Ruche

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Une ruche est une structure artificielle, presque fermée, abritant une colonie d'abeilles butineuses qui vit, produit du miel et élève de nouvelles générations d'abeilles.

Illustration du tacuinum sanitatis, une ruche
Intérieur d'une ruche

La ruche est l’unité de vie construite par l’apiculteur pour accueillir une colonie d’abeilles. Il s'agissait autrefois d'une structure tressée ou creusée dans un tronc mort. Il s'agit aujourd'hui généralement d'une caisse de bois.

Dans tous les cas, l’intérieur de la ruche est composé de rayons formés par des cellules hexagonales de cire d'abeille. Les abeilles utilisent les cellules pour le stockage de la nourriture (miel et pollen), et pour le renouvellement de la population (œufs, larves et nymphes). Seules deux espèces du sous-genre Apis ont pu être domestiquées (Apis mellifera en Occident et Apis cerana en Orient).

L’enruchage ou l’enruchement est l'action de peupler d'abeilles une ruche[1] .

Un groupe de ruches est un rucher.

Les ruches naturelles[modifier | modifier le code]

À l'état naturel, les abeilles sauvages s’installent dans diverses anfractuosités situées généralement en hauteur, troncs creux, falaises, constructions humaines dont les cheminées. À défaut, elles s’établissent à l'air libre, sous une branche d'arbre.

Les ruches traditionnelles[modifier | modifier le code]

Ruche traditionnelle en osier recouvert de torchis, musée de plein air de Bran, Roumanie.

On peut dire que les ruches traditionnelles, en paille, ne font qu'apporter une enveloppe à la colonie des abeilles. Parce qu'il n'y a pas de structure à l'intérieur d'une ruche traditionnelle, les abeilles remplissent leur ruche de miel, déposé dans des alvéoles de cire, appelés alvéoles à miel.

L'alvéole à miel se lie fortement, et on ne peut le déplacer sans le détruire. Donc, la récolte du miel détruisait en général la ruche, malgré les modifications apportées pour éviter sa destruction.

On extrayait en général le miel des ruches traditionnelles par pressage ou tapotage, ce qui écrasait les alvéoles faits de cire. À cause de cette méthode de récolte, les ruches en paille fournissaient plus de cire mais moins de miel qu'une ruche moderne.

En général, on n'utilise plus de ruches en paille, et, de plus, elles ont été déclarées non réglementaires dans beaucoup de pays : elles ne permettent pas d'inspecter les abeilles et les alvéoles pour détecter les maladies et les parasites, sans destruction des alvéoles, et souvent de la colonie.

Il y a quatre sortes de ruches traditionnelles : les ruches en tuiles, les ruches en paille ou en osier, les ruches de gomme, les ruches-troncs. En France, ce dernier type de ruche se rencontrait notamment dans les Cévennes[2].

Il existe également des ruches emmurées, notamment dans la Manche.

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La ruche moderne[modifier | modifier le code]

Corps de ruche Langstroth à cadres mobiles.
Ruche pastorale Dadant.

L'apiculture moderne a apporté les ruches divisibles, à cadres amovibles, facilitant la conduite des ruches.

Aux XIXe et XXe siècles, la recherche d’une apiculture rationnelle, et une approche scientifique de l’apiculture ont conduit à la mise au point des ruches modernes, qui se caractérisent par l’adoption de cadres amovibles, de dimensions précises et standardisées.

Réducteur d'entrée et grille pour protéger la ruche de frelons.

Les cadres amovibles permettent d'intervenir dans la ruche sans la détruire. Les rayons construits par les abeilles peuvent être facilement extraits et remis en place. Ils sont bâtis dans les cadres, ou suspendus à des barres ou barrettes sur lesquelles l'apiculteur a placé des amorces de rayons.

Il existe deux grandes familles de ruches :

  • celles qui peuvent être agrandies par empilement vertical d'éléments standard, dites ruches divisibles ;
  • celles qui peuvent être agrandies par ajout de cadres, latéralement.

Les dimensions des ruches verticales varient en fonction du nombre d'éléments empilés, les horizontales ont toujours le même aspect extérieur, et elles sont assez spacieuses pour accueillir des rayons supplémentaires, au fur et à mesure du développement de la colonie.

Les ruches portent souvent le nom de leur inventeur. Les ruches verticales à cadre, les plus courantes en France, sont les ruches Dadant, Langstroth (en), et Voirnot. On trouve aussi la Zander, qui se répand depuis l'Allemagne. Les ruches Warré et Climatstable sont divisibles, à barrettes et donc à rayons fixes.

Parmi les ruches horizontales à cadre, il faut citer la ruche mise au point par De Layens, et perfectionnée par Jean Hurpin. Actuellement, la ruche à barres Top-Bar, adaptée aux régions chaudes, et de faible coût, suscite un vif intérêt, autant dans les pays en voie de développement que dans les plus développés.

La ruche divisible type se compose d’un empilement de caissons, de hauteur égale, du type Langstroth ou hausses Dadant[3], ouverts au-dessus et en dessous.

Cet empilement repose sur un plancher, débordant sur un côté, et constituant une plate-forme, appelé planche d'envol. La planche d'envol peut être remplacée par un grillage fin pour permettre l'évacuation du varroa lors de la toilette des abeilles. C’est par là que les abeilles sortent de la ruche et y rentrent. La première caisse porte le nom de corps de ruche : c’est le domaine privé des abeilles. Tout ce qui est entreposé dans le corps appartient aux abeilles, il contient assez de provisions pour qu’une colonie d’abeilles passe l’hiver. Les caisses suivantes sont des hausses, c’est le domaine de l’apiculteur, d’où il tire le miel. Le tout est assorti d’un couvercle, dit couvre-cadre, et, pour finir, d’un toit. Le corps et les hausses contiennent des cadres suspendus verticalement, sur lesquels les abeilles vont bâtir leurs rayons. Le corps peut être séparé des hausses par une grille à reine. Cela évite que la reine ponde dans les hausses. Ces cadres sont amovibles : l’apiculteur pourra les sortir un à un de la ruche. Il pourra les remplacer, les placer dans une autre ruche, vérifier l’état de la colonie, etc. Les différents modèles de ruches se distinguent par leurs dimensions et le nombre de leurs cadres. Les ruches sont presque toujours construites en bois. Malgré le capital sympathie du bois, ce matériau présente toutefois quelques inconvénients : incrustation de maladies dans les fibres, tenue dans le temps, nettoyage difficile, peinture régulière, coût à long terme.

Depuis les années 2010, les ruches se modernisent de nouveau, avec l'apparition de thermo-ruches. Conçues en matériau PEHD, ces nouvelles ruches se prévalent d'une isolation sans pont thermique, d'un système de ventilation, et d'une meilleure résistance aux intempéries et aux incrustations. Certaines gammes incorporent une instrumentation permettant la surveillance du rucher et des colonies d'abeilles.

En 2015, des apiculteurs australiens, Stuart et Cedar Anderson, ont lancé un financement participatif sur la plateforme Indiegogo[4] pour une ruche appelée Flow qui permet de récolter du miel sans l'ouvrir et en dérangeant donc moins les abeilles. Les alvéoles s'ouvrent en deux et laissent échapper le miel lorsque l'apiculteur actionne un robinet. Ce projet a récolté plus de 12 000 000 dollars américains au 20 juin 2015 alors que l'objectif était de 70 000 dollars, objectif largement atteint et considérablement dépassé. Ce principe innovant a été publié par un grand nombre de médias, y compris non spécialisés[5].

En Afrique[modifier | modifier le code]

L'apiculture avec des ruches commence à être pratiquée en Afrique où souvent, c'était traditionnellement les essaims d'abeilles sauvages qui étaient exploités.

La modernisation des ruches dans le cadre de projets de développement rural permet de rentabiliser et rationaliser l'exploitation. Elle joue un rôle appréciable dans le développement économique local.

Symbolique[modifier | modifier le code]

Calendrier républicain[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Hoyoux, Le vocabulaire de l'apiculteur, Presses Agronomiques de Gembloux,‎ 2002 (lire en ligne), p. 104
  2. Les ruches traditionnelles, sur le site La ruche sauvage. Consulté le 14 août 2012.
  3. http://same-apiculture.colinweb.fr/Installation-de-hausses
  4. (en) Flow Hive: Honey on Tap Directly From Your Beehive, projet sur le site indiegogo.com
  5. (en) Media & Letters. Look who's talking about Flow hives sur le site honeyflow.com
  6. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 25.
  7. Claude Merle (photogr. JJ Raynal), J'installe une ruche dans mon jardin, Terre vivante, coll. « Facile & Bio »,‎ , 120 p. (ISBN 978-2-36098-149-6)