Longin (philosophe)

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Longin
Jean Auguste Dominique Ingres, Apotheosis of Homer, 1827.jpg
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Fronto of Emesa (en), PlotinVoir et modifier les données sur Wikidata

Longin (de son nom latin Cassius Dionysius Longinus) est un philosophe et rhéteur grec (205-273 ap. J.-C.).

Biographie[modifier | modifier le code]

Syrien de naissance à ce qu'on croit, né probablement dans la première décennie du IIIe siècle[1], neveu du rhéteur Fronton d'Émèse qui enseigna à Athènes, il voyage dans sa jeunesse, et devient élève à l'École d'Alexandrie, où il reçoit les leçons des néoplatoniciens Ammonios Saccas et Origène[2]. Il ouvre à Athènes une école de rhétorique et de philosophie, qui attire de nombreux disciples. Il fit des classements de philosophes et dans un banquet, cita le tout-venant d'Athènes[3].

Il a été avant 263 le maître de Porphyre de Tyr, qui l'appelle « le plus grand critique de notre temps »[2]. Celui-ci passa ensuite à l'école de Plotin à Rome. Longin admirait vivement Plotin, mais celui-ci disait qu'il n'était pas un « philosophe », mais un « philologue » (non pas un « ami de la sagesse », mais un « ami des discours »)[4].

En 267, Zénobie, la reine de Palmyre l'appelle près d'elle et le charge de lui enseigner la littérature grecque : il devient ainsi son principal conseiller dans son entreprise d'indépendance contre Rome. Les motivations de son soutien sont mal connues[5]. Vaincue par l'empereur Aurélien en 272/273, Zénobie est épargnée mais plusieurs de ses proches sont mis à mort, y compris Longin[6].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Longin fut qualifié par Eunape de « bibliothèque vivante »[2]. On le considère comme un expert en grammaire, avec des compétences de rhéteur, philosophe, qualifié de grand esprit[7]. Plotin le considère comme un philosophe médiocre, les commentateurs postérieurs tel Eunape, Saint Jérôme, Théophylacte et l'Histoire Auguste louent le critique littéraire bien plus que le philosophe[8], ce qui explique en partie que seule l'œuvre de grammaire de Longin survécut à l'époque byzantine[9].

Longin a composé plusieurs ouvrages où il affirme son platonisme ainsi que sur d'autres genres[10]. Certains ouvrages n'ont substitués qu'à travers leurs titres données par la Souda[11] :

  • Œuvres philosophiques : Sur les principes (comme les Médio-Platoniciens, il en reconnaît trois : le Dieu, le Modèle et la Matière[12]), Sur la fin, Contre Plotin et Gentilianus Amélius, Sur l'Impulsion (contre la doctrine stoïcienne de l'âme[13]), Sur la Vie selon la Nature.
  • Œuvres polémiques : Réfutation de Plotin critiquant le traité Sur Les Formes, Réponse à la lettre d'Amélius.
  • Commentaires, exégèse platonicienne : concerne le Timée, le Phédon, le Parménide et Phèdre. On ne sait pas si ce sont des ouvrages à part, des parties d'écrits ou des extraits de l'enseignement oral de Porphyre dont dépendent plusieurs fragments[14].
  • Œuvres philologiques : Art Rhétorique, un large fragment est présent dans un traité de rhétorique d'Apsinès. L'ensemble est composite, tout une partie est une interpolation, probablement un extrait de Longin, car cette partie n'est pas abordée par le résumé de Psellus consacré à Apsinès, signe d'un ajout ultérieur. La structure rhétorique est proche d'Hermogène ou de la Rhétorique à Alexandre[15]. D'autant qu'il y a au moins 25 autres extraits de rhétoriques attribués à Longin, pouvant se connecter avec l'Art Rhétorique[16].
  • Critique littéraire et textuelle : Entretiens philologiques (au moins XXI livres[17]), Difficultés relatives avec Homère, Questions sur Homère avec leurs solutions, L'admirateur des anciens, Récits qui transgressent l'histoire et que les grammairiens présentent comme historiques, Homère est il un philosophe ?, Sur les expressions qui présentent plusieurs significations chez Homère.
  • Écrits grammaticaux, métriques, lexicographie : Commentaire au Manuel de métrique d'Héphestion (nous en avons conservé le début, il défend le rythme et les syllabes[18]), Glossaire Attique, Expressions utilisées par Antimaque et par Héracléon,
  • un discours, Odeinath.
  • des Chroniques et des Lettres.

Un développement sur la Mémoire n'est pas de Longin, il est plutôt proche de la Rhétorique à Herennius[19].

Pseudo-Longin[modifier | modifier le code]

Un traité Sur le Sublime fut attribué à Longin mais dérive d'une erreur de copiste

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Budé, p. 5.
  2. a b et c Budé, p. 6.
  3. Budé, p. 8-10.
  4. Porphyre, Vie de Plotin, § 14 et 19-21.
  5. Budé, p. 10-13.
  6. Budé, p. 14.
  7. Budé, p. 1.
  8. Budé, p. 15.
  9. Budé, p. 2.
  10. Budé, p. 3-4.
  11. Budé, p. 122-124.
  12. Budé, p. 16.
  13. Budé, p. 20.
  14. Budé, p. 23-24.
  15. Budé, p. 58-64.
  16. Budé, p. 112-114.
  17. Budé, p. 116.
  18. Budé, p. 51.
  19. Budé, p. 125.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Prosopographia Imperii Romani (PIR² C n°500)
  • Luc Brisson et M. Patillon, Longinus Platonicus Philosophus et Philologus, in Aufstieg und Niedergang der römischen Welt, II/36/7, Ber(lin et New York, Walter de Gruyter, 1994, p. 5214-5299.
  • Longin, Fragments. Art rhétorique, Les Belles Lettres, coll. « Budé », (ISBN 2-251-00495-5).
  • Pseudo-Longin, Traité du Sublime, avec le grec, trad. Henri Lebègue, Les Belles Lettres, 1965 ; en poche, mais sans le grec, éd. Francis Goyet au Livre de Poche, « Bibliothèque classique » (trad. Boileau, avec quelques extraits des Réflexions critiques de Boileau sur le style sublime), ou Jackie Pigeaud (notes et trad.), en Rivages Poche, « Petite Bibliothèque ».

Liens externes[modifier | modifier le code]