Liste des personnes inhumées au Panthéon de Paris

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Article principal : Panthéon (Paris).

Cet article présente la liste des personnes inhumées au Panthéon, à Paris.

Sommaire

Listes[modifier | modifier le code]

Personnalités inhumées[modifier | modifier le code]

Personnalité Inhum. Lieu Qualité Illus.
Jean-Baptiste Baudin
(1811 - 1851)
1889 Caveau XXIII Homme politique[n 1] Defaut.svg
François Barthélemy Beguinot
(1747 - 1808)
1808 Caveau V Militaire[n 2] Defaut.svg
Marcellin Berthelot
(1827 - 1907)
1907 Caveau XXV Scientifique[n 3] Defaut.svg
Sophie Berthelot
(1837 - 1907)
1907 Caveau XXV Scientifique[n 4] Defaut.svg
Jean-Baptiste-Pierre Bevière
(1723 - 1807)
1807 Caveau V Homme politique Defaut.svg
Louis Antoine de Bougainville
(1729 - 1811)
1811 Caveau III Navigateur Tomb of Bougainville at the Pantheon.jpg
Louis Braille
(1809 - 1852)
1952 Caveau XXV Scientifique[n 5] Braille's tomb in the Pantheon.jpg
Pierre Brossolette
(1903 - 1944)
2015 Caveau IX Résistant
Pierre Jean Georges Cabanis
(1757 - 1808)
1808 Caveau V Médecin, poète et philosophe. Defaut.svg
Giovanni Battista Caprara
(1733 - 1810)
1810 Caveau III Religieux[n 6] Defaut.svg
Lazare Nicolas Marguerite Carnot
(1753 - 1823)
1889 Caveau XXIII Scientifique[n 7] Defaut.svg
Sadi Carnot
(1837 - 1894)
1894 Caveau XXIII Homme politique[n 8] Defaut.svg
René Cassin
(1887 - 1976)
1987 Caveau VI Résistant[n 9] Defaut.svg
Gabriel Louis de Caulaincourt
(1741 - 1808)
1812 Caveau V Militaire Defaut.svg
Antoine-César de Choiseul-Praslin
(1756 - 1808)
1808 Caveau V Général, sénateur. Defaut.svg
Charles Pierre Claret de Fleurieu
(1738 - 1810)
1810 Caveau III Homme politique

[n 10]

Defaut.svg
Nicolas de Caritat Marquis de Condorcet
(1743 - 1794)
1989 Caveau VII Homme politique[n 11] Defaut.svg
Hyacinthe-Hughes Timoléon de Cossé-Brissac
(1746 - 1813)
1813 Caveau II Militaire[n 12] Defaut.svg
Emmanuel Crétet
(1747 - 1809)
1809 Caveau III Homme politique Defaut.svg
Marie Curie
(1867 - 1934)
1995 Caveau VIII Scientifique[n 13] Marie Curie, Panthéon de Paris 2012-10-11.jpg
Pierre Curie
(1859 - 1906)
1995 Caveau VIII Scientifique[n 14] Mogila-Pyera-Kyuri.jpg
Jean-Nicolas Démeunier
(1751 - 1814)
1814 Caveau II Homme politique Defaut.svg
Jean Marie Pierre Dorsenne
(1773 - 1812)
1812 Caveau II Général Defaut.svg
Alexandre Dumas
(1802 - 1870)
2002 Caveau XXIV Écrivain Tomb of Dumas and Hugo and Zola in Panthéon, 16 April 2010.jpg
Girolamo-Luigi Durazzo
(1739 - 1809)
1809 Caveau V Homme politique[n 15] Defaut.svg
Félix Éboué
(1884 - 1944)
1949 Caveau XXVI Homme politique[n 16] Panthéon Felix Eboué.JPG
Léon Gambetta
(1838 - 1882)
1920 Escalier d'accès Homme politique[n 17] Panthéon Léon Gambetta.JPG
Pierre Garnier de Laboissière
(1755 - 1809)
1809 Caveau III Général de cavalerie, sénateur et comte d'Empire. Defaut.svg
Geneviève de Gaulle-Anthonioz
(1920 - 2002)
2015 Caveau IX Résistante
Henri Grégoire
(1750 - 1831)
1989 Caveau VII Religieux[n 18] Defaut.svg
Victor Hugo
(1802 - 1885)
1885 Caveau XXIV Écrivain[n 19] Tombeau de Victor Hugo au Panthéon, Paris, France.jpg
Alexandre-Antoine Hureau de Sénarmont
(1769 - 1811)
1811 Caveau II Artilleur des armées, baron d'Empire[n 20] Defaut.svg
Jean-Ignace Jacqueminot
(1758 - 1813)
1813 Caveau II Avocat et comte d'Empire Defaut.svg
Jean Jaurès
(1859 - 1914)
1924 Caveau XXVI Homme politique[n 21] Tomb of Jean Jaurès in Panthéon, Paris 11 Jun 2007.jpg
Charles Erskine de Kellie
(1739 - 1811)
1811 Caveau III Religieux Defaut.svg
Joseph-Louis Lagrange
(1736 - 1813)
1813 Caveau II Mathématicien Lagrange's tomb at the Pantheon.jpg
Paul Langevin
(1872 - 1946)
1948 Caveau XXV Physicien[n 22] Defaut.svg
Jean Lannes
(1769 - 1809)
1810 Caveau XXII Militaire[n 23] Tombeau de Lannes.jpg
Claude-Juste-Alexandre Legrand
(1762 - 1815)
1815 Caveau II Général Defaut.svg
Jean-Pierre Firmin Malher
(1761 - 1808)
1808 Caveau V Militaire[n 24] Defaut.svg
André Malraux
(1901 - 1976)
1996 Caveau VI Écrivain[n 25] André Malraux au Pantheon.jpg
François Séverin Marceau
(1769 - 1796)
1889 Caveau XXIII Militaire[n 26] Defaut.svg
Gaspard Monge
(1746 - 1818)
1989 Caveau VII Mathématicien[n 27] Defaut.svg
Jean Monnet
(1888 - 1979)
1988 Caveau VI Économiste[n 28] Defaut.svg
Justin Bonaventure Morard de Galles
(1761 - 1809)
1809 Caveau III Militaire[n 29] Defaut.svg
Jean Moulin
(1899 - 1943)
1964 Caveau VI Résistant[n 30] Jean Moulin Panthéon.jpg
Michel Ordener
(1755 - 1811)
1811 Caveau II Général Defaut.svg
Paul Painlevé
(1863 - 1933)
1933 Caveau XXV Mathématicien et homme politique Defaut.svg
Jean-Baptiste Papin
(1756 - 1809)
1809 Caveau V Homme politique et juriste Defaut.svg
Jean-Frédéric Perregaux
(1744 - 1808)
1808 Caveau IV Financier[n 31] Defaut.svg
Jean Perrin
(1870 - 1942)
1948 Caveau XXV Physicien[n 32] Interior of Panthéon 9, Paris 29 September 2012.jpg
Claude-Louis Petiet
(1749 - 1806)
1806 Caveau V Grand organisateur de troupe Defaut.svg
Jean-Étienne-Marie Portalis
(1746 - 1807)
1807 Caveau V Homme politique[n 33] Defaut.svg
Claude Ambroise Régnier
(1746 - 1814)
1814 Caveau II Juge Defaut.svg
Louis-Pierre-Pantaléon Resnier
(1759 - 1807)
1807 Caveau V Homme politique[n 34] Defaut.svg
Jean-Louis-Ébénézer Reynier
(1771 - 1814)
1814 Caveau IV Militaire[n 35] Defaut.svg
Jean Rousseau
(1738 - 1813)
1813 Caveau II Homme politique Defaut.svg
Jean-Jacques Rousseau
(1712 - 1778)
1794 Entrée Écrivain et Philosophe Panthéon Jean-Jacques Rousseau.JPG
Louis Charles Vincent Le Blond de Saint-Hilaire
(1766 - 1809)
1810 Caveau III Militaire[n 36] Defaut.svg
Victor Schœlcher
(1804 - 1893)
1949 Caveau XXVI Homme politique[n 37] Panthéon Victor Schoelcher.JPG
Jean-Pierre Sers
(1746 - 1809)
1809 Caveau III Homme politique Defaut.svg
Nicolas Marie Songis des Courbons
(1761 - 1811)
1811 Caveau III Général Defaut.svg
Jacques-Germain Soufflot
(1713 - 1780)
1829 Entrée Premier architecte du Panthéon. Panthéon Jacques-Germain Souflot.JPG
Antoine-Jean-Marie Thévenard
(1733 - 1815)
1815 Caveau II Militaire[n 38] Defaut.svg
Germaine Tillion
(1907 - 2008)
2015 Caveau IX Résistante
Théophile-Malo de La Tour d'Auvergne-Corret
(1743 - 1800)
1889 Caveau XXIII Soldat[n 39] Defaut.svg
Jean-Baptiste Treilhard
(1742 - 1810)
1810 Caveau III Avocat[n 40] Defaut.svg
François Denis Tronchet
(1749 - 1806)
1806 Caveau V Homme politique et juriste[n 41] Defaut.svg
Joseph-Marie Vien
(1716 - 1809)
1809 Caveau III Peintre[n 42] Defaut.svg
Ippolito-Antonio Vincenti-Mareri
(1738 - 1811)
1811 Caveau III Évêque Defaut.svg
Justin de Viry
(1737 - 1813)
1813 Caveau II Homme politique[n 43] Defaut.svg
Voltaire
(1694 - 1778)
1791 Entrée Écrivain et Philosophe Panthéon Voltaire2.JPG
Frédéric Henri Walther
(1761 - 1813)
1813 Caveau IV Général[n 44] Defaut.svg
Jean-Guillaume de Winter
(1761 - 1812)
1812 Caveau IV Amiral batave, comte d'Empire[n 45] Defaut.svg
Jean Zay
(1904 - 1944)
2015 Caveau IX Homme politique
Émile Zola
(1840 - 1902)
1908 Caveau XXIV Écrivain[n 46] Panthéon Émile Zola.JPG
« Aux grands Hommes, la Patrie reconnaissante » (frise sur le Panthéon de Paris, France)

Personnalités ayant quitté le Panthéon[modifier | modifier le code]

Quelques personnalités, inhumées au Panthéon en ont été par la suite exclues à cause d'une indignité révélée après leur mort ou des aléas de l'Histoire.

Personnalités pas encore transférées[modifier | modifier le code]

Pour Descartes, Bara ou Viala, si la décision a été prise, le transfert n'a pas été exécuté. D'autre part, le corps du général Beaurepaire n'ayant pas été retrouvé, la cérémonie n'a pas eu lieu.

Cérémonies à l'occasion de transferts de cendres[modifier | modifier le code]

Révolution française[modifier | modifier le code]

Mirabeau, lundi 4 avril 1791[modifier | modifier le code]

Mirabeau meurt à Paris, le 2 avril 1791. La nuit à la lueur des flambeaux, son corps est porté au Panthéon, à travers le vieux Paris, aux sons formidables et inconnus d'instruments de musique imaginés par François-Joseph Gossec. L'édifice n'étant pas encore adapté à sa nouvelle destination, le cercueil est en fait déposé dans un caveau de l'ancienne église abbatiale. Sa dépouille fut déposée à l'église Sainte-Geneviève, transformée en Panthéon par Quatremère de Quincy[3].

À cette occasion, Louis Blanc écrira un texte sur la cérémonie[note 2].

En novembre 1792, la découverte de l'armoire de fer aux Tuileries livra la preuve des subsides qu'il avait touchés de la Cour… Le 12 septembre 1794 (26 fructidor an II), son cercueil était sorti du Panthéon par une porte latérale, tandis que celui de Marat franchissait la porte d'honneur. Dans son discours, David souligna cette simultanéité : « Que le vice, que l'imposture fuient du Panthéon. Le peuple y appelle celui qui ne se trompa jamais ». La dépouille de Mirabeau fut inhumée au cimetière de Clamart[note 1] de manière anonyme. Malgré des recherches menées en 1889, ses restes n'ont jamais été retrouvés[7].

Voltaire, lundi 11 juillet 1791[modifier | modifier le code]

La décision des révolutionnaires français de transférer les restes de Voltaire au Panthéon marque pour eux l'affirmation d'une filiation avec le siècle des Lumières. Il s'agit sans doute d'une suggestion des Girondins, qui se réclamaient volontiers des idées du philosophe. C'est l'une des premières cérémonies révolutionnaires. C'est aussi l'affirmation du Panthéon comme temple laïque. À sa mort en 1778, Voltaire, franc-maçon et anticlérical, avait été enterré presque clandestinement, l'Église catholique lui ayant refusé des obsèques religieuses. D'ailleurs, en toute logique, le clergé ne participe pas à la cérémonie de panthéonisation.

Ainsi, treize ans après sa mort (30 mai 1778), la dépouille de Voltaire est transférée au Panthéon. La nuit précédant le convoi funèbre, le cercueil est exposé dans les ruines de la Bastille, prison où avaient été détenus Voltaire et d'autres ennemis de l'Ancien Régime, devenue depuis symbole de la Révolution. La cérémonie est mise en scène par l'architecte Cellerier, adepte d'un style gréco-romain.

Le convoi funèbre est conduit par un détachement de cavaliers, suivi par les délégations des écoles, des clubs, des confréries et des groupes d'acteurs de théâtre. Puis viennent des ouvriers ayant pris part à la démolition de la Bastille, portant des boulets et des chaînes trouvés dans la prison. Quatre hommes en costume de théâtre classique soutiennent une statue dorée de Voltaire. Des acteurs brandissent des bannières avec les titres de ses principaux ouvrages. Ensuite vient un coffre doré, contenant une édition complète de ses œuvres, récemment publiée, en 92 volumes. Dans le défilé, on « voyoit ceux qui ont arrêté la voiture du Roi [à Varennes] et menacé de tirer dessus, ornés d'une couronne de chêne et marchant en triomphe au milieu des Fanfares et des Gardes nationales[8]. » Une foule immense accompagne le cortège.

Un orchestre complet précède le sarcophage tiré par douze chevaux blancs. Les parois sont décorées de masques de théâtre, avec cette sentence : « Il combattit les athées et les fanatiques. Il inspira la tolérance, il réclama les droits de l'homme contre la servitude de la féodalité. Poète, historien, philosophe, il agrandit l'esprit humain, et lui apprit à être libre. »

Les membres de l'Assemblée nationale, les magistrats et le Conseil municipal de Paris suivent le cercueil. Le convoi s'arrête à l'Opéra (situé à l'époque dans la salle de la porte Saint-Martin), à l'Ancienne et à la Nouvelle Comédie, et vers minuit atteint le Panthéon.

Le musicien François-Joseph Gossec compose pour la cérémonie un hymne pour chant et cuivres (ou pour trois voix, chœur d'homme et orchestre d'harmonie) sur un poème de Marie-Joseph Chénier.

La cérémonie a coûté 36 868 livres dont 602 pour le banquet offert aux gardes nationaux ayant formé le cortège.

Louis XVIII, à qui on propose de retirer Voltaire du Panthéon, rendu au culte catholique sous son règne, répond : « Laissez-le, il est bien assez puni d'avoir à entendre la messe tous les jours. »[9]

Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, jeudi 24 janvier 1793[modifier | modifier le code]

À peine Louis XVI vient-il d'expirer, Barrère demande : « Que le corps de Lepeletier soit déposé au Panthéon, que la Convention entière assiste à ses funérailles, et que tous les représentants s'y jurent une union fraternelle.
– Je demande aussi les honneurs du Panthéon pour Lepelletier, lit Robespierre, car ces honneurs seront pour la République plus que pour un individu[10]. »

Marie-Joseph Chénier organise un spectacle à l'antique pour celui qui vient d'être assassiné par un valet du roi Louis XVI. C'est avec lui que débute le culte des héros révolutionnaires tombés pour l'exemple. Sur la bannière du cortège, en lettres d'or on peut lire les dernières paroles attribuées à Lepeletier « Je meurs content de verser mon sang pour la patrie, j'espère qu'il servira à consolider la liberté et l'égalité et à faire reconnaître les ennemis du peuple ».

Alphonse de Lamartine écrira à cette occasion un texte[note 3].

En 1795, il est retiré du Panthéon et son corps est récupéré par sa famille.

Jean-Paul Marat, dimanche 21 septembre 1794[modifier | modifier le code]

Son corps d'abord inhumé au couvent des Cordeliers est ensuite transféré au Panthéon. Le peintre Jacques-Louis David est chargé d'organiser de grandioses funérailles.

Tandis que le corps de Marat franchissait la porte d'honneur, celui de Mirabeau était sorti par une porte latérale. Dans son discours, David souligne cette simultanéité : « Que le vice, que l'imposture fuient du Panthéon. Le peuple y appelle celui qui ne se trompa jamais ».
L'éloge suivant est prononcé : « Comme Jésus, Marat aima ardemment le peuple et n’aima que lui. Comme Jésus, Marat détesta les rois, les nobles, les prêtres, les riches, les fripons et comme Jésus, il ne cessa de combattre ces pestes de la société ».
En 1795, il est considéré comme traître. Le 8 février, son cercueil est retiré du Panthéon, tous les bustes le représentant sont brisés[réf. souhaitée]. Ses restes sont inhumés dans le cimetière (disparu aujourd'hui) de Sainte-Geneviève, près l'église Saint-Étienne-du-Mont (tout proche du Panthéon), le 26[12].

Jean-Jacques Rousseau, samedi 11 octobre 1794[modifier | modifier le code]

La Convention nationale prend un décret le 14 avril 1794 ordonnant la translation des restes de Rousseau au Panthéon. Robespierre, disciple fidèle du Genevois, se charge de présenter à la Convention le décret qui doit asseoir la Révolution sur une base spirituelle et offrir au pays des cérémonies civiques où seront célébrés les dogmes de la morale nouvelle, pour remplacer les fêtes chrétiennes désormais interdites.

Les cérémonies se déroulent les 18, 19 et 20 vendémiaire an 3 (9, 10 et 11 octobre). Un grand cortège gagne les Tuileries où une île factice a été reproduite dans un grand bassin. Une veillée s'organise toute la nuit autour de l'urne funéraire.

« Ce fut au milieu de cette ivresse publique que le cortège (qui amène le corps depuis l'Île aux peupliers d'Ermenonville) arriva auprès du grand bassin des Tuileries. Un nouveau spectacle y était préparé : au centre de ce bassin était figurée une île bordée de peupliers, et dans le milieu, un monument décoré de quatre colonnes, destiné à recevoir le cercueil. On l'y plaça, en le faisant passer par un pont de bois préparé pour cet usage. Des candélabres allumés environnaient le monument, et le bassin même était entouré d'un cordon de lumières, qui se réfléchissait dans l'eau. »

— La Feuille villageoise

On trouve notamment un extrait d'un catalogue d'exposition évoquant la cérémonie[note 4].

Voir aussi la peinture d'Hubert Robert : Cénotaphe de J-J. Rousseau élevé au Jardin des Tuileries, en attendant la translation de ses cendres au Panthéon - nuit du 10 au 11 octobre 1794 - Musée Carnavalet.

Le lendemain un grand cortège conduit les reliques de Rousseau au Panthéon sur des airs du Devin du village[13].

Premier Empire[modifier | modifier le code]

Claude-Louis Petiet, mardi 27 mai 1806[modifier | modifier le code]

Décédé le 25 mai 1806 en son hôtel, dans l'actuel 8 rue Monsieur à Paris 7e, alors 6 rue de Fréjus. Napoléon lui fait faire des obsèques grandioses le 27 mai, auxquelles assistent le Sénat en corps et les principaux dignitaires de l'Empire. Après la cérémonie qui a lieu dans l'église des Missions étrangères rue du Bac, le corps est transporté au Panthéon de Paris. Son éloge funèbre est prononcé par le mathématicien Monge, président du Sénat qui retrace longuement sa carrière. L'ordonnancement de la cérémonie est réglé par Joseph-François Baudelaire chef des bureaux du sénateur Dominique Clément de Ris préteur du Sénat. J.F. Baudelaire est le père de l'écrivain Charles Baudelaire.

Jean-Frédéric Perregaux, lundi 22 février 1818[modifier | modifier le code]

Décédé à 64 ans le 17 février 1808 dans son château de Viry-Châtillon, Napoléon, reconnaissant de lui avoir financé le coup d'état du 18 brumaire, fera inhumer ce banquier suisse au Panthéon.

Pierre Jean Georges Cabanis, samedi 14 mai 1808[modifier | modifier le code]

Huit jours après sa mort, son corps est transféré au Panthéon où son éloge est prononcé par Garat entouré des députations de l'Institut, du Sénat et de l'École de médecine.

Jean Lannes, vendredi 6 juillet 1810[modifier | modifier le code]

Tombeau de Jean Lannes, maréchal d'Empire

Le 31 mai 1809, Lannes, maréchal d'Empire, meurt à la bataille d'Essling des suites de ses blessures. En 1810, son corps est transporté des Invalides au Panthéon de Paris. Il fut inhumé au Panthéon en 1810 lors d'une cérémonie grandiose à l'occasion du premier anniversaire de sa mort, mais son cœur fut déposé dans la chapelle familiale du cimetière de Montmartre. Constant, premier valet de l'Empereur, dans ses mémoires, raconte cette imposante cérémonie. Il évoque dans ce texte la destination des différentes parties du bâtiment, à la fois église et panthéon[note 5].

Louis Antoine de Bougainville, mardi 3 septembre 1811[modifier | modifier le code]

Décédé le 20 août 1811 à Paris il est inhumé avec tous les honneurs au Panthéon.

Troisième République[modifier | modifier le code]

Victor Hugo, lundi 1er juin 1885[modifier | modifier le code]

Le transfert est acté par un décret du 26 mai 1885 ordonnant que le corps de Victor Hugo sera déposé au Panthéon[15].

Le Panthéon est au centre de ces funérailles que la jeune République organise comme un événement fondateur de la symbolique républicaine. En effet, quand Victor Hugo meurt le 22 mai 1885, un comité est chargé d'organiser les obsèques que le gouvernement décide nationales. Ce comité comprend d’illustres noms, comme Renan, Charles Garnier, Auguste Vacquerie, ami proche du défunt, et Michelin, président du conseil municipal de Paris, alors dominé par la gauche radicale. Il propose d’inhumer Hugo non pas au Père-Lachaise, mais au Panthéon. Depuis 1876, les républicains rêvaient d'en rétablir sa destination laïque. Mais le projet voté par la chambre, en 1881, avait été repoussé par le Sénat. Seule la célébrité de l’auteur des Misérables l’impose brutalement. Jules Grévy, président de la République, décide alors de rendre au Panthéon son statut de temple républicain.

Le jeudi 28 mai 1885, l’église est fermée aux fidèles. Le lendemain, au petit matin, on enlève les symboles religieux du fronton. Malgré les protestations des catholiques, la transformation est cette fois irréversible. Cette décision est prise par un décret en date du 26 mai 1885[16].

Enterrement de Victor Hugo

Quand, deux ans avant sa mort, Hugo ajoute un codicille à son testament : « Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les églises, je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu », il ne peut sans doute pas imaginer à quel point cette déclaration déiste va s'harmoniser avec la philosophie laïque et républicaine du gouvernement. Un corbillard des pauvres, certes, mais exposé sous l’Arc de triomphe, voilé de noir, trônant au sommet d’un gigantesque catafalque construit par Charles Garnier, l’architecte de l’opéra de Paris.

À cette occasion quinze discours sont prononcés[17],[18]. Cela a inspiré des vers à Georges Fourest :

Ce gâteau de Savoie ayant Hugo pour fève,
Le Panthéon classique est un morne tombeau.
Pour moi j'aimerais mieux – que le Diable m’enlève –
Le gésier d'un vautour ou celui d'un corbeau.

Le cercueil de Victor Hugo est dans le caveau XXIV, rejoint par la suite par ceux d'Émile Zola en 1908 et d'Alexandre Dumas en 2002.

Théophile-Malo de La Tour d'Auvergne-Corret, Lazare Nicolas Marguerite Carnot, François Séverin Marceau, Jean-Baptiste Baudin[modifier | modifier le code]

Ces quatre personnalités furent inhumées à l'occasion du centenaire de la Révolution française, le dimanche 4 août 1889.

Sadi Carnot, 1er juillet 1894[modifier | modifier le code]

Il fut assassiné par l'anarchiste Caserio le 24 juin. Il est le seul président de la République inhumé au Panthéon.

Marcellin Berthelot, lundi 25 mars 1907[modifier | modifier le code]

Ce savant meurt le 18 mars 1907. Les parlementaires votent des funérailles nationales pour Marcelin Berthelot le 20 mars, ils adoptent le 24 mars une loi stipulant que « les restes de Marcelin Berthelot et ceux de madame Marcelin Berthelot seront déposés au Panthéon ». Ils répondent ainsi au vœu de Mme Berthelot qui avait manifesté le souhait de ne pas être séparée de son mari. Les cercueils seront conduits le 25 mars au Panthéon en présence Georges Clemenceau, président du conseil. L'éloge est prononcé par Aristide Briand, ministre de l'Instruction publique. Dans son discours, il rend hommage à Sophie Berthelot :

« Mme Berthelot avait toutes les qualités rares qui permettent à une femme belle, gracieuse, douce, aimable et cultivée d'être associée aux préoccupations, aux rêves et aux travaux d'un homme de génie. Elle vécut avec Berthelot dans une communauté de sentiments et de pensées qui les groupa en un couple parfait où n'auraient tressailli qu'un même cœur et brillé qu'un seul esprit [...] »

C'est un grand serviteur de la République que l'on honore, ainsi que, dans le contexte politique de l'époque, sa participation active à la laïcisation de l'État. Pourtant Georges Clemenceau, aux célèbres bons mots caustiques, propose comme épitaphe pour ce chimiste, inspecteur général de l'instruction publique, sénateur, ministre de l'Instruction publique puis des Affaires étrangères, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, élu à l'Académie française en 1900, grand-croix de la Légion d'honneur : « Ci-gît Marcellin Berthelot. C'est la seule place qu'il n'ait jamais sollicitée. »

Émile Zola, jeudi 4 juin 1908 : La Revanche des dreyfusards[modifier | modifier le code]

La décision de panthéoniser Émile Zola se situe dans un climat politique troublé, dans une France traumatisée et divisée par l'affaire Dreyfus. Commencée par le procès et la condamnation de cet officier en 1894, elle ne prend fin, sur le plan juridique, qu'en 1906 avec sa réhabilitation au sein de l'armée française. Entre temps, il y a eu l'implication de Zola avec notamment son célèbre article : « J'accuse…! », dans le journal L'Aurore, sa condamnation, puis sa mort suspecte en 1902.

De plus, cette période est certainement une des plus tendues entre l'État français et les représentants de l'Église catholique. Dans leurs journaux, ces derniers se sont situés ouvertement dans le camp anti-dreyfusard. Les gouvernements qui se succèdent en ce début de siècle manifestent une volonté délibérée de laïcisation de la France : la promulgation de la loi de 1901 sur les associations (qui forçait les congrégations religieuses à demander une autorisation pour pouvoir se former), celle du 7 juillet 1904, interdisant purement et simplement l’enseignement à tous les congréganistes, enfin celle du 11 décembre 1905, avec le vote et la promulgation de la loi concernant la séparation définitive des Églises et de l’État en sont le résultat concret. Quelques jours avant la cérémonie, Jean Jaurès, dans le journal La Dépêche du 30 avril 1908, à propos de cette mise en chantier de la séparation de l'Église et de l'État, écrit : « La grande réforme de la Séparation, la plus grande qui ait été tentée dans notre pays depuis la Révolution française. » De plus, la France a rompu ses relations diplomatiques avec le Vatican, en 1904.

Dans ce contexte, faire entrer au Panthéon, nouveau temple laïc, un écrivain naturaliste, mais aussi engagé dans la vie politique aux côtés de Jean Jaurès constitue une affirmation supplémentaire de cette distance qu'entend prendre la France avec la religion catholique. Cette décision donne lieu à de nombreuses critiques et polémiques. L'Action française organise une manifestation pour s'opposer à ce transfert[19].

La décision de transférer les cendres d’Émile Zola au Panthéon a été prise par la Chambre des députés le 13 juillet 1906, au lendemain de l’annulation par la Cour de cassation du jugement condamnant Alfred Dreyfus. Mais la loi, votée en fin d’après-midi, sans aucune discussion, n’a vu son aboutissement que deux ans plus tard, le 4 juin 1908, lorsque la panthéonisation de l’écrivain a enfin été réalisée. Le débat que les députés n’ont pas mené en juillet 1906 s’est étendu, en fait, sur deux années. Le Sénat s’en est emparé une première fois, le 20 novembre 1906, quand il a dû confirmer la décision prise par les députés. Il a alors renvoyé la discussion au 11 décembre 1906 : la droite nationaliste s’est opposée avec vigueur au projet, et il a fallu une intervention décisive de Georges Clemenceau pour que l’accord soit obtenu. Mais tout n’était pas terminé, car s’est posée ensuite la question du vote des crédits nécessaires à l’organisation de la cérémonie. Et c’est ainsi que la Chambre s’est retrouvée, à nouveau, devant le problème de la panthéonisation lors d’une séance mémorable, le 19 mars 1908, au cours de laquelle Maurice Barrès et Jean Jaurès se sont affrontés. Pendant le débat parlementaire Maurice Barrès s'écrit : « Messieurs, on nous demande 35 000 francs pour porter Zola au Panthéon. Je crois que nous n'aurons jamais une meilleure occasion de faire des économies ». Il faudra toute la persuasion de Jean Jaurès pour emporter la décision de l'Assemblée nationale[20].

Le fait le plus marquant pendant la cérémonie au Panthéon est celui de l'attentat contre le chef d'escadron Dreyfus. Le journaliste Louis Grégori tire contre lui deux coups de feu qui le blessent au bras. Il est néanmoins acquitté le 11 septembre de cette même année.

Le cercueil est placé dans le caveau XXIV, où se trouvait déjà celui de Victor Hugo. En 2002 celui d'Alexandre Dumas vient les rejoindre.

Le Panthéon a servi de cadre, le 13 janvier 1998, à l'anniversaire du centenaire de la parution de l'article « J'accuse ». Cette cérémonie, présidée par le ministre de la Justice, Élisabeth Guigou, a donné lieu à deux discours prononcés par le Premier ministre, Lionel Jospin ([lire sur Wikisource]) et par le premier président honoraire de la Cour de cassation, Pierre Drai, sur le thème du rôle de la Cour de cassation dans le dénouement de l’affaire Dreyfus.

Léon Gambetta, jeudi 11 novembre 1920[modifier | modifier le code]

Transfert de l'urne contenant le cœur de Léon Gambetta au Panthéon le 11 novembre 1920

On dépose le 11 novembre 1920, deuxième anniversaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale, le cœur de Gambetta, qui reposait jusque là à la maison des Jardies (maison de Gambetta, sur la colline de Sèvres). Un discours est prononcé, lors de la cérémonie par le président de la République, Alexandre Millerand.
Au-dessus de l'urne, on peut lire l'inscription :

Ici repose
Le cœur de Léon Gambetta
Solennellement transférée au Panthéon
Le 11 novembre 1920
Suivant la volonté nationale
Loi du 1er septembre 1920

Le même jour, on transporte à l'arc de triomphe les restes du Soldat inconnu.

Jean Jaurès, dimanche 23 novembre 1924[modifier | modifier le code]

La décision du transfert de la dépouille de Jean Jaurès au Panthéon est l'occasion pour le gouvernement du Cartel des gauches qui vient d'être élu de se donner un ancrage symbolique tout en rendant hommage à celui qui a tenté d'empêcher la guerre. Herriot, Painlevé, Blum et Thomas, membres de ce gouvernement, avaient entamé leur carrière politique durant l'affaire Dreyfus, et ces dreyfusards avaient été fortement influencés par Jaurès. C'était donc, par ce geste, célébrer leur victoire dans un contexte politique qui tournait en leur faveur. Édouard Herriot suggère le premier cette cérémonie. Le projet de loi, présenté le 9 juillet, est adopté par le Sénat et la Chambre des Députés le 31 juillet 1924, jour du dixième anniversaire de l'assassinat de Jaurès, malgré l'opposition d'une partie de la droite, de l'Action française et des communistes. Le député communiste Jean Renaud s'élève contre ce qu'il nomme « une confiscation de son corps par le Cartel aux dépens des travailleurs ».

La cérémonie, initialement fixée au 4 ou au 22 septembre, dates anniversaires respectivement des IIIe et Ier Républiques, puis au 11 novembre, est finalement décidée pour le dimanche 23 novembre 1924, sans symbolique particulière dans le calendrier. Un débat s'installe ensuite sur le style de la cérémonie : Léon Blum voulait une cérémonie majestueuse, un certain nombre de socialistes enthousiastes penchaient pour une emphase particulière et un côté théâtral. Le cérémonial est finalement confié à Firmin Gémier, homme de théâtre, qui s'en remet pour l'exécution à Gustave Charpentier et Saint-Georges de Bouhélier, musiciens.

La veille de la cérémonie, le cercueil arrive d'Albi en train à la gare d'Orsay, accompagné des mineurs de Carmaux dont Jaurès a été l'élu. Il est acheminé jusqu'au Palais Bourbon, dans la salle Casimir Perier, rebaptisée salle Mirabeau pour la circonstance. En plus de la famille et des proches, la veillée mortuaire réunit les officiels : Édouard Herriot et ses ministres, les députés et sénateurs du Cartel, les délégations de la CGT et de la Ligue des droits de l'homme.

Pourtant ce n'était certainement pas le souhait de Jaurès ; visitant le Panthéon avec Aristide Briand il déclarait : « Il est certain que je ne serai jamais porté ici. Mais si j’avais le sentiment qu’au lieu de me donner pour sépulture un de nos petits cimetières ensoleillés et fleuris de campagne, on dût porter ici mes cendres, je vous avoue que le reste de ma vie en serait empoisonné. »

Gatulle, fonctionnaire parlementaire, a laissé sur un certain nombre d'événements de la IIIe République dont il a été témoin, des notes sans apprêt, riches de précisions. On cite ici ce qu'il a écrit de la levée du corps le 23 novembre : « À midi 45, on a fait avancer le pavois destiné à recevoir le corps. Le pavois de 26 m de long, sur 5 m de haut, enveloppé de drap d'argent prolongé par une grande traîne tricolore, et surmonté d'un catafalque noir, sans ornement, a été porté à bras jusqu'au Panthéon par 70 mineurs de Carmaux en costume de travail. La levée du corps a eu lieu à 13h 10[21]. »

Le sarcophage était l’œuvre de l'architecte Alexandre Marcel.

Le cortège officiel, précédé des bannières rouges des sections socialistes, est ouvert par des délégations d'organisations partisanes mêlées aux corps constitués. Les mineurs de Carmaux suivent ensuite. Le cercueil de Jaurès, juché au faîte d'un spectaculaire corbillard est acheminé vers le Panthéon par les boulevards Saint-Germain et Saint-Michel. Les journaux parlent d'une foule de 80 à 100 000 personnes. On pense que plus de 500 000 personnes vinrent assister au défilé. Il manquait à cette foule les communistes. C'est qu'ils ont voulu rendre hommage à Jaurès en organisant une délégation distincte. À la suite du premier cortège, ils suivent le même itinéraire chantant L'Internationale ; portant des drapeaux rouges et des pancartes sur lesquelles on peut lire : « Guerre à la guerre par la révolution prolétarienne », « Instituons la dictature du prolétariat » ou « Aux ligues fascistes, opposons les centuries prolétariennes », ils scandent des slogans tels que « Vive les soviets ! » ou « Vive la dictature du prolétariat ! », et « À bas le parlement bourgeois ! ». La préfecture de police dénombre 12 000 manifestants, L'Humanité 120 000.

En présence du Président de la République, Gaston Doumergue, un discours est prononcé par le Président du Conseil Herriot [note 6] dans la nef du Panthéon en présence de 2 000 personnes. On note pour la première fois la présence de deux microphones pour amplifier la voix des orateurs et pour permettre une retransmission par radio. Ce discours est suivi de la lecture d'un poème de Victor Hugo lu par Mlle Roche, sociétaire de la Comédie française. Enfin, un oratorio est chanté par un chœur de 600 exécutants.

La cérémonie au Panthéon se clôture par une solennelle Marseillaise pendant que la manifestation communiste, massée sur l'esplanade autour de la statue de Jaurès, entonne l'Internationale[21].

Dans le journal l'Humanité du lendemain, évoquant les journées héroïques de mai 1871, Paul Vaillant-Couturier écrit :

« En défilant devant le Panthéon, saluez, avec le souvenir de Jaurès, l'un des plus sanglants combats de la Commune. La bourgeoisie de Versailles est toujours au pouvoir. Vous ne l'en chasserez que les armes à la main. »

Afin de bien souligner qu'il n'y avait pas consensus national sur cet événement, l'Action française organise le même jour un hommage à l'un des leurs, assassiné par une militante anarchiste qui s'était justifiée de son acte en disant qu'elle avait voulu venger Jaurès. Accompagnée de représentants du clergé, une foule de dirigeants et de militants se presse au cimetière de Vaugirard pour entendre Léon Daudet[note 7].

Paul Painlevé, samedi 4 novembre 1933[modifier | modifier le code]

Mathématicien et homme politique français, il décède le 29 octobre 1933. D'abord inhumé à Montparnasse, dans la 9e division. Puis le Parlement décide de lui faire des Funérailles nationales et de transférer ses cendres au Panthéon le 4 novembre 1933. Il avait exprimé de son vivant le désir d’y être inhumé…

L'hommage commence par un défilé de milliers de personnes au Conservatoire des Arts et Métiers, dans la chambre dite de l'Écho, située, en manière de crypte, en contrebas du perron où avait été dressé le catafalque. Un simple drapeau tricolore partant de l'entablement du fronton circulaire, décorait la façade. Ensuite le cortège funèbre traverse Paris pour se rendre au Panthéon. Là aucun décor extérieur ne décore la façade, mais par contre sous le dôme, le catafalque est entouré d'une garde d'honneur et de personnalités tenant les cordons du poêle. Parmi les personnalités sont présents le Président de la République, Albert Lebrun et Albert Sarraut, président du Conseil qui fait l'éloge du disparu. On rapporte que les chants funèbres ont une "gravité religieuse". Le cercueil est ensuite descendu dans la crypte[22].

Quatrième République[modifier | modifier le code]

Paul Langevin et Jean Perrin, mercredi 17 novembre 1948[modifier | modifier le code]

Pour Paul Langevin et Jean Perrin, la décision est prise par la loi 48-1502 du 28 septembre 1948[23].

La cérémonie a lieu le même jour pour ces deux scientifiques.

Pour le retour du corps de Jean Perrin de New York, deux discours avaient été prononcés les 17 et 18 juin 1948, respectivement à Brest par Jean Cabannes et à la Sorbonne par Émile Borel, l'un et l'autre membres de l'Académie des sciences[24].

Victor Schœlcher et Félix Éboué, vendredi 20 mai 1949[modifier | modifier le code]

Pour Félix Éboué, la décision est prise par la loi 48-1501 du 28 septembre 1948[23]. Pour Victor Schoelcher, la décision du transfert est prise par la loi 49-681 du 19 mai 1949[25].

Gaston Monnerville, président du Conseil de la République est à l'origine du transfert des cendres de Victor Schœlcher et de Félix Éboué au Panthéon. La dépouille mortelle de Félix Éboué est débarquée le 2 mai 1949 à Marseille qui lui fait un émouvant accueil.

Après une veillée funèbre à l'Arc de Triomphe en présence du président de la République, Vincent Auriol, et des plus hautes personnalités de l'État, le cortège, aux accents de la Marche funèbre de Frédéric Chopin, monte du palais du Luxembourg vers le Panthéon entre une double haie de soldats. Les cendres de Victor Schœlcher et de Félix Éboué prennent alors place dans la crypte auprès de celles de Jean Jaurès[26]. En même temps et pour respecter les dernières volontés de Victor Schœlcher, qui avait émis le souhait de reposer auprès de son père, le corps de Marc Schœlcher est également transféré au Panthéon[27].

Louis Braille, dimanche 22 juin 1952[modifier | modifier le code]

La décision du transfert est prise par une loi du 4 juin 1952[28]

Le transfert a lieu à l'occasion du centenaire de sa mort. Le conseil municipal décide néanmoins de faire prélever ses mains qui sont placées dans une urne sur sa tombe à Coupvray (Seine-et-Marne)[29],[30].

Cinquième République[modifier | modifier le code]

Jean Moulin, samedi 19 décembre 1964[modifier | modifier le code]

À l'initiative du général de Gaulle et du ministre des Affaires culturelles, André Malraux, les cendres de Jean Moulin sont transférées au Panthéon. La décision administrative est prise par décret du ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre[31], sous la présidence de Charles de Gaulle autorisant le transfert au Panthéon des cendres présumées[32] de Jean Moulin[33].

La veille de la cérémonie, le cercueil est amené dans le Mémorial des Martyrs de la Déportation puis il est acheminé devant le Panthéon par une procession aux flambeaux. La cérémonie a lieu en présence de la famille du défunt, en particulier Laure Moulin sa sœur, et de nombreux anciens résistants dont Daniel Cordier, son secrétaire, et des personnalités dont Georges Pompidou, Pierre Messmer, Jean Sainteny. On entendra, lors de la cérémonie, jouer Le chant des Partisans[34].

À cette occasion Malraux prononce, d'une voix de tragédien, un discours resté célèbre[35]:

« … Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège d'ombres. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit… Commémorant l'anniversaire de la Libération de Paris, je disais : « Écoute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi. »

René Cassin, lundi 5 octobre 1987[modifier | modifier le code]

La décision du transfert est prise par décret du Ministère de la Culture et de la Communication[36]

Le transfert des cendres de René Cassin est la première des quatre panthéonisations à avoir eu lieu sous la présidence de François Mitterrand. Celui que l'on honore ce jour-là est un juriste, prix Nobel de la paix en 1968. On lui doit d’avoir fait adopter la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Pendant la cérémonie, François Mitterrand prononce un discours, où il évoque notamment le droit d'ingérence[37],[38],[39].

Jean Monnet, mercredi 9 novembre 1988[modifier | modifier le code]

La décision du transfert est prise par décret du ministère de la Culture, de la Communication, des grands Travaux et du bicentenaire[40]

Pendant la cérémonie, François Mitterrand prononce un discours[41],[42].

L'abbé Grégoire, Gaspard Monge et Condorcet, mardi 12 décembre 1989[modifier | modifier le code]

La décision du transfert est prise par décret du Premier ministre du 16 octobre 1989[43]

La cérémonie de transfert de cendres de ces trois personnalités a lieu à l'occasion des fêtes du bicentenaire de la Révolution française, en présence de François Mitterrand, président de la République française[44].

À l'origine, le discours devait être prononcé par François Mitterrand ; il l'a été par Jack Lang. Extraits du discours : « Révolutionnaires en votre temps vous l'étiez. Révolutionnaires en notre temps vous le demeurez… Alors Salut et Fraternité. Bienvenue chez vous dans le temple de la République, dans le Parlement fantôme des hommes libres, égaux et fraternels. »

Lors du transfert des cendres de l'abbé Grégoire, Jacques Gaillot, évêque, était le seul représentant de l'Église catholique française. Il faut dire que les relations de l'abbé Grégoire avec la hiérarchie catholique ont toujours été difficiles en raison de son implication dans la vie civile. Le jour de sa mort, l'archevêque de Paris – monseigneur de Quelen – s'opposa à ce qu'il reçût les derniers sacrements ; il exigeait de Grégoire sa renonciation au serment de la Constitution civile du clergé. Le vieil évêque refusa tout net. L'abbé Guillon, malgré les ordres de sa hiérarchie, accepta d'accéder sans condition aux désirs du mourant. L'autorité romaine ferma l'église à sa dépouille, mais rassemblées autour de La Fayette, deux mille personnes accompagnèrent le corps de l'évêque gallican au cimetière Montparnasse.

Marie et Pierre Curie, jeudi 20 avril 1995[modifier | modifier le code]

La décision du transfert est prise par décret présidentiel du 8 mars 1995[45]

La mise en scène de cette cérémonie voulue par François Mitterrand, au-delà d'un enterrement, devient un rituel d'incarnation de la nation[46],[47],[48].

Extraits de l'article du journal L'Humanité[49], :

« Il est dix-huit heures. Les portes du Panthéon, aux colonnes habillées d’un immense drap tricolore, s’ouvrent sur les cercueils de Pierre et Marie Curie. Instants émouvants et solennels. Dans le silence, les chœurs de l’armée entonnent les premières mesures de La liberté se lève, final du Temple universel de Hector Berlioz. À petits pas, les gardes républicains déposent les deux bières au centre de l’imposante entrée. Pour la première fois dans l’histoire, une femme est admise, pour ses propres mérites et aux côtés de son mari, dans le sanctuaire des grands hommes.

Une minute de silence. Puis François Mitterrand, accompagné de Lech Wałęsa, d’Édouard Balladur, d’Ève Curie, fille des deux chercheurs, ainsi que de leurs descendants, s’attardent autour de la vitrine où sont exposés les prix Nobel et les carnets de notes du couple.

La cérémonie s’achève. Elle aura duré un peu plus d’une heure. Exhumés du petit cimetière de Sceaux, les deux cercueils remontent d’abord lentement la rue Soufflot, portés par des étudiants de Paris-VI, futurs chercheurs scientifiques. Au rythme lent de la Suite en ré majeur no 3 de Bach, ils atteignent l’esplanade du Panthéon. De part et d’autre, deux cents élèves du lycée Marie-Curie de Sceaux et du lycée des sciences et techniques de Versailles tiennent dans leurs bras les symboles des atomes : une référence à l’universel langage de la science.

Le ciel est gris et la foule peu nombreuse. Pour l’essentiel, élèves et étudiants, venus de la France entière. L’hommage de la jeunesse au « couple, exténué, mais heureux, qui a changé la face du monde », comme le rappellera quelques instants plus tard Pierre-Gilles de Gennes dans son allocution. Au nom de la communauté scientifique, le prix Nobel de physique 1993 souligne l’importance des travaux des Curie. Ceux de Pierre et Marie, d’abord, qui ont permis « la douloureuse naissance d’une science neuve : la physique nucléaire ». Ceux de leurs descendants, ensuite, sur la radioactivité artificielle.
À sa suite, Lech Wałęsa souligne les origines polonaises de Marie Curie, née à Varsovie en 1867. Pour clore les discours, François Mitterrand salue longuement, « au nom de la Nation », la mémoire du couple et son « désintéressement », fondement, à ses yeux « de toute éthique scientifique ».

Caroline Casadesus s’avance. Comme ultime point d’orgue à cette émouvante cérémonie, elle interprète L’Adieu de Marie-Jeanne Serrero. Les cendres de Pierre et Marie Curie peuvent enfin reposer au Panthéon… »

Les discours

  • François Mitterrand[50]
  • Pierre-Gilles de Gennes[51] : Prenant la parole avant le chef de l’État, Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique 1993, a rendu aux deux savants l’hommage de la communauté scientifique. Dans une allocution, le physicien a d’abord salué « tout ce travail fait à main nue dans un galetas, ce douloureux travail qui constituait la naissance d’une science neuve que d’autres appelleront la physique nucléaire ». Il a restitué l’importance des travaux de Pierre et Marie Curie dans le siècle. « Les trente années [qui suivent leurs découvertes] verront une explosion de connaissances auxquelles contribueront leur fille Irène et son mari Frédéric Joliot ».
  • Lech Wałęsa

Anecdote

Pascal Monnet, administrateur du Panthéon a déclaré à France TV Info à propos de Marie Curie :

« Son corps est pratiquement intact, voire presque momifié en raison des rayonnements qu’elle a reçus durant ses expériences. Le cercueil est d’ailleurs enveloppé de plusieurs couches de plomb »

André Malraux, samedi 23 novembre 1996[modifier | modifier le code]

Malraux est le cinquième écrivain à entrer au Panthéon[52]. La décision du transfert est prise par décret présidentiel du 7 août 1996[53]. La cérémonie a lieu vingt ans, jour pour jour, après sa mort[54],[55].

Jacques Chirac, nouvellement élu président de la République, prend une place importante dans les hommages rendus à l’homme de lettres et au gaulliste que fut Malraux[note 8].

Trois cérémonies se déroulent successivement : la première aux Invalides, la deuxième à l'Unesco et la dernière au Panthéon[56]. Sur la place du Panthéon : « La cérémonie, mise en scène par le peintre et décorateur Jean-Paul Chambas, commencera vers 19 heures. Elle sera ouverte, rue Soufflot, par le défilé d’une centaine de jeunes munis de lampes tempête, symboles des pistes clandestines d’atterrissage, évoquant le Malraux combattant. Sur fond d’œuvres musicales, notamment de Messiaen, un jeu de lumière et des projections illumineront le fronton du Panthéon… » À l'intérieur : le cercueil est placé au milieu de la nef avec, à ses côtés, une sculpture de Giacometti L’Homme qui marche.

Des discours sont prononcés par Jacques Chirac[57][58] puis Maurice Schumann.

Alexandre Dumas, samedi 30 novembre 2002[modifier | modifier le code]

La décision du transfert des cendres est prise par décret présidentiel du 26 mars 2002[59], avec un commentaire de Jacques Chirac :

« Avec ce geste, la République donnera toute sa place à l'un de ses enfants les plus turbulents et les plus talentueux, dont toute la vie fut au service de notre idéal républicain. »

Venant de Villers-Cotterêts où Dumas était inhumé, le cortège fait une première halte dans son château Le Monte-Cristo où une veillée est effectuée. Ensuite un autre arrêt au Sénat[60] où deux discours sont prononcés, l'un par le président du Sénat, Christian Poncelet[61], l'autre par l'écrivain Claude Ribbe[62].

Enfin, en soirée, accompagné par une escorte de mousquetaires portant le cercueil recouvert d'un drap bleu de France sur lequel est écrit la célèbre devise « Tous pour Un, Un pour Tous », le cortège s'avance vers le Panthéon où l'attend le président de la République et diverses personnalités. Sur la petite scène d'un chariot, Le Théâtre d'Alexandre, tiré par des mules et précédé par un régiment de tambours, de jeunes comédiens ont reconstitué des passages des pièces de Dumas devant une centaine de gens de la rue en costumes d'époque.

Lorsqu'il atteint le parvis du Panthéon, une Marianne métisse montée sur un cheval blanc vient au-devant du cercueil. La fameuse lettre de Victor Hugo à Dumas-fils est alors lue : « Le nom d'Alexandre Dumas est plus que français, il est européen ; il est plus qu'européen, il est universel. »

Alain Decaux, de l'Académie française, puis le président de la République, Jacques Chirac, prononcent un discours[63].

Le cercueil d'Alexandre Dumas est descendu dans le caveau XXIV où se trouvent déjà ceux de Victor Hugo et d'Émile Zola[64].

Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay, le 27 mai 2015[modifier | modifier le code]

Le décret du 7 janvier 2015 décide d'un hommage de la Nation au Panthéon et autorise le transfert des cendres[65].

L'hommage de la nation sera rendu à Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay, mais seules les cendres de Pierre Brossolette et de Jean Zay seront transférées au Panthéon, les familles de Geneviève de Gaulle-Anthonioz et de Germaine Tillion ayant souhaité que leurs dépouilles restent dans le cimetière où elles ont été inhumées.

La cérémonie a eu lieu le 27 mai 2015.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Première personnalité inhumée au Panthéon le . Mais à cause de l'affaire de l'armoire de fer, la Convention décida d'exclure sa dépouille du Panthéon. Elle y fut remplacée par celle de Marat. Les restes de Mirabeau furent alors inhumés de manière anonyme au cimetière de Clamart[2]. Malgré des recherches entreprises en 1889, ils ne furent pas retrouvés.
  2. Texte Louis Blanc sur la cérémonie

    Histoire de la Révolution française par Louis Blanc, pages 236 à 239, tome cinquième, 1853 Langlois et Leclercq, Paris.

    Cependant, tout Paris s'agitait pour rendre au mort des honneurs souverains. Le département, la municipalité, plusieurs autres corps administratifs, s'imposèrent un deuil de huit jours ; un deuil public, comme dans les grandes calamités nationales, fut demandé par une députation des quarante-huit sections ; le club des Jacobins décida qu'il assisterait en corps aux obsèques, et enfin, le 4 avril, anticipant sur l'avenir, l'Assemblée décréta que la nouvelle église de Sainte-Geneviève serait consacrée désormais à la sépulture des grands hommes ; que Mirabeau était jugé digne de recevoir cet honneur, et qu'au-dessus du fronton de l'édifice seraient gravés ces mots : AUX GRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE.
    Il n’y avait que trois voix opposantes, celles d’Epréménil, de Montlosier et de Rochebrune. Robespierre déclara appuyer de tout son pouvoir le projet d'honorer la mémoire d'un homme qui, dans des moments critiques, avait déployé tant de courage contre le despotisme[4].

    Les funérailles furent magnifiques. L'immense population de Paris se pressait sur le passage du héros étrange, pour jamais endormi. Balcons, terrasses, toits des maisons, les arbres même, tout était chargé de peuple. Ce fut à cinq heures et demi du soir que le cortège s'ébranla. Un détachement de cavalerie ouvrait la marche. Des canonniers de chacun des soixante bataillons, de vieux soldats blessés, l'état-major de la garde nationale et Lafayette, une partie des Cent-Suisses, le clergé, venaient ensuite, précédant le corps qui s'avançait entouré de grenadiers et porté par douze sergents. Le cœur était recouvert d'une couronne de comte, masquée sous des fleurs ; un drapeau flottait sur le cercueil. Par une condescendance singulière et caractéristique du temps, le président de l'Assemblée nationale avait voulu céder le pas au président et aux membres du club des Jacobins ; mais ils refusèrent, et se contentèrent de prendre place, au nombre de mille huit cents, immédiatement après l'Assemblée, c'est-à-dire avant le département, avant la municipalité, avant les ministres, avant toutes les autorités constituées[5] ! Bailly, malade, ne suivait pas le convoi ; Bouille le suivit, son chapeau sur la tête. On y remarquait Sieyès donnant le bras à Lameth, auquel il n'avait pas parlé depuis dix-huit mois. Un homme avait refusé de consacrer par sa présence les égarements du génie ; c'était Pélion. Après trois heures d'une procession solennelle, le cortège qui occupait un espace de plus d'une lieue, entra dans l'église Saint-Eustache, entièrement tendue de noir. Là, devant un sarcophage élevé au milieu du chœur, eu présence d'une multitude recueillie, Cérutti prononça l'oraison funèbre : il y rappelait les grands noms de Montesquieu, de Fénelon, de Voltaire, de Rousseau, de Mably, et définissait en ces termes le rôle historique joué, après eux, par Mirabeau "Mirabeau se dit "Ils ont créé la lumière ; je vais créer le mouvement[6].""
    On se remit en marche. La nuit était descendue sur la ville ; et à la lueur agitée des torches, an roulement des tambours voilés, au bruit, tout nouveau, du trombone et du tam-tam, instruments inconnus qui mêlaient aux chants lugubres composés par Gossec leur lamentation sauvage et sonore, le convoi se traîna lentement jusqu'au Panthéon à travers l'ombre des rues profondes. Oh ! de quelle impression ne durent pas être alors saisis tant d'hommes que, si diversement, préoccupaient les choses futures ! Le trône n'allait-il pas s'abîmer, quand se retirait ainsi la main forte et cachée qui le soutenait encore ? Et l’Assemblée, en l'absence de celui qui était sa lumière, saurait-elle, le long des précipices, continuer son chemin ? Et la liberté, – car enfin, elle le comptait toujours parmi les siens et avait chance de le reconquérir un jour. – La liberté ? On se trouvait lancé sur la mer des naufragés : qui pouvait affirmer qu'avec un tel pilote de moins, le navire n'irait pas se briser contre les récifs, laissant la foule pâle se débattre sous la tempête, dans l'immensité de l'espace et des flots ?
    Il était minuit quand on arriva au terme du triste itinéraire. Le service fut célébré, le corps déposé dans un caveau sous le cloître, et tout fut dit….
  3. Texte d'Alphonse de Lamartine sur la cérémonie

    Trois jours après le meurtre, la Convention fit les funérailles de la victime. Le génie tragique de Chénier avait dessine le spectacle, sur le modèle des funérailles héroïques de l'antiquité. Au sommet d'un catafalque porté sur un piédestal vivant de cent fédérés, le cadavre demi nu de Lepelletier était étendu sur un lit de parade. Un de ses bras pendait comme pour implorer la vengeance. La large blessure par laquelle sa vie avait coulé s'ouvrait, rougie de sang, sur sa poitrine. Le sabre nu de l'assassin était suspendu sur le corps de la victime. Les vêtements ensanglantés étaient portés en faisceaux, au bout d'une pique, comme un étendard. Le président de la Convention monta les degrés du catafalque et déposa une couronne de chêne, parsemée d'étoiles d'immortelles, sur la tête du mort. Le cortège s'ébranla aux roulements des tambours voilés et aux sons d'une musique lugubre, dont les instruments étouffés semblaient plutôt pleurer qu'éclater dans l'air. La famille de Le pelletier, en habits de deuil, marchait à pied derrière le corps du père, du frère, de l'époux assassiné. Au milieu des sept cents membres de la Convention s’élevait une bannière sur laquelle étaient inscrites en lettres d'or les dernières paroles attribuées à Saint-Fargeau : « Je meurs content de verser mon sang pour la patrie, j'espère qu'il servira à consolider la liberté et l'égalité et à faire reconnaître les ennemis du peuple ». Le peuple entier suivait. Les hommes portaient à la main des couronnes d'immortelles, les femmes des branches de cyprès. On chantait des hymnes à la gloire du martyr de la liberté et à l'extermination des tyrans.
    Arrivé au Panthéon, le cortège trouva le temple de la Révolution déjà envahi par la multitude. Le cadavre, soulevé par les flots de la foule, qui disputait l'espace à la Convention, faillit rouler sur les marches du péristyle.
    Félix Lepelletier, frère de la victime, monta sur l’estrade harangua le peuple au milieu du tumulte, compara son frère à l'aîné des Gracques et jura de lui ressembler.
    Le lendemain, Félix Lepelletier, tenant par la main la fille de son frère, enfant de huit ans, la présenta en pompe de deuil à la Convention. L'enfant, adoptée par la nation, fut proclamée, par un décret d'enthousiasme, fille adoptive de la république[11].
  4. Extrait du catalogue d'exposition Les Tuileries au XVIIIe siècle

    Un complément sur la cérémonie autour de ce monument à Rousseau dans le jardin des Tuileries en 1794 (Délégation à l'action artistique de la ville de Paris, 1990)

    […] Après Thermidor, le jardin n'est plus que rarement le lieu de la fête. Le bassin circulaire accueille un cénotaphe abritant les cendres de Jean-Jacques Rousseau les 18-19 vendémiaire an III (9-10 octobre 1794), étape du transfert des restes du philosophe depuis Ermenonville jusqu'au Panthéon.

    Louis-Sébastien Mercier était là : « L'air étoit calme, et le ciel pur; un long rideau de pourpre voiloit à l'horizon les rayons du soleil couchant. Un vent frais agitoit doucement les dernières feuilles. »

    La cérémonie nocturne, illuminée de flambeaux et de lumignons autour du bassin (« mille flambeaux éclairoient cette touchante cérémonie ») voit les habitants d'Ermenonville accompagnant le char funèbre, portant le sarcophage surmonté d'une urne, et une veillée funèbre, musicale, animée d'airs de musique, autour d'un tempietto à l'antique encadré de peupliers d'Italie, évoquant ceux de l'île d'Ermenonville, site premier de l'inhumation.

    Bien entendu le cérémonial processionnaire cher à la Révolution était maintenu intact : après les musiciens, les naturalistes tenant fleurs et fruits, les artistes avec pinceaux et burins, les artisans brandissant scies et rabots, les mères de famille avec leurs enfants précèdent les habitants de Saint-Denis, de Groslay, d'Émile, d'Ermenonville et de Genève, ainsi que l'indispensable délégation de la Convention ceinte du ruban tricolore. […]
  5. Texte de Constant sur la cérémonie

    Le jour même de la translation des restes du maréchal, de l'église des Invalides au Panthéon, je fus envoyé de Saint-Cloud à Paris pour un message particulier de l'empereur. Ma commission faite, il me restait quelques instants de loisir, dont je profitai pour aller voir cette lugubre cérémonie, et dire un dernier adieu au brave guerrier que j'avais vu mourir. À midi, toutes les autorités civiles et militaires se rendirent à l'hôtel. Le corps fut transféré du dôme dans l'église, sous un catafalque formé par une grande pyramide d'Égypte, portée sur une estrade élevée, ouverte par quatre grands arcs, dont les cintres étaient entourés d'une guirlande de lauriers enlacés de cyprès. Aux angles étaient des statues dans l'attitude de la douleur, représentant la Force, la Justice, la Prudence et la Tempérance, vertus caractéristiques des héros. Cette pyramide était terminée par une urne cinéraire, surmontée d'une couronne de feu.
    Sur les faces de la pyramide étaient placés les armes du duc et des médaillons rappelant les faits les plus mémorables de sa vie, et soutenus par des génies en pleurs. Sous l'obélisque était placé le sarcophage renfermant le corps du maréchal ; aux angles étaient des trophées composés de drapeaux enlevés sur les ennemis. Des candélabres en argent, et en très grand nombre, étaient fixés sur les gradins qui servaient d’estrade à ce monument. L'autel, en bois de chêne, rétabli où il était avant la révolution, était double et à double tabernacle. Sur les portes du tabernacle étaient les tables de la loi ; il était surmonté d'une grande croix sur le croisant de laquelle était suspendu un suaire. Aux angles de l'autel étaient les statues de saint Louis et de saint Napoléon. Quatre grands candélabres étaient placés sur des piédestaux aux angles des gradins. Le pavé du chœur comme celui de la nef étaient revêtus d'un tapis de deuil. La chaire, drapée en noir, décorée de l'aigle impériale, et où fut prononcée l'oraison funèbre du maréchal, était placée à gauche en avant du catafalque ; à droite était un siège en bois d'ébène, décoré des armes impériales, d'abeilles, d'étoiles, de galons, de franges et autres ornements en placage d'argent. Il était destiné au prince archichancelier de l’empire, qui présidait la cérémonie. Des gradins étaient élevés dans les arcades des bas - côtés, et correspondaient aux tribunes qui étaient au-dessus. En avant de ces gradins étaient les sièges et les banquettes pour les autorités civiles et militaires, les cardinaux, archevêques, évêques, etc. Les armes, les décorations, le bâton et la couronne de lauriers du maréchal, étaient placés sur le cercueil.
    Toute la nef et le fond des bas-côtés étaient tendus de noir avec encadrements blancs ; les fenêtres l'étaient aussi. On voyait sur les draperies les armes, le bâton et le chiffre du maréchal. L'orgue était caché par une vaste tenture qui ne nuisait pas à la propagation de ses lugubres sons. Dix-huit lampes sépulcrales d'argent étaient suspendues, avec des chaînes de même métal, à des lances terminées par des guidons enlevés à l'ennemi. Sur les pilastres de la nef étaient fixés des trophées, composés des drapeaux pris dans les différentes affaires qui ont illustré la vie du maréchal. Le pourtour de l'autel, du côté de l'esplanade, était revêtu d'une tenture de deuil ; au-dessus étaient les armes du duc, fixées par deux renommées tenant les palmes de la victoire ; au-dessus on lisait : « NAPOLÉON à la mémoire du duc de Montebello, mort glorieusement aux champs d'Essling, le 22 mai 1809 ».

    Le conservatoire de musique exécuta une messe composée des plus beaux morceaux de musique sacrée de Mozart. Après la cérémonie, le corps fut porté jusqu'à la porte de l'église, et placé sur le char funèbre, orné de lauriers et de quatre faisceaux de drapeaux enlevés à l'ennemi dans les affaires où le maréchal s'était trouvé, et par les troupes de son corps d'armée. Il était précédé par un cortège militaire et religieux, et suivi d'un cortège de deuil et d'honneur. Le cortège militaire était composé de détachements de toutes les armes, de cavalerie et d'infanterie légère et de ligne, d'artillerie à cheval et à pied ; suivis de canons, de caissons, de sapeurs, de mineurs, tous précédés de tambours, de trompettes, de musique, etc. ; l'état-major général ayant à sa tête le maréchal prince de Wagram, et composé de tous les officiers généraux et d'état-major de la division et de la place. Le cortège religieux se composait des enfants et vieillards des hospices, du clergé de toutes tes paroisses et de l'église métropolitaine de Paris, avec les croix et bannières, les chantres et la musique religieuse, l'aumônier de Sa Majesté avec les assistants. Le char portant le corps du maréchal suivait immédiatement. Les maréchaux ducs de Conegliano, comte Serrurier, duc d'Istrie et prince d'Eckmühl, portaient les coins du poêle. Aux deux côtés du char, deux aides de camp du maréchal portaient deux étendards. Sur le cercueil étaient fixés le bâton de maréchal et les décorations du duc de Montebello.
    Après le char, venaient le deuil et le cortège d'honneur ; la voiture vide du maréchal, ayant aux portières deux de ses aides de camp à cheval ; quatre voitures de deuil destinées à la famille du maréchal ; les voitures des princes grands dignitaires, des ministres, maréchaux, colonels généraux, premiers inspecteurs. Un détachement de cavalerie, précédé de trompettes et de musique à cheval, suivait les voitures et fermait la marche. Une musique accompagnait les chants, toutes les cloches des églises sonnaient, et treize coups de canons étaient tirés par intervalles.

    Arrivé à l'entrée de l'église souterraine de Sainte-Geneviève, le corps fut descendu à bras par des grenadiers décorés et blessés dans les mêmes batailles que le maréchal. L'aumônier de Sa Majesté remit le corps à l'archiprêtre. Le prince d'Eckmühl adressa au duc de Montebello les regrets de l'armée ; et le prince archichancelier déposa sur le cercueil la médaille destinée à perpétuer la mémoire de ces honneurs funèbres, du guerrier qui les recevait, et des services qui les avaient mérités.

    Alors toute la foule s'écoula, et il ne resta dans le temple que quelques anciens serviteurs du maréchal, qui honoraient sa mémoire, par les larmes qu'ils versaient en silence, autant et plus que ce deuil public et cette imposante cérémonie. Ils me connaissaient, pour nous être trouvés ensemble en campagne. Je restai quelque temps avec eux, et nous sortîmes ensemble du Panthéon[14].
  6. Extrait du discours prononcé par le président du Conseil Édouard Herriot au Panthéon de Paris, lors du transfert des cendres de Jean Jaurès, le 23 novembre 1924

    Jean Jaurès entend amener l'être humain à devenir pleinement un homme. Il veut le libérer des servages qui l'oppriment, des tutelles qui l'écrasent ou même de ses propres défauts qui le diminuent ; mais aussi l'enrichir par la culture, le guider vers la vie spirituelle. Cette politique est une éthique autant qu'une économie […]

    Ce vaste esprit […] se hausse au-dessus de l'enfer des faits et, même dans le temps où il accorde le plus à l'influence des forces économiques, il ne cesse de proclamer sa croyance au Pouvoir de la libre volonté humaine dans sa lutte contre les milieux pour construire la cité d'harmonie où le travail, affranchi de ses servitudes, fleurirait comme une joie […]

    Quelles que fussent, au reste, ses opinions et ses doctrines, Jaurès les inscrivit toujours dans le cadre de l'institution républicaine. […] Il y voit "la forme définitive de la vie française" et " le type vers lequel évoluent lentement toutes les démocraties du monde". Mais, […] il ne fut pas moins dévoué à la France dont toutes les qualités se retrouvaient dans son génie […].

    Certes, il voulut la paix. […] "Assurer cette paix par une politique évidente de sagesse, de modération et de droiture, par la répudiation définitive des entreprises de force, par l'acceptation loyale et la pratique des moyens juridiques nouveaux qui peuvent réduire les conflits sans violence. Assurer aussi la paix, vaillamment, par la constitution d'un appareil défensif si formidable que toute pensée d'agression soit découragée chez les plus insolents et les plus rapaces". C'était son programme.

    Dans les récentes conférences, il a suffi à la France de le reprendre pour attirer à elle cette amitié des nations, qui doit, - c'est encore une de ses plus belles formules - "couvrir la Patrie du verdict d'approbation de la conscience universelle".

    La Patrie ! ce mot revient dans sa bouche et sous sa plume incessamment.

    On peut répéter de lui ce qu'il a dit de Proudhon, qu'il était français furieusement. […][21]
  7. Références :
    • Le livre de Paul Nizan la Conspiration (1938) dont un chapitre est consacré aux funérailles de Jaurès
    • On retrouvera les enjeux politiques et les détails de la cérémonie en consultant : Terrain revue ethnologique de l'Europe no 15, octobre 1990 : « La panthéonisation » de Jean Jaurès, rituels et politique sous la IIIe République par Avner Ben-Amo. Cet article est aussi consultable en ligne à l'adresse http://terrain.revues.org/document2983.html
  8. Extrait d'une interview de Jacques Chirac in Le Figaro, édition du 26 novembre 1996 : « Le Figaro : Pourquoi Malraux au Panthéon ? Qui en a eu l'idée ?
    – J. C. : C'est Pierre Messmer qui me l'a proposé, dans le cadre de la célébration du 20e anniversaire de la mort d'André Malraux. Cette idée m'a paru immédiatement évidente. Pour tout ce qu'a été André Malraux, le combattant de la liberté, le passionné de justice, le découvreur d'art, l'écrivain, le compagnon plus que fidèle du Général, l'inventeur du ministère de la Culture. Mais aussi, parce qu'il a fait rêver plusieurs générations, à force de panache. Pour lui-même et pour la France. »


Notes concernant le tableau

  1. Député qui est devenu célèbre en mourant sur une barricade constituée par les républicains pour s'opposer au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, le futur Napoléon III. Il devient un symbole pour les républicains de la lutte contre le nouveau régime.
  2. Général et comte d'Empire.
  3. Chimiste et homme politique.
  4. Chimiste
  5. Professeur et inventeur de l'écriture pour les aveugles. Inhumé au Panthéon lors du centenaire de sa mort.
  6. Cardinal. Comte de Monte Cucolli, Légat du Pape à Paris. Négociateur du Concordat de 1801.
  7. Conventionnel, général et scientifique. Technicien qui permit l'organisation de l'Armée de l'An II. Inhumé lors de la commémoration du centenaire de la Révolution Française.
  8. Président de la République française de 1887 à 1894, assassiné à Lyon par un anarchiste ; il repose ainsi à proximité de son aïeul Lazare Carnot.
  9. Juriste, diplomate, homme politique français, résistant, prix Nobel de la paix. À l'origine de la création de L'UNESCO et auteur de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
  10. Marin et homme politique français, capitaine de vaisseaux, chefs des ports et arsenaux, ministre de la marine, gouverneur de Louis XVII, gouverneur des Tuileries...
  11. Philosophe, homme politique et mathématicien. Inhumé lors de la commémoration du bicentenaire de la Révolution Française.
  12. Chambellan de Madame-Mère.
  13. Physicienne, prix Nobel de physique en 1903, puis prix Nobel de chimie en 1911.
  14. Physicien, prix Nobel de physique en 1903.
  15. Dernier doge de Gênes qui se mit au service de Napoléon. Urne contenant son cœur.
  16. Né à Cayenne, Gouverneur ayant rallié l'Afrique à la France Libre du Général De Gaulle. Premier homme noir à être inhumé au Panthéon.
  17. Urne contenant son cœur.
  18. ecclésiastique, sénateur et comte d'Empire. Il fut un partisan de l'octroi de la citoyenneté française aux juifs et de l'abolition de l'esclavage. Inhumé lors de la commémoration du bicentenaire de la Révolution Française.
  19. Humaniste, écrivain, poète. Auteur des Misérables, de Notre-Dame de Paris, etc.
  20. Urne contenant son cœur.
  21. Homme politique socialiste. Assassiné à la veille de la Première Guerre mondiale.
  22. Inhumé le même jour que Jean Perrin.
  23. Maréchal d'Empire. Soldat réputé pour sa bravoure, il est de toutes les campagnes depuis l'Italie, il est blessé à Arcole, jusqu'à Essling en 1809 où il meurt. L'Empereur en fut très affecté.
  24. Général qui s'est illustré pendant la campagne d'Italie. Urne contenant son cœur.
  25. Résistant, écrivain et ministre de la Culture de Charles de Gaulle.
  26. Général de la République. Seule une partie de son corps est inhumée. Inhumé lors de la commémoration du centenaire de la Révolution Française.
  27. Inventeur de la géométrie descriptive, il est le fondateur de l'École Polytechnique. Inhumé lors de la commémoration du bicentenaire de la Révolution Française.
  28. père de l'Union européenne. Entre au Panthéon 100 ans après sa naissance.
  29. Amiral, sénateur et comte d'Empire. Urne contenant son cœur.
  30. Chef combattant de la Résistance.
  31. Premier dirigeant de la Banque de France. De confession protestante, comme les autres membres du caveau IV.
  32. Inhumé le même jour que Paul Langevin.
  33. spécialiste des questions religieuses. Il est à l'origine de l'Edit de Tolérance de 1787 qui reconnaissait les mêmes droits civiques aux protestants. Ministre des cultes de Napoléon Ier, académicien, il négocie le Concordat de 1801 avec le légat du pape Caprara. Rédacteur du Code Civil de 1804.
  34. Homme de lettres et sénateur.
  35. Général, il s'est illustré depuis la campagne d'Égypte jusqu'en Pologne, comte d'Empire. De confession protestante, comme les autres membres du caveau IV.
  36. Général blessé à Essling et comte d'Empire.
  37. figure de la lutte pour l'abolition de l'esclavage. Inhumé avec son père Marc Schœlcher pour respecter sa volonté.
  38. Vice-amiral de la Révolution, sénateur et comte d'Empire.
  39. « premier grenadier de la République ». Inhumé lors de la commémoration du centenaire de la Révolution Française.
  40. député de la convention, considéré par Napoléon Ier comme l'âme de la commission qui a rédigé le Code civil, le Code pénal et le Code d'instruction criminelle.
  41. Président de l'Assemblée Constituante au début de la Révolution, Il est un des pères du Code Civil.
  42. Premier peintre du roi en 1789, le maître du peintre officiel de l'Empire Jacques-Louis David.
  43. Préfet de la Lys, sénateur, comte d'Empire, maire de Viry, père d'un officier mortellement blessé à la bataille d'Essling, après s'être distingué à Austerlitz.
  44. S'illustra pendant toutes les campagnes napoléoniennes, d'Italie jusqu'en Russie, comte d'Empire. De confession protestante, comme les autres membres du caveau IV.
  45. De confession protestante, comme les autres membres du caveau IV.
  46. Auteur, notamment, des Rougon-Macquart.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le cimetière de Clamart à Paris sur tombes-sepultures.com
  2. Le cimetière de Clamart se trouvait à l'angle des rues du Fer-à-Moulin et des Fossés-Saint-Marcel dans le 5e arrondissement de Paris[1]
  3. Jonathan Parienté, « Qui repose au Panthéon ? », Le Monde,‎ (consulté le 21 février 2014)
  4. Histoire parlementaire, tome IX, page 280
  5. Abbé de Montgaillard, Histoire de France, tome II, page 302
  6. Éloge funèbre de Mirabeau, par M. Cérutti dans la Bibliothèque historique de la Révolution. Mirabeau aîné, p. 288-9 British Museum
  7. Source : Assemblée nationale
  8. Mercure historique et politique de Bruxelles, 16 juillet 1791.
  9. « Histoire : entrez au Panthéon ! », Le Parisien,‎ (consulté le 28 janvier 2015)
  10. M. Cabet, Histoire populaire de la Révolution française, tome III, Pagnerre éditeur, Paris, 1840, p. 330.
  11. Alphonse de Lamartine, Histoire des Girondins, tome 3, Société typographique belge, Bruxelles, 1850 (pages 367- 368).
  12. Lise Andriès, Jean-Claude Bonnet, La Mort de Marat, Flammarion, 1986, 510 pages, p. 104 (ISBN 2-08-211526-7).
  13. Voyage à Ermenonville ou lettre sur la translation de Jean-Jacques Rousseau au Panthéon (1794)
  14. Mémoires de Constant, Premier valet de chambre de Napoléon, sa famille et sa cour, tome quatre, Ladvocat, Paris, 1830 (p. 284-289).
  15. Journal Officiel du 27 mai 1885 p. 2706
  16. Décret du 26 mai 1885 relatif au Panthéon Journal Officiel 27 mai 1885 p. 2706 (Rapporte les décrets des 20 février 1806, 6-12 décembre 1851, 22 mars 1852 et 26 juillet 1867 et l'ordonnance du 12 décembre 1821)
  17. Discours prononcés lors des funérailles de Victor Hugo le 1er juin 1885
  18. Voir les détails de la cérémonie sur le site consacré à Victor Hugo : Deux millions de personnes assistent aux funérailles
  19. Pour se faire une idée du climat régnant à cette époque, on pourra consulter par exemple le site : de L'Assiette au beurre, journal satirique de l'époque.
  20. http://www.assemblee-nationale.fr/13/evenements/zola-pantheon/Zola%20_au_Panth%C3%A9on.pdf Plaquette éditée par l'Assemblée nationale en 2008 à l'occasion du centenaire de la panthéonisation de Zola sur le site de l'Assemblée nationale.
  21. a, b et c Source : Assemblée nationale
  22. Extraits du livre Fêtes à Paris au XXe siècle: Architectures éphémères de 1919 à 1989, par Jean-Claude Daufresne
  23. a et b Loi no 48-1501 du 28 septembre 1948 relative au transfert au Panthéon des cendres du gouverneur général Éboué JO 29-09-1948 p. 9530
  24. Discours de Jean Cabannes, membre de l'Académie des sciences, 17 juin 1948 Discours d'Émile Borel, membre de l'Académie des sciences, 18 juin 1948
  25. Loi no 49-681 du 19 mai 1949 relative au transfert au Panthéon du corps du père de Victor Schœlcher JO 20-05-1949 p. 4951
  26. Site Internet du Sénat, 1949, Victor Schœlcher : un sénateur philanthrope
  27. Archive vidéo sur le site de l'INA
  28. Loi no 52-633 du 4 juin 1952 autorisant le transfert des cendres de Louis Braille au Panthéon JO 05-06-1952 p. 5628
  29. (en) [vidéo] Louis Braille's Ceremony to The Pantheon sur YouTube
  30. (en) [vidéo] Louis Braille's Tomb, 11/7/09 sur YouTube (Visite au Panthéon pour le bicentenaire de la naissance de Louis Braille)
  31. Décret du 11 décembre 1964
  32. Source : Mémorial des fonctionnaires du corps préfectoral et de l'administration centrale morts au cours de la guerre 1939-1945, Émile Bollaert ; "nul ne sait où repose le corps torturé de Jean Moulin"
  33. JO 13-12-1964 p. 11109]
  34. [1] Archive vidéo de la cérémonie sur le site de l'INA
  35. Archive vidéo du discours d'André Malraux sur le site de l'INA
  36. Décret du 23 avril 1981 autorisant le transfert au Panthéon des cendres de René Cassin JO 24-04-1981 p. 1154-1155
  37. [lire sur Wikisource]
  38. Archive vidéo sur le site de l'INA
  39. Archive vidéo INA - Journal télévisé FR3
  40. Décret du 28 juillet 1988 autorisant le transfert au Panthéon du corps de Jean Monnet NOR MCCX8810666D J.O. DU 29/07/88 Page : 9745
  41. [lire sur Wikisource]
  42. Journal A2, archive de l'INA
  43. Décret du 16 octobre 1989 décidant une cérémonie de reconnaissance nationale à l'égard de Condorcet, de Monge et de l'abbé Grégoire NOR PRMX8910237D J.O. DU 18/10/89 Page : 12992
  44. Archive vidéo sur le site de l'INA
  45. Décret du 8 mars 1995 autorisant le transfert au Panthéon des cendres de Pierre et de Marie Curie, JORF no 62 du 14 mars 1995, p. 3945, NOR MCCX9511004D, sur Légifrance.
  46. http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Interview-de-Patrick-Garcia-Le-Pantheon-est-une-memoire-de-gauche-768572 cf. Patrick Garcia in l'article "La Panthéon est une mémoire de gauche" - Paris Match 22 mai 2015
  47. Archive vidéo sur le site de l'INA
  48. http://www.ina.fr/video/CAC95027108/marie-et-pierre-curie-au-pantheon-video.html Journal télévisé FR3 Archive vidéo sur le site de l'INA
  49. édition du 21 avril 1995
  50. [lire sur Wikisource]
  51. L'Humanité, édition du 21 avril 1995 : Un couple qui a changé la face du monde
  52. Pour en savoir plus sur la mise en scène de la cérémonie : le peintre et décorateur Jean-Paul Chambas. Consulter les détails de la cérémonie : lien externe L'Humanité À André Malraux, la patrie reconnaissante
  53. Décret du 7 août 1996 autorisant le transfert au Panthéon des cendres d'André Malraux, JORF no 185 du 9 août 1996, p. 12121, NOR MCCE9600441D, sur Légifrance.
  54. Extrait du journal Le Monde, édition datée du 24 novembre 1996 (Auteur : Olivier Biffaud)
  55. Archive INA journal A2 9 août 1996
  56. L'Humanité édition du 23 novembre 1996
  57. [lire sur Wikisource]
  58. http://www.ina.fr/video/I15133620 Discours à visualiser sur le site de l'INA
  59. Décret du 26 mars 2002 autorisant le transfert des cendres d'Alexandre Dumas au Panthéon, JORF no 73 du 27 mars 2002, p. 5409, texte no 42, NOR MCCE0200110D, sur Légifrance.
  60. Archive vidéo sur le site de l'INA
  61. Discours du président du Sénat, Christian Poncelet sur le site du Sénat
  62. Allocution de l'écrivain Claude Ribbe au Sénat sur le site Wikisource
  63. Pour en savoir plus sur la mise en scène d'Ivan Morane La cérémonie, Les discours : Discours d'Alain Decaux, de l'Académie française ; Discours de Jacques Chirac, président de la République ; Dans la presse article du journal L'Humanité Alexandre Dumas. Deux cents ans après Auteur : Alain Nicolas, 30 novembre 2002.
  64. Dumas au Panthéon
  65. http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000030069298&categorieLien=id Décret du 7 janvier 2015 sur le site de LégiFrance