Théodore de Cyrène

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Théodore de Cyrène, en grec ancien : Θεόδωρος ὁ Κυρηναῖος, (Cyrène, de nos jours en Libye, 465 av. J.-C. à 398 av. J.-C.) est un mathématicien grec de l'école pythagoricienne, célèbre pour sa contribution à la découverte des nombres irrationnels.

Biographie[modifier | modifier le code]

La vie de Théodore de Cyrène nous est mal connue. On sait qu'il naquit et mourut à Cyrène, mais qu'il ne passa pas toute sa vie dans sa ville natale et fit de fréquents séjours à Athènes. On croit qu'il fut un disciple de Protagoras. Il est possible qu'il ait été le maître en mathématique de Théétète d'Athènes, peut-être de Socrate[1], voire de Platon.

En plus de ses travaux en mathématiques, il s’intéressait à l’astronomie, à la musique et à toutes les disciplines touchant l’enseignement. C’était un pythagoricien convaincu et un des principaux philosophes de l’école de Cyrène. Cicéron le range parmi les athées[2]. Il pensait que le plaisir et la douleur ne correspondaient ni au Bien, ni au Mal et que pour être heureux, il suffisait de savoir être « sage ».

Spirale d'Anderhub, dite de Théodore de Cyrène, pour obtenir les racines carrées de 2 à 17. On part du triangle rectangle dont les côtés valent 1 et, selon la formule de Pythagore, l'hypoténuse 2. Laquelle forme un côté d'un nouveau triangle rectangle dont l'autre côté mesure 1 et, selon la même formule, l'hypoténuse 3. Ainsi de suite.

Dans le domaine des mathématiques, tout comme Théétète, il s’intéressa aux nombres irrationnels. Il démontra que les racines carrées des nombres entiers non carrés jusqu'à 17 (c'est-à-dire : 3, 5, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13, 14, 15 et 17) étaient des nombres irrationnels. Mais aucune indication ne subsiste sur la méthode qu’il utilisa[3].

En 1941, Jakob Heinrich Anderhub a imaginé la construction d'une spirale composée de 16 triangles rectangles donnant les racines des nombres entiers de 2 à 17[4]. Depuis, cette construction a été nommée spirale de Théodore (en) mais on ne sait pas si c'est la méthode utilisée par Théodore de Cyrène.

Au début du XXe siècle, Hieronymus Georg Zeuthen a suggéré que Théodore aurait pu utiliser l'algorithme d'Euclide[5].

Cependant Nicolas Bourbaki écrit[6] :

« On s'accorde, sur le témoignage de Platon dans son Théétète, à attribuer à Théodore de Cyrène la démonstration de l'irrationalité de 3 , 5, « et ainsi de suite jusqu'à 17 »[7], à la suite de quoi Théètète aurait, soit obtenu une démonstration générale pour N (N = entier non carré parfait), soit en tout cas (si, comme il se peut, la démonstration de Théodore était générale dans son principe) procédé à une classification de certains types d'irrationnelles. On ne sait pas si ces premières démonstrations d'irrationalité procédaient par voie arithmétique ou géométrique. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Luc Brisson (dir.) (trad. Michel Narcy), Théétète : Platon, Œuvres complètes, Éditions Flammarion, (1re éd. 2006), 2204 p. (ISBN 978-2081218109). 

Références[modifier | modifier le code]

  1. Brisson et Narcy 2008, p. 2191.
  2. Cicéron, De la nature des dieux, I, chap. XXIII, 63.
  3. (en) Alexander Bogomolny, « Why 17? », sur Cut The Knot.
  4. http://numerisation.univ-irem.fr/ST/IST99071/IST99071.pdf
  5. (en) Thomas Heath, A History of Greek Mathematics, vol. 1, Dover, (ISBN 0-486-24073-8), p. 206.
  6. Nicolas Bourbaki, Éléments d'histoire des mathématiques, Springer, 2007 (réédition de l'édition de 1984), p. 185.
  7. Voir le dialogue de Platon dans Wikisource, traduction d’Émile Chambry.

Liens externes[modifier | modifier le code]