Métaphysique

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Début du Livre Z de la Métaphysique : Ens dicitur multipliciter (« Le mot être se dit en plusieurs sens »). Manuscrit latin (traduit du grec) du XIVe.

La Métaphysique est une partie de la philosophie qui s'occupe de l'être et des premiers principes, elle prend des sens différents selon les auteurs (Dictionnaire des concepts philosophiques[1]). Interrogeant les premiers principes de l'étant, elle est parfois, notamment chez Aristote, où elle n'a pas encore de nom, qualifiée de « philosophie première », première en importance et en dignité écrit Pierre Aubenque[2],[N 1]. Elle ambitionne de s'élever jusqu'à la connaissance du suprasensible en quoi elle recoupe le domaine de la « théologie »[3].

Ainsi du Robert[4] pour qui elle a pour objet la connaissance de l'être absolu comme cause première, des causes de l'univers et de la nature de la matière. Elle s'attache aussi à étudier les problèmes de la connaissance, la nature de la réalité, de la vérité et de la liberté.

Jacques Taminiaux[5] se risque à en dessiner les contours « comme une tentative d'exprimer ce qui universellement peut être dit de toute chose comme telle, ainsi elle s'inaugure comme une logique de l'étant (de ce qui est), une théorie de ses prédicats, de son essence, de son étantité, bref une onto-logie »[N 2]. Méta-physique écrit aussi Erich Przywara dans son Analogia entis[6] à savoir une  : « exploration des « arrière-plans » de la physis, c'est-à-dire, du mode d'être des choses et des hommes qui sont réellement au monde. Par « arrière-plans », il faut entendre avoir-en-soi fondement fin et sens ».

Étymologie[modifier | modifier le code]

Étymologiquement, le mot se compose de μετα et φυσικά (méta-phusikè), la « nature » et son étude, la « physique » ; et d'une préposition grecque μετά metá au sens aussi imprécis puisqu'elle peut signifier : « au milieu, parmi, avec, entre, au-delà, après ». C'est ce dernier sens qui explique l'apparition du mot[7].

La collection des écrits d'Aristote (-384, -322) élaborée par Andronicos de Rhodes vers 60 av. J.-C. séparait les livres phusikè achroasis (Leçons de Physique), sur la nature, et ceux qui venaient après, meta ta phusika, la Métaphysique. Le mot méta-physique avait donc un sens simplement éditorial : les livres d'Aristote qui arrivent après ceux qu'il a consacrés à la physique (meta ta Phusika). Mais les platoniciens ont voulu y voir la discipline qui porte sur les réalités au-delà de la physique. Ainsi, Simplicius, vers 535 :

"La discipline qui considère les réalités entièrement séparées de la matière et la pure activité de l'intellect en acte et de l'intellect en puissance, celle qui est élevée à lui du fait de l'activité, tout cela ils l'appellent théologie, philosophie première et métaphysique, puisque cela se situe au-delà des réalités physiques" (Commentaire sur la 'Physique' d'Aristote, I, 21).

La scolastique médiévale a forgé le terme par l'usage, donnant le sens de « par-delà la physique » sous lequel on reconnaît désormais la métaphysique. Si la métaphysique doit sa structure à ce « dépassement » de l'étant en direction de l'être nous dit Martin Heidegger, elle recouvre immédiatement cette racine en la transposant dans l'étant et se transforme en recherche du premier d'entre eux, c-à-d, Dieu[8].

Questions usuelles adressées à tort ou à raison à la métaphysique[modifier | modifier le code]

L'âme[modifier | modifier le code]

C'est en tant que « principe unificateur » de toutes les facultés, que la notion d'« âme » a été introduite en philosophie accompagnée de problèmes qui lui sont propres, quant à ses fonctions, sa localisation (cœur ou tête), sa nature (corporelle ou non), les êtres qui la possèdent (tous les vivants plantes et animaux ou seulement l'homme)[9].

Loin des controverses sur la nature corporelle ou à la question de sa localisation, ayant mobilisé les premiers penseurs de l'âme comme Thales, Héraclite ou Platon , Aristote est le premier à l'intégrer rationnellement dans son système métaphysique. En comprenant l'âme comme forme substantielle du corps, « il fait de celle-ci la forme d'un corps naturel possédant la vie en puissance, étendant ainsi le concept d'âme à l'ensemble des vivants ». Accessoirement ainsi conçue comme forme du corps, la question de sa survie après la mort est négativement tranchée, l'âme ne lui survit pas et n'est donc pas immortelle[10]. Thomas d'Aquin tout aristotélicien qu'il fut contrebattra cette conclusion en faisant de l'âme rationnelle une substance à part entière que saint Bonaventure qualifiera de « matière spirituelle »[11].

Plus tard, la révolution cartésienne provoquera une nouvelle rupture entre l'âme et le corps obligeant à repenser le problème de leur union. En accentuant la distinction entre la sphère matérielle de l'étendue et la sphère intellectuelle de la pensée, « Descartes rend impensable toute forme intermédiaire ». Or il reste à expliquer comment des mouvements dans l'ordre matériel nous affectent directement et la possibilité d'un acte libre et volontaire. Chacun des philosophes du XVII siècle avance sa propre solution : le « parallélisme » chez Spinoza, l'« occasionalisme » pour Malebranche, l'« harmonie préétablie » pour Leibniz[12].

Dieu[modifier | modifier le code]

En principe, le Dieu personnel et créateur de la croyance monothéiste, ne concerne pas la métaphysique ; en relève seul, le dieu de la théologie naturelle, celui défini par Aristote comme causa sui, cause ultime, premier moteur et principe premier de toute choses. Une interprétation médiévale du texte de l'« Exode », où Dieu dit à Moïse « Je suis celui qui suis », transforme ce Dieu personnel en sujet de la métaphysique et le confond avec l'« Être » même[13].

Descartes, dans ses Méditations Métaphysiques, peut dés lors affirmer l'existence d'un Dieu personnel, ultime garant de la conformité de la pensée avec les choses. Dans ce but, il met en œuvre une argumentation méthodique (ordre des raisons) où il expose l'idée suivante : un Dieu, qui est créateur de toutes choses, des essences mêmes, des êtres et des étants, dont la connaissance, le savoir, sont illimités est inconcevable pour la raison humaine qui est bornée , existe cependant parce qu'il nous en a apporté confirmation dans le simple fait que l'idée de son existence ait pu germer dans mon esprit. De plus, comme il existe chez Descartes une hiérarchie des idées, où la cause de quelque chose doit être plus parfaite que ce qu'elle origine, notre idée de Dieu, encore imparfaite et limitée, montre bien que lui-même est possesseur d'une perfection infinie. Enfin, la théorie cartésienne des vérités éternelles se base sur le fait que Dieu est créateur d'absolument toutes choses, y compris les vérités de la nature, les causes physiques et matérielles du monde, les essences des êtres animés ou inanimés, l'ordre universel.

Devenu le dieu des philosophes, le dieu de la théologie naturelle et de la métaphysique perd ses qualités fondamentales en devenant théorique et abstrait[14].

Immortalité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vie après la mort.

Il s'agit bien entendu de l'immortalité de l'âme qui, du strict point de vue métaphysique, dépend de savoir, comme vu plus haut si l'on accorde ou non la substantialité à l'âme. Cette problématique relève actuellement de la théologie.

Principaux concepts[modifier | modifier le code]

Science universaliste et abstraite, il appartient à la métaphysique de faire un usage important de la connaissance par concepts (voir l'ensemble des concepts métaphysiques dans la palette qui leur est consacrée), dont les sciences qui ne s'occupent que du sensible et du phénoménal présupposent a priori, le sens résolu et indiscutable, évitant ainsi de les interroger, à nouveau[15], tels : l'espace, le temps, la vérité, la réalité etc ... Elle s'appuie aussi sur des opérateurs qui lui sont propres tels les notions de substance et d'accident, de puissance et d'acte.

Espace et Temps[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Espace (philosophie) et Temps (philosophie).

Réalité équivoque, à la fois grandeur physique mesurable, et dimension intérieure de notre conscience la question du Temps, de son origine, de sa nature et de sa définition traverse toute l'histoire de la métaphysique[16]. De son côté l'« espace » est-il un contenant objectif, un réceptacle, ou comme le dit Kant, « une condition cognitive de possibilité de toute représentation », une idéalité[17], ou encore comme Descartes une « étendue » matérielle d'où l'existence du vide est exclue[18]?

Vérité[modifier | modifier le code]

La vérité est-elle toujours adéquation de la pensée à la réalité comme elle était apparue au commencement de la métaphysique ?[19]. Ce concept d'origine magico-religieuse, antérieur à la métaphysique elle-même, a subi au cours du temps de nombreuses métamorphoses. Pour Aristote la vérité quitte définitivement le domaine des choses pour se fixer dans le jugement de conformité, « mais alors comment identifier les caractéristiques de la réalité indépendamment de nos pensées ou des énoncés les concernant ? »[20]. Heidegger reprend la question à partir de l'entente grecque l' alètheia comme non voilement faisant de l'adéquation de la chose à l'intellect une instance dérivée[21].

Causalité et Mouvement[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Cause et Mouvement (philosophie).

Par « cause » la Métaphysique entend quelque chose de plus ample que le sens commun, « l’ensemble de tous les principes à l’origine de l’être de l' étant visé »[22]. Dans cette optique, Aristote suivi de Thomas d'Aquin développe la théorie des quatre causes (matérielle, formelle, efficiente et finale).

Esprit, Raison et Réalité[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Esprit, Raison et Réalité.

Liberté et Déterminisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liberté (philosophie).

Selon le Dictionnaire des Concepts[23]. « la liberté désigne en métaphysique, le pouvoir absolu d'être la cause première d'un acte, ainsi que l'expérience de ce pouvoir en tant qu'elle est constitutive du sujet ». On distingue la liberté objective qui se reconnaît en ce qu'elle s'oppose à toute contrainte et la liberté subjective qui est un mode immédiat de la conscience se rapportant à elle-même, comme possédant un pouvoir indéterminé de vouloir et une capacité de commencement absolue[23]. Malheureusement, il s'avère que cette liberté rencontre partout et toujours la contrainte, que ce soit en société par la loi, en morale avec la conscience morale, dans la nature avec ses lois physiques et son déterminisme général. Les philosophes, depuis toujours, se sont épuisés à « opposer stérilement un déterminisme objectif et une liberté subjective, à montrer que les deux sont pensables ensemble, qu'il n'y a pas de contradiction à penser le même acte à la fois comme déterminé et libre »[23]. Les philosophes ont bien noté que ce sentiment de liberté pourrait être le masque d'une sujétion inaperçue à la nature des choses.

La liberté s'oppose en général (ce n'est donc pas toujours le cas) au déterminisme, au fatalisme et à toute doctrine qui soutient la thèse de la nécessité du devenir. Le concept de liberté divise très schématiquement les philosophes en deux camps : ceux qui en font le fondement de l'action et de la morale humaines (Épicure, Descartes, Kant), et ceux qui nient une quelconque transcendance de la volonté par rapport à des déterminismes tels que la sensibilité (Démocrite, Spinoza, Nietzsche)

Substance et Accident[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Substance.

La « substance », première des « catégories» de l'être pour Aristote désigne à la fois le support et le fond solide de chaque « chose »[24]. Les accidents en sont les modifications non nécessaires qui l'affectent plus ou moins provisoirement[25].

Puissance et Acte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Puissance et acte.

Puissance et Acte se définissent l'un par rapport à l'autre, ainsi la puissance est la possibilité ou la capacité du passage à l'acte[26]. L'acte correspond à la réalisation par un être de son essence ou forme, par opposition à ce qui est en puissance[27]. Ces notions s'avèreront indispensables à la compréhension du « Devenir » et du « Mouvement ».

Existence[modifier | modifier le code]

Un des modes d'être caractérisé par le fait d'être au monde[28]. Cette chose la plus évidente qui soit, est précisément la plus difficile à définir. On parle d'être réel, mais qu'est-ce que être réel, sinon exister. « Pour les scolastiques l'exister désignait l'acte par lequel un sujet accède à l'être en vertu de son origine »[29],[30]. Gilson parle d'une dévaluation du verbe « être » au profit du verbe « exister ». Dans la perspective classique il est question de distinguer l'existant du simple possible. Avec Heidegger le terme d'existence est réservé à l'être humain[N 3].

La métaphysique; pourquoi faire ?[modifier | modifier le code]

La nécessité d'une telle science[modifier | modifier le code]

La compréhension de l'être que nous avons naturellement n'est pas, à elle seule, un « savoir », c'est la tâche de la métaphysique de nous aider à passer de la compréhension pré-ontologique au savoir explicite de l'être[31].

À un degré supérieur, la métaphysique dans son exploration des concepts fondamentaux valide les premiers principes à partir desquels chaque science positive peut mener ses investigations (principe de contradiction, causalité, réalité)[32]. Elle joue de plus, en systématisant et coordonnant nos connaissances un « rôle normatif » et en découvrant la dernière raison des choses un « rôle explicatif ». C'est la métaphysique qui fixe les notions communes qui relient les divers systèmes de connaissance comme c'est elle qui va, écrivait V Ermoni[33], jusque dans l'invisible rechercher la raison d'être du visible.

Pour finir Heidegger conclue « la métaphysique est si essentielle qu'on ne peut s'en défaire comme on se défait d'une opinion. On ne peut aucunement la faire passer derrière soi, telle une doctrine à laquelle on ne croit plus et qu'on ne défend plus » écrit Heidegger[34].

Structure de la métaphysique[modifier | modifier le code]

Dynamique[modifier | modifier le code]

Ontothéologie et analogie comme loi interne de constitution de la métaphysique[35]. Historiquement « l’ontothéologie se constitue […] en même temps que s’élabore la problématique de l’analogie comme « Analogia entis » »[36]. « La métaphysique se construit historiquement par adjonction de nouveaux éléments à un système qui se veut harmonieux et cohérent »[37]. André Hayen[37] va jusqu'à écrire « aux flots mouvants de l'histoire de la pensée, aux systèmes philosophiques variés, est immanente une unité supérieure à l'histoire, l'unité de la vérité supra-hsitorique ».

Fondements[modifier | modifier le code]

En métaphysique, chez Aristote comme plus tard chez Descartes, le rôle du fondement est joué par la « Substance ». Mais plus généralement rechercher le fondement ou principe c'est s'interroger sur quoi repose ultimement les choses et donc ,de proche en proche, remonter jusqu'à la cause première ou premier principe non causé. Dans l'ordre de la connaissance la recherche du fondement consiste à découvrir sur quoi ( l'élément solide), l'on peut s'appuyer pour commencer à penser, ainsi de Descartes qui fonde tout son raisonnement sur le « cogito », ou Heidegger qui momentanément fit fond dans Être et Temps sur une « métaphysique du Dasein »[38],[N 4]

Ontothéologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ontothéologie.

En 1957 Heidegger[35] prononce une conférence intitulée Constitution onto-théologique de la métaphysique dans laquelle « il fait ressortir le fait que toute métaphysique s'enquiert de la totalité des étants ( dans leur être) et sous celui hiérarchique de l'ordre qui en détermine la raison » (Dieu, cause première), même dans le cas où elle tourne le dos à la théologie. Heidegger parle à propos de cette structure onto-théologique d'un trait « destinal » de toute pensée métaphysique[39].

Analogie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Analogie (métaphysique) et Analogia entis.

Est-ce la même réalité quand je dis « la table est », « je suis », « Dieu est » ? Il semble impossible d'attribuer le même sens à l'« être » contingent que nous sommes, à l'« être » d'une table et à celui de l'« être incausé et absolu » dont tout les autres dépendent. De même sur le plan strictement métaphysique, la quantité qui n'est pas la qualité , qui n'est pas non plus l'action ou la relation « sont-ils au même titre » ? Pour la Scolastique[N 5], il était essentiel, en vue d'offrir la possibilité d'un discours rationnel, sur l'« être suprême », d'établir la Métaphysique comme « science de l'être en tant qu'être » d'où le développement d'une science qui sera ni univoque, ni équivoque, à savoir« une science analogique , ou « analogie d'attribution » conçue comme le mode hiérarchique d'une participation graduelle des étants à l'être selon leur dignité  »[40].

Les systèmes métaphysiques[modifier | modifier le code]

Les principaux systèmes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la métaphysique.

En introduisant une distinction entre le sensible et l'intelligible, Platon fonde sans la nommer ce qui sera plus tard, appelé, métaphysique, comme science de l'étant en tant qu'il « est » et qu'il est ce qu'il « est », science qui va se déployer tout au long de l'histoire de la pensée occidentale en de multiples formes et synthèses dont les plus importantes sont attribuées à Aristote, Thomas d'Aquin, Descartes, Kant, Hegel, Nietzsche[8]. Si l'histoire est jalonnée de synthèses particulières qui finissent avec les époques qui les portent, le questionnement métaphysique lui reste une œuvre de l'esprit en perpétuelle recherche de synthèse et d'universel qui demeure éternellement[41].

S'agissant d'Aristote, le plus célèbre des métaphysiciens, Pierre Aubenque[42] structure son gros volume consacré au problème de l'être chez Aristote autour de son échec à constituer une science « Une » de l'être ( qu'il nomme philosophie première) autrement dit, à établir un fondement sûr à sa Métaphysique. Pour les médiévaux[32] : « La métaphysiqaue doit trouver son fondement en dehors d'elle-même, dans une théologie devenue reine des sciences ». Ils distinguent une métaphysique générale qui s'occupe du discours sur l'être et qui deviendra ontologie et une métaphysique spéciale dont les objets sont l'âme Dieu ou le monde. La métaphysique appartient aux sciences spéculatives (physique, mathématiques et métaphysique) « elle opère dans le même genre que la philosophie première et la théologie la philosophie première qui s'occupe des causes premières, la métaphysique étudiant ce qui a le plus haut degré d'universalité (les transcendantaux), tandis que la théologie ce qui est séparé, Dieu »[32].

Débarrassée de sa dépendance théologique la métaphysique cartésienne va être fondée en raison sur la certitude du cogito[32], avec elle l'essor des sciences et notamment la physique newtonienne a pu se faire. Emmanuel Kant en réaction tente d’établir une métaphysique moins ambitieuse mais qui soit conforme plus à la nature humaine écrit (François Jaran[43]. Avec Kant, la métaphysique n'ambitionne plus de porter des jugements sur les idées transcendantales, qui ne sont qu'illusions, quoiqu'elles soient des illusions utiles en ce qu'elles permettent d'unifier le champ d'expérience et de jouer un rôle régulateur pour la pensée[32]. Après Kant la métaphysique dogmatique s'est trouvée un temps discréditée remarque Jean Grondin[44] au point que les bâtisseurs de systèmes les plus complexes comme ceux développés par les penseurs de l'Idéalisme allemand (Fichte, Schelling et Hegel) ont tous évités de faire référence au mot métaphysique.

La métaphysique contemporaine a vu différents courants : alors que Kant tenta de refonder la métaphysique, le positivisme (Auguste Comte, Cercle de Vienne) et les idéologies la nièrent, tandis que d'autres voies furent ouvertes avec la phénoménologie Edmund Husserl et Heidegger, le spiritualisme français avec Louis Lavelle, Jacques Maritain, la philosophie analytique). À noter que dans une démarche temporaire correspondant à la rédaction d' Être et Temps Heidegger a cherché dans les années 1920 à assurer un fondement plus sûr à la métaphysique, ce sera (la métaphysique du Dasein)[45]. Enfin, la philosophie du processus — ou du procès, du devenir, de l'événement — se veut une alternative à la métaphysique de la substance. Alfred North Whitehead est peut-être l'auteur le plus important dans ce domaine.

Une ligne et un destin: l'oubli de l'être[modifier | modifier le code]

En raison de sa structure « onto-théologique », la métaphysique, bien avant l'introduction du christianisme[46], est depuis l'origine obnubilée par la question du fondement qui vise l'étant suprême, visée qui s'accompagne, selon Heidegger, de l'« oubli » de ce qui n'est ni un étant, ni l'étantité en soi, mais l'Être même autrement appelée « différence ontologique »[47]. Dans une préface Alain Boutot[48], souligne que dans Être et Temps, Heidegger déploie la question de l'être en commençant par stigmatiser l'oubli dans lequel la tradition a laissé cette question depuis Platon et Aristote. Cet oubli n'aurait fait que s'accentuer, par étapes successives, pour culminer à l'ère moderne dans le règne incontesté de la « Technique »[49].

Définie à son origine, comme science qui a à s'occuper de l'être la métaphysique s'absorba rapidement dans la tâche de dire le « vrai » résume Jacques Taminiaux[5]. Selon cet auteur, avec la théorie des prédicats d'Aristote la métaphysique prend son essor comme « logique de l'étant » en son entier tout en s'interrogeant sur le plus fondamental d'entre eux, le plus éminent, donnant ainsi simultanément naissance à une « théo-logie[5].  

La métaphysique comme moteur de l'histoire occidentale[modifier | modifier le code]

Si la métaphysique est en perpétuelle recherche de synthèse, elle n'est pas pour autant, comme le remarque Martin Heidegger « une suite d'idées qui planent au-dessus de l'histoire » mais elle implique des décisions essentielles quant à la vérité de « l'étant » qui fonde un « âge » ou une époque lui donne sa configuration et règle tous les phénomènes qui la caractérise[50],[N 6]. L'histoire de la métaphysique devient chez Heidegger, l'histoire de l'être lui-même, l'être est ce qui se manifeste et en même temps se dissimule dans une histoire écrit Pierre Aubenque[51].

La dynamique interne[modifier | modifier le code]

Martin Heidegger comprend toute l'histoire de la métaphysique occidentale sous un même fil conducteur celui l'aggravation continue de l'« oubli de l'être » jusqu'à son oubli total dans l'ère de la technique, comme le « destin de l'être »[52]. Il y aura dorénavant dans la pensée du philosophe une histoire de l'être et une histoire de sa vérité à travers la succession des époques.

Les époques de la métaphysique[modifier | modifier le code]

Tout commencerait, avec la détermination platonicienne de l'être comme «  idea », d'où résulte une confusion entre l' « être et la phusis », qui entraîna l'interprétation de l'être comme idea écrit Françoise Dastur[53] . Cette interprétation, dans laquelle l'effet ou le résultat de l'être, prend la place de l'être lui-même, a été interprétée par Heidegger comme le coup d'envoi d'une longue période de déclin qui ouvre la voie à ce qu'il a qualifié d'histoire de « l'oubli de l'être ».

La perception de la vérité, comme conformité de la pensée à la chose une fois clairement émergée à partir d'Aristote va se prêter historiquement à de nombreuses variations. Avec la vérité scolastique, l'adéquation de l'intellect humain à la chose se fondait sur l'adéquation de la chose à « la pensée créatrice de Dieu ». Martina Roesner[54], note qu'une fois que la vérité phénoménale originaire eut été supplantée par cette vérité transcendante, la dimension langagière de la vérité s'est réduite à la correspondance établie par l'intellect entre la proposition et l'état des choses.

« Emmanuel Kant admettant avec l'unanimité de la tradition que le jugement est le lieu de la vérité et que, donc la connaissance (recherche de la vérité), culmine dans le jugement »[55], et sans rien changer à l'équilibre de ce face à face, est venu « définir le phénomène comme objet possible de l'intuition d'un sujet, marquant ainsi que ce sont les objets qui doivent se régler sur notre connaissance et non l'inverse »[56].

C'est cette permutation dont le mérite revient à Kant qui est qualifiée couramment de « révolution copernicienne ». Toutefois, pour Heidegger, remarquent les traducteurs et interprètes[57] dans le Kant et le problème de la métaphysique cette permutation exprime beaucoup plus le fait que pour qu'un objet soit saisi comme objet, il faut au préalable qu'il soit saisi comme « étant » . Il devient ainsi patent que la connaissance de l'objet empirique est dépendant de la connaissance ontologique, préséance qui va constituer pour Heidegger le sens authentique de la « révolution copernicienne ».

La variation vraiment décisive de l'ère moderne et l'avènement du règne de la « Technique », dernière étape de cette longue histoire, se trouvait déjà formulée dans les travaux de Descartes avec la prévalence absolue qu'il accorde à la « vérité certitude » [N 7], qui impose aux choses de se soumettre à un certain type de connaissance, la « mathesis »[58],[N 8]. Connaître, n'est dorénavant plus un simple dévoilement mais le moyen de s'assurer d'un pouvoir sur l'étant.

Dans son développement ultérieur la métaphysique conduit à l'impérialisme de la pensée calculante, si bien qu'entre l' « ego cogito » et la notion nietzschéenne de la « volonté de puissance », nouvelle et dernière figure de la « vérité de l'être », il n'y a pas de discontinuité fondamentale[58]( voir Heidegger et la question de la technique ). Jean Beaufret[59] remarque que la figure terminale d'un tel destin se présente comme la mutation totale de la vérité en système de « valeur ». Jean Greisch[60] de son côté note que malgré la rupture « épochale » que l'avènement des philosophies modernes est censée représenter, Heidegger a pu soutenir que du point de vue ontologique, elles n'apportent rien de nouveau.

L'achèvement de la métaphysique : la technique[modifier | modifier le code]

Dans les notes rassemblées sous le titre « dépassement de la métaphysique » des essais et conférences, Heidegger dit explicitement, que la métaphysique est « achevée » parce qu'elle a fait le tour de ses possibilités, la dernière d'entre elles étant l'ère de la Technique, rappelle Françoise Dastur[61]. « La métaphysique achevée, qui est la base d'un mode de pensée « planétaire », fournit la charpente d'un ordre terrestre vraisemblablement appelé à une longue durée. Cet ordre n'a plus besoin de la philosophie parce qu'il la possède déjà à sa base. Mais la fin de la philosophie n'est pas la fin de la pensée, laquelle est en train de passer à un autre commencement. »[62] . Franco Volpi[63] précise que « dans la dernière phase de sa pensée, Heidegger aboutit à la thèse de la fin de la métaphysique, laquelle serait désormais passée dans l'essence de la « technique » moderne : celle-ci serait l'accomplissement de la métaphysique, « la métaphysique comme préhistoire de la technique » ». À ce sujet, remarque Michel Haar[64] si l'époque de la technique en est l'ultime forme, « nous ignorons encore ce que nous réserve l'achèvement de la métaphysique et nous ne pouvons à peine imaginer ce qu'inventera la domination inconditionnée ou la mobilisation totale …qui ne font que commencer ».

Le dépassement de la métaphysique[modifier | modifier le code]

Par cette expression de dépassement, il ne faut pas comprendre que la métaphysique serait passée et morte mais au contraire qu'elle atteint son aboutissement, c-à-d la domination absolue par la « technique » dans le monde[65]. C'est à travers une autre expression allemande la Machenschaft [N 9], intraduisible en français qu'Heidegger caractérise la démesure contemporaine de la « volonté de puissance » ( Überwindung der Metaphysik ). Reprenant notamment dans son Nietzsche II, l'analyse nietzschéenne du Nihilisme, il le re-situe dans l'histoire globale de l'« oubli de l'être » ( Seinverlassenheit ). Tous les affects recensés à propos du désenchantement du monde, la détresse, le déracinement, la désacralisation, sont, selon Heidegger, autant de signes du délaissement de l'être et la manifestation de la Machenschaft auxquels on peut rajouter, le goût du gigantisme, l'extension de la calculabilité à tout l'étant y compris la gestion du parc humain qui va devenir ici, à partir de là, un thème fondamental qui fondera dorénavant toute sa critique de la modernité, de la technique, de l'affairement et de la dictature de la « faisabilité », par laquelle il faut notamment comprendre que tout ce qui peut être techniquement réalisé sera fait quel qu'en soit le coût pour l'humanité de l'homme. « L’homme arraisonné par le Dispositif a affaire désormais à des choses qu’il a toujours déjà prises en vue comme fonds ou stock disponible (en allemand, Bestände) » écrit Jean-François Courtine[66].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire des concepts philosophiques
  2. Aubenque 2009, p. 26
  3. article Métaphysique Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 516
  4. Voir Le Robert
  5. a, b et c Taminiaux 1986, p. 264
  6. Przywara 1990, p. 25-27
  7. Voir le Trésor de la langue française informatisé
  8. a et b article Métaphysique Le Dictionnaire Martin Heidegger, p. 844
  9. article Âme Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 20
  10. article Âme Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 21
  11. article Âme Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 23
  12. article Âme Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 24
  13. article Dieu Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 216
  14. article Dieu Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 217
  15. article Métaphysique Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 517
  16. article Temps Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 783
  17. article Espace Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 266
  18. article Étendue Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 288
  19. article Vérité Le Dictionnaire Martin Heidegger, p. 1357
  20. article Vérité Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 826
  21. article Vérité Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 825
  22. Cours de Métaphysique 2015, p. 17 lire en ligne
  23. a, b et c article Liberté Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 472
  24. article Substance Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 765
  25. article Accident Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 6
  26. article Puissance Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 680
  27. article Acte Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 7
  28. article Existence Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 300
  29. Gilson 1981, p. 16
  30. L’acte d’être à la question 2016 lire en ligne
  31. W.Biemel, A de Waehlens 1981, p. 10
  32. a, b, c, d et e article Métaphysique Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 517
  33. V.Ermoni 1906, p. 233-234 lire en ligne
  34. Heidegger 1993, p. 81
  35. a et b article Ontothéologie Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 918
  36. Jaran 2015, p. 488 lire en ligne
  37. a et b Hayen 1934, p. 352 lire en ligne
  38. article Fondement Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 332
  39. Jaran 2015, p. 488 lire en ligne
  40. article Analogie Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 29
  41. article Métaphysique Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 518
  42. Aubenque 1983
  43. Jaran 2015, p. 54 lire en ligne
  44. Grondin 2016, p. 3 lire en ligne
  45. article Métaphysique Le Dictionnaire Martin Heidegger, p. 843
  46. Heidegger 1990, p. 40
  47. Taminiaux 1986, p. 265
  48. Alain Boutot Préface Prolégomènes à l'histoire du concept du temps, p. 11
  49. Taminiaux 1986, p. 266
  50. article Métaphysique Le Dictionnaire Martin Heidegger, p. 845
  51. Aubenque 2009, p. 14
  52. Gadamer 2002, p. 179
  53. Dastur 2007, p. 126
  54. Roesner 2007, p. 88
  55. Alphonse de Waelhens et Walter Biemel 1981, p. 16
  56. article Phénomène Dictionnaire des Concepts philosophiques, p. 613
  57. Alphonse de Waelhens et Walter Biemel 1981, p. 16
  58. a et b Taminiaux 1983, p. 272
  59. Jean Beaufret 1977, p. 187-188
  60. Greisch 1994, p. 97
  61. Dastur 2011, p. 207
  62. Heidegger 1993, p. 95-96
  63. Volpi 2007, p. 127
  64. Haar 1994, p. 267
  65. Martin Heidegger Dépassement de la métaphysique
  66. Courtine résumé Conférence Heidegger, l’art, la technique, p. 2lire en ligne

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « La métaphysique est, selon Kant, la science qui contient les premiers fondements de ce que saisit le savoir humain. Elle est science des principes de l'étant et non pas des principes de la connaissance »-Heidegger insiste sur ce point-Heidegger 1982, p. 35
  2. La métaphysique pense l'étant en tant qu'étant (croyant ainsi rejoindre l'être) alors que l'être n'est pas pensé dans son essence décelante-Heidegger 1990, p. 24
  3. Dans Être et Temps, le mot existence désigne un mode de l'Être à savoir l'être de cet étant qui se tient ouvert pour l'ouverture de l'Être dans laquelle il se tient, tandis qu'il la soutient-Heidegger 1990, p. 34
  4. « Au cours de ces quelques années (1927-1930),la confrontation avec la métaphysique prendra une tournure bien distincte de celle des textes antérieurs et ultérieurs.Dans le cadre de la métaphysique du Dasein, Heidegger admet ouvertement prendre le relais du projet métaphysique kantien dans le but de mener à bon port le problème fondamental qui aurait dû « être » mais qui n'a jamais été celui de la métaphysique : la question de l'être »-François Jaran-François Jaran 2010 lire en ligne
  5. « Dans l'emploi du mot « être », si l'univocité est à écarter, il reste l'équivocité ou l'analogie. Aristote, aurait laissé en friche ses recherches sur l’unité des significations de l’être (auxquelles la doctrine de l’« analogia entis » prétend donner réponse et celles sur la possible unité des questions portant sur l’être et sur le divin (onto-théiologie, onto-théologie) »-Jaran 2015, p. 488 lire en ligne
  6. Une telle dépendance ne peut être comprise qu'en liaison avec ses travaux sur les mutations historiques du concept de vérité-article Vérité Le Dictionnaire Martin Heidegger, p. 1356-1359
  7. « C'est par là que Descartes fonde les Temps modernes. De même que l'homme grec était l'homme de l'(ancien Grec: ἀλήθεια) et l'homme du Moyen Age celui de la vérité omme adéquation, l'homme des Temps modernes est l'homme de la certitude »-Beaufret 1985, p. 200
  8. La mathésis est une interprétation orientée de l'essence du savoir en général. Cette interprétation exige l'unité d'un enchaînement fondé de propositions appuyé sur des propositions premières qui elles-même ne requièrent pas de fondation. Elle devient chez Descartes le modèle de toute certitude, fondée sur l'évidence de l'intuition et chez un Leibniz, qui abandonne l'intuition cartésienne, appuyé sur la logique et la non-contradiction, tribunal de la vérité des propositionsarticle Mathesis Dictionnaire des Concepts philosophiques, p. 503
  9. Die Machenschaft , une des notions les plus difficiles et intraduisibles. En allemand courant « machination », « manigance », « vilaine manière de procéder » Chez Heidegger le mot intervient à propos de la dimension planétaire de la Technique et aussi du Nihilisme, la Machenschaft c'est « l'empire du tout », « l'empire du se faire », de « l'efficience et de la fabrication » qui concerne la vérité de l'étant en son entier. C'est ce que Heidegger a découvert comme détermination de l'être à une époque la nôtre où tout paraît tourner autour du « faire » à rendre tout faisable au point de devenir le nouvel impératif catégorique auquel il faudrait que tout un chacun obéisse sans discussion-article Machenschaft Le Dictionnaire Martin Heidegger

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles liés[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Blay, Dictionnaire des concepts philosophiques, Larousse,‎ , 880 p. (ISBN 978-2-03-585007-2).
  • Philippe Arjakovsky, François Fédier et Hadrien France-Lanord (dir.), Le Dictionnaire Martin Heidegger : Vocabulaire polyphonique de sa pensée, Paris, Éditions du Cerf,‎ , 1450 p. (ISBN 978-2-204-10077-9).
  • Martin Heidegger (trad. Henry Corbin), « Qu'est-ce que la métaphysique », dans Questions I et II, Paris, Gallimard, coll. « Tel » (no 156),‎ (ISBN 2-07-071852-2, notice BnF no FRBNF35067451), p. 23-84.
  • Martin Heidegger (préf. Jean Beaufret), « Dépassement de la métaphysique », dans essais et conférences, Paris, Gallimard, coll. « Tel » (no 52),‎ (ISBN 2-07-022220-9), p. 80-115.
  • Martin Heidegger (trad. W.Biemel, A de Waehlens), Kant et le problème de la métaphysique, Paris, Gallimard, coll. « Tel »,‎ .
    • « Introduction par W.Biemel, A de Waehlens », dans Martin Heidegger, Kant et le problème de la métaphysique, Paris, Gallimard, coll. « Tel »,‎ .
  • Martin Heidegger (trad. Emmanuel Martineau), Interprétation phénoménologique de la « Critique de la raison pure » de Kant, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de Philosophie »,‎ , 393 p. (ISBN 2-07-022377-9).
  • Pierre Aubenque, Le problème de l'être chez Aristote : Essai sur la problématique aristotélicienne, PUF, coll. « Bibliothèque de philosophie contemporaine »,‎ , 551 p. (ISBN 2-13-038340-8).
  • Jean-Yves Lacoste+collectif (dir.), Dictionnaire critique de théologie, PUF, coll. « Quadrige »,‎ , 1314 p. (ISBN 2-13-052904-6).
  • Jacques Taminiaux, « L'essence vraie de la technique », dans Michel Haar, Martin Heidegger, Paris, Le Livre de poche, coll. « Biblio essai »,‎ , 604 p. (ISBN 2-253-03990-X), p. 263-283.
  • Hans-Georg Gadamer, Les Chemins de Heidegger, Paris, Vrin, coll. « Textes Philosophiques »,‎ , 289 p. (ISBN 2-7116-1575-8).
  • Françoise Dastur, Heidegger et la pensée à venir, Paris, J. Vrin, coll. « Problèmes et controverses »,‎ , 252 p. (ISBN 978-2-7116-2390-7, notice BnF no FRBNF42567422).
  • Françoise Dastur, Heidegger: la question du Logos, J. Vrin,‎ , 256 p. (ISBN 978-2-7116-1912-2, présentation en ligne).
  • A.D.Sertillanges, La philosophie de St Thomas d'Aquin, t. 1, Aubier,‎ , 300 p..
  • Martina Roesner, « Hors du questionnement, point de philosophie : Sur les multiples facette de la critique du christianisme et de la « philosophie chrétienne » dans l’Introduction à la métaphysique », dans Jean-François Courtine (dir.), L'Introduction à la métaphysique de Heidegger, Paris, Vrin, coll. « Études et Commentaires »,‎ , 240 p. (ISBN 978-2-7116-1934-4), p. 83-104.
  • Jean Beaufret, Philosophie moderne : Dialogue avec Heidegger II, Éditions de Minuit, coll. « Arguments »,‎ , 224 p. (ISBN 2-7073-0164-7).
  • Jean Greisch, Ontologie et temporalité. Esquisse systématique d'une interprétation intégrale de Sein und Zeit, PUF,‎ (ISBN 2-13-046427-0).
  • Pierre Aubenque, Faut-il déconstruire la métaphysique ?, PUF, coll. « Collection de métaphysique »,‎ , 89 p. (ISBN 978-2-13-052005-4).
  • Alphonse de Waelhens et Walter Biemel, « Introduction », dans Heidegger Kant et le problème de la métaphysique, Paris, Gallimard, coll. « Tel »,‎ .
  • Alain Boutot (trad. Alain Boutot), « Préface », dans Heidegger Les Prolégomènes à l'histoire du concept du Temps, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de Philosophie »,‎ , 475 p. (ISBN 2-07-077644-1).
  • Franco Volpi, « Sur la grammaire et l'étymologie du mot être », dans Jean-François Courtine (dir.), L'Introduction à la métaphysique de Heidegger, Paris, Vrin, coll. « Études et Commentaires »,‎ (ISBN 978-2-7116-1934-4), p. 125-143.