Firmin Gémier

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Firmin Gémier
Firmin Gémier 1927.jpg

Firmin Gémier en 1927

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 64 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Firmin TonnerreVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
Andrée Mégard (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour

Firmin Tonnerre, dit Firmin Gémier, né à Aubervilliers (Seine) le [1] et mort à Paris le , est un acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français.

Promoteur du Théâtre populaire, il crée le premier Théâtre national populaire à Paris en 1920.

Biographie[modifier | modifier le code]

Firmin Gémier naît au n° 13 de la rue de la Haie-Coq à Aubervilliers, d'un compagnon tanneur et d'une « mère des compagnons charpentiers ». Installé à Belleville, il suit sa scolarité à l'école primaire supérieure Turgot grâce à une bourse. Refusé deux fois à l'entrée du Conservatoire, il apprend l'art dramatique dans des théâtres de quartier, notamment au Théâtre de Belleville et aux Bouffes du Nord, avant d'entrer au Théâtre Libre d'André Antoine en 1892 comme acteur et régisseur.

Il découvre avec Antoine la volonté de proposer un théâtre de qualité et bon marché. Il débute sur scène et se fait connaître par la première interprétation d'Ubu dans Ubu roi d'Alfred Jarry, au Nouveau-Théâtre de Lugné-Poe. Il quitte Antoine avec quelques membres de la troupe, et joue au Théâtre du Gymnase pendant une saison, puis dirige le Théâtre de la Renaissance où il s'essaye une première fois au théâtre populaire avec la mise en scène de Quatorze Juillet de Romain Rolland en 1902.

Redevenu acteur un an plus tard, pour payer les dettes contractées à la Renaissance, il s'associe à Camille de Sainte-Croix pour créer un théâtre populaire parisien, soutenu par la commission de la Chambre des Députés en 1906, mais refusé par le Conseil municipal de Paris. Il met également en scène à l'Odéon La Rabouilleuse d'après Balzac, pour laquelle il interprète Philippe Bridau.

À la tête du théâtre Antoine entre 1906 et 1919, il alterne pièces à succès et nouveaux auteurs pour équilibrer les recettes. Influencé par Romain Rolland et son « théâtre pour le peuple » et par le Théâtre du Peuple de Bussang, il crée, avec l'appui de Joseph Paul-Boncour, le Théâtre national ambulant (1911-1912).

À la tête de la troupe du Théâtre Antoine, avec plusieurs camions puis wagons pour le transport d'une salle démontable de 1 650 places, il parcourt la France pour présenter les pièces montées à Paris, tel qu'Anna Karénine, la Rabouilleuse et les Gaîtés de l'escadron. Faute de recettes suffisantes, malgré le gros succès populaire, l'expérience est rapidement abandonnée.

Il fonde la Société Shakespeare en 1917 et créé Le Marchand de Venise. Comme Antoine, Gémier cherche à renouveler la mise en scène : il investit la salle comme un élément de la scène, il utilise les effets de foule, poursuit le travail d'Antoine sur la lumière en supprimant la rampe et travaille avec Émile Jaques-Dalcroze l'intégration de la musique dans la représentation…

Buste de Firmin Gémier exposé au Palais de Chaillot

Il fonde ensuite le Théâtre national populaire (TNP) (1920-1933). Pour le critique Régis Messac, Firmin Gémier a trouvé « la formule exacte du Théâtre Populaire. […] Gémier, écrit-il, a donc songé à offrir au peuple des spectacles beaux, émouvants, artistiques – et aristocratiques. Il lui présente les vieux et les nouveaux chefs-d’œuvre de notre art dramatique, avec les meilleurs acteurs. […] Des orchestres excellents jouent du Beethoven ou du Mozart. […] Le peuple se presse à ces représentations magnifiques. Le peuple, qui a du goût, se déclare enchanté et ravi. » [2]

Il dirige simultanément le Théâtre de l'Odéon de 1922 à 1930. Il avait épousé l'actrice Andrée Mégard (1869-1952).

Il est chargé d'organiser le cérémonial du transfert de la dépouille de Jean Jaurès au Panthéon le 23 novembre 1924. Il écrit un article, "L'Internationale du théâtre" pour le premier numéro de La Nouvelle Revue Socialiste (décembre 1925) dirigée par Jean Longuet, par ailleurs avocat de Gémier, et Ludovic-Oscar Frossard.

Firmin Gémier est socialiste et franc-maçon, membre des loges La Clémente Amitié et Ernest Renan[3].

Il est inhumé à Saint-Amour, (Jura), avec son épouse, la comédienne Andrée Mégard, (1869-1952), née Marie-Adélaïde-Alexandrine Chamonal, native de Saint-Amour[4].

Hommages[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Comme comédien[modifier | modifier le code]

Comme metteur en scène[modifier | modifier le code]

Théâtre de la Renaissance[modifier | modifier le code]

Théâtre Antoine[modifier | modifier le code]

Théâtre de l'Odéon[modifier | modifier le code]

Autres Théâtres[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les sources ne s'accordent pas sur la date de naissance, certaines indiquant le 21 février 1865 ou le 13 février 1869. L'acte de naissance (Aubervilliers 1869, acte n° 81) confirme cependant la naissance le 21 février 1869.
  2. Régis Messac, « Note parisienne », la Liberté, n° 22081, 30 mars 1921, p. 1.
  3. Laurent Kupferman - Emmanuel Pierrat, Le Paris des Francs-Maçons, Paris, 2013, p. 77.
  4. Sépulture de Firmin Gémier et son épouse Andrée Mégard à Saint-Amour « Le Progrès » 30 octobre 2015
  5. « Les rues de Paris | rue Firmin-Gémier | 18ème arrondissement », sur www.parisrues.com (consulté le 19 août 2016)
  6. Les Archives du spectacle

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nathalie Coutelet, Firmin Gémier, le démocrate du théâtre, Montpellier, L'Entretemps, 2008
  • Catherine Faivre-Zellner, Firmin Gémier : Héraut du théâtre populaire, Presses universitaires de Rennes, coll. « Spectaculaire | Théâtre », (ISBN 9782753527102, lire en ligne), p. 19–40
  • Firmin Gémier, Théâtre populaire Acte I, textes réunis et présentés par Catherine Faivre-Zellner, préface de Jean-Pierre Sarrazac, Lausanne, L'Âge d'Homme, 2006.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]