Orang-outan

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le genre de singes. Pour l'ouverture échiquéenne, voir Début orang-outang.

Les orangs-outans (Pongo) forment un genre de singes anthropoïdes de la famille des Hominidés. Ils sont répandus en Insulinde, plus précisément dans les îles de Bornéo et Sumatra.

Origine et génétique[modifier | modifier le code]

Les orangs-outans intéressent beaucoup les généticiens et les biologistes qui étudient l'évolution humaine car ils appartiennent à la super-famille des primates hominoïdes mais possèdent une diversité génétique[1]' [2] plus riche que les autres grands singes, n'ayant pas subi de réduction de variation génétique (du moins jusqu'à aujourd'hui), contrairement aux espèces d'origine africaine.

Le caryotype des orangs-outans est diploïde, avec 2n = 48 chromosomes, comme pour tous les autres grands singes à l'exception des humains. La taille du génome des deux espèces d'orang-outan est comparable à celle de l'espèce humaine. La date de sa divergence d'avec la lignée humaine est estimée à 12-14 millions d'années, ce qui le place en tant qu'espèce à un point médian dans l'évolution des primates. Ceux-ci auraient commencé à diverger d'avec les lignées humaines il y a 25 millions d'années selon Chen et Li 2001[3]' [4]. Le caryotype de l'orang-outan est le plus proche de l'hominoïde ancêtre commun à l'espèce humaine et aux grands singes[5]. Selon les critères adoptés, ils auraient environ 3 à 4 % de différences génétique avec l'espèce humaine[3].

Le nom « orang-outan » vient du malais orang hutan, qui signifie littéralement « homme de la forêt ». La forme « orang-outang » est erronée.

Génome[modifier | modifier le code]

Le génome des orangs-outans a été séquencé en janvier 2011[6]. Il fait apparaître une similarité à 97% avec le génome humain[7]. Après les humains et les chimpanzés, les orangs-outans sont devenus la troisième espèce d'hominidés à avoir leur génome séquencé. L'origine du séquençage du génome est basé sur un individu femelle captif appelé Susie[6].

Les chercheurs ont également publié des copies moins complètes de dix orangs-outans sauvages, cinq de Bornéo et cinq de Sumatra. Il a été constaté que la diversité génétique était plus faible chez les orangs-outans de Bornéo (Pongo pygmaeus) que chez ceux de Sumatra (Pongo abelii), bien que ceux de Bornéo soient six ou sept fois plus nombreux que ceux de Sumatra. La comparaison a montré que ces deux espèces ont divergé il y a autour de 400 000 ans, soit plus récemment qu'on le pensait. On a également constaté que le génome des orangs-outangs a évolué beaucoup plus lentement que celui des chimpanzés et de l'homme[6].

Les chercheurs espèrent que ces données pourront aider à sauver les grands singes en voie de disparition, et s'avéreront également utiles pour une meilleure compréhension des maladies génétiques humaines[6].

Distribution[modifier | modifier le code]

Distribution

Les espèces de ce genre se rencontrent à Sumatra et à Bornéo en Indonésie et en Malaisie. Autrefois l'on trouvait également des orangs-outans sur l'île de Java.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Selon Mammal Species of the World (26 févr. 2011)[8] et NCBI (26 févr. 2011)[9] :

Principales caractéristiques[modifier | modifier le code]

La taille moyenne des orangs-outans est de 1,10 à 1,40 m pour 40 à 80 kg. Ils peuvent vivre de 30 à 40 ans.

La gestation dure 245 jours. Les jeunes orangs-outans voyagent accrochés au dos ou au ventre de leur mère pendant plus de deux ans. Les naissances sont espacées, avec un intervalle d'environ huit ans en moyenne.

Les orangs-outans sont parmi les plus arboricoles des grands singes. Ils passent la majeure partie de leur temps dans les arbres, à la recherche de nourriture. L'animal se nourrit la plupart du temps de fruits, de jeunes pousses, d'écorce, de petits vertébrés, d'œufs d'oiseaux et d'insectes. Voilà pourquoi Anne Russon, qui étudie l'intelligence des grands singes à l'université York, s'est étonnée d'observer une nouvelle activité des orangs-outans vivant autrefois en captivité et relâchés à Bornéo : la pêche. Chaque nuit, ils fabriquent un nouveau nid perché entre 12 et 18 mètres au-dessus du sol.

Comportement[modifier | modifier le code]

Intelligence[modifier | modifier le code]

Comme les autres grands singes, les orang-outans sont remarquablement intelligents. Au milieu des années 1990, une population d'orang-outans a été observée utilisant régulièrement des outils pour s'alimenter[10],[11]. Cela avait déjà été montré auparavant chez des chimpanzés par Jane Goodall dans les années 1960[12].

Un article paru dans Science en 2003 apporte des preuves de l'existence d'une culture propre aux orang-outans[13].

Plus récemment, une expérience conduite par des chercheurs allemands de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste de Leipzig a permis de mettre en évidence les capacités intellectuelles des orang-outans. Des chercheurs ont présenté à 5 orang-outans femelles de 7, 11, 17 et 32 ans, venant d'un zoo local, une grosse cacahuète flottante sur de l'eau, dans une longue éprouvette verticale transparente fixée à une paroi. Le niveau d’eau était trop bas pour que les singes puissent attraper la cacahuète avec les doigts. Un récipient d’eau était mis à leur disposition dans la pièce. Les orang-outans ont rapidement compris qu'en prenant de l’eau dans leur bouche pour la recracher dans l’éprouvette, ils feraient monter le niveau de l’eau et pourraient attraper la cacahuète et la manger. Il a fallu 9 minutes en moyenne pour qu’ils le fassent ; à la dixième expérience, 30 secondes leur suffisaient pour attraper et manger la friandise. Aucune autre méthode ne permettait de récupérer et manger la cacahuète[14].

Sociabilité[modifier | modifier le code]

Les adultes mâles sont solitaires durant une grande partie de leur vie mais communiquent par des cris puissants, perceptibles à 1 km au moins, pour marquer leur territoire et sans doute pour appeler les femelles. Les femelles sont moins solitaires puisqu'elles accompagnent leurs petits jusqu'à l'âge de 3 ans et demi environ. Elles accordent une grande attention au jeune et les naissances (un seul petit) sont rares (une tous les 8 ans). Le mâle n'est sexuellement mûr qu'entre 7 et 10 ans.

Agressivité et relations sociales[modifier | modifier le code]

Bien que les orang-outans soient généralement passifs, les agressions entre individus sont courantes ; ce sont des animaux solitaires qui peuvent être férocement territoriaux. Les mâles non mûrs essayent de s'accoupler avec n'importe quelle femelle et peuvent réaliser de force des copulations avec des femelles immatures, pas encore assez fortes pour parer ces avances. Au contraire, les femelles adultes détournent facilement les jeunes prétendants, préférant s'accoupler avec les mâles mûrs.

Les orang-outans sauvages sont connus pour leurs visites des installations humaines de recueil des jeunes orang-outans abandonnés, communiquant avec eux et peut-être aidant ainsi leur retour à la vie sauvage.

Reproduction[modifier | modifier le code]

L'orang-outan commence à se reproduire entre 7 et 10 ans. L'orang-outan n'a pas de saison des amours privilégiée.

La gestation dure 9 mois. La mère donne naissance à un seul petit. Les jumeaux sont rares. Les naissances sont espacées de plusieurs années.

Homosexualité[modifier | modifier le code]

Des comportements homosexuels avaient parfois été observés en zoos chez les mâles. On les a souvent d'abord expliqué par la captivité ou l'absence de femelle dans un groupe. Comme pour de nombreux autres primates, de tels comportements sont aussi observés en forêt, dans la nature, chez des orang-outans tout à fait sauvages. Ce fut le cas par exemple à Sumatra, lors d'études portant sur deux lieux et populations différentes de Pongo abelii[15]. Le comportement homosexuel des singes ne découle donc pas d'une privation de liberté en zoo, ni du contact avec des humains. Les chercheurs estiment généralement qu'il s'agit de comportements agonistiques (établissant des relations de dominance et/ou de rivalité) voire, pour partie, de jeux lors desquels les jeunes apprennent ou testent leur sexualité.

Menaces et protection[modifier | modifier le code]

Pongo abelii est sur la liste rouge de l'IUCN, dans la catégorie en danger critique. En 2011, le déclin démographique évalué de ces orang-outans dépasse les 80 % au cours des 75 dernières années.

Pongo pygmaeus est sur la liste rouge de l'IUCN, dans la catégorie en danger. En 2011, le déclin démographique évalué de ces orang-outans dépasse nettement les 50 % au cours des 60 dernières années.

La survie des orangs-outans dans la nature est grandement menacée par le développement des activités humaines et en particulier la déforestation, récemment encouragée par les sylvicultures industrielles (exploitation ou surexploitation du bois), le développement de mines et de cultures destinées à produire des biocarburants[16], et l'agriculture (en particulier pour la production d'huile de palme transformée ensuite en biodiésel).

La plupart de ces activités responsables de l'accélération de la destruction de leur habitat, sont illégales. Cela touche également les parcs nationaux officiellement hors d'atteinte des bûcherons, des mineurs et du développement des cultures. Certains jeunes orang-outans sont également capturés pour être illégalement vendus, les braconniers tuent souvent la mère pour voler son bébé. Taipei, la capitale de Taïwan, compte beaucoup d'orang-outans. Au marché noir, un petit singe se vend aisément. En dix ans, un millier de singes sont ainsi devenus des bêtes de cirque ou de compagnie. Or, sur six à huit petits capturés, un seul survit au choc et au voyage après que sa mère a été abattue par les braconniers.[réf. souhaitée]

L’espèce est également menacée par le braconnage, alimentant le marché de la viande sauvage et des animaux de compagnie, et les incendies de forêts, souvent volontaires. Seul un tiers de la population de l'État de Sabah se trouve dans des zones protégées telles que des parcs nationaux et réserves naturelles, ce qui laisse deux tiers des animaux sans protection et donc plus vulnérables encore.

Environ 80 pour cent de l'habitat des orang-outangs a été déboisé ces 20 dernières années[réf. souhaitée]. Les chercheurs de la « Wildlife Conservation Society » (Société de préservation de la faune) prévoient que la majeure partie de la population d'orang-outangs sauvages mondiale sera éteinte d'ici dix ans[réf. souhaitée] à moins que le braconnage et la destruction de son habitat puissent être arrêtés. Avec des pertes se montant à 1 000 individus chaque année, leur nombre est tombé de 12 000 en 1993 à 6 000 individus à peine aujourd'hui. Il y a onze ans, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) avançait le chiffre de 800 orangs-outans au Sabah et de 5 000 dans le monde, sans avoir fait de recensement.

Le WWF travaille en collaboration avec les autorités et d’autres organisations pour la conservation de la nature : son but est d’étendre la superficie des aires protégées et d’en créer de nouvelles, où la chasse et l’exploitation forestière seront interdites. Le WWF a également aidé les autorités à faire appliquer les lois qui limitent sévèrement le commerce des orang-outangs vivants et des produits dérivés de ces primates. Lorsqu’un orang-outang est confisqué à un trafiquant, il est confié à un centre où il est réhabitué à la vie sauvage avant d’être relâché dans un site protégé.

Les principaux centres de conservation se trouvent :

  • En Malaisie (tous deux sur l'ile de Bornéo) :
    • Semenggok à Sarawak.
    • Sepilok près de Sandakan à Sabah : c'est un centre de réhabilitation où les orang-outans vivent en semi-liberté, ouvert aux touristes : il est possible d'y observer les orang-outans lors de leurs 2 repas quotidiens.

L'orang-outan dans la culture[modifier | modifier le code]

Orang-outan bucolique.

Dans la littérature :

Orang-outang étranglant un « sauvage » par Emmanuel Frémiet, d'après les récits et gravures de l'expédition Wallace en Insulinde.

Dans les arts plastiques :

  • À la fin du XIXe siècle, un thème à la mode inspire les artistes : celui de l'affrontement entre l'Homme et la Bête. La relation par The Times des expéditions de l'explorateur britannique Alfred Russel Wallace en Insulinde signale l'attaque d'un pisteur malais par un orang-outang furieux. Traduite avec beaucoup d'exagérations dans la presse continentale, cette anecdote inspire au sculpteur Emmanuel Frémiet son Orang-outang étranglant un sauvage de Bornéo réalisé en 1895 sur commande du Muséum national d'histoire naturelle. Il s'agit bien d'art et non de science : l'animal est un mâle, comme le signalent ses excroissances faciales, et pourtant accompagné d'un petit (ce qui est l'apanage des femelles en réalité) ; en étranglant le « sauvage » il accomplit un acte aussi impossible (physiquement et éthologiquement) que l'enlèvement d'une femme par un gorille, autre thème de l'époque et sujet d'une autre sculpture de Frémiet. Mais l'art opère, et des générations de visiteurs de la galerie du Muséum où elle est exposée, ont été horrifiés par la force émanent de cette œuvre[17].

Au cinéma :

À la télévision :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Warren K.S., Verschoor E.J., Langenhuijzen S., Heriyanto, Swan R.A., Vigilant L., Heeney J.L. (2001) « Speciation and intrasubspecific variation of Bornean orangutans, Pongo pygmaeus pygmaeus ». Mol Biol Evol, 18, p. 472-80.
  2. Zhang Y., Ryder O.A. (2001) « Genetic divergence of orangutan subspecies (Pongo pygmaeus) ». J Mol Evol 52, p. 516-26.
  3. a et b Chen F.C., Li W.H. (2001) « Genomic divergences between humans and other hominoids and the effective population size of the common ancestor of humans and chimpanzees ». Am J Hum Genet 68, p. 444-56.
  4. Goodman M. (1999) « The genomic record of Humankind's evolutionary roots ». Am J Hum Genet 64, p. 31-9.
  5. (en) Proposal for BAC library construction of Orangutan (Pongo pygmaeus)
  6. a, b, c et d 26 January 2011 | Nature | doi:10.1038/news.2011.50
  7. Hominidés - L'ADN des orangs-outans, sa diversité peut être une chance...
  8. Mammal Species of the World, consulté le 26 févr. 2011
  9. NCBI, consulté le 26 févr. 2011
  10. (en) BMF Galdikas, « Orang-Utan tool use at Tanjung Putting Reserve, Central Indonesian Borneo (Kalimantan Tengah) », J Hum Evol, vol. 10,‎ 1982, p. 19-33 (DOI 10.1016/S0047-2484(82)80028-6)
  11. (en) CP Van Schaik, EA Fox et AF. Sitompul, « Manufacture and use of tools in wild Sumatran orangutans – implications or human evolution », Naturwissenschaften, vol. 83, no 4,‎ 1996, p. 186-188 (DOI 10.1007/s001140050271)
  12. Goodall J. 1970. Tool-using in primates and other vertebrates. In: Lehrman DS, Hinde RA, Shaw E, editors. Advances in the study of behavior. New York, Academic Press. Vol. 3: p. 195-249
  13. (en) Carel P. van Schaik, Marc Ancrenaz, Gwendolyn Borgen, Birute Galdikas, Cheryl D. Knott, Ian Singleton, Akira Suzuki, Sri Suci Utami, Michelle Merrill, « Orangutan Cultures and the Evolution of Material Culture », Science, 3 janvier 2003, vol. 299, no 5603, p. 102-105 (résumé).
  14. vidéo de l'expérience
  15. Elisabeth Fox, (1981), « Homosexual behavior in wild Sumatran orangutans (Pongo pygmaeus abelii) », American journal of primatology (ISSN 0275-2565)
  16. CNRS, « Disparition des orangs-outans : le génome met en cause la déforestation »,‎ 24 janvier 2006.
  17. Le "Premier Artiste", Philippe Dagen, Romantisme, Année 1994, volume 24, numéro 84.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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