Épinomis

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Épinomis, en grec ancien Ἐπινομίς, est le titre d'un dialogue de Platon, dont l’authenticité est douteuse, accepté dans le corpus platonicien.

Le genre du dialogue est politique ; l’Épinomis semble offrir une conclusion ou un complément d’informations à La République de Platon ; le Minos y servirait d’introduction[1]. Le Pseudo-Platon, dans l’Épinomis et le Démodocos, discute de la délibération et du conseil[2].

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

Personnage secondaire[modifier | modifier le code]

Argument[modifier | modifier le code]

Le corps des objets célestes (divinités visibles) est beaucoup plus grand qu’à l’œil nu, et le moteur de telles masses ne peut donc qu’être une âme divine[3].

Dialogue[modifier | modifier le code]

Le dialogue fait référence au Timée et développe le programme du Conseil Nocturne décrit dans Les Lois, après avoir rappelé la discussion précédente, au sujet de l’impiété : il s’agit des dialogues des Lois[4]. Le Conseil Nocturne s’occupe d’astronomie, à laquelle est confondue la théologie : il faut considérer les corps célestes comme des dieux, des vivants dont le corps est fait de feu[5], destructible en droit mais non en fait[6]. Le dialogue considère que l’âme des corps célestes et divins possède un mouvement régulier et permanent que dirige l’intellect, que le Conseil est chargé d’étudier, parce que c’est de cet intellect que dérivent les lois de la Cité.

Théologie[modifier | modifier le code]

Dans le Timée, Platon insiste sur l’importance de l’éducation pour rendre une cité et son citoyen bon et heureux ; dans l’Épinomis[7], c'est l’astronomie ; la théologie par l’intermédiaire des mathématiques. Un autre rapport avec le Timée[8] est celui du nom des planètes, en association chacune avec une divinité - divinité olympienne, pour la plupart : ce rapport sera repris par la culture et la religion dans l’Empire romain, qui le traduira. Selon Platon, confirmé par Cicéron au Livre premier de son ouvrage Sur la Divination, c’est d’Égypte et de Chaldée que l’on tient les premières observations du ciel et des phénomènes planétaires. Le terme même de « chaldéen » désignait à l’époque de Cicéron celui qui pratiquait la prédiction de l’avenir par l’astrologie judiciaire.

Philosophie[modifier | modifier le code]

La doctrine des Cinq éléments exposée à partir de 981b n’est pas de Platon, ni dans le Timée ni ailleurs. L’éther n’est pas le séjour des astres[9], mais, comme l’air, celui d’êtres démoniques de nature translucide, intermédiaires entre les hommes et les dieux visibles que sont les astres[10]. L’Épinomis mentionne une première fois l’éther comme cinquième corps[11], comme une sorte d’air, plus subtil et plus pur. L’auteur de l’Épinomis ajoute l’Éther, substrat des corps célestes qui n’est pas soumis ni à la génération, ni à la corruption, ni aux changements de qualité ou de dimension. L'éther se déplace, non en ligne droite comme les autres, mais en cercle[12].

« Nous avons distingué cinq espèces de corps, ce sont le Feu et l’Eau, l’Air comme troisième espèce, la Terre comme la quatrième, l’Éther enfin comme le cinquième » (981 b-c)[13]. L’Épinomis propose une religion astrale, mais la « religion astrale de l’Épinomis reste une religion civique ».

Ce n’est pas parce que le destin décide selon les dieux

L’Épinomis est persuadé de la supériorité de l’Hellène[14] : « Voici un point dont il faut que tout Grec se rende compte. Cette région que nous habitons - la Grèce - est sans doute la mieux située pour favoriser l'excellence morale. Ce qui vaut d'être loué, dans ce pays, c’est qu’il est mitoyen entre le froid boréal et le climat estival. »[15] L’auteur de l’Épinomis assimile les dieux astres à des dieux étrangers. Les êtres de la région suprême sont les astres, puis viennent, de haut en bas, les êtres démoniques de l’éther, de l’air et de l’eau ; enfin les hommes[16].

Authenticité[modifier | modifier le code]

L’authenticité s’avère douteuse à un point tel que l’on suppose qu’il n’a même pas été écrit par Philippe d'Oponte, platonicien de la première génération des disciples de l’Académie : Diogène Laërce[17] mentionne que Philippe d’Oponte aurait édité les Lois. « Certains prétendent que Philippe d’Oponte recopia les dialogues des Lois de Platon qui se trouvaient sur des tablettes de cire. Ils soutiennent aussi que l’Épinomis est de lui »[18]

L’Épinomis serait :

Authentique, selon, entre autres 
  • Hans Roeder (1838)
  • A. E. Taylor (1932)
  • Édouard des Places (1946), qui a traduit et commenté Eusèbe de Césarée ou encore Porphyre de Tyr etc. ;
  • Charles Mugler (1949), qui a traduit et commenté Platon ou encore Archimède
Apocryphe, selon entre autres 

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le mot « Épi » est traduisible par Au sujet ou Au sujet de, et Nomoi est la traduction du mot Lois au pluriel
  2. 321c
  3. Cet argument, étranger à la doctrine de Platon, offre un doute supplémentaire à l’authenticité du dialogue
  4. Livre X
  5. Timée (991c-992b)
  6. Timée (41a-b)
  7. 992a-b
  8. Timée (38d)
  9. Le séjour des astres est le feu
  10. 984b
  11. 981c
  12. Aristote, Du ciel (I, 2, 3)
  13. André-Jean Festugière, Études de philosophie grecque, Vrin, 1971, p.  386
  14. André-Jean Festugière, Études de philosophie grecque, Vrin, 1971, p.  45
  15. 987d
  16. André-Jean Festugière, Études de religion grecque et hellénistique, Vrin, 1972, p.  129-131
  17. Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, II, 37
  18. Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne] (II, 37)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Le texte[modifier | modifier le code]

  • Luc Brisson (dir.), Épinomis : Platon, Œuvres complètes, Éditions Flammarion, 2008brisson, 2204 p. (ISBN 978-2081218109), p. 1879
  • Platon, Œuvres complètes, t. XII.2 : Épinomis, édition Édouard des Places, Belles Lettres (CUF), Paris, 1956.

Les études[modifier | modifier le code]

  • L. Tarán, Academica : Plato, Philip of Opus and the Pseudo-Platonic Epinomis, Philadelphie, 1975.