Jacques Tardi

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Jacques Tardi
Paris - Salon du livre 2013 - Jacques Tardi - 004.jpg
Jacques Tardi lors du Salon du livre de Paris en mars 2013.
Naissance
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Jacques Tardi, né le à Valence (Drôme), est un auteur de bande dessinée et illustrateur français. Son œuvre, traduite en plusieurs langues, lui a valu une certaine notoriété et une reconnaissance critique au-delà même du monde de la bande dessinée. Lauréat du Grand prix de la ville d'Angoulême en 1985 et du Grand Prix Saint-Michel, en 1977 et 1979, il a reçu de nombreuses autres récompenses, dont trois autres prix du festival d'Angoulême, deux prix Max et Moritz (Allemagne) et deux prix Eisner (États-Unis).

Il est surtout connu pour Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, série inspirée par le roman-feuilleton de la Belle Époque, son travail sur la Première Guerre mondiale (C'était la guerre des tranchées), et ses adaptations des romans de Nestor Burma.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Né le à Valence[1], Jacques Tardi passe son enfance dans l'Allemagne d'après guerre avec son père, militaire de carrière.

Il fait ses études à l'École des Beaux-Arts de Lyon, puis à l'École des Arts décoratifs de Paris[2].

Il dessine sa première bande dessinée en 1958-1959, après la découverte des albums d'Edgar P. Jacobs[3] : La Marque verte, en référence au sixième album de Blake et Mortimer, La Marque Jaune.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il débute en 1972 avec le récit Rumeurs sur le Rouergue, pré-publié dans Pilote, sur un scénario de Pierre Christin (édité en album broché par Futuropolis en 1976).

En 1976, et à la demande de son éditeur Casterman[4], Tardi commence une série qu'il poursuit pendant de nombreuses années : les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec. En 1979, il publie le livre Ici-Même scénarisé par Jean-Claude Forest, prépublié l’année précédente dans À suivre. En 1982, il commence une autre grande série, celle des adaptations de Nestor Burma de Léo Malet avec Brouillard au pont de Tolbiac.

À la fin des années 1990, il crée le feuilleton radiophonique Le Perroquet des Batignolles avec Michel Boujut, diffusé en 1997 sur France Inter.

En novembre 2010, il publie chez Futuropolis une adaptation du roman de Jean-Patrick Manchette, La Position du tireur couché[5].

En 2012, il publie Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag II-B, à partir des souvenirs de la captivité de son père durant la Seconde Guerre mondiale.

Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 2013[6], il refuse cette distinction en indiquant ne vouloir « rien recevoir, ni du pouvoir actuel, ni d'aucun autre pouvoir politique quel qu'il soit »[7].

Le , il est parmi les signataires de l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence »[8],[9].

Jacques Tardi est décrit en 2018 comme « un artiste profondément engagé au service de la mémoire et de l'histoire contemporaine »[10].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jacques Tardi vit avec la chanteuse et traductrice Dominique Grange[11]. Ils se sont mariés le [12].

Engagement militant[modifier | modifier le code]

En mai 2018, Jacques Tardi est signataire d’une pétition en collaboration avec des personnalités issues du monde de la culture pour boycotter la saison culturelle croisée "France-Israël", qui selon l'objet de la pétition sert de « vitrine » à l'État d'Israël au détriment du peuple palestinien [13].

Style et univers[modifier | modifier le code]

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L'univers de Tardi est facile à résumer : les faubourgs de Paris, les anars, quelques monstres, des soldats et la guerre, et, partout, la misère qui poisse, la révolte… L'œuvre de Tardi est très explicite. De ses choix d'auteurs (adaptés, illustrés comme Céline, Daniel Pennac, Jean Vautrin, Léo Malet… ) se dégagent des cohérences affectives, imaginaires, mais aussi politiques.

Son style peut sembler proche de la ligne claire de Hergé, mais les ouvrages de Jacques Tardi ont une nette tendance à ridiculiser le concept du « héros », ses personnages peuvent être des antihéros complets, des victimes de la marche du monde sans prise (sauf accidentelle) sur celui-ci, voire de simples témoins refusant d'agir autrement que pour leur propre compte.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale est un événement omniprésent dans l'œuvre de Tardi. Toute l'œuvre de Tardi est ponctuée d'ouvrages qui lui sont directement consacrés (Adieu Brindavoine, La véritable histoire du soldat inconnu, Le Trou d'obus, Où vas-tu petit soldat ?etc.), ou dont l'action se situe autour de cette période (par exemple, les aventures d’Adèle Blanc-Sec débutent avant la guerre, et reprennent après la guerre). On note toutefois une évolution : les premiers ouvrages utilisent la guerre comme un support, un fond pour raconter une histoire de bande dessinée tandis que les ouvrages plus récents sur ce thème sont plus historiographiques, exposant crûment la chronologie et les faits de la « der des ders ».

C'était la guerre des tranchées est une bande dessinée qui montre la vie d'un soldat, son quotidien.

Son travail sur la Première Guerre mondiale, notamment C'était la guerre des tranchées et Putain de guerre est reconnu comme exceptionnel[14], notamment pour sa grande rigueur historique (grâce à la collaboration avec l'historien Jean-Pierre Verney[15]) et à la force qui se dégage de ces albums.

Une exposition au festival d’Angoulême a d'ailleurs été consacrée à cette partie de l’œuvre de Tardi où de nombreuses « planches » ont été exposées[16].

Pour finir, certains des détracteurs[Qui ?] de son œuvre lui reprochent son aspect partisan. En effet, il dénonce régulièrement, grâce à ses personnages et aux péripéties qu'ils rencontrent, le concept de patriotisme ainsi que les valeurs de la Nation française. Il accuse fermement la notion de nationalisme qu'il estime responsable de toutes les turpitudes et violences inter-étatiques du XXe siècle.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale est aussi présente dans l'œuvre de Tardi. De la même manière, si la Seconde Guerre mondiale servait de toile de fond (120 rue de la Gare (Tardi-Malet) par exemple), les récits plus récents sont plus bâtis comme des livres d'histoire et des romans biographiques (Moi, René Tardi, prisonnier au Stalag II-B).

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres publiées[modifier | modifier le code]

Albums de bande dessinée[modifier | modifier le code]

Illustrations[modifier | modifier le code]

Couvertures de romans[modifier | modifier le code]

Textes illustrés[modifier | modifier le code]

Sauf précision contraire, les œuvres suivantes sont des romans.

Recueils d’illustrations[modifier | modifier le code]

  • Mine de plomb, Futuropolis, 1985.
  • Chiures de gommes, Futuropolis, 1985.
  • Tardi en banlieue, avec Jean Vautrin (texte), Casterman, 1990.
  • Un strapontin pour deux, avec Michel Boujut (collaboration au texte), Casterman, 1995.
  • Tardi par la fenêtre, avec Michel Boujut (texte), Christian Desbois, 1996.
  • Tardi. Carnet, Jcmenu éditeur, 2001.

Illustration de jeux de société[modifier | modifier le code]

Feuilleton radiophonique[modifier | modifier le code]

Littérature jeunesse[modifier | modifier le code]

  • Le Voyage d'Alphonse (texte), avec Antoine Leconte (illustration), Duculot, 2003.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Documentation[modifier | modifier le code]

Articles et ouvrages[modifier | modifier le code]

Interviews[modifier | modifier le code]

  • Jacques Tardi (int. Jean-Marc Vidal), « Le Prem's des prem's », dans BoDoï no 19, novembre 1998.
  • Jacques Tardi (int. Numa Sadoul), Tardi, Niffle, coll. « Profession auteur de bande dessinée », 2000.
  • Jacques Tardi (int. David Alliot), « Entretien avec Jacques Tardi », dans Le Bulletin célinien no 316, février 2010.
  • Jacques Tardi (int. Vincent Genot et Laurent Raphaël), « Tardi, tireur d'élite », dans Focus Vif, 4 novembre 2011.
  • Jacques Tardi (int. Kim Thompson), « The Jacques Tardi Interview », dans The Comics Journal no 302, janvier 2013, p. T2-T91.
  • Jacques Tardi (int. Loran), « Tardi. Entretien[21] », Le Monde Libertaire, hors-série, dossier "14-18 : Morts par la France", no 57, septembre-octobre 2014.

Vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://livres.fluctuat.net/jacques-tardi.html.
  2. (Loiseau 2014)
  3. (Groensteen 1980), Repères Biographique.
  4. Voir (Loiseau 2014).
  5. Site actualitte.com, consulté le 18/12/2011.
  6. Décret du 31 décembre 2012 portant promotion et nomination.
  7. AFP, « Jacques Tardi refuse la Légion d'honneur », sur lefigaro.fr, (consulté le 2 janvier 2013).
  8. Collectif, « L'appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence » », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne).
  9. AFP, « État d'urgence : 58 personnalités revendiquent la liberté de manifester », Le Point,‎ (lire en ligne).
  10. La rédaction, « Tardi pose ses planches à Falaise et Bâle », dBD, no 128,‎ , p. 12
  11. Article de Rue89, pour la sortie du livre-disque 1968-2008... N’effacez pas nos traces !.
  12. Source : Jacques Tardi, « Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag II B », éd. Casterman, 2012, p. 77.
  13. « Contre la saison France-Israël », sur mediapart.fr, (consulté le 18 juin 2018)
  14. Christine Ferniot et J.B., « Les écrivains et la guerre », Lire,‎ L'iconographie de la Grande guerre doit beaucoup au génie de Jacques Tardi. Hanté par cette grande boucherie, dont il porte la mémoire familiale[...].
  15. Dominique Bry, « La putain de guerre de Jacques Tardi et Jean-Pierre Verney », Mediapart,‎  : Par son association avec Jean-Pierre Verney, spécialiste de la Grande guerre, Putain de Guerre s’inscrit dans le droit fil de cette démarche historiographique. En mêlant récit de fiction, mais avec le souci de la véracité et la rigueur de la reconstitution historique..
  16. Page officielle de l'exposition Tardi et la Grande Guerre.
  17. « Jacques Tardi refuse la Légion d'honneur »
  18. « Affiche de Et vogue le navire » [image], sur Kiobuy
  19. « Affiche d'Uranus » [image], sur Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
  20. « Affiche de Cookie's Fortune », sur Sens Critique
  21. « TARDI Entretien »

Liens externes[modifier | modifier le code]

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