Jardin royal des plantes médicinales

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Jardin royal des plantes médicinales
Image illustrative de l'article Jardin royal des plantes médicinales
Le Jardin du roi, gravure de Frédéric Scalberge (1636), entre la rue du Jardin du Roy actuellement Geoffroy St-Hilaire, et le canal des Victorins
Géographie
Pays Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Commune Paris
Histoire
Création 1631 à 1793, devient le Jardin des plantes
Caractéristiques
Essences plantes médicinales
Gestion
Propriétaire Roi de France
Lien Internet http://www.mnhn.fr/fr/visitez/lieux/cabinet-histoire-jardin-plantes
Localisation
Coordonnées 48° 50′ 38″ nord, 2° 21′ 24″ est

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Le Jardin royal des Plantes médicinales est un jardin botanique situé à Paris, en France. Créé par le médecin parisien Guy de La Brosse en 1626, il est connu aujourd'hui sous le nom de Jardin des Plantes. Il abrite depuis 1793 le Muséum national d'histoire naturelle. Le jardin était couramment appelé le Jardin du Roi sous l'Ancien Régime, à ne pas confondre avec le Jardin du Roi, bosquet du Jardin de Versailles.

C’est l’une des plus anciennes institutions scientifiques française, avant la création de l’Académie des sciences (1666) et l’Observatoire de Paris (1672)[1].

Historique[modifier | modifier le code]

La naissance du jardin 1626-1640[modifier | modifier le code]

Prémices[modifier | modifier le code]

La création d'un jardin des plantes à Paris s'inscrit dans un mouvement intellectuel européen, qui voit naître au XVIe siècle ces espaces destinés à l'étude de la botanique et aux soins par les plantes : Padoue, 1545 , Pise, 1546 ; Bologne, 1568 ; Leyde, 1577 ; Leipzig, 1579... se dotent de très grands établissements. En 1593, Henri IV fonde celui de Montpellier, place protestante et siège d'une célèbre faculté de Médecine[2].

Si, dans la capitale, il existait des jardins médicinaux depuis le Moyen Âge, c'est en 1597 seulement que la faculté de Médecine se dote d'un "jardin des herbes" rue de la Bûcherie, confié aux soins de Jean Robin. Il ferme en 1617, et dès l'année suivante, le savant Jean Robin publiait une Request au Roy pour l'establissement d'un Jardin royal en l'Université. Cette idée est également défendu dès 1616 par un médecin parisien, Guy de La Brosse (v. 1586-1641)[2].

Habile, plein de bon sens et tenace, ce spécialiste de botanique médiale finit par intéresser la Couronne à son projet. Avec l'aide du cardinal de Richelieu, du surintendant des Finances Claude Bullion et du premier médecin du roi, Jean Hérouard, il obtient l'édit royal de janvier 1626 portant création d'un "jardin des plantes médicinal". La surintendance en était confié à Hérouard et l'intendance à lui-même. Guy de La Brosse dut cependant batailler pour que son projet aboutisse : la mort du surintendant à La Rochelle en 1628, l'hostilité contante de la faculté de médecine dont le Jardin était indépendant, me le découragèrent pas. En février 1633, il réussit à acquérir des héritiers du magistrat Daniel Voysin une grande propriété aux portes sud-est de Paris, dans le faubourg Saint-Victor, (d'après l'abbaye Saint-Victor)[2]. Cette « Terre d'Alez » où un apothicaire, Nicolas Houël, avait dispensé à la fin du XVIe siècle des cours d'herboristerie contient alors une jolie petite rivière la Bièvre (affluent de la Seine).

L'édit royal de mai 1635[modifier | modifier le code]

Portrait de Guy de La Brosse, d'après un buste de Matte, déposé au Muséum, Jules Pizzetta, 1893

En mai 1635, Louis XIII consacre cette fondation et son implantation parisienne par un nouvel édit, enregistré en 1638 contre toutes les oppositions : Guy de la brosse a définitivement gagné. En 1640, après plusieurs années de travaux et d'aménagement et la première publication, en 1636, d'une première recension des cultures, le nouveau jardin pouvait ouvrir ses portes au public. Outre plusieurs milliers de plantes et un petit labyrinthe aménagé sur une butte artificielle, qu'il appelait sa "montagnette", Guy de la brosse obtient la création de cours également indépendants de la faculté et relevant directement du roi, comme les enseignements du Collège de France, créé en 1530. Trois professeurs, appelés "démonstrateurs", enseignaient la botanique à un public qui venait librement[1]'[2].

Le projet suscite de nombreuses oppositions notamment de la part de la faculté de médecine de l’Université de Paris qui y voit un concurrent à son propre enseignement, d’autant que les cours sont ouverts à tous et donnés non en latin, mais en français. Ce n’est pas la seule nouveauté : certains sujets, comme la circulation du sang, y sont enseignés alors qu’ils sont encore critiqués par la faculté. Des enseignants viennent de l’Université de Montpellier, grande rivale de l’Université de Paris. Pour apaiser un peu les tensions, Louis XIII décide d’autoriser l’enseignement mais ne permet pas au Jardin d’y dispenser de diplômes, et le Jardin ne comptera, à la Révolution, que trois postes de professeurs : botanique, anatomie et chimie.

Colbert stimule la recherche 1671[modifier | modifier le code]

En 1671, à la mort d'Antoine Vallot, dont la gestion avait été taxée de négligence, Colbert fait réunir, par déclaration royale, la surintendance du jardin par celle des Bâtiments royaux dont il est alors pourvu. Le premier médecin du roi, Antoine d'Aquin, continue d'assurer la direction technique du Jardin, mais doit se contenter du titre d'intendant, sous la direction de Colbert.

En 1664 Antoine Vallot avait fait appel à au jeune Fagon, petit-neveu de Guy de La Brosse, pour récolter des plantes en France. Il lui fait parcourir le Midi de la France, les Alpes et les Pyrénées, et de repeupler le jardin que la négligence ou la mauvaise volonté des Bouvard avait laissé dépérir. Il devient en 1671 le « sous-démonstrateur » du Jardin des Plantes. En 1693 la disgrâce de d'Aquin lui vaut la charge de premier médecin de Louis XIV, et du même coup l'intendance du Jardin royal.

Fagon s’entoure d’une équipe brillante, dans laquelle figurent Christophe Glaser, Antoine-Laurent de Jussieu et Joseph Pitton de Tournefort, son suppléant, qui entre à l'Académie royale des Sciences en 1691.

Ils plantent aussi en arboretum la « butte Coypeau » (ou « des Copeaux »), qui devient alors le « Labyrinthe du Jardin des Plantes », au croisement des actuelles rues Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire.

Le poste de « concierge et directeur de la culture des plantes du jardin royal » est créé le 9 novembre 1674 par Colbert pour Nicolas Marchant, qui l'occupe jusqu'à sa mort, en 1678. Jean Marchant, son fils, lui succède de 1678 à 1694, date à laquelle la charge est supprimée par Tournefort. Au Jardin du Roi les deux hommes de l'Académie des Sciences disposent d'un terrain spécial et indépendant, appelé le « petit jardin », non loin de l'actuelle rue Geoffroy-Saint-Hilaire et de l'ancien amphithéâtre utilisé par les académiciens. Les Marchants cultivent un grand nombre d'espèces étrangères ou rares : la seule année 1680, Jean Marchant fait « venir des pays étrangers plus de cinq cents différentes graines ou plantes qui ne se trouvent point en ces pays. Il les cultiva, et à mesure qu'elles fleurissoient, il en faisoit la description, les fournissoit au laboratoire pour les analyser et au dessinateur de l'Académie pour en faire les desseins »[3].

Le règne de Buffon 1738 - 1788[modifier | modifier le code]

En 1718, le Jardin royal des plantes médicinales devient le Jardin royal des plantes. Buffon est nommé intendant du jardin en 1739, le fait largement agrandir et règne en maître sur les lieux pendant près de 50 ans. Il fait ériger un belvédère au sommet du Labyrinthe et, en contrebas, un grand amphithéâtre pour les cours. De jardin d'apothicaire, il transforme le Jardin des Plantes en centre de recherche et en musée, faisant planter des arbres qu'on lui fait parvenir du monde entier. Dès lors, profitant des ressources que lui offre le grand établissement qu'il dirige et qu'il ne cesse d'enrichir, il entreprend de « tracer le tableau de la nature entière ». Excellent administrateur, propriétaire terrien et juriste de formation, il agrandira le jardin, à partir de 1771, d'environ un tiers, vers l'ouest et la Seine (actuelle Ménagerie) et vers le sud sur la rive droite de la Bièvre (« clos Patouillet », actuel îlot Poliveau[4]), en faisant exproprier les propriétaires des parcelles à acquérir. Il fait forger à Montbard les éléments de l'un des premiers édifices métalliques au monde, la « gloriette du Labyrinthe » ou « gloriette de Buffon ».

Transition sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Lors de la Révolution française, le « Jardin des plantes » et ses installations (laboratoires, galeries, collections, amphithéâtres, bibliothèque...) ainsi que le « clos Patouillet », propriété de Buffon sur les deux rives de la Bièvre au sud du Jardin[5], deviennent le Muséum national d'histoire naturelle.

Direction[modifier | modifier le code]

Surintendants[modifier | modifier le code]

Intendants[modifier | modifier le code]

Listes des titulaires des chaires[modifier | modifier le code]

Chaire de botanique[modifier | modifier le code]

Chaire principale : Chaire de professeur[modifier | modifier le code]

Chaire secondaire : Chaire de démonstrateur[modifier | modifier le code]

Chaire de chimie[modifier | modifier le code]

Chaire principale : Chaire de professeur[modifier | modifier le code]

Chaire secondaire : Chaire de démonstrateur[modifier | modifier le code]

Chaire d’anatomie[modifier | modifier le code]

Chaire principale : Chaire de professeur[modifier | modifier le code]

Chaire secondaire : Chaire de démonstrateur[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Contant, L’Enseignement de la chimie au Jardin Royal des plantes, Cahors, Université de Strasbourg, 1952.
  • Stéphane Déligeorges, Alexandre Gady et Françoise Labalette, Le Jardin des Plantes et le Muséum national d'histoire naturelle, Monum, Paris, 2004, 64 p., (ISBN 2-85822-601-6).
  • E.-T. Hamy, « William Davisson », dans Nouvelles archives du Muséum, Paris, Masson et Cie, 1898.
  • Philippe Jaussaud et Édouard-Raoul Brygoo, Du Jardin au Muséum en 516 biographies, 630 p., Muséum national d'histoire naturelle, Paris, 2004, (ISBN 2-85653-565-8).
  • Yves Laissus, Jean Torlais, Le Jardin du Roi et le Collège Royal dans l’enseignement des sciences au XVIIIe siècle, Paris, Hermann, 1986.
  • Christine Lecornu-Lehman, Gabriel-François Venel (1723-1775). Sa place dans la chimie française du XVIIIe siècle, Paris X Nanterre, Épistémologie, histoire des sciences et des techniques, Paris, 2006.
  • Adrien Moisan, L’Expertise au cœur des affaires d’empoisonnements de la fin du XVIIe siècle. Un miroir de l’apothicairerie parisienne entre 1672 et 1682, Paris I - Panthéon-Sorbonne, Laboratoire d'Histoire des Sciences, rue Mahler, Paris, à consulter sur : [1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Jardin des Plantes - Paris.fr », sur equipement.paris.fr (consulté le 18 novembre 2016)
  2. a, b, c et d « Cabinet d’Histoire du Jardin des Plantes », Muséum national d'Histoire naturelle,‎ (lire en ligne)
  3. Fontenelle, Histoire de l'Académie royale des Sciences, t. 1, Paris, (lire en ligne), « Année 1680 », p. 307
  4. Le « clos Patouillet » est une ancienne propriété de Buffon : Association de prévoyance et de secours mutuels des médecins du département du Nord, Annuaire 1976 - 1977, p. 662.
  5. Le « clos Patouillet » dans Histoire de Paris par Michel Fleury et Jeanne Pronteau, Librairie Droz, p. 662.

Articles connexes[modifier | modifier le code]