de vérité absolue, c’est la vraisemblance du mythe qui permet de formuler, avec le charme de la poésie, une théorie simplement probable[12].

L’origine de l’univers[modifier | modifier le code]

La cosmologie développée dans le Timée renoue avec les projets des physiologues présocratiques qui, dès le VIe siècle av. J.-C., prennent le relais des poètes dans la tentative d’offrir une explication de l’origine et de l’évolution de la réalité physique, le cosmos (κόσμος), depuis le Chaos primordial, alternative rationnelle à la cosmogonie des récits mythiques, telle celle d’Hésiode au VIIIe siècle av. J.-C. De fait, le Timée est le tout premier ouvrage de cosmologie à nous être parvenu dans son intégralité. Dans les divers textes intitulés Sur la nature (en grec ancien Περὶ φύσεος) des penseurs, dont Anaximandre, Héraclite, Épicure, et Parménide entre autres, produisent un discours qui, au-delà de l’univers physique (macrocosme), traite aussi du microcosme, de l’origine et de la nature des êtres vivants, de l’homme et de la société, offrant par là une vision politique défendant un modèle d’organisation de la cité qui se veut fondé sur une vision du monde.

Physique[modifier | modifier le code]

La pluralité des mouvements[modifier | modifier le code]

Platon, parlant de la quantité du mouvement, a posé comme principe que le temps est inséparable du mouvement, Théophraste dit au contraire qu’il ne lui est pas nécessairement attaché. De tous les mouvements, le meilleur est celui que l’on produit soi-même en soi-même ; car c’est celui qui ressemble le plus aux mouvements de l’intelligence et à ceux de l’univers ; le mouvement qui vient d’autrui ne vaut pas celui-là.

Le temps[modifier | modifier le code]

La mise en ordre du monde sensible par le démiurge se fait dans le temps. Platon, dans le Timée, parle des Idées éternelles, ni changeantes ni mouvantes (29 a), et qui s’appliquent aux formes intelligibles (sans origine) autant aux dieux qu’aux hommes, fabriquées dans le temps par le démiurge (37). Ce qui commence s’inscrit dans le temps, qui passe et détériore par la vieillesse ; cette détérioration fait cesser d’être par la mort (33 a, 81 d) ; seul le divin ne souffre pas de dépendance de quelque nature possible, et le divin, le démiurge sont autosuffisants (33 b). Selon Théophraste, Platon était d’opinion que c’est le temps qui anime et fait tourner l’univers. Platon explique que l’homme a des affinités avec le divin, et tend à s’en rapprocher, à la façon de l’œil qui renferme en soi des éléments lumineux, et recherche par suite la lumière[A 9].

Place du mythe dans le Timée[modifier | modifier le code]

Le Timée est un récit. Selon ce récit, le temps est l'image mobile de l'éternité immobile : « Quand le père qui l'avait engendré s'aperçut que le monde qu'il avait formé à l'image des dieux éternels se mouvait et vivait, il en fut ravi et, dans sa joie, il pensa à le rendre encore plus semblable à son modèle. Or, comme ce modèle est un animal éternel, il s'efforça de rendre aussi tout cet univers éternel, dans la mesure du possible. Mais cette nature éternelle de l’animal, il n'y avait pas moyen de l’adapter complètement à ce qui est engendré. Alors il songea à faire une image mobile de l'éternité et, en même temps qu’il organisait le ciel, il fit de l'éternité qui reste dans l’unité cette image éternelle qui progresse suivant le nombre, et que nous avons appelé le Temps (37 c-d). » Le philosophe ne peut guère plus, et fera donc comme le poète : tenir un discours qui ne pourra être dit vrai ou faux, car nul n’aura pu en être le témoin. Le Timée recense un grand nombre de points communs avec le mythe. Le mythe est formellement un récit, c’est-à-dire un discours qui se déploie dans le temps, et qui décrit ce que font des personnages (40 a).

La Terre, placée au centre, tourne autour de l’axe qui traverse le Tout[A 10],[13]. (40 b-c).

  • Platon n’admet que deux révolutions dans l’essence de l’âme : l’une (la révolution de la nature du même) était complètement entravée, et l’autre (la révolution de la nature de l’autre) était troublée (40 d-44 c). Au terme de cette révolution[note 2], tous les corps célestes se mettent à leur position initiale. La philosophie est une mise en ordre de l’âme, don provenant de la divinité, qui ne s’est jamais produit et ne se produira jamais ; éloignant des corps matériels et corruptibles, elle éloigne de la corruption grâce à la cognition et la providence, puissances respectivement théorique et matérielle.
  • D’après Luc Brisson, le philosophe qui a le projet de décrire les origines du monde se confronte aux mêmes problèmes que le poète, et est tout aussi démuni que lui : Hésiode, dans sa Théogonie, en appelle aux Muses pour savoir à quoi il doit s’en tenir concernant les origines des dieux. Le démiurge a une personnalité et des humeurs (27 c-d) est un allié (47 b) : il travaille tel un artisan, et tente de convaincre un autre personnage, la Nécessité : c’est par là même déjà un récit mythique. Seulement, il y a une contradiction dans la forme du mythe et celle des exigences de l’explication cosmologique qui, elle, devrait transcender le temps et ne pas faire intervenir des personnages, mais plutôt des entités générales.

L’opinion vraie et l’intellect[modifier | modifier le code]

L’opinion est une fluctuation de pensée qu’entraîne le discours vrai (29 b) ; le discours vrai ne peut porter que sur ce qui est et non ce qui devient (29 c-d ; 35 a-d ; 48 b). Même si le Timée reste traditionnel dans sa forme et dans son objet, il est novateur par la nature de l’explication qu’il propose. L’opinion vraie, conception que la persuasion ne peut ébranler (51 d), ne diffère en rien de l’intelligence (51 e), tout ce que nos organes atteignent doit être admis comme parfaitement réel. Mais il faut distinguer ces deux choses, parce qu’elles se forment en nous séparément et avec des caractères différents : l’une vient de la science, l’autre de la persuasion : l’une est toujours conforme à la droite raison, l’autre est sans raison ; l’une est inébranlable, l’autre peut chanceler. L’opinion vraie appartient à tous les hommes, l’intelligence aux dieux seulement.

La connaissance scientifique[modifier | modifier le code]

Le Timée pose le problème de la connaissance scientifique[14]. Timée affirme qu’une explication scientifique doit présenter à la fois un caractère de nécessité et d’idéalité – les deux ne pouvant être déduits de façon immédiate des données de perception sensible. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas nous fier simplement aux données que nous renvoient nos sens.

La méthode hypothético-déductive[modifier | modifier le code]

Pour résoudre le problème de la connaissance scientifique, Platon va mettre en place ce qui deviendra la méthode de toute recherche scientifique : la méthode hypothético-déductive. Elle consiste à poser a priori une liste d’axiomes présupposés, puis à vérifier, en se fondant sur des règles d’inférence, de logique, si les propositions que l’on arrive à déduire des axiomes (les théorèmes) présentent une correspondance convenable et raisonnable avec les données des observations. Seulement, dans le Timée, Platon pose les axiomes a posteriori. De plus, ses règles d’inférence sont implicites. Enfin, les observations et vérifications expérimentales y sont quasi inexistantes : Platon fait peu appel à l’observation pour montrer la validité de son système. Ainsi, Platon ne prend pas l’observation comme point de départ, ni comme critère de validité de son système : il n'y a que trois expériences faites tout au long de l’œuvre :

  • Une expérience imaginaire (ou de pensée) relative à la pesanteur du feu
  • Une expérience réelle, relative à la formation des odeurs
  • Une autre expérience réelle, relative au rôle des fibres dans le sang
Explication des trois expériences

Platon critique l’idée de soumettre tel ou tel aspect de sa théorie à une expérience locale, contrôlée et répétable ; pour lui, la vérification expérimentale implique une reproduction exacte de la nature, ce qui est impossible. De plus, l’observation et la vérification sont confrontées à des obstacles majeurs. En effet, pour faire cela scientifiquement, il faut y faire entrer une certaine notion de mesure. Or, à cette époque, les instruments de mesure précis n'existent pas. Personne n’a de mesure commune, et les mathématiques en sont encore à leur stade primitif.

Biologie[modifier | modifier le code]

Platon dit que le chaud est ce qui désagrège par l’acuité des angles ; le froid se produit quand, dégagés de l’humidité, les éléments les plus bas ne pouvant entrer poussent les plus hauts en cercle. À cette lutte, on donne le nom de tremblement et à la sensation celui de froid (61 e-62 b) ; le problème est que dans le texte de Platon, les éléments bas et les éléments hauts semblent jouer un rôle inverse (31 b-32 c)[A 11]. La sensation est un mouvement transmis à l’âme par l’intermédiaire du corps (43 c) à l’aide des organes des sens, une information étrangère à la raison (45), un transport en l’âme (61 c). La perception du noir et du blanc, couleurs que Platon tient pour être des affections, dépend respectivement d’une contraction du canal oculaire ou d’une dilatation. Il précise également que ce ne sont pas des « propriétés », parce qu’il s’agit d’un organe de la vue, mais parlent de « caractères » (67). Selon le Timée, la bile a pour fonction de libérer la partie de l'âme qui se trouve dans le foie et de la condenser ; quand elle s'épanche librement, elle rend l'âme réjouie (71 d).

Le végétal[modifier | modifier le code]

La passivité et l’immobilité du monde végétal (40 a ; 77 b-c) rendent sa condition inférieure, par rapport à celle de l’animal, indépendant ; chaque espèce a son milieu ; les plantes, les végétaux ont une âme qui leur permet de discerner ce qui convient dans chaque cas, et une sagacité différente de celle de l’homme, où elle est pénétration de l’esprit .

La Pronoia[modifier | modifier le code]

Dans les textes platoniciens le mot pronoia (en grec ancien : πρόνοια) est rare : il n'est présent qu'en trois dialogues, le Phèdre, le Timée et Les Lois, dans ce dernier dialogue au sens juridique de « préméditation ». Dans le Timée, ce mot signifie proprement « providence » dans deux passages (30 c 1, et 44 c 7). Mais cette rareté relative du terme n'implique pas que la notion de Providence divine soit, dans la philosophie de Platon, un élément marginal : la providence est pleinement à l'œuvre dans le livre X des Lois ; et la notion de providence divine occupe dans la philosophie de Platon une place centrale, dans la mesure où ce n'est qu'en ayant recours à cette notion que Platon peut convenablement résoudre le problème des causes de la génération et de la corruption posé dans les derniers passages du Phédon.

Chimie[modifier | modifier le code]

La théorie des odeurs[modifier | modifier le code]

D’après Platon dans le Timée, la bonne odeur est l’état intermédiaire des corps en train de changer d’état (67 a). À titre comparatif, Théophraste dira que la bonne odeur est la suite de l’élaboration parfaite que la chaleur naturelle donne aux humeurs. Théophraste attribue la bonne odeur à une sorte de coction des matières aqueuses, lorsque le principe humide, lequel est funeste, en a été dégagé par la chaleur.

Du feu[modifier | modifier le code]

Dans le Timée, Platon explique que le feu en tant qu'élément n’existe pas uniquement sous forme de flamme : mêlé à l’eau ou à l’air, il produit de la chaleur et joue un rôle dans la digestion ou la respiration (78 a-81 e).

L’opposition entre mythe et explication[modifier | modifier le code]

Dans le mythe, on ne peut dire si l’histoire racontée est vraie ou fausse. C'est le cas du Timée : il y a une certaine temporalité. Le personnage principal, le démiurge, commence à travailler avant de demander à ses aides de finir son travail, secondés « à la fin » par l’Âme du monde. De plus, la chôra (en grec ancien χώρα) est matériau, et à différencier de l’ousia, l’essence se manifeste au démiurge, d’où une nouvelle preuve de temporalité. Enfin, la Nécessité est assimilée à un individu rebelle que le démiurge cherchera à persuader. Le Timée est un mythe qui, en ce qui concerne l’intervention de Timée, se double d’un récit (et non d’un simple dialogue). Le terme eikos (épithète) se traduit le plus souvent par « vraisemblable » ; il signifie au sens strict « qui porte sur les copies des formes intelligibles, c’est-à-dire sur les choses sensibles ». En effet, selon Luc Brisson[15], Timée va parler du monde sensible, celui-ci n’étant qu’une copie d’une forme intelligible, le « vivant en-soi ». Par conséquent, le discours de Timée ne peut être dit vrai. Être qualifié de discours vrai est un privilège qui appartient au discours sur les formes intelligibles. Son discours ne peut donc qu’être semblable au discours vrai, précisément parce qu’il s’agit d’un discours relevant de la cosmologie, du monde sensible qui est copie de l’intelligible (des Idées). Dans le Timée l’homme est fait pour contempler l’intellect divin, doté de vie et de mouvement : des réalités sensibles imitant des réalités intelligibles (82 b) ; l’homme n'est ni injuste ni méchant de son plein gré (86 d-e).

Cet éclaircissement sur le statut des eikos nous amène à voir que, chez Platon, la cosmologie doit résoudre un problème reposant sur une conviction grecque qui dit que :

  • Il n’y a pas de réalité véritable dans le changement incessant
  • Il n’y a pas de connaissance sans une certaine permanence.

Ainsi, le monde sensible, qui n’a pas de réalité véritable et qui est soumis au changement perpétuel, devrait rester inconnu. Selon Platon, le monde sensible est non-réel ; seules les Idées le sont. De plus, le monde sensible est soumis au changement perpétuel, contrairement aux Idées éternelles, qui ne sont ni changeantes ni mouvantes.

Les mathématiques[modifier | modifier le code]

Dans le Timée, Platon fait des mathématiques. Elles sont pour lui l’instrument permettant d’exprimer certaines des conséquences découlant des axiomes posés. Aristote reproche à Platon d’avoir résumé la philosophie à des mathématiques ; il écarte d’ailleurs les mathématiques et reprend le langage ordinaire.

Critique de la physique présocratique[modifier | modifier le code]

Le Timée a peut-être été inspiré par un regard critique porté sur la physique présocratique – plus particulièrement sur Anaxagore, un physicien. Dans le Phédon, Platon expose ses relations avec les physiques antérieures. Les enjeux sont de situer le projet philosophique de Platon par rapport à ses prédécesseurs. Pour Socrate, la physique s’efforce de résoudre les questions de l’origine du vivant, de la pensée, des phénomènes terrestres et célestes. Il ne parvient pas à la connaissance escomptée, et même, la physique lui a désappris sans rien lui apprendre :

  • Une lecture par Socrate d’Anaxagore : elle conduit Socrate sur de nouvelles voies. Socrate se dit séduit par la physique d’Anaxagore, qui soutient que l’intellect est la cause de toutes choses dans l’univers, et que donc tout est disposé de la meilleure façon. La rationalité de l’univers est plus ou moins une physique finaliste.
  • Cette lecture amène Socrate à de nouvelles désillusions : il opère un nouveau changement de cap en physique. Selon lui, Anaxagore a certes en principe une physique proche de la sienne, mais il s’agit en fait d’une physique matérialiste et mécaniste, c’est-à-dire qui repose sur des causes matérielles.

Les causes sont classées par Aristote en quatre types :

  • Matérielles, comme support de la transformation (par exemple, pour une statue, le support est le bloc de marbre dans lequel elle est faite)
  • Efficientes, comme agent de la transformation (l’action du burin sur le marbre)
  • Finales, comme but en vue duquel s’accomplit la transformation (l’intention du sculpteur quant à la statue)
  • Formelles, comme idée qui organise l’objet transformé selon une forme déterminée (l’idée d’un corps de femme, par exemple, si la statue représente un corps de femme)

Selon Socrate, chez Anaxagore, le mécanisme prend le dessus sur l’ordre de la finalité. De plus, Anaxagore confond les causes avec les conditions d’existence, confond la fin avec les moyens. Enfin, l’histoire de la physique est une succession de penseurs à la recherche de causes vouées à la caducité, car ce ne sont pas les vraies causes.

Métaphysique[modifier | modifier le code]

Conditions d’intelligibilité du monde sensible[modifier | modifier le code]

Pour pouvoir connaître le monde sensible, Platon fait l’hypothèse de trois types d’entités sans lesquelles le monde sensible resterait inconnu :

  • Les formes intelligibles (νοητά), vraiment réelles, immuables : elles peuvent être objets de connaissance ;
  • Les choses sensibles (αἰσθητά), qui doivent présenter dans leur changement quelque chose qui ne change pas. Pour cela, elles vont devoir entretenir avec les formes intelligibles un rapport équivalent de copie à modèle. C'est ce qui est appelé « participation » en tant que copie : la copie participe de l’Idée ;
  • La Khôra (χώρα) : espace susceptible de « recevoir » (τὸ μεταληπτικόν) toute création[16]. Il y a une analogie avec le vide, l’Éther.

Dans l’articulation des trois concepts, le Timée glisse de la physique à la métaphysique, même si Platon ne dissocie pas les deux. Le Timée peut être à la fois spéculation théorique, physique et métaphysique, et viser à l’établissement d’une éthique. L’éthique rejoint la physique dans la mesure où la contemplation de l’univers sensible est, selon Platon, une étape indispensable à la contemplation des formes intelligibles — contemplation qui détermine la valeur morale de toute existence humaine. —

Le Phaéton platonicien[modifier | modifier le code]

Selon le Timée de Platon, la vérité derrière le mythe est due à Solon, qui l’a rapportée à ses descendants à son retour d’Égypte : « Ce qu’on raconte chez les Grecs de Phaéton, fils du Soleil, qui, voulant conduire le char de son père et ne pouvant le maintenir dans la route ordinaire, embrasa la terre et périt lui-même frappé de la foudre, a toute l’apparence d’une fable ; ce qu’il y a de vrai, c’est que dans les mouvements des astres autour de la terre, il peut, à de longs intervalles de temps, arriver des catastrophes où tout ce qui se trouve sur la terre est détruit par le feu. Alors les habitants des montagnes et des lieux secs et élevés périssent plutôt que ceux qui habitent près des fleuves et sur les bords de la mer. Pour nous, le Nil nous sauve de cette calamité comme de beaucoup d’autres, par le débordement de ses eaux. Quand les dieux purifient la terre par un déluge, les bergers et les bouviers vont à l’abri sur leurs montagnes, tandis que les habitants de vos villes sont entraînés par les torrents dans la mer. Chez nous, au contraire, jamais les eaux ne descendent d’en haut pour inonder nos campagnes : elles nous jaillissent du sein de la terre. Voilà pourquoi nous avons conservé les monuments les plus anciens. En tout pays, le genre humain subsiste toujours en nombre plus ou moins considérable, à moins qu’un froid ou une chaleur extrême ne s’y oppose » (22 c-23).

La psychogonie[modifier | modifier le code]

L’âme est adaptée au corps par le démiurge. Platon considère les astres et le ciel comme des dieux ; le ciel, corps qui enveloppe toutes les choses sensibles (33), et le temps sont associés à l’âme. L’âme est adaptée au corps et divisée selon une harmonie de trois octaves constituées des éléments (34 b, 35 b et passim).

Critique de la psychogonie[modifier | modifier le code]

Théophraste a critiqué la psychogonie : c’est parce que le mouvement est lui-même mu que le principe du mouvement ne peut être que ce qui imprimera le mouvement. Le temps est né avec le ciel, selon Platon, qui avait défini le temps comme « mouvement du soleil, sa course »[17]. D’après Théophraste, l’opinion de Platon est que c’est le temps qui anime et fait tourner l’univers.

Théogonie[modifier | modifier le code]

Martin L. West souligne que Platon offre une courte théogonie (40 d) dans le Timée, parlant de « progénitures des dieux » ; cette théorie rapportée par Platon est d’après lui de Musée d'Athènes ou Orphée.

De l’âme[modifier | modifier le code]

Pour Platon, l’âme est une essence, et une essence distincte du corps, et principe de génération. Plutarque a écrit un traité intitulé Traité sur la création de l’âme d’après le Timée de Platon, dont l’objet est de développer les principes d’après lesquels Platon a voulu expliquer la formation de l’Âme du monde. Les astres ont une âme (38 e). Selon Platon, l’espèce de l’âme humaine la plus élevée est démonique ; il s’agit d'un génie que le démiurge a assigné aux hommes (90 a).

La fortune du Timée[modifier | modifier le code]

Timée, traduit en latin par Chalcidius, vers le VIe siècle. Manuscrit du Xe siècle.

Le Timée n’a pas cessé d’inspirer philosophes et savants à travers l’histoire. Dans l’Antiquité, il occupe une place prépondérante au sein même de l’Académie de Platon où les disciples le tiennent pour l’œuvre capitale du maître[18] : Speusippe et Xénocrate en discutent de nombreux passages, et Aristote le cite souvent. Plus tard, les stoïciens, Épicure, les atomistes, et les néoplatoniciens l’étudient et le commentent. À l’automne 45 av. J.-C., Cicéron en fait une traduction en latin dont il reste des fragments importants[A 12]. Claude Galien étudie attentivement la partie consacrée à la physiologie et à la médecine, et contribue ainsi à inspirer la médecine du monde oriental et du monde latin. Les Alexandrins vouent un culte particulier au Timée. Plutarque en fait un commentaire partiel. Les savants chrétiens s’attachent avec ardeur à cet ouvrage : il est lu de près par les Pères de l’Église, notamment Basile de Césarée et Grégoire de Nysse qui y découvrent en germe le dogme de la Trinité[18].

Au Moyen Âge, les savants et les théologiens juifs, musulmans et chrétiens, en particulier les théologiens de l’École de Chartres, et Pierre Abélard, commentent le Timée d’après la traduction latine de Chalcidius, et le citent[19]. Les philosophes de cette École de Chartres essaient même de concilier la cosmogonie du Timée avec le Livre de la Genèse. À la Renaissance, le Timée influence toute la culture occidentale ; on essaie notamment de localiser l’Atlantide ; surtout, astronomes et mathématiciens tâchent de pénétrer le sens caché des passages relatifs à l’Âme du monde[20]. À la fin du XVIe siècle, le fondateur de l’astronomie moderne, Johannes Kepler, est influencé par la cosmologie et la physique mathématique du Timée, et au début du XIXe siècle, c’est le philosophe Schelling qui lit le Timée[19].

Au XXe siècle, cet ouvrage de Platon suscite encore l’intérêt des plus grands savants : le mathématicien, logicien et métaphysicien Alfred North Whitehead déclare que le Timée « constitue, avec le Scholium ajouté par Isaac Newton à la deuxième édition de ses Philosophiae Naturalis Principia Mathematica (1687), le plus grand texte cosmologique de cette même tradition[8]. » Le prix Nobel de physique et l’un des fondateurs de la mécanique quantique, Werner Heisenberg, lit aussi le Timée quand il fait son service militaire à Munich[8]. En philosophie enfin, Simone Weil découvre dans le Timée « une histoire de la création » dans laquelle est préfiguré le mystère chrétien de la Trinité, comme Pierre Abélard l’avait lui aussi pressenti[21]: « l’Ouvrier correspond bien au Père, l’Âme du monde au Fils et le Modèle à l’Esprit[22] ». Dans ce dialogue qui ne ressemble à aucun autre, on trouve une conception mystique de la connaissance : Platon ayant contemplé l’univers comme Dieu le voit, a essayé de l’expliquer aux hommes ; « Platon, écrit Simone Weil, est sorti de la caverne, il a regardé le soleil, et il est rentré dans la caverne ».

Le Timée dans l’édition originale d’Henri Estienne, 1578.

Les raisons de l’engouement pour le Timée sont en partie liées à la difficulté du texte, qui a pu laisser croire qu’il serait l’expression d’une sagesse mystérieuse et cachée, synthèse des connaissances des Pythagoriciens[20]. Elles tiennent aussi à son aspect d’encyclopédie, riche d’un savoir scientifique si varié, qui a séduit les savants du Moyen Âge, toujours soucieux de composer une somme définitive des connaissances humaines.


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La description de cette cité idéale rappelle de près celle qui a été présentée dans La République.
  2. « La Terre a été faite pour être la productrice et la gardienne du jour et de la nuit » (40 b-c).

Références antiques[modifier | modifier le code]

  1. Timée, 53 c.
  2. Timée, 18 b-20 c.
  3. Timée, 22 a.
  4. Timée, 27 a.
  5. Timée, 29 c.
  6. Timée, 29 d.
  7. Timée, 68 d.
  8. Timée, 72 d.
  9. Théophraste, Des Sensations.
  10. Aristote, Du ciel, Livre II, chap. 13, 293 b.
  11. Théophraste, Des Sensations, Frag. I, Chap. XV.
  12. « Fragments du Timée de Platon traduit par Cicéron »

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. Friedrich Nietzsche, Introduction à l’étude des dialogues de Platon, p. 62, Éditions de l'Éclat, 1991.
  2. Albert Rivaud 1949, Notice, p. 5.
  3. Albert Rivaud 1949, Notice, p. 6.
  4. Donald Zeyl et Barbara Sattler 2019, p. 1 Overview of the dialogue.
  5. Albert Rivaud 1949, Notice, p. 8.
  6. Albert Rivaud 1949, Notice, p. 10-11.
  7. Albert Rivaud 1949, Notice, p. 11.
  8. a b et c Bertrand Saint-Sernin 2013, p. 1822.
  9. Marc-André Daviault 2012, p. 77.
  10. Albert Rivaud 1949, Notice, p. 11-12.
  11. Donald Ipperciel, La vérité du mythe : une perspective herméneutique-épistémologique, p. 179.
  12. Albert Rivaud 1949, Notice, p. 13-14.
  13. Albert Rivaud 1949, Notice, p. 60.
  14. Luc Brisson et Walter Meyerstein 1991.
  15. Luc Brisson 1994.
  16. Albert Rivaud 1949, Notice, p. 68.
  17. Luc Brisson 2008, p. 288.
  18. a et b Albert Rivaud 1949, Notice, p. 3.
  19. a et b Bertrand Saint-Sernin 2013, p. 1821.
  20. a et b Albert Rivaud 1949, Notice, p. 4.
  21. Bertrand Saint-Sernin 2013, p. 1821, note 1.
  22. Simone Weil, « Dieu dans Platon », La Source grecque, Gallimard, coll. Espoir, 1979, p. 129 à 131.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

  • (fr + grc) Platon (trad. Albert Rivaud), Timée, t. X, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Collection des Universités de France », , 275 p., p. 3 à 123 : Notice. .
    Édition de référence
  • Luc Brisson (dir.), Timée : Platon, Œuvres complètes, Éditions Flammarion, (1re éd. 2006), 2204 p. (ISBN 9782081218109). 

Études[modifier | modifier le code]

Sur l'ensemble du Timée
  • (en) Donald Zeyl et Barbara Sattler, « Plato's Timaeus », dans The Stanford Encyclopedia of Philosophy, Edward N. Zalta, (lire en ligne). .
  • Bertrand Saint-Sernin, « L’actualité du Timée », Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 157e année, no 4,‎ , p. 1821-1831 (lire en ligne, consulté le 6 août 2020). 
  • Jean Trouillard, « Luc Brisson, Le Même et l’Autre dans la structure ontologique du Timée de Platon. Un commentaire systématique du Timée de Platon, Paris Klincksieck, 1974, 590 p. », Philosophiques, vol. 2, no 2,‎ , p. 287-299 (lire en ligne, consulté le 13 août 2020).
Sur la cosmologie du Timée
  • Georges J. Kayas, « L’âme de l’univers et la musique dans le Timée de Platon (34 b et ss.) », Bulletin de l’Association Guillaume Budé, no 3,‎ , p. 287-329 (lire en ligne, consulté le 6 août 2020)
  • Monique Dixsaut, « Le temps qui s’avance et l’instant du changement (Timée 37 c-39 e ; Parménide 140 e-141 e ; 151 e-155 e) », Revue Philosophique de Louvain, vol. 101, no 2,‎ , p. 236-264 (lire en ligne, consulté le 8 mars 2020)
  • Charles Mugler, « Le κένον de Platon et le πάντα ὁμοῦ d’Anaxagore », Revue des Études grecques, vol. 80, nos 379-383,‎ , p. 210-219 (lire en ligne)
  • Charles Mugler, « Les dimensions de l’univers platonicien d’après Timée 32 b », Revue des Études grecques, vol. 66, nos 309-310,‎ , p. 56-88 (lire en ligne)
  • Charles Mugler, « Démocrite et les postulats cosmologiques du Démiurge », Revue des Études anciennes, vol. 69, nos 1-2,‎ , p. 50-58 (lire en ligne)
  • Béatrice Bakhouche, « Le difficile commentaire du Timée 38 d par Calcidius », Pallas. Revue d’études antiques, no 36,‎ , p. 133-144 (lire en ligne, consulté le 6 août 2020).
  • Luc Brisson et F. Walter Meyerstein, Inventer l'univers : Le problème de la connaissance et les modèles cosmologiques, Paris, Les Belles Lettres, coll. « L'âne d'or », , 209 p. (ISBN 978-2213017860, présentation en ligne)
Sur deux aspects particuliers
Sur le mythe platonicien
  • Luc Brisson, Platon, les Mythes et les Mots, La Découverte, , 254 p. (ISBN 2-7071-1326-3). 
  • Victor Bérard, « L’Atlantide de Platon », Annales de géographie, t. 38, no 213,‎ , p. 193-205 (lire en ligne, consulté le 6 août 2020)
  • Pierre Vidal-Naquet, « Athènes et l’Atlantide. Structure et signification d’un mythe platonicien », Revue des Études Grecques, t. 77, nos 366-368,‎ , p. 420-444 (lire en ligne, consulté le 6 août 2020)
  • Marc-André Daviault, Fondements et usages philosophiques du mythe chez Platon, Canada, Université de Sherbrooke, , 134 p. (lire en ligne [PDF]), p. 75 à 97, Chap. III sur le Timée. .

Liens externes[modifier | modifier le code]

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