Joseph Kessel

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Joseph Kessel
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Joseph Kessel, en 1948.

Naissance
Villa Clara, Drapeau de l'Argentine Argentine
Décès (à 81 ans)
Avernes
Drapeau de la France France
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Le Lion, L'Équipage, Les Captifs, Belle de jour, Mermoz, L'Armée des ombres, Le Chant des partisans, Les Cavaliers

Compléments

Grand officier de la Légion d'honneur, Médaille militaire, Croix de guerre 1914-1918, Croix de guerre 1939-1945, Commandeur des Arts et des Lettres
Académie française : Membre (1962-1979)

Joseph Kessel est un aventurier, journaliste, reporter et romancier français, né le à Villa Clara (Entre Ríos, Argentine) et mort le 23 juillet 1979 à Avernes (Val-d'Oise, France).

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph Kessel est le fils de Samuel Kessel, médecin juif d’origine lituanienne (à l'époque en Russie impériale) et de Raïssa Lesk, d'une famille juive établie à Orenbourg, en Russie, sur le fleuve Oural[1]. Samuel Kessel, après avoir passé son doctorat à Montpellier, s'embarque pour l'Argentine avec son épouse. C'est dans ce pays que naît Joseph. La famille revient en Europe quelques années plus tard, pour se rapprocher de la famille Lesk à Orenbourg[2],[3] où elle réside de 1905 à 1908, avant de s’installer en France[4].

En 1902 ses parents s'installent dans le petit village de Lacapelle-Biron en Lot-et-Garonne [5] .

Joseph Kessel fait ses études secondaires au lycée Félix-Faure (aujourd'hui lycée Masséna), à Nice, ensuite au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Infirmier brancardier durant quelques mois en 1914, il obtient en 1915 sa licence de lettres et se trouve engagé, à dix-sept ans, au Journal des débats, dans le service de politique étrangère[6].

Tenté un temps par le théâtre, reçu en 1916 avec son jeune frère, Lazare (1899-1920) dit Lola - le père de Maurice Druon - au Conservatoire, il fait quelques apparitions comme acteur sur la scène de l’Odéon. Mais à la fin de cette même année, Joseph Kessel choisit de prendre part aux combats, et s’enrôle comme engagé volontaire, d’abord dans l’artillerie, puis dans l’aviation, où il va servir au sein de l’escadrille S.39. De cet épisode, il tirera plus tard le sujet de son premier grand succès, L’Équipage[7]. Il termine la guerre par une mission en Sibérie en passant par les États-Unis, puis Vladivostok.

Avec Georges Suarez et Horace de Carbuccia, il fonde en 1928, à Paris, un hebdomadaire politique et littéraire, le Gringoire. Romain Gary, qui deviendra plus tard son ami, y publie même deux nouvelles à ses débuts, L'Orage (le 15 février 1935), puis Une petite femme (le 24 mai 1935), sous son véritable nom, Roman Kacew. Joseph Kessel est également membre du jury du prix Gringoire, fondé par l'hebdomadaire, parmi d'autres écrivains de l'époque et sous la présidence de Marcel Prévost. Lorsque le journal, « fortement orienté à droite, puis à l'extrême-droite », affiche des idées fascistes et antisémites, Gary renonce à envoyer ses écrits[8].

Joseph Kessel appartient à la grande équipe qu’avait réunie Pierre Lazareff à Paris-Soir, et qui fait l’âge d’or des grands reporters. Correspondant de guerre pendant la guerre d'Espagne, puis durant la drôle de guerre, il rejoint après la défaite la Résistance au sein du réseau Carte, avec son neveu et ami Maurice Druon. C’est également avec celui-ci qu’il franchit clandestinement les Pyrénées pour gagner Londres et s’engager dans les Forces aériennes françaises libres du général de Gaulle.

En mai 1943, dans l'enceinte du pub de Coulson The White Swan[9] dans la banlieue sud de Londres, l'oncle Kessel et son neveu Maurice Druon composent les paroles françaises du « Chant des Partisans »[10] qui deviendra le chant de ralliement de la Résistance, et Kessel publie, en hommage à ces combattants, L’Armée des Ombres. Il finit la guerre, capitaine d’aviation, dans une escadrille qui, la nuit, survole la France pour maintenir les liaisons avec la Résistance et lui donner des consignes.

À la Libération, il reprend son activité de grand reporter. Il est l'un des journalistes qui assistent au procès du maréchal Pétain en juillet-août 1945, et plus tard au procès de Nuremberg, pour le compte de France-Soir, et voyage en Palestine. Il reçoit le premier visa du tout nouvel État d'Israël quand il se pose à Haïfa, le 15 mai 1948[11].

Il continue ses voyages[12], ces fois-ci, en Afrique, en Birmanie, en Afghanistan. C’est ce dernier pays [13]qui lui inspire son chef-d’œuvre romanesque, Les Cavaliers (1967).

Entre-temps, il publie Les Amants du Tage, La Vallée des Rubis, Le Lion, Tous n’étaient pas des anges, et il fait revivre, sous le titre Témoin parmi les hommes, les heures marquantes de son existence de journaliste.

En 1950 paraît Le Tour du Malheur, livre comportant quatre volumes. Cette fresque épique, que l'auteur mit vingt ans à mûrir (voir l'avant-propos), contient de nombreux éléments de sa vie personnelle et occupe une place à part au sein de son œuvre. Elle dépeint les tourments d'une époque (la Grande Guerre puis l'entre-deux-guerres), des personnages sans commune mesure dans leurs excès et une analyse profonde des relations humaines.

Consécration ultime pour ce fils d’émigrés juifs, l’Académie française lui ouvre ses portes. Joseph Kessel y est élu le , au fauteuil du duc de La Force, par 14 voix contre 10 à Marcel Brion, au premier tour de scrutin. Il tient à faire orner son épée d'académicien d'une étoile de David[14].

« Pour remplacer le compagnon dont le nom magnifique a résonné glorieusement pendant un millénaire dans les annales de la France, dont les ancêtres grands soldats, grands seigneurs, grands dignitaires, amis des princes et des rois, ont fait partie de son histoire d’une manière éclatante, pour le remplacer, qui avez-vous désigné ? Un Russe de naissance, et juif de surcroît. Un juif d’Europe orientale… vous avez marqué, par le contraste singulier de cette succession, que les origines d’un être humain n’ont rien à faire avec le jugement que l’on doit porter sur lui. De la sorte, messieurs, vous avez donné un nouvel et puissant appui à la foi obstinée et si belle de tous ceux qui, partout, tiennent leurs regards fixés sur les lumières de la France. »

François Mauriac lui rend hommage dans son Bloc-notes : « Il est de ces êtres à qui tout excès aura été permis, et d’abord dans la témérité du soldat et du résistant, et qui aura gagné l’univers sans avoir perdu son âme. »

Il meurt d'une rupture d'anévrisme le , à l'âge de 81 ans[15], quelques mois avant son épouse Michèle décédée en décembre 1979[16].

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Tombe de Joseph Kessel au cimetière du Montparnasse à Paris.

Romans[modifier | modifier le code]

  • La Steppe rouge, Gallimard, 1922
  • L'Équipage, Gallimard, 1923 (nouvelle édition en 1969)
  • Vent de sable, Gallimard, 1929
  • Au camp des vaincus, ou la Critique du 11 mai, Gallimard, 1924 (avec Georges Suarez)
  • Rencontre au restaurant, À l'Enseigne de la Porte Étroite, 1925
  • Les Rois aveugles, Les Éditions de France, 1925
  • Mary de Cork, Gallimard, 1925
  • Mémoires d'un commissaire du peuple, Champion, 1925
  • Le Triplace, Marcelle Lessage, 1926
  • Makhno et sa Juive, EOS, bnnbn
  • Moisson d'octobre, La Cité des livres, 1926
  • Les Captifs, Gallimard (Grand prix du roman de l'Académie française), 1926
  • Le Thé du capitaine Sogoub, Au Sans Pareil, 1926
  • Naki le kourouma, 1926
  • Terre d'amour, Les Éditions de France, 1927
  • Nuits de princes, Les Éditions de France, 1927
  • La Rage au ventre, EOS, 1927
  • La Coupe fêlée. Un drôle de Noël, éditions Lemarget, 1929
  • En Syrie, Simon Kra, 1927
  • De la rue de Rome au chemin de Paradis., Les Editions du Cadran, 1927
  • La Femme de maison ou Mariette au désert, Simon Kra, 1928
  • Littérature rouge, Société de conférences de la Principauté de Monaco, 1927
  • Dames de Californie, Émile Hazan, 1928
  • Belle de jour, Gallimard, 1928
  • Les Nuits de Sibérie, Flammarion, 1928
  • La Règle de l'homme, Gallimard, 1928
  • Secrets parisiens, Éditions des Cahiers Libres, 1928
  • Le Coup de grâce, Les Éditions de France, 1931
  • De la rue de Rome au chemin de Paradis, Editions du Cadran, 1931
  • Fortune carrée, Les Éditions de France, 1932
  • Bas-fonds, Éditions des Portiques, 1932
  • Wagon-lit, Gallimard, 1932
  • Nuits de Montmartre, Les Éditions de France, 1932
  • Les Nuits cruelles, Les Éditions de France, 1932
  • Marchés d'esclaves, Les Éditions de France, 1933
  • Les Cœurs purs, Gallimard, 1934
  • Les Enfants de la chance, Gallimard, 1934
  • Stavisky, l'homme que j'ai connu, Gallimard, 1934
  • Le Repos de l'équipage, Gallimard, 1935
  • Une balle perdue, Les Éditions de France, 1935
  • Hollywood, ville mirage, Gallimard, 1936
  • La Passante du Sans-Souci, Gallimard, 1936
  • La Rose de Java, Gallimard, 1937
  • Comment est mort le maréchal Pétain, France Forever, Executive office, 1942
  • L'Armée des ombres, Charlot, 1943
  • Les Maudru, Julliard-Séquana, 1945
  • Le Bataillon du ciel, Julliard, 1947
  • Le Tour du malheur, Gallimard, 1950
    • La Fontaine Médicis
    • L'Affaire Bernan
    • Les Lauriers roses
    • L'Homme de plâtre
  • La Rage au ventre, La nouvelle société d'édition, 1950
  • La Nagaïka. Trois récits, Julliard, 1951
  • Le Procès des enfants perdus, Julliard, 1951
  • Au Grand Socco, Gallimard, 1952
  • Les Amants du Tage, Éditions du Milieu du monde, 1954
  • La Piste fauve, Gallimard, 1954
  • La Vallée des rubis, Gallimard, 1955
  • Témoin parmi les hommes, Del Duca, 1956 et Presses d'aujourd'hui, 1974 (illustrations de Richard de Prémare)
    • Le Temps de l'espérance
    • Les Jours de l'aventure
    • L'Heure des châtiments
    • La Nouvelle Saison
    • Le Jeu du Roi
    • Les Instants de vérité
  • La Petite Démente, Gallimard, 1958
  • Le Lion, Gallimard, 1958
  • Avec les Alcooliques Anonymes, Gallimard, 1960
  • Les Mains du miracle, Folio , 1960
  • Inde, péninsule des dieux, Hachette, 1960
  • Tous n'étaient pas des anges, Plon, 1963
  • Pour l'honneur, Plon, 1964
  • Nuits de Prince, Éditions Lidis, 1965 (illustrations de Gabriel Zendel)
  • Les Cavaliers, Gallimard, 1967
  • Un mur à Jérusalem, Éditions Premières, 1968
  • Les Fils de l'impossible, Plon, 1970
  • Des hommes, Gallimard, 1972
  • Le Petit Âne blanc, Gallimard, 1975
  • Les Temps sauvages, Gallimard, 1975
  • Jugements derniers, Christian de Bartillat, 1995

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Nouveaux contes. Le tocsin de pâques - Le typhique - Un tour du diable - Le commissaire de la mort - La loi des montagnes., Éditions des Cahiers Libres, 1928
  • Mermoz, Gallimard, 1939, biographie du pilote d'avion Jean Mermoz.
  • Paroles du Chant des partisans, avec son neveu Maurice Druon en 1943
  • Hong Kong et Macao, Gallimard, 1957
  • Avec les Alcooliques Anonymes, Gallimard, 1960
  • Les Mains du miracle, Gallimard 1960, biographie de Felix Kersten
  • Israël que j'aime, Sun, 1967
  • Terre d'amour et de feu. Israël 1925-1961, Plon, 1965
  • Il pleut des étoiles…Portraits de Stars de cinéma, Gallimard, 2003
  • Ami entends-tu… (propos recueillis par Jean-Marie Baron), La Table ronde, 2006.

Prix Joseph-Kessel[modifier | modifier le code]

Un prix littéraire, le prix Joseph-Kessel, récompense chaque année un écrivain qui s'inscrit dans la lignée du romancier. Le jury est composé de Tahar Ben Jelloun, Michèle Kahn, Pierre Haski, Gilles Lapouge, Jean-Marie Drot, Michel Le Bris, Erik Orsenna, Patrick Rambaud, Jean-Christophe Rufin et Olivier Weber.

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Adaptation et scénario[modifier | modifier le code]

Adaptation[modifier | modifier le code]

Scénario ou dialogues[modifier | modifier le code]

Texte[modifier | modifier le code]

Le rôle de Joseph Kessel est interprété :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.franceinter.fr/emission-cosmopolitaine-special-odeon-joseph-kessel Kessel à l'Odéon
  2. Yves Courrière, Joseph Kessel ou sur la piste du lion, France Loisir, , 960 p. (ISBN 2-7242-2827-8)
  3. (ru) Evrei Rossii - immigranty Francii, , 414 p. (ISBN 9785932730423, lire en ligne)
  4. http://www.franceinter.fr/evenement-exils-joseph-kessel
  5. Sur les traces de Kessel, article de ladepeche.fr
  6. « Exposition Joseph Kessel »
  7. « L'équipage de Joseph Kessel »
  8. Myriam Anissimov, Romain Gary, Le Caméléon, éditions Folio, 2006, chapitre 19, p. 145 et 147).
  9. Blog Maçonnique - Première version
  10. La musique et les paroles originelles en russe du Chant des partisans sont dues à Anna Marly.
  11. Michel Droit, « Réception de M. Michel Droit », sur Académie française,‎ (consulté le 21 mars 2009)
  12. « Joseph Kessel », sur rts.ch (consulté le 7 avril 2016)
  13. « kessel-une-passion-afghane », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. André Chamson, « Réponse de M. André Chamson au discours de M. Joseph Kessel », sur Académie française,‎ (consulté le 21 mars 2009)
  15. (fr) « Le soir où Joseph Kessel est mort », sur Bibliobs (consulté le 13 avril 2016)
  16. Kessel vu par Olivier Weber, à L'Odéon

Sources[modifier | modifier le code]

  • Yves Courrière, Joseph Kessel ou sur la piste du lion, Plon, 1985.
  • Marc Alaux, Joseph Kessel, La vie jusqu'au bout, Transboréal, 2015.
  • André Asséo, Rêver Kessel, Éditions du Rocher, 2004.
  • Olivier Weber, Kessel, le nomade éternel, Arthaud, 2006.
  • Olivier Weber, Lucien Bodard, un aventurier dans le siècle, Plon, 1997.
  • Jean-Marie Baron, Ami, entends-tu…, Gallimard, 2006.
  • Site de l'Académie française, Joseph Kessel

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]