Jean Petitot (philosophe)

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Jean Petitot
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Distinction

Jean Petitot (né le 8 avril 1944 à Paris) est un philosophe et mathématicien appliqué français dont la réflexion s'inscrit dans le prolongement du structuralisme et notamment de la « théorie des catastrophes » du mathématicien René Thom. Il est aussi l'un des réintroducteurs de la philosophie transcendantale en physique et en mathématiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Jean Petitot est diplômé de l'École polytechnique (X1965), titulaire d'un DEA de mathématiques pures (1968), diplômé de l'École des hautes études en sciences sociales (1973) et titulaire d'un doctorat d'État ès lettres et sciences humaines (1982)[1].

Fonctions et travaux[modifier | modifier le code]

Il est directeur d'études au Centre d'Analyse et de Mathématique Sociales (CAMS) de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et fut directeur du Centre de Recherche en Épistémologie Appliquée (CRÉA)[2] de l'École polytechnique de 2000 à 2006. De 2006 à 2009 il est professeur au département d'humanités et de sciences sociales de l'École polytechnique[1].

Ses travaux portent sur l'épistémologie des mathématiques et de la physique mathématique, les modèles morphodynamiques cognitifs et connexionnistes, les systèmes complexes, la géométrie différentielle, la phénoménologie naturalisée[1]. Il a dirigé des ouvrages en collaboration avec les spécialistes de sciences cognitives Francisco Varela, Yves Frégnac, Jean-Michel Roy, Bernard Pachoud, Jean Lorenceau, les philosophes des sciences Michel Bitbol, Pierre Kerszberg, Fabio Minazzi et Luca Scarantino, les mathématiciens Alessandro Sarti et Giovanna Citti, l'économiste Philippe Nemo, le sémioticien Paolo Fabbri.

Il a également travaillé sur la généalogie théorique du structuralisme, mettant l'accent sur l'existence, à côté de l'origine linguistique bien connue, d'une filiation naturaliste et morphodynamique présente surtout chez Lévi-Strauss[3]. Dans ce contexte, il s'est intéressé aux incursions de l'anthropologue dans la formalisation mathématique, et notamment à la formule canonique du mythe[4],[5].

Il est fait Chevalier de l'Ordre national du Mérite en 1998.

Domaines de recherche[modifier | modifier le code]

  • Modèles dynamiques en sciences cognitives
    • Modèles morphodynamiques, modèles connexionnistes et systèmes complexes
    • Apprentissage et catégorisation
    • Géométrie différentielle et vision computationnelle
    • Le problème de la constituance dans les modèles connexionnistes et dynamiques
    • Logique et géométrie
    • Phénoménologie naturalisée
    • Sémiotique et Morphodynamique
  • Épistémologie des modèles mathématiques
    • Le problème du platonisme en philosophie des mathématiques
    • Analyse de différentes doctrines de philosophie des mathématiques
    • Épistémologie de la physique mathématique (actualité de la philosophie transcendantale)
    • Philosophie et phénoménologie de la forme

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Morphogenèse du sens, Paris, PUF, 1985.
  • Les Catastrophes de la parole. De Roman Jakobson à René Thom, Paris, Maloine, 1985.
  • Local/Global, Enciclopedia Einaudi, vol.4, 1986.
  • La Philosophie transcendantale et le problème de l'objectivité, Paris, Osiris, 1991.
  • Physique du sens. De la théorie des singularités aux structures sémio-narratives, Paris, Éditions du CNRS, 1992.
  • Morphologie et esthétique, Paris, Maisonneuve et Larose, 2003.
  • Morphogenesis of Meaning, trad. F. Manjali, Bern, Peter Lang, 2003.
  • Neurogéométrie de la Vision. Modèles mathématiques et physiques des architectures fonctionnelles, École Polytechnique et Ellipses, décembre 2008.
  • Per un nuovo illuminismo. La conoscenza scientifica come valore culturale e civile, trad. F. Minazzi, Milano, Bompiani 2009 (Il campo semiotico a cura di Umberto Eco).
  • Cognitive Morphodynamics. Dynamical Morphological Models of Constituency in Perception and Syntax (with R. Doursat), Bern, Peter Lang, 2011.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean PETITOT, site personnel
  2. CREA
  3. Jean Petitot, « La généalogie morphologique du structuralisme », Critique, Paris, vol. 55, no 621-21,‎ , p. 97-122 (ISSN 0011-1600)
  4. J.Petitot, « Approche morphodynamique de la formule canonique du mythe ». L'Homme, 1988, tome 28 no 106-107. p. 24-50
  5. J.Petitot, « Note complémentaire sur l'approche morphodynamique de la formule canonique du mythe ». L'Homme, 1995 tome 35 no 135. p. 1723