Harmas de Jean-Henri Fabre

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Jean-Henri Fabre assis dans l'entrée de sa maison en 1914.

L'Harmas est un musée avec un jardin botanique consacré à l'entomologiste Jean-Henri Fabre et à ses travaux. Il est géré par le laboratoire d'entomologie du Muséum national d'histoire naturelle. Fabre passa les 35 dernières années de sa vie dans cette maison située sur la route d'Orange, à Sérignan-du-Comtat dans le Vaucluse.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'arrivée de Fabre et la naissance de l'Harmas[modifier | modifier le code]

Fabre à sa table de travail

En mars 1879, grâce à l'argent que lui rapporte la vente de ses livres, Jean-Henri Fabre achète une superbe propriété à huit kilomètres d'Orange, sur une terre non cultivée, qu'il nomme Harmas, soit « terre en friche » en provençal[1], à la sortie du village de Sérignan-du-Comtat[2]. Il pourra enfin, dans cette nouvelle demeure, se consacrer à son rêve de toujours, l'observation des insectes et fera de l’Harmas le premier « laboratoire vivant de la nature » et de l’entomologie.

« C'est là ce que je désirais, hoc erat in votis : un coin de terre, oh ! pas bien grand, mais enclos et soustrait aux inconvénients de la voie publique ; un coin de terre abandonnée, stérile, brûlé par le soleil, favorable aux chardons et aux hyménoptères[3]. »

En 1913, le président de la République Raymond Poincaré se rend à l'Harmas pour apporter l'hommage de la nation à Fabre[4]. Louis Pasteur ira lui aussi consulter Fabre à l'Harmas pour sauver le ver à soie français[5].

Jean-Henri Fabre y aura vécu de 1823 à 1915.

L'Harmas après Fabre[modifier | modifier le code]

En 1922, le Muséum d'histoire naturelle devient propriétaire du domaine

En 1955, près de 700 aquarelles d'une étonnante précision, peintes de la main de Fabre, ont été retrouvées dans les greniers de l'Harmas par son petit-fils, parmi lesquelles de nombreuses espèces méditerranéennes rares ou inconnues.

1998, l'Harmas est classé monument historique.

Restauré par le Ministère de la Culture et de la Communication, il est ouvert à la visite du public en 2006. La visite de l'Harmas de Sérignan fait partie de l'itinéraire culturel de nombreux touristes nippons.

L'Harmas[modifier | modifier le code]

La maison et le jardin de Jean-Henri Fabre à Sérignan-du-Comtat sont la propriété du Muséum national d'histoire naturelle.

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Fabre aménage son laboratoire dans l'aile gauche du bâtiment et garde le reste comme lieu de vie où il emménage avec femme et enfants.

Le cabinet de travail est consacré à l'étude, à l'observation et à l'écriture. Sa petite table de travail est toujours près de lui, suivant la lumière ou l'envie (il n'y a pas l'électricité à l'Harmas à cette époque-là). Elle n'a qu'un tiroir que Fabre oriente systématiquement à l'envers.

Son herbier comprend des spécimens de plantes à fleurs de la France méridionale et de la Corse et de nombreux cryptogames (mousses, algues et champignons), dont une majorité d'espèces microscopiques. La bibliothèque centrale abrite une collection importante d'aquarelles de champignons.

Dans la salle à manger typique du XIXe siècle, de nombreux travaux ont eu lieu : réfection du plancher, reprise du plafond et des murs, restauration de la tapisserie et des rideaux. Le cadre de vie de l'époque du naturaliste est parfaitement respecté.

Une bonne partie des 1 300 objets inventoriés dans la maison prennent place dans le cabinet de travail. Les grandes vitrines que Fabre avait fait réaliser par un menuisier local abritent les herbiers, les publications, les ouvrages et les collections naturalistes. Sur la cheminée, on peut voir un globe terrestre et une pendule offerte par les jeunes filles de l'institution Saint Martial d'Avignon.

La serre[modifier | modifier le code]

Attenante au cabinet de travail, exposée au midi, la petite serre froide est construite en 1880. Elle abrite des plantes gélives, la collection de pélargonium en culture, quelques plantes exotiques et d'autres plantes qui sont mises à l'abri en hiver.

Les jardins[modifier | modifier le code]

Plusieurs sentiers, bassin, potager, 20 arbres historiques et de plus de 500 espèces végétales différentes[6]. Le jardin est composé d'une partie fleurie et d'une partie plantée de grands arbres dont certains l'ont été par Fabre lui-même, son potager, son bassin, sa fontaine et son lavoir. Les abords de la maison sont réservés aux activités quotidiennes.

Le jardin abrite les espèces végétales et variétés d'arbustes et de plantes méditerranéennes plantées par Fabre et ses successeurs. Une variété de tulipes, que l'on croyait disparue, a même été retrouvée. La terre en friche a retrouvé sa place d'origine, là où Fabre laissait pousser les herbes folles. Dans ces parcelles de terre se côtoient cistes, lavandes, chardons, ronces, chélidoines, diplotaxis, centaurées. La propriété est riche de la plupart des arbres de Provence.

Les documents[modifier | modifier le code]

Selon le Guide des Ressources Documentaires en Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, les documents sont les suivants[7] :

  • Fonds manuscrits non administratifs postérieurs à 1790 : fonds Jean-Henri Fabre : correspondance, manuscrits d'ouvrages scientifiques, herbiers, notes d'observations, etc.
  • Fonds imprimés XIXe-XXIe siècle : environ 300 volumes, dont œuvres complètes de Jean-Henri Fabre (environ 100 volumes), botanique, zoologie, entomologie, et sur demande particulière : fonds Lucien Gérin (1600 vol. de sciences naturelles, physique, chimie, mathématiques, littérature, art, histoire, géographie) et fonds P. Teocchi (environ 400 volumes, entomologie et varia).
  • Thèses : deux thèses de Fabre, botanique et zoologie
  • Périodiques et journaux : environ 300 titres
  • Fonds photographiques et cartes postales : environ 300 documents et clichés sur Fabre et sur l'Harmas et 594 diapositives des aquarelles de champignons.
  • Fonds musicaux (imprimés et manuscrits) : 10 documents dont trois partitions manuscrites de Jean-Henri Fabre et quelques partitions d'Anthony Réal
  • Gravures, estampes et dessins : 594 aquarelles peintes par Fabre, représentant les champignons de la région
  • Monnaies, médailles et antiques : environ 300 documents, dont monnaies romaines (quelques exemplaires de la colonie de Cavaillon) et papales
  • Objets et tableaux : fonds propres du musée (entomologie, géologie, zoologie, botanique, archéologie, etc.), meubles, bibelots, objets personnels et tableaux représentant Fabre et des membres de sa famille et jardin-parc conservé et entretenu, tel que l'avait conçu Fabre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. h Harmas sur Wiktionnaire
  2. Notice biographique dans 18 mai 2006 : Réouverture partielle de l’Harmas de Jean-Henri Fabre doc PDF
  3. Jean-Henri Fabre, Souvenirs entomologiques, IIe série, I, L'Harmas.
  4. : Maison natale Jean-Henri Fabre
  5. Jean-Henri Fabre, Souvenirs entomologiques, IXe série, XXIII' Le scorpion languedocien. La famille
  6. l’Harmas de Fabre sur mnhn.fr
  7. Guide des Ressources Documentaires en Région Provence-Alpes-Côte d'Azur sur documentation-provence.org

Bibliographie et documents[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Ouvrages:

  • Georges-Victor Legros, Jean-Henri Fabre, naturaliste, Delagrave, Paris, 1910
  • Georges-Victor Legros, La Vie de Jean-Henri Fabre, naturaliste, Delagrave, Paris, 1912
  • Anne-Marie Slézec, Jean-Henri Fabre en son harmas de 1879 à 1915, Édisud, Aix-en-Provence, 2011

Film et documents annexes:

  • Henri Diamant-Berger, Monsieur Fabre, Éditions Montparnasse, 1951, cassette vidéo VHS (h 25), DVD Pathé-Vidéo (2007).

Liens externes[modifier | modifier le code]

44° 11′ 15″ N 4° 50′ 25″ E / 44.1875, 4.84028