Fiacre (hippomobile)

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Fiacre 1830 - Musée de Compiègne
Jonquard, cocher vainqueur de la Course des fiacres de Paris, le 13 novembre 1904 à Suresnes par La Presse (pneus Le Gaulois).

Le fiacre est un véhicule hippomobile ancien en général fermé à quatre places, quatre roues et parfois doté de suspensions. Le terme de fiacre répond plus à sa fonction qu'à un type particulier : le fiacre d'hiver, fermé, correspond à un coupé, tandis que la forme d'été, ouvert, est plutôt le cabriolet-milord.

C'était une voiture de louage conduite par un cocher qui réalisait des transports de personnes à la demande pour une durée déterminée. L'origine semble être la concession accordée en 1620 à des propriétaires de carrosses pour opérer ce type de transport. Sa fabrication en bois lui a valu l'appellation populaire de « sapin ».

Le terme de fiacre s'est étendu à tous les véhicules de louage hippomobiles et même automobiles dans les années 1900.

On rapporte que l'origine du nom[1] de cet ancêtre du taxi vient de l'enseigne de l'hôtellerie « à Saint-Fiacre » à Paris, à l'angle de la rue Saint-Martin et de l'impasse Saint-Fiacre, devant lequel stationnaient les premières voitures de louage. Cependant, certains évoquent d'autres origines possibles[2],[3].

Saint Fiacre est considéré comme le patron des taxis.

À la fin du XIXe siècle, les fiacres de Paris numérotés devant à la ville un droit de stationnement d'un franc par jour, plus un droit annuel, les propriétaires repoussaient chaque année le remplacement des voitures découvertes par les fiacres fermés au point qu'« Il ne faut rien moins chaque année qu'une campagne de la presse quotidienne pour obtenir que les loueurs de voitures et les compagnies » s'y décident. Arrivés en fin de vie - dix ans sur le pavé parisien -, ne pouvant plus être « réparés ni maquillés par un badigeonnage savant », leurs ferrures étaient exploitées par les Auvergnats de la rue de Lappe pendant que les boiseries étaient appréciées par les peintres pour leur stabilité. Les fiacres à quatre places avec galerie étaient propres au service des gares de Paris[4].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Symbole d'un Paris révolu et d'une époque à jamais disparue (celle du "moteur à crottin") les fiacres (argotiquement dénomés sapins) et leurs cochers (les "automédons" ou les "Collignons"[5]) se prêtaient parfois à des transports plus privés et plus intimes que prévu; Voitures fermées, beaucoup moins vitrées que les automobiles actuelles ils devenaient à l'occasion des alcôves pour adultères fugitifs. Le jeune avocat Léon Fourneau failit être écrasé par un cocher distrait par les ébats du couple qu'il véhiculait. Il en tira une chanson comique qui devint une "scie" (nous dirions un tube ou un Hit) qui apporta gloire et fortune à la chanteuse Yvette Guilbert [6]. C'était un thème de plaisanteries grivoises à la Belle époque et Alphonse Allais y consacra également un de ses contes humoristiques.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Joseph Jobé, Au temps des cochers, Lausanne, Edita-Lazarus, 1976. (ISBN 2-88001-019-5)

Hadrien Nouvelot, Les rois du pavé. Une histoire des fiacres parisiens (1855-1914), mémoire de master 2 d’histoire, D. Kalifa dir., Université Paris 1, 2011[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nom attesté dès 1650
  2. De l'origine du mot ... fiacre
  3. Frère fiacre
  4. L'édition de mars 1896 du Journal des connaissances utiles consacre un article de statistique au « Numérotage des fiacres » et évoque « ce fameux numéro 1, qu'on ne voit jamais, mais qui existe pourtant et est qui remise au dépôt Popincourt ... » .
  5. « collignon — Wiktionnaire », sur fr.wiktionary.org (consulté le 14 septembre 2017)
  6. © 2001 - 2016 - Paul Dubé / Jacques Marchioro, 222 rue Dominion, Bureau 45, Montréal, Canada H3J 2X1, « Texte de : Le Fiacre », sur dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net (consulté le 14 septembre 2017)
  7. Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - Marc-Olivier Lagadic, « Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne: Mémoires de M2 soutenus en 2011 », sur www.univ-paris1.fr (consulté le 31 janvier 2017)