Jean Petitot (philosophe)

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Jean Petitot
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Jean Petitot (né le 8 avril 1944 à Paris) est un philosophe des sciences et mathématicien appliqué français. Depuis les années 1970, sa réflexion s'est développée dans trois directions principales. 1. La philosophie des mathématiques et de la physique mathématique. Dans ce domaine, il a été l'un des réintroducteurs de la philosophie transcendantale kantienne et il est proche de l'École de Stanford (Patrick Suppes, Thomas Ryckman, Michael Friedman). 2. La théorie des singularités et des bifurcations et leurs applications, au moyen des modèles morphodynamiques introduits par René Thom, à divers aspects du structuralisme (Jakobson, Tesnière, Lévi-Strauss, Greimas, Eco). 3. Les neurosciences cognitives et la phénoménologie (husserlienne) de la perception (phonétique, vision).

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Jean Petitot est diplômé de l'École polytechnique (X 1965), titulaire d'un DEA de mathématiques pures (1968) suivi d'une spécialisation en géométrie différentielle, systèmes dynamiques et théorie des singularités au Centre de Mathématiques Laurent Schwartz, diplômé de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (1973) et titulaire d'un doctorat d'État ès lettres et sciences humaines (1982)[1].

Fonctions et travaux[modifier | modifier le code]

Il est directeur d'études au Centre d'Analyse et de Mathématique Sociales (CAMS) de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS-PSL). De 2000 à 2006 il fut responsable du DEA de Sciences cognitives et directeur du Centre de Recherche en Épistémologie Appliquée (CREA) de l'École polytechnique. De 2000 à 2009 il fut également enseignant puis professeur (à partir de 2006) au département d'Humanités et sciences sociales de cette école[1].

Ses travaux portent sur l'épistémologie des mathématiques et de la physique mathématique (voir par exemple « The unity of mathematics as a method of discovery »[2] [2]) et « Objectivité faible et Philosophie transcendantale » [3], la géométrie différentielle, les systèmes dynamiques et la théorie des singularités, les modèles morphodynamiques et connexionnistes en neurosciences cognitives, les systèmes complexes, la phénoménologie de la perception[1].

Il a dirigé le Colloque de Cerisy autour de l'œuvre de René Thom Logos et Théorie des Catastrophes (Editions Patiño, Genève, 1989)[4], ainsi que des ouvrages en collaboration avec les spécialistes de sciences cognitives Francisco Varela, Jean-Michel Roy et Bernard Pachoud (Naturalizing Phenomenology: Issues in Contemporary Phenomenology and Cognitive Science, Stanford University Press, 1999), Yves Frégnac et Jean Lorenceau (Neurogeometry and Visual Perception, Journal of Physiology-Paris, 97, 2-3), les mathématiciens Alessandro Sarti et Giovanna Citti (Neuromathematics of vision, Journal of Physiology-Paris, 103, 1-2, 2009), les philosophes des sciences Michel Bitbol et Pierre Kerszberg (Constituting Objectivity. Transcendental Perspectives on Modern Physics, The Western Ontario Series in Philosophy of Science, vol. 74, Springer, 2009), Fabio Minazzi et Luca Scarantino, le philosophe et historien des idées Philippe Nemo (Histoire du libéralisme en Europe, Presses Universitaires de France, Paris, 2006), le sémioticien Paolo Fabbri (Au Nom du Sens, Colloque de Cerisy autour de l'œuvre d'Umberto Eco, Paris, Grasset, 2000).

Il a également travaillé sur la généalogie théorique du structuralisme, mettant l'accent sur l'existence, à côté de l'origine linguistique bien connue, d'une filiation naturaliste et morphodynamique allant de Goethe jusqu'à Lévi-Strauss[5]. Dans ce contexte, il s'est intéressé aux incursions de l'anthropologue dans la formalisation mathématique, et notamment à la formule canonique du mythe[6].

Il est membre de l'Académie internationale de philosophie des sciences [3], cofondateur du Collège Bernard d'Espagnat de Physique et de Philosophie [4] et du Fernando Gil International Prize for Philosophy of Science. Il est fait Chevalier de l'Ordre national du Mérite en 1998.

Domaines de recherche[modifier | modifier le code]

  • Modèles dynamiques en sciences cognitives
    • Modèles morphodynamiques, modèles connexionnistes et systèmes complexes
    • Apprentissage et catégorisation
    • Géométrie différentielle et vision computationnelle
    • Le problème de la constituance dans les modèles connexionnistes et dynamiques
    • Logique et géométrie
    • Phénoménologie naturalisée
    • Sémiotique et Morphodynamique
  • Épistémologie des modèles mathématiques
    • Le problème du platonisme en philosophie des mathématiques
    • Analyse de différentes doctrines de philosophie des mathématiques
    • Épistémologie de la physique mathématique (actualité de la philosophie transcendantale)
    • Philosophie et phénoménologie de la forme

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Morphogenèse du sens, Paris, PUF, 1985.
  • Les Catastrophes de la parole. De Roman Jakobson à René Thom, Paris, Maloine, 1985.
  • Local / Global, Enciclopedia Einaudi, vol.4, 1986.
  • La Philosophie transcendantale et le problème de l'objectivité, Paris, Osiris, 1991.
  • Physique du sens. De la théorie des singularités aux structures sémio-narratives, Paris, Éditions du CNRS, 1992.
  • Morphologie et esthétique, Paris, Maisonneuve et Larose, 2003.
  • Morphogenesis of Meaning, trad. F. Manjali, Bern, Peter Lang, 2003.
  • Neurogéométrie de la Vision. Modèles mathématiques et physiques des architectures fonctionnelles, École Polytechnique et Ellipses, décembre 2008.
  • Per un nuovo illuminismo. La conoscenza scientifica come valore culturale e civile, trad. F. Minazzi, Milano, Bompiani 2009 (Il campo semiotico a cura di Umberto Eco).
  • Cognitive Morphodynamics. Dynamical Morphological Models of Constituency in Perception and Syntax (with R. Doursat), Bern, Peter Lang, 2011.
  • Elements of Neurogeometry. Functional Architectures of Vision, Lecture Notes in Morphogenesis, Springer, 2017.
  • et plus de 250 articles et études. Bibliographie

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean PETITOT, site personnel
  2. J.Petitot, « The unity of mathematics as a method of discovery ». 7th French Philosophy of Mathematics Workshop, 2015
  3. J.Petitot, « Objectivité faible et Philosophie transcendantale », Physique et Réalité, débat avec B. d'Espagnat, (M. Bitbol, S. Laugier, eds.), 1997, Paris, Diderot Editeur, p. 201-236
  4. Sur René Thom voir aussi Les premiers textes de Thom en biologie et linguistique : 1966-1970 [1]
  5. Jean Petitot, « La généalogie morphologique du structuralisme », Critique, Paris, vol. 55, nos 621-21,‎ , p. 97-122
  6. J.Petitot, « Approche morphodynamique de la formule canonique du mythe ». L'Homme, 1988, tome 28 no 106-107. p. 24-50. Suivi de « Note complémentaire sur l'approche morphodynamique de la formule canonique du mythe ». L'Homme, 1995, tome 35 no 135. p. 1723