Pituite

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

La pituite (du latin pituita), aussi appelée phlegme ou flegme, est un terme médical ancien, qui n'est plus guère utilisé depuis le milieu du XXe siècle, et qui pourrait se rapprocher des mucosités ou mucus produit par des muqueuses.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

À l'époque moderne (début XIXe, fin XXe), il désigne un liquide aqueux, d'aspect glaireux, composé de salive et de mucosités œsophagiennes, et qui s'accumule la nuit dans l'estomac. Cette pituite est recrachée le matin à jeun, par expectoration ou par régurgitation (spasme du cardia). Elle se voit le plus souvent chez des sujets alcooliques, elle peut être symptomatique d'une maladie de l'estomac, en particulier la gastrite alcoolique[1].

Médecine antique et médiévale[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la théorie des humeurs, la pituite (dite aussi lymphe ou phlegme) est rattachée au cerveau (humidité du cerveau). La glande pituitaire, ancienne dénomination de l'hypophyse, était considérée comme le filtre de cette humidité qui, croyait-on, pouvait s'écouler par le nez (dont la muqueuse est toujours appelée muqueuse pituitaire)[2] lors d'un rhume , populairement appelé « rhume de cerveau ». Cette pituite peut s'assécher et se déposer en formant des croûtes sur le bord des muqueuses.

De nombreuses maladies chroniques s'expliquaient comme des dépôts de pituite en différents endroits du corps, en particulier les articulations, d'où le terme de rhumatismes, de rhume de hanche, de goutte (dépôt en goutte à goutte)[3]. Ces dépôts expliquaient aussi certaines tuméfactions et des abcès froids, comme ceux de la tuberculose (écrouelles). Les troubles d'écoulements de pituite pouvaient expliquer des maladies comme la migraine, l'épilepsie, la sciatique, les hémorroïdes[3], etc.

Enfin, on appelait tempérament pituiteux, lymphatique ou flegmatique, le tempérament des personnes froides et tranquilles qui dominent leurs émotions[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. Manuila, Dictionnaire français de médecine et de biologie, t. 3, Masson, , p.324
  2. a et b Dictionnaire des sciences médicales, t. 42, Panckoucke, , p.509-513
  3. a et b A.P. Leca, Histoire illustrée de la rhumatologie, Roger Dacosta, (ISBN 2-85-128052X), p.14

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]