Jean-Baptiste Baudin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Baudin.
La statue à Alphonse Baudin élevée par souscription à Nantua.

Jean-Baptiste Alphonse Victor Baudin, né le à Nantua, (Ain)[1],[2] et mort à Paris le , est un médecin et député à l’Assemblée de 1849, célèbre pour avoir été tué sur une barricade.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il étudie la médecine à Lyon, puis à Paris[2]. Il sert comme médecin militaire en Algérie, où il rencontre Eugène Cavaignac[2].

Les événements de 1851[modifier | modifier le code]

Tableau d'Ernest Pichio, représentant Alphonse Baudin sur la barricade du faubourg Saint-Antoine où il fut tué le 3 décembre 1851 (musée Carnavalet).

Baudin est initié à la Franc-maçonnerie, le , à la loge Le Temple des Amis de l'Honneur Français, qui fut suspendue en 1846[3].

Élu député le [4], il siège avec les représentants de la Montagne[2] et fait partie du comité de résistance organisé par les républicains afin d’essayer de soulever les ouvriers du faubourg Saint-Antoine contre le coup d'État du 2 décembre 1851, du prince Louis-Napoléon Bonaparte (futur empereur Napoléon III)[2].

Lors du mouvement insurrectionnel provoqué par ce coup d'État, une barricade avait été dressée le 3 décembre par les ouvriers de la rue Sainte-Marguerite, auxquels s’étaient joints plusieurs députés, parmi lesquels : Pierre Malardier, député de la Nièvre, et Baudin, représentant de l’Ain à l’Assemblée législative de 1849. Alors que Victor Schœlcher, accompagné de plusieurs députés, sans armes, s’en allait au-devant d’une compagnie du 19e de ligne qui venait de la place de la Bastille dans l’intention de parlementer avec les soldats, des ouvriers se moquèrent de ces représentants du peuple en disant : « Croyez-vous que nous allons nous faire tuer pour vous conserver vos vingt-cinq francs par jour ! » Baudin, un drapeau à la main, monté sur la barricade les regarda fixement et leur dit : « Vous allez voir comment on meurt pour vingt-cinq francs ! . » C’est à ce moment-là qu’une balle, partie on ne sait pourquoi de la barricade, blessa un soldat du 19e de ligne. Ses camarades répliquèrent aussitôt furieusement, et Baudin tomba, mortellement blessé. Il avait juste quarante ans. Le mot maintes fois rapporté n'est cependant attesté par aucun témoin. Il figure dans le récit historique du journaliste Eugène Ténot Paris en décembre 1851 rédigé en 1868.

Postérité[modifier | modifier le code]

Une souscription publique fut alors lancée par le journal Le Réveil pour élever un monument à ce martyr de la liberté. Cette initiative valut à Charles Delescluze, propriétaire du journal, un procès au cours duquel s’illustra Léon Gambetta, alors jeune avocat, qui prononça une violente diatribe contre l’Empire. Baudin devint ainsi un symbole républicain face au despotisme[Note 1].

Le monument, placé derrière la place de la Bastille sur l’avenue Ledru-Rollin près de l’endroit où il fut tué, est démonté en 1942 pour être fondu, dans le cadre d’une loi du gouvernement de Vichy sur « la récupération des métaux non ferreux »[5]. La Mairie de Paris a refusé récemment de le rétablir. La ville a cependant donné en 1978, le nom de rue Alphonse-Baudin à une voie nouvelle du 11e arrondissement.

Plaque commémorative sise au no 151 de la rue du Faubourg-Saint-Antoine
À gauche, no 151 de la rue avec la plaque posée au niveau du 2e étage ; à droite, le détail de la la plaque. À gauche, no 151 de la rue avec la plaque posée au niveau du 2e étage ; à droite, le détail de la la plaque.
À gauche, no 151 de la rue avec la plaque posée au niveau du 2e étage ; à droite, le détail de la la plaque.


Sa sépulture[modifier | modifier le code]

Cénotaphe d'Alphonse Baudin, au cimetière de Montmartre, (27e division)

Il est enterré secrètement au cimetière de Montmartre, (27e division), où sa tombe[6] devient un lieu de rendez-vous des républicains[2]. Le tombeau, inauguré en 1872, est recouvert d'une oeuvre du sculpteur Aimé Millet, qui représente, à la manière d'un gisant, le député tout juste frappé d’une balle dans le front. Son tombeau est devenu un cénotaphe, depuis le , date du transfert de ses restes au Panthéon de Paris, pour les cérémonies du centenaire de la Révolution française[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce qui explique le transfert de ses restes au Panthéon, en 1889

Références[modifier | modifier le code]

  1. 28 octobre 1801 selon le site de l’Assemblée nationale, notice individuelle, consultée le 21 août 2009
  2. a, b, c, d, e et f Dictionnaire des parlementaires français, disponible en ligne, consulté le 21 août 2009
  3. Daniel Ligou, Dictionnaire de la Franc-maçonnerie, Presses universitaires de France, 3e éd., 1991, p. 115
  4. notice individuelle, consultée le 21 août 2009
  5. L'histoire d'Alphonse Baudin et ses multiples symboliques, Mediapart.
  6. « Baudin, Jean-Baptiste Alphonse (1811-1851) », sur Cimetières de France et d'ailleurs (consulté le 18 mai 2015).
  7. 3 décembre 1851. "Vous allez voir comment on meurt pour 25 francs", jette le député Baudin avant de mourir., Le Point, 3 décembre 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Il est au Panthéon dans le même caveau que La Tour d'Auvergne, officier des armées de la Révolution française.
  • Il est aussi l’auteur du texte d’une chanson patriotique, L’astre français, chantée au banquet de Nantua, sur l’air de La sentinelle, le .
  • Le , oubliée du peuple français, la fameuse harangue de Baudin a été citée par Michel-Georges Micberth, dans son allocution « Tribune libre », qui fit scandale, en raison du titre et du contenu très violents du discours, titré : « Prout, caca, boudin ou l'état socialo-communiste ». Le directeur de FR3 avait tenu, avant diffusion, à présenter ses excuses aux téléspectateurs (production, Jean-Claude Courdy ; réalisation Philippe Marouani). Archives INA.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Garrigou, Mourir pour des idées. La vie posthume d’Alphonse Baudin, Paris, Les Belles Lettres (L’histoire de profil), 2010. 310 p. (ISBN 978-2-251-90004-9)

Liens externes[modifier | modifier le code]