Gottfried Wilhelm Leibniz

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Gottfried Wilhelm Leibniz
Gottfried Wilhelm von Leibniz.jpg

Portrait de Leibniz peint par Christoph Bernhard Francke.

Naissance
Décès
(à 70 ans)
Hanovre
Sépulture
Neustädter Kirche (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
Œuvres principales
Influencé par
A influencé
Adjectifs dérivés
leibnizien, leibnizienne
Père
Mère
Catharina Schmuck (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
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Distinctions
Leibniztempel (d)
Leibniz-Denkmal (d)
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signature de Gottfried Wilhelm Leibniz

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Gottfried Wilhelm Leibniz[n 1] (prononcer [ˈlaɪbnɪts]), né à Leipzig le et mort à Hanovre le , est un philosophe, scientifique, mathématicien, logicien, diplomate, juriste, bibliothécaire et philologue allemand qui a surtout écrit en latin, français et allemand. Esprit polymathe, personnalité importante de la période Frühaufklärung, il occupe une place primordiale dans l'histoire de la philosophie et l'histoire des mathématiques et est souvent considéré comme le dernier « génie universel ».

Il naît en 1646 à Leipzig dans une famille protestante, son père, Friedrich Leibnütz, est professeur de philosophie morale à l'université de la ville. Après la mort de celui-ci en 1652, Leibniz, parallèlement à son éducation supervisée par sa mère et son oncle, étudie dans la bibliothèque léguée par son père. Entre 1661 et 1667, il étudie dans les universités de Leipzig, d'Iéna et d'Altdorf et obtient des diplômes en philosophie et en droit. En 1676, il devient bibliothécaire à Hanovre. Il y mène des recherches sur des domaines très variés jusqu'à sa mort en 1716.

En philosophie, Leibniz est, avec René Descartes et Baruch Spinoza, l'un des principaux représentants du rationalisme. Au principe de non-contradiction, il ajoute trois autres principes à la base de ses réflexions : le principe de raison suffisante, le principe d'identité des indiscernables et le principe de continuité. Concevant les pensées comme des combinaisons de concepts de base, il théorise la caractéristique universelle, une langue hypothétique qui permettrait d'exprimer la totalité des pensées humaines, et qui pourrait résoudre des problèmes par le calcul grâce au calculus ratiocinator, anticipant l'informatique de près de trois siècles. En métaphysique, il invente le concept de monade. Enfin, en théologie, il établit deux preuves de l'existence de Dieu, appelées preuves ontologique et cosmologique. Au contraire de Spinoza, qui pensait Dieu immanent, Leibniz le conçoit transcendant, à la manière traditionnelle des religions monothéistes. Pour concilier l'omniscience, l'omnipotence et la bienveillance de Dieu avec l'existence du mal, il invente, dans le cadre de la théodicée, terme qu'on lui doit, le concept de meilleur des mondes possibles, qui sera raillé par Voltaire dans le conte philosophique Candide. Il aura une influence majeure sur la logique moderne développée à partir du XIXe siècle ainsi que sur la philosophie analytique au XXe siècle.

En mathématiques, la contribution principale de Leibniz est l'invention du calcul infinitésimal (calcul différentiel et calcul intégral). Si la paternité de cette découverte a longtemps fait l'objet d'une controverse l'opposant à Isaac Newton, les historiens des mathématiques s'accordent aujourd'hui pour dire que les deux mathématiciens l'ont développé plus ou moins indépendamment. Il travaille également sur le système binaire comme remplaçant du système décimal, s'inspirant des vieux travaux chinois. Par ailleurs, il introduit la notation qui porte son nom et travaille également sur la topologie.

Écrivant en permanence, il lègue un immense patrimoine littéraire — Nachlass en allemand —, conservé à la bibliothèque de Hanovre. Il est composé d'environ 50 000 documents dont 15 000 lettres avec plus d'un millier de correspondants différents, et n'est toujours pas entièrement publié.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et vie privée[modifier | modifier le code]

Gottfried Wilhelm Leibniz naît à Leipzig le , à la fin de la Guerre de Trente Ans, dans une famille luthérienne[A 1],[2], « sans doute d'ascendance slave lointaine »[n 2],[R 1]. Son père, Friedrich Leibnütz, est juriste et professeur de philosophie morale à l'université de la ville, sa mère, Catherina Schmuck, est la fille du professeur de droit Wilhelm Schmuck[A 1],[2],[3].

Son père meurt en 1652 alors que Leibniz est âgé de six ans, et son éducation est donc supervisée par sa mère et son oncle, mais le jeune Leibniz apprend également en autodidacte grâce à l'importante bibliothèque qu'a laissé son père[A 1],[2]. Leibniz est scolarisé à la Nikolaischule[2]. Bien qu'il apprenne le latin à l'école, il semble que vers l'âge de douze ans, Leibniz ait appris de lui-même le latin à un niveau avancé ainsi que le grec, semble-t-il afin de pouvoir lire les livres de la bibliothèque de son père[4]. Parmi ces livres, il s'intéresse surtout à la métaphysique et à la théologie, aussi bien d'auteurs catholiques que protestants[4]. Au fur et à mesure de son apprentissage, il s'estime insatisfait de la logique d'Aristote et commence à développer ses propres idées[4]. Comme il le rappellera plus tard dans sa vie, il était là en train de retrouver sans le savoir les idées logiques derrière les preuves mathématiques rigoureuses[4].

Leibniz ne fut jamais marié[3], prétendument parce qu'il n'en eut jamais le temps[D 1]. Il est dit qu'il se plaignait de ne pas avoir trouvé la femme qu'il cherchait[D 1]. Comme était l'usage à la cour, il portait une longue perruque noire[D 1]. Fait rare pour l'époque, il attachait une grande importance à son hygiène et fréquentait régulièrement les bains, ce qui lui valut de nombreuses lettres d'admiratrices féminines[D 1].

Sur les questions religieuses, Leibniz est considéré comme étant un théiste philosophique (en). Bien qu'il ait été élevé dans le protestantisme, il a appris à apprécier les bons côtés du catholicisme auprès de ses employeurs et collègues[5]. Il n'a jamais agréé à la vision protestante du pape comme un Antéchrist[5].

Formation et premiers travaux (1661-1666)[modifier | modifier le code]

En 1661, âgé de 14 ans (un âge pas exceptionnellement jeune à l'époque[4]), Leibniz entre à l'université de Leipzig[A 1]. Son enseignement concerne surtout la philosophie et très peu les mathématiques ; il étudie aussi la rhétorique, le latin, le grec et l'hébreu[4]. Les penseurs modernes (Descartes, Galilée, Gassendi, Hobbes...) n'ayant pas encore eu d'impact sur les pays germanophones, Leibniz étudie surtout la scolastique, bien qu'on retrouve aussi des éléments de la modernité, notamment de l'humanisme de la Renaissance et des travaux de Francis Bacon[A 1],[2].

Il est l'élève de Jakob Thomasius qui supervise son premier travail philosophique, qui lui permet d'obtenir son baccalauréat en philosophie en 1663 : Disputatio metaphysica de principio individui[A 1],[2]. Dans son travail, il « souligne la valeur existentielle de l'individu, qui ne peut être expliqué par sa matière seule ou sa forme seule mais plutôt dans son être tout entier »[4]. On retrouve ici les prémices de sa notion de monade[4].

Durant l'été 1663, il étudie quelque temps à Iéna où il a entre autres, comme professeur de mathématiques, le mathématicien et philosophe Erhard Weigel, qui amènera Leibniz à commencer à s'intéresser aux preuves de type mathématique pour des disciplines telles que la logique et la philosophie[4]. Les idées de Weigel, comme le fait que le nombre est le concept fondamental de l'Univers, auront une influence considérable sur le jeune Leibniz[4].

En octobre 1663, il est de retour à Leipzig pour un doctorat en droit[4], qu'il obtiendra en 1665[R 2]. Il obtient une maîtrise en philosophie pour une dissertation combinant philosophie et droit en étudiant les relations entre ces domaines selon des idées mathématiques, comme il a appris de Weigel[4].

Quelques jours après, sa mère meurt[4].

Après avoir obtenu un baccalauréat en droit, Leibniz se lance dans l'obtention d'une habilitation en philosophie[4]. Son travail, la Dissertatio de arte combinatoria (« Dissertation sur l'art combinatoire »), est publié en 1666[4]. Dans ce travail, Leibniz entend réduire tous les raisonnements et toutes les découvertes à une combinaison d'éléments de base, comme des nombres, des lettres, des couleurs, des sons[4].

Malgré sa scolarité reconnue et sa réputation croissante, le doctorat en droit lui est refusé, pour des raisons partiellement inexpliquées[4]. Il est vrai qu'il était l'un des plus jeunes candidats et qu'il n'y avait que douze tuteurs en droit disponibles, mais il semblerait que la femme du doyen ait persuadé celui-ci de s'opposer au doctorat de Leibniz, pour une raison inexpliquée[4]. Leibniz n'étant pas enclin à accepter un quelconque délai, il part pour l'université d'Altdorf où il devient docteur en droit en février 1667 avec sa thèse De Casibus Perplexis (« Sur les cas embarrassants »)[4]. Il refuse peu après un poste de professeur[2].

Début de carrière (1666-1676)[modifier | modifier le code]

Il s’affilie à une société alchimique, peut-être rattachée à la Rose-Croix, dont il sera secrétaire pendant deux ans. La nature exacte de son obédience est encore fort discutée par les historiens.

En 1669, il devient conseiller à la Chancellerie de l'électorat de Mayence, auprès du baron Johann Christian von Boyneburg. Leibniz réside à Mayence à l’hôtel de Boyneburg[6]. Il prépare le projet d'une grande réforme du droit, Nova methodus discendæ docendæque jurisprudentiæ. Il travaille alors sur plusieurs ouvrages concernant des thèmes politiques (Modèle de démonstrations politiques pour l’élection du roi de Pologne) ou scientifiques (Nouvelles Hypothèses physiques, 1671).

Il est envoyé en 1672 à Paris par Boyneburg en mission diplomatique pour convaincre Louis XIV de porter ses conquêtes vers l'Égypte plutôt que l'Allemagne[4]. Il y restera jusqu’en 1676[4]. En attendant une opportunité rencontrer le gouvernement français, il peut rencontrer les grands savants de l’époque[4]. Il est notamment en contact avec Nicolas Malebranche et Antoine Arnauld[4]. Avec ce dernier il parle particulièrement de la réunification des Églises[4]. À partir de l'automne 1672, il étudie les mathématiques et la physique sous l'égide de Christian Huygens[4]. Par conseil de ce dernier, il s'intéresse aux travaux de Grégoire de Saint-Vincent[4]. Il se consacre aux mathématiques et laisse à Paris son manuscrit sur la quadrature arithmétique du cercle (donnant π sous forme d'une série alternée). Il travaille également sur ce qui sera le calcul infinitésimal. Il conçoit en 1673 une machine à calculer qui permet d'effectuer les quatre opérations, et qui inspirera bien des machines à calculer des XIXe et XXe siècles (arithmomètre, Curta). Avant de rejoindre Hanovre, il se rend à Londres pour étudier certains écrits d’Isaac Newton ; tous deux posent les bases du calcul intégral et différentiel.

Par deux fois, en 1673 et en 1676, Leibniz se rend à Londres où il rencontre les mathématiciens et physiciens de la Royal Society[7]. Il devient lui-même fellow de la Royal Society le [4],[8].

Par l'intermédiaire de son ami Ehrenfried Walther von Tschirnhaus, Leibniz est informé d'une grande partie des travaux de Baruch Spinoza sur l'Éthique (bien que Walther von Tschirnhaus ait interdiction d'en montrer une copie avancée)[7]. Fin 1676, il se rend à La Haye où il rencontre Spinoza, qui vit alors les derniers mois de sa vie, atteint de tuberculose[9],[10].

Maison de Hanovre (1676-1716)[modifier | modifier le code]

Maison de Leibniz, où il vécut entre 1698 et sa mort, en 1903-1904. Leibniz vivait au premier étage. La maison fut détruite durant la Seconde Guerre mondiale[D 2].

En 1676, à la mort de son protecteur Boyneburg, le duc Jean-Frédéric de Brunswick-Calenberg le nomme bibliothécaire du duché de Brunswick-Lunebourg et conseiller aulique[11]. Il reste à ce poste au service de la maison de Hanovre pendant près de 40 ans. Il s’occupe aussi de mathématiques, de physique, de religion et de diplomatie.

Dans les années 1680 à 1686, il fait de nombreux voyages dans le Harz pour s'occuper de l'exploitation des mines. Leibniz a consacré l'équivalent de trois années au métier d'ingénieur des mines. Il s'occupa principalement de mettre au point des dispositifs d'extraction des eaux des mines grâce à des moulins à vent. Il entra en conflit avec les exploitants qui n'acceptaient pas ses nouvelles idées. Cela le conduisit à se poser des questions sur l'origine des fossiles, qu'il attribuait initialement à l'effet du hasard, mais dont il reconnut plus tard l'origine vivante. Son livre Protogæa ne sera publié qu'après sa mort, car les théories qu'il y développe sur l'histoire de la terre pouvaient déplaire aux autorités religieuses.

En 1683, il fonde à Leipzig le journal Acta Eruditorum[11]. L'année suivante, il y publie son article sur le calcul différentiel — Nova Methodus pro Maximis et Minimis[4]. Cependant, l'article ne contient aucune démonstration, et Jacques Bernoulli l'appellera une énigme plutôt qu'une explication[4]. Deux en plus tard Leibniz publie son article sur le calcul intégral[4].

En 1686, il rédige un « Court discours de métaphysique », maintenant connu comme le Discours de métaphysique[7]. Le Discours est généralement considéré comme sa première œuvre philosophique mûrie[7]. Il envoie un résume du discours à Arnauld, entamant ainsi une riche correspondance qui traitera principalement de la liberté, de la causalité et de l'occasionnalisme[7].

En 1687, il se lance dans une Histoire de la maison de Brunswick, pour lequel il parcourt l'Italie en quête de documentation. En 1691, il publie à Paris, dans le Journal des savants, un Essai de dynamique où il introduit les termes énergie et action[12]. En 1700, il fonde à Berlin une académie qui ne sera inaugurée qu’en 1711. En 1710, il publie ses Essais de Théodicée, résultats de discussions avec le philosophe Pierre Bayle.

Reconnu comme le plus grand intellectuel d’Europe, il est pensionné par plusieurs grandes cours (Pierre Le Grand en Russie, Charles VI en Autriche qui le fait baron), et correspondant des souverains et souveraines — notamment de Sophie-Charlotte de Hanovre.

Dernières années et mort[modifier | modifier le code]

La fin de la vie de Leibniz est peu réjouissante[A 1].

Il doit faire face à une controverse qui l'oppose à Isaac Newton sur la question de savoir lequel des deux a inventé le calcul infinitésimal, et se voit même accusé d'avoir volé les idées de Newton[A 1]. La plupart des historiens des mathématiques s'accordent aujourd'hui à considérer que les deux mathématiciens ont développé leurs théories indépendamment l'un de l'autre : Newton a commencé à développer ses idées le premier, mais Leibniz fut le premier à publier ses travaux[A 1].

Par ailleurs, il est moqué pour l'apparence désuète que lui donnent sa perruque et ses vêtements démodés[A 1]. Quand Georg Ludwig devient roi de Grande-Bretagne, la mauvaise réputation qu'il s'est acquise en Angleterre l'empêche de suivre à Londres le nouveau souverain, et il reste à Hanovre[A 1].

Peu avant sa mort, il entretient une correspondance avec Samuel Clarke, supportant Newton, à propos de physique[4],[3].

Il meurt le dans la ville où il résidait depuis 40 ans, dans l'indifférence générale, alors que sa pensée a révolutionné l'Europe[A 1],[2]. Personne ne se préoccupe de ses funérailles à l'exception de son secrétaire personnel[3]. On peut néanmoins noter, un an après la mort de Leibniz, en novembre 1717, un éloge prononcée à l'Académie royale des sciences de Paris par Bernard Le Bouyer de Fontenelle[3].

À sa mort, George Ier, électeur de Hanovre et roi de Grande-Bretagne, craignant la révélation de secrets, confisque le patrimoine littéraire (Nachlass) de Leibniz, permettant ainsi sa préservation[C 1],[D 1].

Philosophie[modifier | modifier le code]

Souvent dépeint comme le dernier « génie universel », faisant partie des plus grands penseurs des XVIIe et XVIIIe siècles, Leibniz écrira sur des domaines extrêmement variés[2], et contribuera de manière importante à la métaphysique, à l'épistémologie, à la logique et à la philosophie de la religion, mais aussi hors du champ philosophique, aux mathématiques, à la physique, à la géologie, à la jurisprudence et à l'histoire[A 1],[7]. Sa pensée n'est pas groupée au sein d'un magnum opus mais formée d'un ensemble considérable d'essais, de travaux non publiés et de lettres[A 1].

Denis Diderot, qui pourtant s'oppose en de nombreux points aux conceptions de Leibniz, écrit à son sujet dans l'Encyclopédie : « peut-être jamais un homme n'a autant lu, étudié, médité et écrit que Leibniz »[A 1].

Bernard Le Bouyer de Fontenelle dira lui que « pareil en quelque sorte aux Anciens qui avaient l'adresse de mener jusqu'à huit chevaux attelés de front, il mena de front toutes les sciences »[2]

Leibniz est classé, avec René Descartes et Baruch Spinoza, comme l'un des principaux représentants du rationalisme du début de l'Époque moderne[7].

Influences[modifier | modifier le code]

Leibniz fut formé dans la tradition scolastique[A 1]. Il fut aussi exposé à des éléments de la modernité, notamment de l'humanisme de la Renaissance et des travaux de Francis Bacon[A 1],[2].

Son professeur à l'université de Leipzig, Jakob Thomasius, lui transmet un grand respect envers la philosophie antique et médiévale[A 1]. Quant à son professeur à Iéna, Erhard Weigel, il l'amènera à considérer les preuves de type mathématique pour des disciplines telles que la logique ou la philosophie[4].

De la philosophie antique, il hérite notamment de l'aristotélisme (notamment la logique (syllogistique) et la théorie des catégories[4]) et du platonisme[A 1]. On retrouve chez Leibniz également une influence du christianisme orthodoxe[A 1].

Il s'inspirera beaucoup de Raymond Lulle et Athanasius Kircher pour sa thèse d'alphabet de la pensée, de combinaison des idées, et de caractéristique universelle[2].

Leibniz rencontre des figures majeures de la philosophie de l'époque comme Antoine Arnauld, Nicolas Malebranche, et surtout le mathématicien et physicien néerlandais Christiaan Huygens, qui lui enseigne la philosophie, les mathématiques et la physique[A 1].

La relation de Leibniz avec les grands penseurs de l'époque lui permet d'accéder aux manuscrits impubliés de Descartes et Pascal[A 1].

Leibniz s'opposera à Spinoza et Hobbes sur l'aspect matérialiste et nécessitariste ainsi que sur leur conception de Dieu de leurs doctrines respectives[A 1].

Tout comme Spinoza, Leibniz est héritier de Descartes tout en le critiquant largement également[13],[14]. Spinoza et Leibniz, malgré donc un héritage commun, s'opposent aussi fortement : notamment, le premier pense Dieu immanent (Deus sive Natura), le second le pense transcendant[13],[14]. Mais Leibniz étudiera tant le spinozisme pour le critiquer — on retrouvera beaucoup d'annotations et de commentaires critiques par Leibniz sur l'Éthique de Spinoza écrits après qu'il ait reçu les publications posthumes de Spinoza[9] — et si longtemps — on a connaissance de notes écrites par Leibniz en 1708 sur des propositions de Spinoza, preuve que le système spinozien ne fût pas qu'un intérêt de jeunesse pour le philosophe allemand[15] — que les commentateurs ultérieurs se demanderont dans quelle mesure cette étude finira par influencer le système leibnizien[13],[14].

Leibniz s'oppose à Descartes en ce qu'il préserve les acquis de l'aristotélisme ; et affirme, contrairement à Descartes et selon une inspiration aristotélicienne, que Dieu doit respecter les principes de la logique[16].

Principes[modifier | modifier le code]

Dans la Monadologie, Leibniz écrit[A 1],[B 1] :

«  Nos raisonnements sont fondés sur deux grands principes, celui de la contradiction [...] [et] celui de la raison suffisante. »

— Gottfried Wilhelm Leibniz, Monadologie

Cependant, on peut, au fil de ses écrits, trouver quatre autres grands principes : le principe du meilleur, le principe du prédicat inhérent au sujet, le principe d'identité des indiscernables et le principe de continuité[A 1].

Ces six principes consistent en[A 1] :

Logique et art combinatoire[modifier | modifier le code]

Combinaison des quatre éléments selon Leibniz.
Œuvres sur ce thème : De arte combinatoria.

« La Logique est pour Leibniz la Clef de la Nature[n 3] »

La logique que développa Leibniz en fait pour certains le plus grand logicien depuis Aristote[7].

Leibniz estime qu'Aristote est le « premier qui ait écrit mathématiquement en dehors des mathématiques[17],[18] ». Il avait une grande admiration pour son œuvre[R 4]. Cependant, il l'estimait imparfaite[R 5] ; il trouvait que la logique aristotélicienne présentait des lacunes[R 6] et souhaitait l'améliorer[19]. Il s'intéressa particulièrement à la syllogistique et ses premières contributions dans ce domaine se trouvent dans le De arte combinatoria[R 6].

La logique de Leibniz est inspiré de Raymond Lulle, qui vécut au Moyen-Âge[20]. Celui-ci, dans les Ars magna, avance l'idée que les concepts et les propositions peuvent être exprimées sous la forme de combinaisons[20]. S'inspirant de Lulle, Leibniz explique dans le De arte combinatoria comment on pourrait, dans un premier temps constituer un « Alphabet des pensées humaines », composé de toutes les idées de base[R 7], puis découvrir de nouvelles vérités en combinant les concepts pour former des jugements de manière exhaustive et évaluer méthodiquement leur vérité[20].

Sur ce principe, Leibniz théorise un langage universel qu'il nomme caractéristique universelle ((lingua) characteristica universalis), qui permettrait d'exprimer les concepts sous la forme des concepts de base dont ils sont composés, et de le représenter de manière à les rendre compréhensibles par tous les lecteurs, quelle que soit leur langue maternelle[20]. Leibniz a étudié les hiéroglyphes égyptiens et les idéogrammes chinois en raison de leur méthode pour représenter les mots, sous forme de dessins[20]. La caractéristique universelle est censée exprimer non seulement les connaissances mathématiques, mais aussi la jurisprudence (il établit les correspondances à la base de la déontique), l’ontologie (Leibniz critiqua la définition que René Descartes donnait de la substance), voire la musique.[réf. souhaitée] Leibniz n'est pas le premier à théoriser ce type de langage : avant lui, le mathématicien français François Viète (XVIe siècle), le philosophe français René Descartes et le philologue anglais George Dalgarno (XVIIe siècle) avaient déjà suggéré un tel projet, notamment dans le domaine des mathématiques, mais aussi pour Viète pour la communication[20]. Par ailleurs, le projet leibnizien inspirera les projets de langue universelle de la fin du XIXe siècle avec l'interlingue, version non dégradée du latin créée par Giuseppe Peano, puis l'espéranto[20]. Il inspirera aussi l'idéographie de Gottlob Frege, le langage logique loglan et le langage de programmation Prolog[20].

Leibniz a aussi rêvé d’une logique qui serait calcul algorithmique et donc mécaniquement décidable : le calculus ratiocinator[20]. Un tel calcul pourrait être effectué par des machines et ne serait donc pas sujet aux erreurs[20]. Leibniz annonce ainsi les mêmes idées que celles qui inspireront Charles Babbage, William Stanley Jevons, Charles Sanders Peirce et son étudiant Allan Marquand au XIXe siècle, et qui seront à la base du développement des ordinateurs après la Seconde Guerre mondiale[20].

« Leibniz croit pouvoir inventer, pour la vérification des calculs logiques, des procédés techniques analogues à la preuve par 9 employée en Arithmétique. Aussi appelle-t-il sa Caractéristique le juge des controverses, et la considère-t-il comme un art d'infaillibilité. Il fait un tableau séduisant de ce que seront, grâce à elle, les discussions philosophiques de l'avenir. Pour résoudre une question ou terminer une controverse, les adversaires n'auront qu'à prendre la plume, en s'adjoignant au besoin un ami comme arbitre, et à dire « Calculons ! ». »

— Louis Couturat, La Logique de Leibniz[R 8]

Il a en même temps eu conscience des limites de la logique formelle en affirmant que toute modélisation, pour être correcte, nécessite d'être faite strictement en analogie avec le phénomène modélisé.[réf. nécessaire]

Leibniz est pour beaucoup le logicien le plus important entre Aristote et les logiciens du XIXe siècle à l'origine de la logique moderne : Augustus De Morgan[réf. nécessaire], George Boole, Ernst Schröder et Gottlob Frege[A 2]. Pour Louis Couturat, la logique leibnizienne anticipait les principes des systèmes logiques modernes, voire les dépassait sur certains points[A 2].

Néanmoins, la plupart de ses textes sur la logique consistent en des esquisses[réf. nécessaire] qui n'ont été publiées que très tardivement voire oubliées[R 9]. Se pose donc la question de savoir si Leibniz a juste anticipé la logique moderne ou s'il a influencé celle-ci[A 2]. Il semble que la logique du XIXe siècle s'est effectivement inspirée de la logique leibnizienne[A 2].

Métaphysique[modifier | modifier le code]

Œuvres sur ce thème : Discours de métaphysique et Monadologie.

Rédigée en français en 1714 et non publiée du vivant de l’auteur, la Monadologie représente une des dernières étapes de la pensée de Leibniz. En dépit de ressemblances apparentes avec des textes antérieurs, la Monadologie se distingue assez fortement d’ouvrages comme le Discours de métaphysique ou le Système nouveau de la nature et de la communication des substances. La notion de substance individuelle présente dans le Discours de métaphysique ne doit en effet pas être confondue avec celle de monade.

La force[modifier | modifier le code]

Pour Leibniz, la physique a sa raison dans la métaphysique. Si la physique étudie les mouvements de la nature, quelle réalité est ce mouvement ? Et quelle cause a-t-il ? Le mouvement est relatif, c'est-à-dire qu'une chose se meut selon la perspective d’où nous la regardons. Le mouvement n’est donc pas la réalité elle-même ; la réalité est la force qui subsiste en dehors de tout mouvement et qui en est la cause : la force subsiste, le repos et le mouvement étant des différences phénoménales relatives.

Leibniz définit la force comme « ce qu’il y a dans l’état présent, qui porte avec soi un changement pour l’avenir. » Cette théorie entraîne un rejet de l’atomisme ; en effet, si l’atome est une réalité absolument rigide, alors il ne peut perdre de force dans les chocs. Il faut donc que ce que l’on nomme atome soit, en réalité, composé et élastique. L’idée d’atome absolu est contradictoire :

« Les atomes ne sont que l’effet de la faiblesse de notre imagination, qui aime à se reposer et à se hâter à venir dans les sous divisions ou analyses. »

Ainsi la force est-elle la réalité : la force est substance, et toute substance est force. La force est dans un état, et cet état se modifie suivant des lois du changement. Cette succession d’états changeants possède un ordre régulier, c’est-à-dire que chaque état a une raison (cf. principe de raison suffisante) : chaque état s’explique par celui qui précède, il y trouve sa raison. À cette notion de loi se rattache également l’idée d’individualité : l’individualité est pour Leibniz une série de changements, série qui se présente comme une formule :

« La loi du changement fait l’individualité de chaque substance particulière. »

La monade[modifier | modifier le code]

Toute substance se développe ainsi suivant des lois intérieures, en suivant sa propre tendance : chacune a donc sa loi propre. Ainsi, si nous connaissons la nature de l’individu, pouvons-nous en dériver tous les états changeants. Cette loi de l’individualité implique des passages à des états non seulement nouveaux, mais aussi plus parfaits.

Ce qui existe est donc pour Leibniz l’individuel ; il n’existe que des unités. Ni les mouvements, ni même les corps n’ont cette substantialité : la substance étendue cartésienne suppose en effet quelque chose d’étendu, elle est seulement un composé, un agrégat qui ne possède pas par lui-même la réalité. Ainsi, sans substance absolument simple et indivisible, n’y aurait-il aucune réalité. Leibniz nomme monade cette réalité. La monade est conçue selon le modèle de notre âme :

« l’unité substantielle demande un être accompli, indivisible et naturellement indestructible, puisque sa notion enveloppe tout ce qui lui doit arriver, ce qu’on ne saurait trouver ni dans la figure ni dans le mouvement… Mais bien dans une âme ou forme substantielle, à l’exemple de ce que l’on appelle moi. »

Nous faisons l’observation de nos états internes, et ces états (sensations, pensées, sentiments) sont en un perpétuel changement : notre âme est une monade, et c’est d’après son modèle que nous pouvons concevoir la réalité des choses, car il y a sans doute dans la nature d’autres monades qui nous sont analogues. Par la loi de l’analogie (loi qui se formule « tout comme ceci »), nous concevons toute existence comme n’étant qu’une différence de degré relativement à nous. Ainsi, par exemple, il y a des degrés inférieurs de conscience, des formes obscures de la vie psychique : il y a des monades à tous les degrés de clarté et d’obscurité. Il y a une continuité de toutes les existences, continuité qui trouve son fondement dans le principe de raison.

Dès lors, puisqu’il n’existe que des êtres doués de représentations plus ou moins claires, dont l’essence est dans cette activité représentative, la matière se trouve réduite à l’état de phénomène. La naissance et la mort sont également des phénomènes dans lesquels les monades s’obscurcissent ou s’éclaircissent. Ces phénomènes ont de la réalité dans la mesure où ils sont reliés par des lois, mais le monde, d’une manière générale, n’existe qu’en tant que représentation.

Ces monades, en se développant selon une loi interne, ne reçoivent aucune influence de l’extérieur :

« 7. II n’y a pas moyen aussi d’expliquer comment une Monade puisse être altérée ou changée dans son intérieur par quelque autre créature, puisqu’on n’y saurait rien transposer, ni concevoir en elle aucun mouvement interne qui puisse être excité, dirigé, augmenté ou diminué là-dedans, comme cela se peut dans les composés ou il y a du changement entre les parties. Les Monades n’ont point de fenêtres par lesquelles quelque chose y puisse entrer ou sortir. » (Monadologie)

Ajoutons que le concept de monade a été influencé par la philosophie de Pierre Gassendi[21], lequel reprend la tradition atomiste incarnée par Démocrite, Épicure et Lucrèce. En effet l'atome, du grec « atomon » (indivisible) est l'élément simple dont tout est composé. La différence majeure avec la monade étant que celle-ci est d'essence spirituelle, alors que l'atome est d'essence matérielle ; et donc l'âme, qui est une monade chez Leibniz, est composée d'atomes chez Lucrèce.

L’harmonie préétablie[modifier | modifier le code]

Dès lors, comment expliquer que tout se passe dans le monde comme si les monades s’influençaient réellement mutuellement ? Leibniz explique cette concordance par une harmonie préétablie universelle entre tous les êtres, et par un créateur commun de cette harmonie :

« Aussi Dieu seul fait la liaison et la communication des substances, et c’est par lui que les phénomènes des uns se rencontrent et s’accordent avec ceux des autres, et par conséquent qu’il y a de la réalité dans nos perceptions. » (Discours de métaphysique)

Si les monades semblent tenir compte les unes des autres, c’est parce que Dieu les a créées pour qu’il en soit ainsi. C’est par Dieu que les monades sont créées d’un coup par fulguration, à l’état d’individualité qui les fait être comme de petits dieux. Chacune possède un point de vue singulier sur le monde, une vue de l’univers en miniature, et toutes ses perspectives ont ensemble une cohérence interne, tandis que Dieu possède l’infinité des points de vue qu’il crée sous la forme de ces substances individuelles. La force et la pensée intimes des monades sont donc une force et une pensée divines. Et l’harmonie est dès l’origine dans l’esprit de Dieu : elle est préétablie.

Si certains commentateurs (par exemple Alain Renaut, 1989) ont voulu voir dans l'harmonie préétablie un schème abstrait qui rétablit, seulement après coup, la communication entre les monades, monades qui seraient alors les signes d'une fragmentation du réel en unités indépendantes, cette interprétation a été rejetée par l'un des commentaires les plus importants de l'œuvre de Leibniz, celui de Dietrich Mahnke, intitulé La synthèse de la Mathématique universelle et de la Métaphysique de l'individu (1925). Inspirant celui de Michel Fichant, Mahnke souligne que l'harmonie universelle précède la monade : le choix de chaque monade se fait non par des volontés particulières de Dieu, mais par une volonté primitive, qui choisit l'ensemble des monades : chaque notion complète d'une monade individuée est ainsi enveloppée dans le choix primitif du monde. Aussi, « l'universalité harmonique (…) est inscrite dans la constitution interne primitive de chaque individu. »[22].

Il ressort enfin de cette idée de la monade que l’univers n’existe pas en dehors de la monade, mais qu’il est l’ensemble de toutes les perspectives. Ces perspectives naissent de Dieu. Tous les problèmes de la philosophie sont ainsi déplacés dans la théologie.

Cette transposition pose des problèmes qui ne sont pas vraiment résolus par Leibniz :

  • comment une substance absolue peut-elle naître ?
  • comment Dieu peut-il avoir une infinité de perspectives et en faire des substances au sein d’une harmonie préétablie ?

Malebranche résumera tous ces problèmes en une formule : Dieu ne crée pas des dieux.

L’union de l’âme et du corps[modifier | modifier le code]

Sa théorie de l’union de l’âme et du corps suit naturellement son idée de la monade. Le corps est un agrégat de monades, dont les rapports avec l’âme sont réglés dès le départ comme deux horloges que l’on aurait synchronisées. Leibniz décrit ainsi la représentation du corps (c’est-à-dire du multiple) par l’âme :

« Les âmes sont des unités et les corps sont des multitudes. Mais les unités, quoiqu’elles soient indivisibles, et sans partie, ne laissent de représenter des multitudes, à peu près comme toutes les lignes de la circonférence se réunissent dans le centre. »

Épistémologie[modifier | modifier le code]

Bien que n'étant pas aussi traitée en termes de quantité que la logique, la métaphysique, la théodicée et la philosophie naturelle, l'épistémologie reste un thème d'important travail de la part de Leibniz[A 1]. Leibniz est innéiste, et assume pleinement s'inspirer de Platon, sur la question de l'origine des idées et de la connaissance[A 1].

Le principal ouvrage de Leibniz en la matière sont les Nouveaux Essais sur l'entendement humain, rédigés en français[B 2], commentaire de l'Essai sur l'entendement humain de John Locke[A 1],[23]. Les Nouveaux essais sont achevés en 1704[B 2]. Mais, la mort de Locke convainc Leibniz de reporter leur publication.[réf. souhaitée] Ils ne paraîtront finalement que de manière posthume, en 1765[B 2].

Le philosophe anglais défend une position empiriste, selon laquelle toutes nos idées nous viennent de l’expérience[A 1]. Leibniz, sous la forme d’un dialogue imaginaire entre Philalèthe, qui cite les passages du livre de Locke, et Théophile, qui lui oppose les arguments leibniziens, défend une position innéiste : certaines idées sont en notre esprit dès la naissance. Ce sont des idées qui sont constitutives de notre entendement même, comme celle de causalité. Les idées innées peuvent être activées par l'expérience, mais il a fallu pour cela qu’elles existent d’abord potentiellement dans notre entendement.

Théologie philosophique[modifier | modifier le code]

Œuvres sur ce thème : Essais de Théodicée.

Existence et transcendance de Dieu[modifier | modifier le code]

Leibniz s'est beaucoup intéressé à l'argument ontologique de l'existence de Dieu à partir des années 1670, et a échangé à ce sujet avec Baruch Spinoza[A 1]. Il réfute l'argumentation de René Descartes dans la cinquième méditation des Méditations métaphysiques : Dieu a toutes les perfections, or l'existence est une perfection, donc Dieu existe[A 1]. Pour Leibniz, il s'agit surtout de montrer que toutes les perfections sont compossibles, et que l'existence est une perfection. Leibniz montre la première prémisse dans son essai Quod ens perfectissimum existit (1676), et la seconde dans un autre court écrit de la même période[A 1].

La démonstration de Leibniz, qui a des ressemblances avec la preuve ontologique de Gödel, établie par Kurt Gödel dans les années 1970[A 1] :

  1. Dieu est un être ayant toutes les perfections (par définition)
  2. Une perfection est une propriété simple et absolue (par définition)
  3. L'existence est une perfection
  4. Si l'existence fait partie de l'essence d'une chose, alors c'est un être nécessaire
  5. S'il est possible pour un être nécessaire d'exister, alors il existe nécessairement
  6. Il est possible pour un être d'avoir toutes les perfections
  7. Donc, un être nécessaire (Dieu) existe.

Leibniz s'est également intéressé à l'argument cosmologique[A 1]. L'argument cosmologique chez Leibniz découle de son principe de raison suffisante[A 1]. Chaque vérité a une raison suffisante, et la raison suffisante de l'ensemble des séries de vérités est nécessairement située hors des séries, et c'est cette raison ultime que nous appelons Dieu[A 1].

Dans les Essais de Théodicée, Leibniz parvient à démontrer l'unicité de Dieu, son omniscience, son omnipotence et sa bienveillance[A 1].

Théodicée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Meilleur des mondes possibles.

Le terme de « théodicée » signifie étymologiquement « justice de Dieu » (du grec Θεὸς / théos (« Dieu ») et δίϰη / dikè (« justice »))[24]. Il s'agit d'un néologisme inventé par Leibniz lui-même[25]. S'il ne l'a jamais rigoureusement défini[réf. nécessaire], le terme est généralement compris comme une « partie de la théologie naturelle qui traite de la justice de Dieu »[24], un discours se proposant de « justifier la bonté de Dieu par la réfutation des arguments tirés de l’existence du mal dans ce monde, et par suite la réfutation des doctrines athées ou dualistes qui s'appuient sur ces arguments »[26]. Il est essentiel de souligner le principal enjeu de la théodicée leibnizienne. La question est d’abord : comment accorder l’existence du mal avec l’idée de la perfection générale de l’univers ? Mais, par-delà les difficultés internes à la métaphysique leibnizienne, on trouve le problème suivant : comment accorder l’idée de la responsabilité ou de la culpabilité de l’homme dans le mal avec le sentiment que cet homme agit de la seule manière dont il était possible qu’il agît. La réponse de Leibniz au conflit entre nécessité et liberté est originale.

L’exemple de Judas le traître, tel qu’il est analysé dans la section 30 du Discours de Métaphysique, est éclairant : certes, il était prévisible de toute éternité que ce Judas-là dont Dieu a laissé l’essence venir à l’existence, pècherait comme il a péché, mais il n’empêche que c’est bien lui qui pèche. Le fait que cet être limité, imparfait (comme toute créature) entre dans le plan général de la création, et donc tire en un sens son existence de Dieu, ne le lave pas en lui-même de son imperfection. C’est bien lui qui est imparfait, de même que la roue dentée, dans une montre, n’est rien d’autre qu’une roue dentée : le fait que l’horloger l’utilise pour fabriquer une montre ne rend pas cet horloger responsable du fait que cette roue dentée n’est rien d’autre, rien de mieux qu’une roue dentée.

Le principe de raison suffisante, parfois nommé principe de « la raison déterminante » ou le « grand principe du pourquoi », est le principe fondamental qui a guidé Leibniz dans ses recherches : rien n’est sans une raison qui explique pourquoi il est, plutôt qu’il n’est pas, et pourquoi il est ainsi, plutôt qu’autrement. Leibniz ne nie pas que le mal existe. Il affirme toutefois que tous les maux ne peuvent pas être moindres : ces maux trouvent leur explication et leur justification dans l’ensemble, dans l’harmonie du tableau de l’univers. « Les défauts apparents du monde entier, ces taches d’un soleil dont le nôtre n’est qu’un rayon, relèvent sa beauté bien loin de la diminuer » (Théodicée, 1710 – parution en 1747).

Répondant à Pierre Bayle, il établit la démonstration suivante : si Dieu existe, il est parfait et unique. Or, si Dieu est parfait, il est « nécessairement » tout-puissant, toute bonté et toute justice, toute sagesse. Ainsi, si Dieu existe, il a, par nécessité, pu, voulu et su créer le moins imparfait de tous les mondes imparfaits ; le monde le mieux adapté aux fins suprêmes.

En 1759, dans le conte philosophique Candide, Voltaire fait de son personnage Pangloss le prétendu porte-parole de Leibniz[16]. En vérité, il y déforme volontairement[réf. nécessaire] sa doctrine en la réduisant à la formule[réf. nécessaire] : « tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles »[16]. Cette formule est une mauvaise interprétation : Leibniz n'affirme nullement que le monde est parfait mais que le mal est réduit à son minimum[16]. Jean-Jacques Rousseau rappellera à Voltaire l’aspect contraignant de la démonstration de Leibniz : « Ces questions se rapportent toutes à l’existence de Dieu. (…) Si l’on m’accorde la première proposition, jamais on n’ébranlera les suivantes ; si on la nie, il ne faut pas discuter sur ses conséquences. » (Lettre du ).[réf. nécessaire] Toutefois, le texte de Voltaire ne s'oppose pas à Leibniz sur un plan théologique ni métaphysique : le conte de Candide trouve son origine dans l'opposition entre Voltaire et Rousseau, et son contenu cherche à montrer que « ce ne sont pas les raisonnements des métaphysiciens qui mettront fin à nos maux », faisant l'apologie d'une philosophie volontariste invitant les hommes à « organiser eux-mêmes la vie terrestre » et où le travail est présenté comme « source de progrès matériels et moraux qui rendront les hommes plus heureux »[27].

Éthique[modifier | modifier le code]

Si l'éthique constitue le seul champ traditionnel de la philosophie pour lequel Leibniz n'est généralement pas considéré comme un important contributeur, comme Spinoza, Hume ou Kant, Leibniz fut fort intéressé par ce domaine[7]. Il est vrai que par comparaison avec sa métaphysique, la pensée éthique de Leibniz ne se distingue pas partiuclièrement par sa portée ou son originalité[7]. Pour autant, il s'est engagé dans des débats centraux de l'éthique sur les fondements de la justice et la question de l'altruisme[7].

Pour Leibniz, la justice est la science a priori du bien, c'est-à-dire qu'il y a des bases rationnelles et objectives de la justice[7]. Il rejette la position selon laquelle la justice est le décret du plus fort, position qu'il associe à Thrasymaque qui la défend face à Socrate dans la République de Platon, mais également à Samuel von Pufendorf et Thomas Hobbes[7]. En effet, appliquant cette conception, on en arrive à la conclusion que les commandements divins sont justes uniquement parce que Dieu est le plus puissant de tous les législateurs[7]. Pour Leibniz, cela revient à rejeter la perfection de Dieu ; pour lui, Dieu agit selon la meilleure manière, et pas seulement de façon arbitraire[7]. Dieu n'est pas parfait seulement dans son pouvoir, mais également dans sa sagesse[7]. Le standard de justice a priori et éternel auquel adhère Dieu doît être la base de la théorie du droit naturel[7].

Leibniz définit la justice comme la charité de la personne sage[7]. Bien que cette définition puisse paraître étrange à ceux qui sont habitués à une distinction entre justice et charité, la véritable originalité de Leibniz est sa définition de la charité et de l'amour[7]. En effet, au XVIIe siècle se pose la question de la possibilité d'un amour désintéressé. Il semble que chaque être agisse de manière à persévérer dans l'existence, ce que Hobbes et Spinoza désignent sous le terme de conatus à la base de leurs psychologies respectives[7]. Selon ce point de vue, celui qui aime est celui qui voit dans cet amour un moyen d'améliorer son existence ; l'amour est alors réduit à une forme d'égoïsme, et quand bien même il serait bienveillant, il lui manquerait une composante altruiste[7]. Pour résoudre cette incompatibilité entre l'égoïsme et l'altruisme, Leibniz définit l'amour comme le fait de prendre du plaisir au bonheur d'autrui[7]. Ainsi, Leibniz ne nie pas le principe fondamental de la conduite de chaque individu, la recherche du plaisir et de l'intérêt personnel, mais parvient à le lier à la préoccupation, altruiste, du bien-être d'autrui[7]. Ainsi, l'amour est défini comme la coïncidence entre l'altruisme et l'intérêt personnel ; la justice est la charité de la personne sage ; et la personne sage, dit Leibniz, est celle qui aime tout[7].

Mathématiques[modifier | modifier le code]

Les travaux mathématiques de Leibniz se trouvent dans le Journal des savants de Paris, les Acta Eruditorum de Leipzig (qu’il a contribué à fonder) ainsi que dans son abondante correspondance avec Christian Huygens, les frères Jean et Jacques Bernoulli, le Marquis de L'Hôpital, Pierre Varignonetc.

Calcul infinétisimal[modifier | modifier le code]

On attribue souvent à Isaac Newton et à Leibniz l'invention du calcul infinitésimal. En vérité, on retrouve dès Archimède (IIIe siècle av. J.-C.), les prémices de ce type de calcul[28]. Il sera développé par la suite par Pierre de Fermat, François Viète et sa codification de l'algèbre[réf. nécessaire], et René Descartes et son algébrisation de la géométrie[réf. nécessaire][28].

Tout le XVIIe siècle étudie l’indivisible et l’infiniment petit. Comme Newton, Leibniz domine tôt les indéterminations dans le calcul des dérivées. De plus il développe un algorithme qui est l’outil majeur pour l’analyse d’un tout et de ses parties, fondé sur l’idée que toute chose intègre des petits éléments dont les variations concourent à l’unité. Ses travaux sur ce qu’il appelait la « spécieuse supérieure » seront poursuivis par les frères Bernoulli, le marquis de l’Hospital, Euler et Lagrange.

Notation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : notation de Leibniz.

Leibniz développe une symbolique mathématique qu’il tente d’intégrer dans une notion plus générale qu’il appelle caractéristique universelle, et qu’il voulait pouvoir appliquer à tous les domaines.

Il est à l’origine du terme de « fonction » (1692, de functio : exécution), de celui de « coordonnées », de la notation du produit de a par b sous la forme a.b ou ab, d’une définition logique de l’égalité, du terme de « différentielle » (qu’Isaac Newton appelle « fluxion »), de la notation différentielle , du symbole pour l’intégrale. Leibniz popularise l'utilisation de : (deux-points) pour représenter la division. Mis à part les mathématiciens anglophones, ce symbole est adopté dès 1684 par une bonne partie de l'Europe[29].

Système binaire[modifier | modifier le code]

Joachim Bouvet envoya à Leibniz un diagramme représentant les 64 hexagrammes de Fuxi (1701).

Leibniz s'est intéressé de près au système binaire. Il est parfois vu comme en étant l'inventeur, bien que ce ne soit pas le cas. En effet, Thomas Harriot, mathématicien et scientifique anglais, avait déjà travaillé sur des systèmes non décimaux : binaire, ternaire, quaternaire et quinaire, mais également des systèmes de base plus élevée[30]. Selon Robert Ineichen, de l'université de Fribourg, Harriot est « probablement le premier inventeur du système binaire »[30]. Selon Ineichen, Mathesis biceps vetus et nova de l'homme d'Église espagnol Juan Caramuel y Lobkowitz est la première publication connue en Europe sur les systèmes non décimaux, dont le binaire[30]. Enfin, John Napier traite de l'arithmétique binaire dans les Rabdologiæ (1617) et Blaise Pascal affirme dans le De numeris multiplicibus (1654 / 1665) que le système décimal n'est pas obligatoire[30].

Leibniz cherche un remplacement au système décimal à partir de la fin du XVIIe siècle[31]. Il découvre l'arithmétique binaire dans un livre chinois vieux de 5000 ans, le Yi Jing (« Classique des changements »)[31]. Il écrit un article qu'il nomme « Explication de l'arithmétique binaire, qui utilise seulement les caractères 1 et 0, avec quelques remarques sur son utilité, et sur la lumière qu'elle jette sur les anciennes figures chinoises de Fu Xi » — Fu Xi étant l'auteur légendaire du Yi Jing[31]. Son article est présent dans l'Histoire de l’Académie royale des sciences de 1703[B 3], ainsi qu'un compte-rendu rédigé par un contemporain, « Nouvelle Arithmétique binaire »[B 4]. Reconnaissant cette manière de représenter les nombres comme un héritage très lointain du fondateur de l’Empire chinois « Fohy », Leibniz s’interroge longuement sur l’utilité des concepts qu’il vient de présenter, notamment en ce qui concerne les règles arithmétiques qu’il développe. Finalement, il semble conclure que la seule utilité qu’il voit dans tout ceci est une sorte de beauté essentielle, qui révèle la nature intrinsèque des nombres et de leurs liens mutuels.

Autres travaux[modifier | modifier le code]

Leibniz s’intéresse aux systèmes d’équations et pressent l’usage des déterminants. Dans son traité sur l’art combinatoire, science générale de la forme et des formules, il développe des techniques de substitution pour la résolution d’équations. Il travaille sur la convergence des séries, le développement en série entière des fonctions comme l’exponentielle, le logarithme, les fonctions trigonométriques (1673). Il découvre la courbe brachistochrone et s’intéresse à la rectification des courbes (calcul de leur longueur). Il a étudié le traité des coniques de Pascal et écrit sur le sujet. Il est le premier à créer la fonction (conspectus calculi). Il étudie les enveloppes de courbes et la recherche d’extremum pour une fonction (Nova methodus pro maximis et minimis, 1684).

Il tente aussi une incursion dans la théorie des graphes et la topologie (analysis situs).

Autres travaux[modifier | modifier le code]

Physique[modifier | modifier le code]

Leibniz, comme de nombreux mathématiciens de son temps, était aussi physicien. Bien qu'il soit aujourd'hui connu pour sa métaphysique et sa théorie de l'optimisme, Leibniz s'est imposé comme une des principales figures de la révolution scientifique au même titre que Galilée, Descartes, Huygens, Hooke et Newton[A 3]. Leibniz est devenu très tôt mécaniste, vers 1661, alors qu'il étudiait à Leipzig, comme il le relate dans une lettre à Nicolas Rémond (de)[A 3]. Cependant, une différence profonde le sépare d'Isaac Newton : si Newton considère que « la physique se garde de la métaphysique » et cherche à prévoir les phénomènes par sa physique, Leibniz cherche à découvrir l'essence cachée des choses et du monde, sans chercher à obtenir des calculs précis à propos de phénomènes quelconques. D'ailleurs jamais il n'employa son calcul infinitésimal pour expliquer les lois de la nature. Il en est venu ainsi à reprocher à René Descartes et à Newton de ne pas savoir se passer d'un Deus ex machina (une raison divine cachée) dans leurs physiques, car celles-ci n'expliquaient pas tout ce qui est, ce qui est possible et ce qui n'est pas[32].

Concept Apports de Leibniz
Énergie cinétique (1/2)mv2 Invention du concept, sous le nom de « force vive ». Il s'oppose à une idée de Descartes qui était que la quantité mv (qu'on appelait à cette époque force motrice ou quantité de mouvement) se conservait dans les chocs, indépendamment des directions du mouvement[33]. Leibniz écrivit « Il se trouve par la raison et par l’expérience que c’est la force vive absolue [mv2] qui se conserve et nullement la quantité de mouvement » (Essai de dynamique, 1691).
Principe de moindre action Le principe de la moindre action a été découvert en 1740 par Maupertuis. En 1751, Samuel König affirma avoir une lettre de Leibniz, datée de 1707, dans laquelle il énonçait ce même principe, donc bien avant Maupertuis. L'Académie de Berlin chargea Leonhard Euler de se pencher sur le problème de l'authenticité de cette lettre. Euler fit un rapport, en 1752, où il conclut à un faux[34] : König aurait inventé l'existence de cette lettre de Leibniz. Ce qui n'empêche pas Leibniz d'avoir, en optique, avancé un énoncé (sans formalisme mathématique) proche du principe de Fermat[35], vers 1682[n 4].
Définitions de l’espace et du temps Leibniz s'opposa à Isaac Newton au sujet de l'espace absolu que définit ce dernier. « J’ai marqué plus d’une fois que je tenais l’espace pour quelque chose de purement relatif, comme le temps ; pour un ordre de coexistences comme le temps est un ordre de successions… Je ne crois pas qu’il y ait aucun espace sans matière. Les expériences qu’on appelle du vide, n’excluent qu’une matière grossière[38]. »

Biologie et géologie[modifier | modifier le code]

Bibliothéconomie[modifier | modifier le code]

Leibniz, bibliothécaire à Hanovre à partir de 1676 et à Wolfenbüttel à partir de 1691, explique dans sa Représentation à S.A.S. le duc de Wolfenbüttel pour l'encourager à l'entretien de sa Bibliothèque comment il entendait l'exercice ses fonctions[R 10]. À son mémoire il joint deux plans de classification de bibliothèque fondée sur la classification des sciences, qui devait aussi servir de base à l'Encyclopédie — Leibniz dit à ce propos dans une lettre au duc Jean-Frédéric de 1679 : « Il faut qu'une Bibliothèque soit une Encyclopédie »[R 10] :

Louis Couturat, dans La Logique de Leibniz, fait remarquer l'ordre et la distinction des trois parties de la philosophie (métaphysique, mathématique et physique), distinction fondée sur celle de leurs objets, c'est-à-dire de nos facultés de connaître : objets de l'entendement pur, de l'imagination, des sens[R 10].

Il a conçu le projet d’une encyclopédie ou « bibliothèque universelle » :

« Il importe à la félicité du genre humain que soit fondée une Encyclopédie, c’est-à-dire une collection ordonnée de vérités suffisant, autant que faire se peut, à la déduction de toutes choses utiles.  »

— Gottfried Wilhelm Leibniz, Initia et specimina scientiæ generalis, 1679-1680[B 5]

Histoire[modifier | modifier le code]

Leibniz, dès les années 1670, a aussi une importante activité d'historien[40]. Elle est au début liée à son intérêt pour le droit, qui le conduit à développer des travaux d'histoire du droit, et à publier, dans les années 1690, un important recueil de documents juridiques médiévaux. Elle est aussi liée à la commande que lui passe en 1685 l'électeur de Hanovre : une histoire de la maison de Brunswick. Convaincu que cette famille aristocratique a en partie des origines semblables à la maison italienne des Este, Leibniz entreprend d'importants travaux sur l'histoire de l'Europe du IXe au XIe siècle. Leibniz se rend alors en Italie, de 1687 à 1690, pour réunir la documentation nécessaire à son enquête. Leibniz participe ainsi aux travaux de l'époque, qui fondent, avec Jean Mabillon, Étienne Baluze ou Papebrocke, la critique historique ; il apporte des éléments importants aux questions de chronologie et de généalogie des familles souveraines d'Europe. Son travail ne sera pas achevé à son décès en 1716. Il engage au sujet de la maison des Este une polémique fameuse avec le grand savant italien Antonio Muratori.

Politique et diplomatie[modifier | modifier le code]

Iréniste, Leibniz chercha la réunification des Églises chrétiennes catholique et protestant[R 2].

Technologie et ingénierie[modifier | modifier le code]

Machine de Leibniz (1690)
Calculatrice mécanique de Leibniz (original). Première machine de l'histoire à faire des multiplications (1690).

Il conçoit une machine arithmétique capable de multiplier, et invente pour cela la mise en mémoire du multiplicande grâce à ses fameux cylindres cannelés, utilisés jusque dans les années 1960. Après avoir construit trois premiers modèles, il en construit un quatrième plus tard, en 1690, celui-ci ayant été retrouvé en 1894 à l'université de Göttingen et est maintenant conservé à la bibliothèque Gottfried Wilhelm Leibniz à Hanovre[D 3].

Philologie[modifier | modifier le code]

Sinologie[modifier | modifier le code]

Les écrits et lettres de Leibniz durant un demi-siècle témoignent de son intérêt fort et durable pour la Chine[C 2]. Initialement, il s'intéressait surtout sur la langue chinoise : l'utilisation de ce système par les sourds-muets, l'idée qu'il s'agissait peut-être du souvenir d'un calcul oublié depuis longtemps, et la question de savoir si sa construction suivait des lois logico-mathématiques similaires à celles du projet de Leibniz de caractéristique universelle[C 2].

En 1689, une conversation avec le jésuite Grimaldi Page d'aide sur l'homonymie élargit et renforce l'intérêt de Leibniz pour la Chine[C 2].

Psychologie[modifier | modifier le code]

La psychologie a été un des principaux centres d'intérêt de Leibniz[41],[42]. Il apparaît comme un « précurseur sous-estimé de la psychologie »[43]. Il s'intéresse à plusieurs thèmes faisant maintenant partie de la psychologie : l'attention et la conscience, la mémoire, l'apprentissage, la motivation, l'individualité ou encore le rôle de l'évolution. Il a fortement influencé le fondateur de la psychologie en tant que discipline à part entière, Wilhelm Wundt, qui publiera une monographie sur Leibniz[44], et reprendra le terme d'aperception introduit par Leibniz.

Jeu d’échecs[modifier | modifier le code]

Leibniz était un excellent joueur d’échecs ; il s'est notamment intéressé à l'aspect scientifique et logique du jeu (par opposition aux jeux qui comportent une part de hasard), et fut le premier à considérer celui-ci comme une science[45].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Page manuscrite de la Monadologie.

Leibniz fut un auteur très prolifique, composant environ 50 000 textes, dont 15 000 lettres avec plus de mille correspondants de seize pays différents[C 1],[D 1]. Il lègue environ 100 000 pages manuscrites[C 1]. Son œuvre est écrite majoritairement en latin (40 %), en français (30 %) et en allemand (15 %), mais il a aussi rédigé en anglais, en italien et en néerlandais[C 1]. Il parlait également couramment l'hébreu et avait quelques notions de russe et de chinois[D 1].

Il utilisa parfois les pseudonymes Caesarinus Fürstenerius et Georgius Ulicovius Lithuanus[B 6].

Sa correspondance est inscrite au registre international Mémoire du monde de l'UNESCO[D 1]. Elle est dans un état de conservation exceptionnelle grâce à la confiscation opérée par George Ier, électeur de Hanovre et roi de Grande-Bretagne qui craignait la révélation de secrets[D 1]. L'édition complète de la correspondance de Leibniz est prévue pour l'année 2048[D 1].

Leibniz écrivait sur des pages in-folio qu'il séparait en deux colonnes : l'une lui servait à écrire son brouillon original, l'autre à annoter ou ajouter certains portions de texte à son brouillon[R 11]. Il lui arrivait souvent d'annoter ses propres annotations[R 11]. La colonne des annotations était fréquemment autant remplie que celle du texte original[R 11]. Par ailleurs, son orthographe et sa ponctuation était très fantaisiste[R 11].

Esprit toujours en ébullition, il était tout le temps en train de noter ses idées sur le papier, stockant ses notes dans un grand placard pour les récupérer plus tard[D 1]. Néanmoins, étant donné qu'il écrivait tout le temps, l'accumulation de ses brouillons l'empêchait de retrouver celui qui l'intéressait, et pour cette raison il le réécrivait ; ce qui fait qu'on a plusieurs ébauches d'un même opuscule, qui s'ils ont les mêmes idées de fond, n'ont pas le même développement et parfois même pas le même plan[R 12]. Si on peut en général constater une certaine progression d'un brouillon à l'autre, les premières versions contiennent souvent des détails ou des vues manquant aux versions ultérieures[R 12]. Ces répétitions entre brouillons ont toutefois un avantage : ils permettent de mettre en évidence l'évolution dans la pensée de Leibniz[R 12].

Au contraire des autres grands philosophes de son temps, Leibniz n'a pas réalisé de magnum opus, ouvrage exprimant à lui seul tout le cœur de la pensée d'un auteur[A 1]. Il n'écrira que deux livres, les Essais de Théodicée (1710) et les Nouveaux Essais sur l'entendement humain (1704 - publié posthumément en 1765)[A 1].

Parmi ses très nombreux correspondants, Leibniz compte Baruch Spinoza, Thomas Hobbes, Antoine Arnauld, Jacques-Bénigne Bossuet, Nicolas Malebranche, Jacques Bernoulli, Pierre Bayle ou encore Samuel Clarke[2], mais aussi les personnalités politiques de son temps : princes, électeurs et empereurs du Saint-Empire romain germanique ou encore le tsar Pierre le Grand[3].

Le patrimoine (Nachlass) de Leibniz n'est toujours pas entièrement publié[C 3]. Le projet d'édition complète des écrits de Leibniz mené par la bibliothèque Gottfried Wilhelm Leibniz de Hanovre, commencé au début du XXe siècle, prévoit de classer son patrimoine en huit séries[C 1],[46] :

  1. Correspondance générale, politique et historique
  2. Correspondance politique
  3. Correspondance mathématique, scientifique et technique
  4. Écrits politiques
  5. Écrits historiques et linguistiques
  6. Écrits philosophiques
  7. Écrits mathématiques
  8. Écrits scientifiques, médicaux et techniques
Œuvres de Leibniz
Nom Date d'écriture Date de publication Langue originale Série dans l'édition complète Notes Accès en ligne
Disputatio metaphysica de principio individui[t 3] 1663 Traduite en français par Jeannine Quillet, Les Études philosophiques, 1979, 1, p. 79-105.
De arte combinatoria[t 4] 1666[B 7] latin Version étendue de sa thèse d'habilitation en philosophie. disponible sur Gallica
Disputatio de casibus perplexis injure 1667
Nova methodus discendæ docendæque jurisprudentiæ 1667
Ratio corporis iuris reconcinnandi 1668
Confessio naturæ contra atheistas 1668
Defensio Trinitatis per nova Reperta Logica 1669
Théorie du mouvement concret et du mouvement abstrait 1670
Hypothesis Physica Nova 1671
Confessio philosophi 1673
Quadrature arithmétique du cercle, de l’ellipse et de l’hyperbole vers 1674
De corporum concursu 1678[B 8] latin[B 8] Essai scientifique resté longtemps inédit[B 8].
Specimen calculi universalis 1678-1684
Nova Methodus pro Maximis et Minimis[t 5] 1684[47] Publié dans l'Acta Eruditorum[47]. Pose les bases du calcul différentiel[47].
Meditationes de cognitione, veritate et ideis (1684) [48]
Recherches générales sur l'analyse des notions et des vérités 1686
Brevis demonstratio erroris memorabilis Cartesii 1686
Discours de métaphysique 1686[B 9] français[B 9] [lire sur Wikisource]
Correspondance avec Arnauld.
De Geometria Recondita et analysi indivisibilium atque infinitorum[t 6] 1686[47] Publié dans l'Acta Eruditorum[47]. Pose les bases du calcul intégral[47].
Discours touchant la méthode de la certitude et l’art d’inventer pour finir les disputes et faire en peu de temps de grands progrès 1688-1690 [lire sur Wikisource]
Primæ veritates 1689
Dynamica de potentia et legibus naturæ corporeæ 1689
Essai de dynamique 1691 Publié dans le Journal des savants.
Animadversiones ad Cartesii principia philosophiæ 1691
Protogæa[t 7] entre 1690 et 1693 après sa mort
Système nouveau de la nature et de la communication des substances 1695 [lire sur Wikisource]
Novissima Sinica[t 8] 1697[B 10] latin[B 10] Écrit politique et religieux sur la Chine, composé de lettres et de rapports de missionnaires rassemblés par Leibniz, également auteur de la préface[B 10].
Matheis rationis vers 1700
Nouveaux Essais sur l'entendement humain 1704[B 2] 1765 (posthume)[B 2] français[B 2] Critique de l'Essai sur l'entendement humain de John Locke[B 2]. [lire sur Wikisource]
Explication de l'Arithmétique Binaire[t 9] au plus tard 1703[B 3] Présent dans l'Histoire de l'Académie royale des sciences en 1703[B 3]. disponible sur Gallica (Mémoires, p.85)
Essais de Théodicée[t 10] 1710[B 11] français[B 11] Traduit en latin en 1712[B 11]. [lire sur Wikisource]
Monadologie 1714[B 12] français[B 12] [lire sur Wikisource]
Principes de la nature et de la grâce fondés en raison 1714[B 13] français[B 13] [lire sur Wikisource]

Postérité[modifier | modifier le code]

Héritage, critiques et controverses[modifier | modifier le code]

Dans l’histoire du calcul infinitésimal, le procès de Newton contre Leibniz est resté célèbre. Newton et Leibniz avaient trouvé l’art de lever les indéterminations dans le calcul des tangentes ou dérivées. Mais Newton a publié tard (son procès intervient en 1713, presque 30 ans après les publications de Leibniz : 1684 et 1686) et, surtout, Newton n’a ni l’algorithme différentio-intégral fondé sur l’idée que les choses sont constituées de petits éléments, ni l’approche arithmétique nécessaire à des différentielles conçues comme « petites différences finies ».

Leibniz et son disciple Christian Wolff influenceront fortement Emmanuel Kant[n 5],[R 13]. Il n'est cependant pas clairement établi de quelle manière les idées leibniziennes influenceront les thèses kantiennes[R 13]. Notamment, on ne sait pas vraiment si Kant, dans le commentaire qu'il fait des thèmes leibniziens, commente directement Leibniz ou ses héritiers[R 13].

La théodicée de Leibniz, et son idée de meilleur des mondes possibles, seront fortement critiquées de manière satirique par Voltaire dans son conte philosophique Candide à travers le personne de Pangloss[A 4].

Au XXe siècle, le logicien Kurt Gödel a été fortement influencé par Leibniz (ainsi que par Kant et Husserl) et a étudié de manière intensive les travaux de ce dernier entre 1943 et 1946[A 5]. Il était par ailleurs persuadé qu'une conspiration était à l'origine de la suppression de certains travaux du philosophe allemand[49]. Gödel considérait que la caractéristique universelle était réalisable[50].

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Plusieurs institutions ont été nommées en son hommage :

Par ailleurs, un prix nommé en son honneur, le prix Gottfried-Wilhelm-Leibniz, décerné chaque année depuis 1986 par la Fondation allemande pour la recherche et une des plus prestigieuses récompenses en Allemagne dans le domaine de la recherche scientifique[54].

En mathématiques, il a donné son nom :

En astronomie, il a donné son nom :

À Paris, il a donné son nom à la rue Leibniz et au square Leibniz dans le 18e arrondissement[4].

La biscuiterie Bahlsen vend depuis 1891 des biscuits appelés « Leibniz-Keks (en) »[D 4], la biscuiterie étant basée à Hanovre[57] où le philosophe a vécu pendant 40 ans[4].

La maison dans laquelle il vécut de à son mort en 1716, datant de 1499, fut détruite par des bombardements aériens dans la nuit du 8 au . Une reproduction fidèle (Leibnizhaus, « maison de Leibniz ») — non située à l'emplacement original qui n'était pas disponible, mais quand même à proximité de la vieille ville — fut édifiée entre 1981 et 1983[D 2].

À l'occasion des 370 ans de sa naissance et du 300e anniversaire de sa mort, année qui correspond aussi aux 10 ans du renommage de l'université de Hanovre et aux 50 ans de la société Gottfried Wilhelm Leibniz, la ville de Hanovre déclare l'année 2016 « Année de Leibniz »[D 5].

Deux monuments sont dédiés à son mémoire à Hanovre : le mémorial Leibniz, une plaque de bronze taillée pour représenter son visage[D 6], et le temple Leibniz, situé dans le parc Georgengarten (en)[D 7]. Par ailleurs, des mentions du philosophe peuvent être rencontrées en différents endroits de la ville[D 1].

Ernst Hähnel a réalisé une statue du philosophe à Leipzig, sa ville natale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On rencontre parfois von Leibniz ; le nom est également anciennement francisé en Godefroi Guillaume Leibnitz (voir par exemple l'éloge funèbre de Fontenelle[1]).
  2. Note d'Yvon Belaval dans Leibniz : initiation à sa philosophie : « Leibniz, Leibnitz, Leibnüzius, Leibnütz, Leubnutz, Lubeniecz, etc., autant d'orthographes, chez notre auteur même, à ce nom d'origine slave : « Leibniziorum sive Lubeniccziorum nomen Slavonicum » (K. I. xxxu). Et, au sujet d'un certain Lubiniszki : « Je me suis toujours imaginé que son nom est le même avec le mien, et il faut que je sache un jour ce que cela veut dire en slavonois » (K. III. 235). »[R 1].
  3. neque enim aliud est Naturæ quam Ars quædam Magna. (Appendice du De Complexionibus)[R 3].
  4. 1er volume d'Acta Eruditorum[36]  :

    « la cause finale suffit pour deviner quelles lois la lumière suit, car si on fait l’hypothèse que la nature a eu pour but de conduire les rayons lumineux d’un point à un autre par le chemin le plus facile, on trouve admirablement bien toutes ces lois. »

    — Leibniz[37]

  5. On compte ainsi 495 mentions de Leibniz dans les écrits de Kant (hors notes) et 200 pour Wolff, contre 275 pour Isaac Newton, 225 pour René Descartes et 95 pour David Hume[R 13].

Notes sur les titres[modifier | modifier le code]

  1. Traduction : « Plan de Leibniz pour une bibliothèque publique ordonnée selon la classification des sciences »[39]
  2. Traduction : « Plan de Leibniz plus limité pour une bibliothèque ordonnée »[39]
  3. Traduction : « Discussion métaphysique sur le principe d'individuation ».
  4. Traduction : « De l'art combinatoire ». Le titre complet est : « Dissertatio de arte combinatoria »[B 7] soit « Dissertation sur l'art combinatoire ».
  5. Traduction : « nouvelle méthode pour les maxima et les minima ». Le titre complet est : « Nova methodus pro maximis et minimis, itemque tangentibus, quae nec fractas nec irrationales quantitates moratur, et singulare pro illis calculi genus. », soit « Nouvelle méthode pour les maxima et minima, ainsi que les tangentes, qui ne bute ni sur les fractions ni sur les irrationnelles, avec un mode original de calcul. ».
  6. Traduction : « De la géométrie cachée et analyse des indivisibles et des infinis »
  7. Connu en France sous le nom de Protogée, ou de la formation et des Révolutions du globe.
  8. En allemand : Das Neueste von China[B 10].
  9. Le titre complet est : « Explication de l'arithmétique binaire, qui utilise seulement les caractères 1 et 0, avec quelques remarques sur son utilité, et sur la lumière qu'elle jette sur les anciennes figures chinoises de Fu Xi »[B 3]
  10. Le titre est complet est « Essais de théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal ». Il y est souvent fait référence avec les titres plus courts « Essais de Théodicée » et « Théodicée »[B 11].

Références[modifier | modifier le code]

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  • Renvois à la bibliographie
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  • Autres références
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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions des œuvres de Leibniz[modifier | modifier le code]

  • Die Mathematische Schriften,  éd. C. I. Gerhardt, Berlin, 1850-1853, réimpr. Georg Olms Verlag, 1962. Sur Archive : tome 1, tome 2, tome 3,tome 4, tome 5, tome 6, tome 7.
  • Die Philosophischen Schriften,  éd. C. I. Gerhardt, Berlin, 1875-1890, réimpr. Georg Olms Verlag, 1978. Sur Archive : tome 1, tome 2,tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7.
  • Gottfried Wilhelm Leibniz (préf. Louis Couturat, fragments rassemblés par Louis Couturat), Opuscules et fragments inédits de Leibniz : Extraits des manuscrits de la bibliothèque de Hanovre, Paris, Félix Alcan, (lire en ligne).
  • Sämtliche Schriften und Briefe,  éd. Deutsche Akamedie der Wissenschaften, Berlin, 1923 ss.

Traductions en français d’œuvres mathématiques :

  • Leibniz (trad. Marc Parmentier, Eberhard Knobloch), Quadrature arithmétique du cercle, de l’ellipse et de l’hyperbole et la trigonométrie sans tables trigonométriques qui en est le corollaire, Vrin, , 369 p. (ISBN 2-7116-1635-5, lire en ligne).
  • L’estime des apparences. 21 manuscrits de Leibniz sur les probabilités, la théorie des jeux, l’espérance de vie ; texte établi, trad., introd. et annoté par Marc Parmentier. Paris : J. Vrin, 1995. (Mathesis) (ISBN 2-7116-1229-5).
  • La caractéristique géométrique ; texte établi et annoté par Javier Echeverría ; traduit, annoté par Marc Parmentier. Paris : J. Vrin, 1995. (Mathesis) (ISBN 2-7116-1228-7).
  • Leibniz (trad. Marc Parmentier, préf. Marc Parmentier), La naissance du calcul différentiel, Vrin, , 504 p. (ISBN 2-7116-0997-9, lire en ligne).
    Réunion de 26 articles parus dans « Acta eruditorum ». – texte en français seul, traduction du latin.

Études sur Leibniz[modifier | modifier le code]

  • Yvon Belaval, Leibniz de l'âge classique aux Lumières, Paris, Beauchesne, 1995.
  • Yvon Belaval, Leibniz : Initiation à sa philosophie, Vrin, coll. « Bibliothèque d'histoire de la philosophie », (présentation en ligne).
  • Yvon Belaval, Leibniz, critique de Descartes, Gallimard, « Tel », 1960.
  • Yvon Belaval, Études leibniziennes, de Leibniz à Hegel, Gallimard, « Tel », 1993.
  • Fernand Brunner, Études sur la signification historique de la philosophie de Leibniz, Vrin, Paris, 1950.
  • (la) Israel Gottlieb Canz, Philosophiæ Leibnitianæ et Wolfianæ usus in Theologia (1728).
  • Louis Couturat, La logique de Leibniz, Georg Olms Verlag, (présentation en ligne) — La logique de Leibniz disponible sur Gallica.
  • Gilles Deleuze, Le Pli – Leibniz et le baroque, Les éditions de Minuit (coll. « Critique »), Paris, 1988, 191 p.
  • Claire Fauvergue, Diderot, lecteur et interprète de Leibniz, Honoré Champion, 2006.
  • Michel Fichant, L’invention métaphysique (introduction à l’édition Folio de la Monadologie), Folio, 2004.
  • François Gaquère, Le dialogue Irénique Bossuet - Leibniz, Paris, Beauchesne, 1966.
  • Martial Gueroult, Leibniz, Dynamique et métaphysique, rééd. Aubier, 1967.
  • Herbert H. Knecht, La Logique chez Leibniz : essais sur le rationalisme baroque, L'Âge d'Homme, coll. « Dialectica », (présentation en ligne).
  • Mogens Laerke, Leibniz lecteur de Spinoza. La genèse d'une opposition complexe, Paris, Honoré Champion, coll. Travaux de philosophie, 2008.
  • (en) Brandon Look, The Continuum Companion to Leibniz, A&C Black, , 334 p. (ISBN 9780826429759, lire en ligne).
  • Gottfried Martin, Leibniz. Logique et Métaphysique, Paris, Beauchesne, 1966.
  • Massimo Mugnai, « Leibniz, le penseur de l’universel », Les génies de la science, août 2006, no 28.
  • Jean-Baptiste Rauzy, La doctrine leibnizienne de la vérité. Aspects logiques et ontologiques, Paris, Vrin, 2001.
  • Bertrand Russell, La philosophie de Leibniz (1900), Éditions des archives contemporaines – EAC, 2000.
  • Michel Serfati, La révolution symbolique : La constitution de l'écriture mathématique, Paris, Éditions Pétra, 2005.
  • Michel Serres, Le système de Leibniz et ses modèles mathématiques, Paris, PUF, 1968 ; rééd. en 1 volume.
  • Gabriel Tarde, Monadologie et sociologie, 1893, Les Empêcheurs de penser en rond, 1999.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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