Jean-François Mattéi

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Jean-François Mattéi
Jean-François Mattéi, professeur de philosophie, 1971.jpg
Jean-François Mattéi, 1971.
Naissance
Décès
(à 73 ans)
MarseilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Jean-François Mattéi, né le à Oran, en Algérie et mort le [1] à Marseille, est un professeur de philosophie grecque et de philosophie politique. Ancien élève de Pierre Aubenque et de Pierre Boutang[2], il fut professeur à l'université Nice Sophia Antipolis, et membre de l’Institut universitaire de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lycée Lamoricière, Oran.

Jean-François Mattéi naît à Oran en Algérie en 1941. Il a fait des études classiques au lycée Lamoricière jusqu’à l’hypokhâgne, puis des études supérieures à l’université d'Aix où il obtient le prix Marcel Reybaud décerné à la meilleure licence de philosophie.

C'est en 1962, à 21 ans, comme la majorité des pieds noirs, que Jean-François Mattéi, issu d'une famille française d’Algérie, quitte l'Algérie[3].

Il est diplômé de sciences politiques à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence en 1965 et agrégé de philosophie en 1967. Il enseigne alors au lycée Fermat de Toulouse puis au lycée Thiers de Marseille jusqu'en 1980[4]. Ayant soutenu à la Sorbonne une thèse d’État, L’étranger et le simulacre : essai sur la fondation de l’ontologie platonicienne, sous la direction de Pierre Aubenque, il obtient une chaire de professeur à l'université de Nice Sophia Antipolis en 1980.

Marié à Anne Jaubert, il a trois enfants, Philippe, Alexandre et Isabelle[5].

Il décède d'une pneumonie foudroyante, le , à Marseille[6].

Professeur de philosophie en lycée[modifier | modifier le code]

Jean-François Mattéi, agrégé de philosophie, a enseigné neuf ans au lycée Thiers, à Marseille.

Fonctions universitaires[modifier | modifier le code]

Professeur à l’université de Nice Sophia Antipolis depuis , il a dirigé le département de philosophie de 1984 à 1988, puis le DEA de la formation doctorale « Philosophie et Histoire des Idées » depuis 1995 et le master « Philosophie » depuis 2004. Il a pris sa retraite comme professeur émérite de l'université de Nice en 2007.

Université Nice Sophia Antipolis.

Pendant 30 ans, avec Dominique Janicaud et Françoise Dastur, Jean-François Mattéi a été l'un des contributeurs du rayonnement de l’université de Nice en ce qui concerne le « pôle international d’étude et d’enseignement de la Phénoménologie, de ses méthodes d’analyse et de ses grandes philosophies »[7].

Il a été élu membre de l’Institut universitaire de France en 1996 et renouvelé en 2001.

Membre du comité d’éthique du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) depuis 2000, il a été également membre du Conseil National pour un Nouveau Développement des Sciences Humaines et Sociales (nommé par le ministre de l’Éducation nationale) de 1998 à 2001. Responsable en philosophie et en sciences humaines pour le COFECUB (Comité français d’évaluation de la coopération universitaire avec le Brésil) depuis 1998. Expert pour la philosophie auprès du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Il enseigne la philosophie politique contemporaine à l’Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence de 1973 à 2012. Enfin, il a été professeur associé à l’Université Laval (Québec) en 2003, et professeur invité à l’université de Marmara (Istanbul) de 1991 à 1994.

Fonctions administratives[modifier | modifier le code]

Jean-François Mattéi a rempli les fonctions de Conseiller personnel auprès du ministre de l’Éducation nationale en 1993-1994 (cabinet de François Bayrou).

Membre du Conseil national des universités (XVIIe section) de 1992 à 1995 (vice-président), puis de 1995 à 1998, et de 2003 à 2006.

Membre du groupe d’experts en sciences humaines et sociales de la mission scientifique et technique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de 1994 à 1998, et de 2002 à 2007. Président de la Commission de spécialistes en philosophie de l’université de Nice depuis 1997, et membre des Commissions de spécialistes en Philosophie des Universités de Paris-Sorbonne (Paris IV), de l’université de Bourgogne (Dijon) et de l'université de Marne-la-Vallée.

Membre du Conseil supérieur régional de la recherche et de la valorisation de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur de 1994 à 1998 : vice-président responsable de la Commission Sciences Humaines et Sociales. Membre de l’Académie interdisciplinaire européenne des Sciences depuis 1996. Nommé à la section Prospective du Conseil économique, social et environnemental (CESER) de la région Provence-Côte d’Azur en 2008 et reconduit en 2014.

Jean-François Mattéi a été élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur à la promotion de Pâques 2004. Il fut à tort confondu avec le généticien Jean-François Mattei (sans accent), « à qui on reprochait alors les méfaits de la canicule de 2003 »[8].

Il anime de nombreuses conférences et colloques, au Centre Universitaire Méditerranéen de Nice (CUM : direction Mme Martine GASQUET), dans le Cercle algérianiste, ou les Colloques de Menton « Penser notre temps », ainsi que les séminaires du Collège des Bernardins à Paris. Il est aussi administrateur du Comité France de l'Institut Thomas-More.

Fonctions éditoriales[modifier | modifier le code]

  • Membre du Comité scientifique de la revue Les Études philosophiques depuis 1985, du Conseil de rédaction de la revue Laval théologique et philosophique (Québec) en 1997, et du Comité de rédaction de la revue Cités (dirigé par Yves Charles Zarka ; Paris) en .
  • Directeur de la revue Noesis (Nice-Paris, éditions Vrin) de 2003 à sa mort.
  • Directeur de la collection « Thémis-Philosophie », aux Presses universitaires de France (Paris) en 1995, et de la collection « Chemins de pensée » aux Éditions Ovadia (Nice-Paris-Montréal) en 2006.

Listé sélective de publications[modifier | modifier le code]

Livres (en nom propre)[modifier | modifier le code]

Directeur de volume[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Faute à Rousseau - Blog royaliste.
  2. Voir les articles publiés respectivement dans Le Figaro et sur le site de revue Les Épées Entretien et Jean-François Mattéi - « Pierre Boutang, l'homme en colère ».
  3. Arnaud Folch, Pieds-noirs, une blessure française., le jeudi 22 octobre 2009.
  4. Fiche autobiographique aux éditions des P.U.F.
  5. Présentation de Jean-François Mattéi., univ. Nice Sophia-Antipolis.
  6. Nice Matin, le 25 mars 2014 : Décès du philosophe Jean-François Mattéi à Marseille.
  7. Jean-François Lavigne, Le Centre d’études phénoménologiques de Nice (CEPHEN) (présentation).
  8. Élisabeth Lévy, L'Europe a les yeux vides, Le Point, no 1856, publié le 10/04/2008 et modifié le 14/04/2008.
  9. Le titre « La métaphysique à la limite » n’a pas été choisi par les deux auteurs. Cela explique que l'ouvrage n’aborde pas le « sens concessif ». Jean Grondin, « À la limite la métaphysique? Vingt ans après ».
  10. Béguin Daniel. 51. Mattei (Jean-François), L'ordre du monde. Platon - Nietzsche - Heidegger, Revue des Études Grecques, 1990, vol. 103, no 492, p. 742.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Herceg, Le Souci de la métaphysique. Trois études sur Dominique Janicaud et Jean-François Mattéi, Nice-Paris, Éditions Ovadia, collection "Chemins de pensée" dirigée par Jean-François Mattéi, 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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  • Fiche sur le site de l'Univ. Nice Sophia-Antipolis