Euthydème (Platon)

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Euthydème (ou De l’Éristique) est un dialogue de Platon, traitant du genre réfutatif. Socrate rencontre deux sophistes. Deux fragments de deux œuvres du philosophe Colotès ont été découvertes à la Villa des Papyri à Herculanum : Contre le Lysis de Platon[1] et Contre Euthydème de Platon[2].

Personnages[modifier | modifier le code]

Scène introductive[modifier | modifier le code]

Le philosophe Criton rencontre son ami Socrate, et l'interroge sur sa conversation qu'il l'a vu entretenir la veille au gymnase du Lycée en présence de Clinias et d'un public de plus en plus nombreux, dont il faisait partie. Socrate lui répond qu'il s'agit des frères Euthydème et Dionysodore, sophistes qui enseignent également la lutte et le maniement des armes.

Argument[modifier | modifier le code]

Les deux frères annoncent qu'ils n'enseignent plus que la vertu, l'exhortation à l'amour. Socrate demande alors une démonstration de leur nouvelle compétence, en prenant Clinias pour interlocuteur. Socrate réfute les réfutations sophistiques, en expliquant que leur étude relève davantage de la justesse des mots. Par ailleurs leur enseignement est impossible, ce qu'explique Socrate par le fait que le bonheur n'est accessible sans biens, non par leur possession uniquement, mais par leur usage également.

Personnages cités[modifier | modifier le code]

  • Connos, fils de Métrobios, professeur de musique et cithariste) surnommé « Le professeur pour vieillards »[8]. Les jeunes élèves du cithariste Connos s'en servent pour désigner leur maître depuis que Socrate, déjà âgé, vient lui demander des leçons. L'épigramme fut d'abord faussement à l'empereur Léon VI le Sage. Il fut vainqueur aux jeux olympiques. Les poètes comiques ne lui épargnèrent pas les railleries : une pièce de Phrynichos le Comique, ainsi qu'une pièce d’Amipsias - autre poète comique - ont porté son nom.

Le dialogue fait allusion à :

  • Protagoras
  • Patroclès, fils de Chérédème
  • Chérédème, demi-frère de Socrate, fils du premier mari de sa mère
  • Sophronisque, père de Socrate, deuxième mari de sa mère

L’art des sophistes est mis en scène, exposé et développé avec une force comique qui souvent s’élève jusqu’à la haute bouffonnerie (cf. la colère de Ctésippe). Les deux frères développent une argumentation d'inspiration éléatique. Les influences dans le discours des deux frères sont d'influence cynique et mégarique[réf. nécessaire][9]. Les questions du savoir et de sa condition, et de l'enseignement de la vertu et de son impossibilité se retrouvent dans l’Euthydème. Quant aux termes principe sophistique qui confond savoir et « avoir la science », Socrate les déclare ambigus[10].

Dialogue[modifier | modifier le code]

La Tendance dramatique[modifier | modifier le code]

L'Euthydème est un dialogue dramatique. Toute la force du dialogue réside dans sa dialectique : Grâce à Socrate, Platon devient aisément sophiste dans le dialogue dramatique et philosophique.

  • Platon place dans les propos de Socrate une expression qui ne s'emploie jusqu'alors qu'en poésie, et désigne les dieux : « Êtres supérieurs ». La réfutation des arguments est rarement l'objet d'un seul interlocuteur. Un iambe d'Eschyle est cité, issu de sa tragédie Les Sept contre Thèbes : à la poupe de la Cité[11]

La Tendance humoristique[modifier | modifier le code]

  • Ctésippe se met en colère contre Euthydème et Dionysodore à l'idée que celui qu'il aime doit mourir, ce à quoi revient de le faire passer d’ignorant à savant.
  • Socrate lui-même avoue pendant la conversation qu'elle est lourdingue, tant les deux frères réfuteront, et réfuteront quoi qu'il arrive, comme ils l'ont annoncé. Il va même jusqu'à exprimer que les propos échangés risquent de continuer à ne fournir aucune issue, par l'expression Corinthos, fils de Zeus…[12]
  • Le ton est moqueur lorsque Socrate souligne le ton sérieux des deux frères[13]
  • Socrate utilise de manière moqueuse l'expression homérique chère tête pour désigner Dionysodore, expression issue de l’Iliade[14]
  • La discussion finit par un éloge du sophisme.

Le paradoxe éristique de Dionysodore[15] : la négation de l’unité de sens des noms[modifier | modifier le code]

Dionysodore a une argumentation face à Socrate qui affirme qu’une chose quelconque est différente à une autre chose quelconque ; si elles sont deux, rien n’implique forcément qu’elles sont les mêmes. Si elles ne sont pas identiques, il n’est pas possible qu'une chose autre soit une autre chose : « l’autre » étant « l’autre » par sa présence, deux choses autres ne peuvent être identiques. comme il y a souvent une apparence d'identité dans ce qui n'est pas identique, il faut employer le sens dont on peut tirer le meilleur parti.

Références[modifier | modifier le code]

  1. P. Herc. 208
  2. P. Herc. 1032
  3. Chapitre I, (2)
  4. Chapitre II, (1)
  5. Aristote 2014, p. 2710 (267a et 273a)
  6. Il ne faut pas confondre ce Ctésippe avec le fils de Criton d'Athènes, originaire d’un autre dème.
  7. Chapitre I (1)
  8. Une épigramme de Léon le Philosophe rend hommage à Photios, épigramme dans laquelle il se déclare son élève et l'appelle professeur pour vieillards (en grec ancien γεροντοδιδάσκαλος)
  9. Le séjour de Platon à Mégare n'a lieu qu'après la mort de Socrate
  10. 277b et passim
  11. Socrate désignant l'art royal, 291d
  12. formule employée pour faire remarquer que la discussion ne livrera aucun résultat, que l'on radote, 292e
  13. 293a
  14. Chant VIII, 281, où Agamemnon, lui, adresse ces termes à Teucros de manière sérieuse
  15. 301

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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