Genre (sciences sociales)

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Une femme à l'usine pendant la Seconde Guerre mondiale, occupant ainsi un rôle traditionnellement vu comme masculin.

Le genre est le concept qui désigne l'ensemble des caractéristiques relatives à la masculinité et à la féminité ne relevant pas de la biologie, mais de la construction sociale. Il se distingue du concept de type sexuel (sexe), en focalisant sur les différences non biologiques entre les femmes et les hommes.

Alors que le type sexuel fait référence aux différences biologiques entre femmes et hommes, le genre réfère aux différences sociales entre femmes et hommes. Ces différences produisent notamment des conséquences psychologiques, mentales, économiques, démographiques, ou encore, politiques. Le genre est aussi l'objet d'un champ d'études en sciences sociales, les études de genre.

Ainsi, le genre est une construction sociale qui divise l'humanité en différentes catégories de sexe (ou de genre) et attribue, notamment par l'usage (habitudes, coutumes, traditions), des rôles, des tâches, des caractéristiques et des attributs différenciés à chaque catégorie, sans que cela ait de fondement biologique explicatif, et tout en variant selon les époques et les cultures. Notamment, le nombre de catégories peut varier d'une société à l'autre, les hijras étant considérés en Inde comme un « troisième sexe »[1].

La majorités des sociétés étudiées par l'anthropologie et l'histoire divisent l'humanité en « hommes » et « femmes » et considèrent le masculin comme supérieur au féminin. Cela a conduit certains anthropologues, comme Françoise Héritier, à considérer cette division et cette hiérarchie comme universelles. Cependant, d'autres comme Gilbert Herdt[2] et Nicole-Claude Mathieu ont étudié respectivement des sociétés où la division n'est pas dichotomique et des sociétés matrilocales et matrilinéaires dont certaines ne comportent pas de domination masculine[3], remettant ainsi en cause cette prétendue universalité.

Le concept de genre a émergé dans sa forme actuelle dans les années 1970 afin de distinguer le sexe (notion biologique) du genre, qui lui relève des sciences sociales. Il a depuis connu de nombreuses évolutions au gré des différentes théorisations.

Histoire et définition[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « genre » vient du latin : genus, devenu en ancien français « gendre ». Le mot a d'abord le sens de « catégorie, type, espèce » puis le sens de « sexe[4] ». Le mot a longtemps été majoritairement associé au genre grammatical. Le terme de « genre » (gender) a été employé pour la première fois avec un sens non-grammatical dans une publication scientifique[5] de 1955 par le psychologue et sexologue[6] John Money, dans un article où il introduit le concept de « rôle de genre » (gender role) : « le terme de rôle de genre est utilisé pour désigner tout ce que dit ou fait un individu pour se dévoiler […] comme ayant, respectivement, le statut de garçon ou d'homme ou bien de fille ou de femme. Il inclut, sans y être limité, la sexualité au sens de l'érotisme »[7].

Définition[modifier | modifier le code]

Le genre, en sociologie peut se définir de la manière suivante[8] :

« [U]n système de bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées (masculin/féminin). »

Définir le genre comme un système indique qu'il produit la division en deux catégories hiérarchisées ; « les sexes » désignent ces catégories produites par ce système[8].

« Bicatégorisation » indique une division en deux classes dissymétriques et mutuellement exclusives[9] ; « Hiérarchisée » signifie que ces classes sont organisées selon un ordre de priorité. Défini ainsi, le genre produit la division en deux classes exclusives (homme/femme) dont l'une est prioritaire sur l'autre. Le genre désigne donc un rapport social (notion de rapport de pouvoir, de hiérarchie, de domination) et un diviseur (notion de catégorisation, en l'occurrence binaire)[8].

Il faut noter que le genre est polysémique et recouvre donc de multiples usages (c'est-à-dire différent sens). Ainsi, le concept moderne s'est construit via une succession d’analyses qui s’amendent les unes les autres (non sans contradiction) ; d'autres concepts se sont accumulés graduellement au cours du temps, dépassant la distinction initiale entre genre et « sexe »[8]. Donc, bien que le concept du genre se distingue initialement de celui du sexe[8],[10],[11],[12] (par "genre" on indique qu'on s’intéresse spécifiquement aux différences sociales entre hommes et femmes, indépendamment des attributs anatomiques et biologiques[Note 1]), cette définition exprime la dimension sociale du sexe[8] (rompant ainsi avec la vision dichotomique entre nature (invariant) et culture (variable)[8].

Bien qu'il y ait une articulation entre sexualité, genre et sexe[13],[14],[15] le genre est usuellement distinct des notions d'orientation sexuelle (hétérosexualité, bisexualité, homosexualité, pansexualité, asexualité) et de préférence sexuelle. Le genre se distingue aussi de la transidentité[16].

Histoire en sciences sociales[modifier | modifier le code]

Le concept de genre peut être vu comme ayant des racines dès la naissance des sciences sociales puisqu'en 1897, le sociologue Émile Durkheim souligne déjà que la division entre hommes et femmes n'est pas réductible à une différence biologique[17]. Il va jusqu'à remettre en cause le dualisme même en lui trouvant des causes historiques : ce sont pour lui « des raisons depuis longtemps oubliées », à savoir les vertus surnaturelles attribuées au sang, menstruel en particulier, qui ont « déterminé les sexes à se séparer et à former en quelque sorte deux sociétés dans la société », avec toutes les différences que cela implique en matière d'habillement, de fonctions sociales et professionnelles, de comportements, etc. Il ajoute que « rien, ni dans la constitution de l'un ni dans celle de l'autre [sexe], ne rendait nécessaire une semblable séparation »[17].

Parmi les ancêtres plus directs du concept de genre, on trouve les recherches de l'anthropologue Margaret Mead. Elle promeut dès 1935[18] le concept de « rôle sexué »[19], qui distingue le rôle social et le sexe.

En 1964, les psychanalystes Robert Stoller et Ralph Greenson créent[5] le concept d' « identité de genre » (gender identity) pour désigner « le sentiment qu'on a d'appartenir à un sexe particulier ; il s'exprime cliniquement par la conscience d'être un homme ou un mâle par distinction d'être une femme ou une femelle »[20]. En 1968, Robert Stoller propose d'articuler les deux notions de rôle de genre et d'identité de genre : « l'identité de genre commence avec le savoir et la réalisation, consciente ou inconsciente, que l'on appartient à un sexe et non à un autre [...] le rôle de genre est la conduite déclarée que l'on montre en société, le rôle qu'on joue, notamment vis-à-vis des autres »[21]. En 1972, John Money considère, de manière convergente, que « le rôle de genre est l'expression publique de l'identité de genre et l'identité de genre, l'expression privée du rôle de genre »[22].

En 1972, la sociologue Ann Oakley reprend le terme « genre » tout en s'écartant des définitions de Money et Stoller : elle élargit le concept en incluant toutes les différences sociales constatées entre hommes et femmes, qu’il s’agisse des différences individuelles (étudiées par les psychologues), des rôles sociaux ou des représentations culturelles (étudiées par les sociologues et les ethnologues).

En France, le terme genre est utilisé dès les années 1970 par des sociologues comme Christine Delphy[23] et des anthropologues comme Nicole-Claude Mathieu[24] même si certains universitaires préfèrent les expressions « rapports de sexe » ou « rapports sociaux de sexe »[19],[25].

Delphy ajoute la hiérarchie comme composante fondamentale du concept de genre. De plus, elle considère dès 1981 que le genre précède et construit le sexe : « nous pensons que le genre – les positions sociales respectives des femmes et des hommes – n’est pas construit sur la catégorie (apparemment) naturelle du sexe ; mais qu’au contraire le sexe est devenu un fait pertinent, et donc une catégorie de la perception à partir de la création de la catégorie de genre, c’est-à-dire de la division de l’humanité en deux groupes antagonistes dont l’un opprime l’autre, les hommes et les femmes. »[26].

Dans les années 1980, les études de genre commencent à s’institutionnaliser, elles gagnent de l'ampleur dans les universités et le concept de genre est approprié par de nouvelles disciplines, comme l'histoire[19],[25].

Dans le même temps, sous l'influence de la pensée de Michel Foucault, le genre est étudié dans son rapport à la sexualité notamment telle qu'il l'a conceptualisé : comme produite socialement par des relations de pouvoir, des normes sociales à leurs « mises en discours ». Notamment, le genre et la sexualité et leurs « injonctions normatives » sont la base des réflexions Judith Butler à partir des années 1990 dans ses études sur les minorités sexuelles[19].

La notion de genre est également utilisée par le mouvement féministe à partir des années 1970, qui souhaite démontrer que les inégalités entre femmes et hommes sont issues de facteurs sociaux, culturels et économiques plutôt que biologiques[27].

Usage courant en France[modifier | modifier le code]

En anglais, le mot « gender » est utilisé de manière courante, généralement pour exprimer les différences entre femmes et hommes en insistant sur les différences culturelles plutôt que biologiques[28]. C'est donc via les traductions de l'anglais que ce terme a pénétré les sciences sociales en France. Cependant, l'utilité de cette traduction-calque en français demeure débattue car les bornes sémantiques des termes « sexe » et « genre » ne seraient pas les mêmes en français et en anglais, le concept anglophone de « gender » étant en grande partie inclus dans le « sexe » français. C'est notamment l'avis de la Commission générale de terminologie et de néologie qui recommandait en 2005 de ne pas employer « genre » malgré son utilisation croissante dans certains champs des sciences sociales, arguant qu'« il semble délicat de vouloir englober en un seul terme des notions aussi vastes[29] », qu'« en français, le mot sexe et ses dérivés sexiste et sexuel s’avèrent parfaitement adaptés dans la plupart des cas pour exprimer la différence entre hommes et femmes, y compris dans sa dimension culturelle » et concluant que « la substitution de « genre » à sexe ne répond donc pas à un besoin linguistique »[29], et ce même si l'emploi de « genre masculin/féminin » pour désigner hommes et femmes a des attestations remontant au XVIe siècle[30].

Au contraire, la sociologue française Christine Delphy qui utilise le terme « genre » depuis 1977[31] et a contribué à définir le concept[32] défend son utilisation qu'elle juge très pratique. Selon elle, les résistances par rapport à des mots cachent autre chose, dans ce cas, il s'agirait d’une résistance au concept même : « une résistance à distinguer le sexe social du sexe biologique, à admettre l’idée que le sexe social est construit et arbitraire »[33]. Elle note de plus que la résistance française au concept de genre, et au féminisme en général, est souvent présenté comme une résistance au modèle américain, qui serait communautariste (fantasme purement français selon Delphy), auquel est opposé un prétendu universalisme typiquement français[34]. De plus, elle conteste qu'il s’agirait d'une importation de l'anglais, le mot étant très ancien et l'anglais et le français ayant suivi la même démarche d'élargissement du sens[35].

Construction sociale[modifier | modifier le code]

Mary Frith (Moll Cutpurse) a scandalisé la société anglaise du XVIIe siècle en portant des habits masculins et fumant en public, à l'opposé du rôle de genre.

Le genre est une construction sociale et varie donc à travers l'histoire et en fonction des sociétés. Cependant, le genre peut être décrit dans la plupart des sociétés comme une bicatégorisation hiérarchisée où les hommes dominent les femmes. Ainsi, l'anthropologue Nicole-Claude Mathieu estimait en 1985 que 80% des sociétés connues étaient des sociétés à forte domination masculine[36].

Première vague : le sexe social[modifier | modifier le code]

Le sociologue Émile Durkheim, a traité du rapport homme/femme dans une perspective constructiviste dès 1897[17]. Simone de Beauvoir écrit dès 1949, en clin d'œil à « On ne naît pas homme : on le devient » d'Érasme : « on ne naît pas femme : on le devient »[37]. Dans Le Deuxième Sexe, elle explique comment la civilisation et l'éducation agissent sur les enfants pour les orienter dans un rôle masculin ou féminin qui sert l'ordre social alors même que filles et garçons ne sont pas initialement distinguables[38].

La sociologue britannique Ann Oakley[39] en 1972 explique que masculinité et féminité ne sont pas des substances « naturelles » inhérentes à l’individu, mais des attributs psychologiques et culturels, fruits d’un processus social au cours duquel l’individu acquiert les caractéristiques du masculin ou du féminin. Elle propose ainsi d’introduire la notion de genre comme outil d’analyse pour permettre la distinction entre la dimension biologique (le sexe) et la dimension culturelle (le genre).

Le genre est ainsi l'identité construite par l'environnement social des individus : la masculinité ou la féminité ne sont pas des données naturelles mais le résultat de mécanismes de construction et de reproduction sociale. Consciemment ou inconsciemment, la société s’organise selon le paradigme des « choses des hommes » et des « choses des femmes », au point que l’on se convainc qu’il existe des domaines ou des niveaux de domaines socialement réservés à tel ou tel des deux sexes[40][réf. à confirmer].

Deuxième vague : critique et révision du sexe social[modifier | modifier le code]

Judith Butler en 1990 ajoute que le genre est « performatif » : les actes et les discours des individus non seulement décrivent ce qu'est le genre mais ont en outre la capacité de produire ce qu'ils décrivent. Ainsi, le genre « désigne l’appareil de production et d’institution des sexes eux-mêmes »[41]. Elle décrit le genre comme « une série d’actes répétés […] qui se figent avec le temps de telle sorte qu’ils finissent par produire l’apparence de la substance, un genre naturel de l’être »[42].

Pour la sociologue Christine Delphy en 1991, penser le sexe en termes de donnée biologique est une impasse. Pour elle, le sexe est avant tout la représentation du « biologique » par la société : « le genre précède le sexe ; dans cette hypothèse le sexe est simplement un marqueur de la division sociale »[43]. Cette division sociale binaire entre masculin et féminin n'est pas universelle puisque certaines sociétés peuvent inclure un troisième sexe avec des rôles qui sont considérés comme distincts des rôles féminins ou masculins[2] ; ce troisième sexe peut inclure les intersexes ou les eunuques[44]. Des exemples en sont les Hijras du sous-continent indien ou les Muxe de l'Oaxaca (Mexique)[45].

Cette division des êtres humains en deux groupes (bicatégorisation entre femmes et hommes), groupes présentés comme universels et anhistoriques, refléterait une réalité biologique. Or, des travaux dès 1990 (voir en particulier Thomas Laqueur)[46] montrent que cette bicatégorisation ne va pas de soi, n'est pas figée dans le temps et dans l'espace. Dans cette approche, les sciences naturelles ont construit « scientifiquement » le sexe ; elles seraient à l'origine de la bicatégorisation des sexes et même de l'infériorité supposée d'un sexe (en l’occurrence le sexe féminin) en regard de l'autre.

D'ailleurs parmi les contributions aux études sur le genre, on retrouve la biologiste Anne Fausto-Sterling qui, à travers notamment la question de l'intersexuation, montre que nos structures reproductives sont, selon elle, presque dimorphes mais pas complètement[47],[48],[49]. Il existe un ensemble de critères d’ordre biologique que la sociologie ne nie pas, mais explique que le travail par lequel ces critères sont liés ensemble et unifiés est en revanche un fait social : l’existence de variables continues (« continuum sexuel »[50]) pour chacun des critères montre une volonté sociale d'une classification dichotomique[51],[52].

Assignation[modifier | modifier le code]

La philosophe Elsa Dorlin en 2008[53] explique (notamment dans le cadre des personnes intersexes) que la détermination d'un sexe ne consiste pas uniquement à assigner un sexe mais le « bon sexe »[54]. Ainsi une identité sexuelle (de genre et de sexualité) est imposée et assignée lors d'une « détermination » du « sexe biologique »[55].

Critères biologique d'assignation à un sexe à la naissance[modifier | modifier le code]

Chacun de ces critères biologique (sexe humoral, sexe gonadique, sexe hormonal, sexe chromosomique) pris de manière isolée ne suffit pas lui seul à déterminer un sexe de façon sûre[8]. Les opérations chirurgicales de réattribution sexuelle lors d'ambiguïté génitale (on parlera alors de personne intersexe) montrent une « nécessité sociale » de la distinction homme/femme de façon dichotomique et strictement opposée[49].

Processus relationnel[modifier | modifier le code]

Ainsi, le genre est une construction sociale dans la mesure où les usages sociaux attribuent « des rôles, des tâches, des caractéristiques et des attributs » différenciés à chaque sexe[56]. Ces caractéristiques sont proposées, voire imposées, dans la relation de l'individu avec les autres et avec la société, dès sa naissance. En effet, « le sexe est l’une des premières caractéristiques, si ce n’est la première, que les parents et l’entourage social connaissent de l’enfant qui vient de naître »[56]. Les travaux sociologiques et psychologiques montrent que le sexe est une donnée biologique qui influe sur les rapports sociaux des parents à l'enfant, ceux de la société avec l'enfant : il existe une « socialisation sexuée » qui contribue à la construction de l'identité de l'enfant[56].

Ainsi selon Lawrence Kohlberg, les enfants apprennent à connaître les usages sociaux de genre à partir de leur environnement, comme autant de stéréotypes. Lorsqu'ils acquièrent la « consistance de genre » (la connaissance que leur sexe est fixe), vers six ans[réf. nécessaire], le fait de se conformer à ce qu'on attend de leur type sexuel (par exemple, jouer aux poupées pour les petites filles et au camion de pompier pour les garçons) serait alors gratifiant socialement. Et à l'inverse, certaines sociétés ou groupes humains peuvent considérer comme inacceptable de ne pas se comporter en accord avec son type sexuel et avec son genre[57]. L'approche psychosociologique ajoute que les différences de comportements entre femmes et hommes sont le produit de la division sexuelle des tâches et que cette division se maintient par les pratiques traditionnelles et culturelles : les stéréotypes de genre façonnent la perception des comportements et conduiraient à leur propre réalisation[57]. Toutefois, les pratiques peuvent évoluer avec le temps et d'un pays à l'autre : les stéréotypes de genre évoluent dans l'espace et le temps[57].

De même, en sociologie, l'approche interactionniste parle du genre comme quelque chose qui est « accompli » : les attributs féminins et masculins n'existent que par le sens qui est donné aux actes des femmes et des hommes. Erving Goffman développe ainsi une approche dramaturgique : les personnes agissent comme des acteurs sur une scène dont les comportements sont interprétés[58].

Rapport de pouvoir[modifier | modifier le code]

Louis XIV enfant avec son frère « Monsieur » Philippe d'Orléans, habillé en robe. Tableau attribué à Henri et Charles Beaubrun.

La division des rôles sociaux est parfois perçue comme induisant une hiérarchie, pour les sociétés qui éprouvent ce besoin de positionner respectivement le masculin et le féminin. Émile Durkheim, dans un article de 1902 écrit avec Marcel Mauss, considère que « toute classification implique un ordre hiérarchique »[59]. L'historienne Joan W. Scott présente, en 1988, cette dimension en ces termes : « le genre est un élément constitutif de rapports sociaux fondés sur des différences perçues entre les sexes, et le genre est une façon première de signifier des rapports de pouvoir »[60].

L'anthropologue Françoise Héritier constate que la distinction entre féminin et masculin est universelle et que « partout, de tout temps et en tout lieu, le masculin est considéré comme supérieur au féminin »[61] ; elle appelle cela « la valence différentielle des sexes ». Partant des travaux de Claude Lévi-Strauss, elle observe qu'un présupposé fondamental manque à sa théorie de l'alliance : pourquoi les hommes se sentaient-ils le droit d'utiliser les femmes comme monnaies d'échange ? « Sous toutes les latitudes, dans des groupes très différents les uns des autres, nous voyons des hommes qui échangent des femmes, et non l’inverse »[62].

Selon Françoise Héritier, l'observation du monde incluant les différences anatomiques et physiologiques conduit à une classification binaire : « La plus importante des constantes, celle qui parcourt tout le monde animal, dont l’homme fait partie, c’est la différence des sexes. (…) Je crois que la pensée humaine s’est organisée à partir de cette constatation : il existe de l’identique et du différent. Toutes les choses vont ensuite être analysées et classées entre ces deux rubriques. (…) Dans toutes les langues il y a des catégories binaires »[63]. Elle constate que dans toutes les langues, ces catégories binaires sont rattachées au masculin ou au féminin. Par exemple, le chaud et le sec sont rattachés au masculin dans la pensée grecque, le froid et l'humide au féminin. Or ces catégories sont toujours culturellement hiérarchisées : « L’observation ethnologique nous montre que le positif est toujours du côté du masculin, et le négatif du côté du féminin. Cela ne dépend pas de la catégorie elle-même : les mêmes qualités ne sont pas valorisées de la même manière sous toutes les latitudes. Non, cela dépend de son affectation au sexe masculin ou au sexe féminin. (…) Par exemple, chez nous, en Occident, “actif” (…) est valorisé, et donc associé au masculin, alors que “passif”, moins apprécié, est associé au féminin. En Inde, c’est le contraire : la passivité est le signe de la sérénité (…). La passivité ici est masculine et elle est valorisée, l’activité – vue comme toujours un peu désordonnée – est féminine et elle est dévalorisée »[64].

Pour Friedrich Engels, qui a développé la théorie marxienne de la lutte des classes en analysant la famille, la relation exploitant-exploité qui existe entre la bourgeoisie et le prolétariat s'étend au foyer, dans lequel le mari est un autocrate : avec l'émergence de l'économie capitalistique, le travail domestique de la femme, qui ne produit pas de surplus, n'a aucune importance[65].

Cette hiérarchie du masculin-féminin est analysée par le sociologue français Pierre Bourdieu comme une véritable domination masculine socialement construite : « c'est à travers toute une éducation, composée de rituels d'intégration de la norme masculine, que se façonne l'identité masculine, et que l'homme assure dans la société une fonction de reproduction de la domination »[66].

Pour Isabelle Jacquet[67] ce sont les hommes qui dominent, légifèrent, commandent, condamnent, tandis que les femmes leur sont inférieures dans cette organisation. L'anthropologue Nicole-Claude Mathieu parle d'androcentrisme comme d'un parti pris concernant la non-prise en considération des rapports sociaux dans lesquels les femmes sont impliquées[68].

Dans de nombreuses sociétés humaines, les progrès en matière d'égalité des sexes peuvent venir corriger ces appréciations. Les sociétés disposent de différents moyens, juridiques, d'éducation, de sensibilisation, contribuant à l'effacement de toute hiérarchie entre masculin et féminin[69],[70].

Les rapports de genre : une interaction corrélative ?[modifier | modifier le code]

Selon un article d'Alain Degenne (sociologue des dynamiques relationnelles), "la littérature sociologique" souligne "le fait que l'organisation sociale, au moins dans les pays occidentaux", tend à "favorise[r] les hommes plutôt que les femmes". L'auteur évoque le droit de vote des femmes accordé qu'en 1945 en France, les inégalités salariales et l'accès aux postes de directions (plafond de verre), ainsi que la violence des hommes envers les femmes qui est beaucoup plus fréquente que son contraire[71].

Toujours dans le même article, l'auteur mentionne Françoise Héritier-Augé pour qui la domination des femmes par les hommes se trouve dans le fait que les hommes ne peuvent pas se reproduire sans les femmes : « Ce n’est pas parce qu’elles font les enfants que les femmes sont tenues en dépendance comme un matériau exploitable [...] c’est parce qu’il faut une femme aux hommes pour leur faire des fils (Héritier-Augé, 2002) », afin d'illustrer que des « anthropologues mettent [...] l’accent sur un rapport de dépendance entre les hommes et les femmes »[72].

Pour contester cette idée (qu'il existe néccessairement un rapport domination dans la sphère domestique, c'est-à-dire du couple et de la famille) l'auteur mentionne François de Singly, qui dans "L'injustice ménagère" (2007) proposerait une autre approche d'après Alain Degenne : l'inégale répartition des tâches dans un couple (hétérosexuel) s'expliquerait « par la recherche de la compétence par les femmes et de la démission des hommes »[73].

Dans cet article Alain Degenne défend que ce type de relation - qu'il désigne par "interaction corrélative" - s'explique par une "relation d'expertise" ou "interactions «expert-patient»" analogue aux rapports entre enseignants et élèves/parents ou encore aux rapports entre professionnels de santé et patients, au sens où il s'agirait selon lui d'un « rapport de soumission fondé sur la compétence [qui] apparaît comme naturellement légitime et souhaitable »[74]. D'après l'auteur lui-même ce type d'explication "expert-patient" est incompatible avec l'idée de domination tel que défendu par des féministes, faisant remarquer qu' « il est rare que l’homme dorme dans des draps qu’il a choisis »[75]. Plus généralement, selon Alain Degenne, les déséquilibres (tel que le partage inégal du travail domestique) peuvent s’interpréter autrement qu’en termes de domination[76]. A ce titre, Alain Degenne rapporte l'approche de l'économiste Gary Becker qui dans A Treatiseon the Family (1981) défendrait l'idée que l’inégalité dans la relation du mariage hétérosexuel serait le résultat d'un calcul économique et non le fait d'une domination[77],[78].

Rappelons qu'entre 1804 et 1980 que les relations sexuelles étaient un devoir qui pouvait être exigé par la contrainte et la violence physisque, la jurisprudence avait décidé qu’il ne pouvait pas y avoir de viol entre époux, tant que le mari avait imposé à son épouse une pénétration vaginale d'après l’historienne du droit Marcela Iacub. Enfin précisons le propos de Françoise Héritier cité précédement : le mariage ne serait pas tant une affaire d'ordre privé et individuelle entre des personnes qui peuvent s’aimer, s’unir et donner naissance sans contrat de mariage, qu’une affaire public et sociale. Selon Héritier, la fonction du mariage serait de rendre légitime la descendance et la filiation (en l'occurance patrilinéaire). Vu ainsi, l’institution du mariage consacre une alliance durable non pas entre des personnes mais entre des groupes sociaux. C'est notamment en ce sens "qu'il faut des fils aux hommes".[79],[80]

Genre et autres rapports de pouvoir[modifier | modifier le code]

Le genre, en tant que rapport de pouvoir, ne peut être envisagé de manière séparée d'autres rapports de pouvoir basés sur la « race », la classe sociale, la sexualité, l'âge, etc.[16].

Une telle approche, liant race, classe et genre, a notamment été développée par le féminisme afro-américain à partir des années 1960 pour lequel l'explication des oppressions raciale et de classe nécessite de prendre en compte le genre. L'attention portée à la diversité socio-culturelle s'est répercutée notamment en sociologie[81].

Ainsi, pour l'historienne Joan W. Scott, « on ne peut comprendre l’identification raciale indépendamment de l’identification de genre : les deux sont construites ensemble, et chacune renvoie à l’autre »[82]. Elle observe notamment dans le discours contemporain à la colonisation de l'Algérie des métaphores liant dévoilement et pénétration[réf. nécessaire], domination coloniale et domination sexuelle, qu'elle met en parallèle avec les débats entourant le voile islamique en France qui concerne l'immigration mais se focalise sur les femmes et leur corps[82].

Un groupe de recherche de l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP) du CNRS s'est penché sur l'impact du genre dans l'histoire des intellectuels[83].

Genre et biologie[modifier | modifier le code]

Les caractères sexuels secondaires sont l'un des éléments du dimorphisme sexuel propre à l'espèce humaine, c'est-à-dire l'un des traits qui différencient le sexe mâle vis-à-vis du sexe femelle chez une espèce mais ne jouant pas de rôle direct dans la reproduction (contrairement aux caractères sexuels primaires, qui sont nécessaires à la reproduction).

Ainsi, certains de ces caractères sexuels, comme la barbe masculine, n'ont pas de fonction biologique évidente et apparaissent comme un ornement jouant un rôle dans la sélection sexuelle[84], un des deux mécanismes de la sélection naturelle, a été identifié par Darwin dès 1859.

À cet égard, ce sont donc les représentations du genre qui permettent d'expliquer le développement d'un dimorphisme comme le dimorphisme pileux dans les populations où les hommes sont poilus. Si les femmes imberbes sont dans les représentations culturelles des hommes considérées comme attirantes (et parallèlement les hommes barbus attirants pour les femmes), alors cette préférence finit par développer des différences biologiques dans une population[85].

Politique publique et genre[modifier | modifier le code]

Le concept de genre et les recherches universitaires liées servent parfois de base aux politiques publiques visant à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes. Verena Keller met ainsi en exergue la nécessité d’analyser et de prendre en compte les inégalités de genre pour améliorer l’efficacité du travail social[86]. En France, l'Inspection générale des affaires sociales note en effet que « Toutes les politiques de promotion de l'égalité butent sur un obstacle majeur, la question des systèmes de représentation, qui assignent hommes et femmes à des comportements sexués, dits masculins et féminins, en quelque sorte prédéterminés »[87] ainsi selon certains il faudrait « substituer à des catégories comme le sexe […] le concept de genre qui […] montre que les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas fondées sur la nature, mais sont historiquement construites et socialement reproduites »[88],[89].

De manière notable, le terme de « genre » est ainsi intégré dans le rapport final de la conférence mondiale sur les femmes de Pékin, organisée par l'ONU en 1995. Il s'agit alors d'appréhender les inégalités de manière holiste, dans une réflexion qui englobe les hommes et les dynamiques sociales[90].

La notion de genre est également utilisée par l'Organisation mondiale de la santé, pour qui « le mot “genre” sert à évoquer les rôles qui sont déterminés socialement, les comportements, les activités et les attributs qu'une société considère comme appropriés pour les hommes et les femmes »[91]. L'UNESCO place l'égalité de genre parmi ses priorités globales, la considérant comme « une condition essentielle permettant aux femmes et aux hommes de bénéficier pleinement de leurs droits humains »[92].

Inégalités entre hommes et femmes[modifier | modifier le code]

Les études sur les inégalités entre les sexes perdurent ; ainsi, les études de genre fondées sur l'analyse des inégalités entre êtres masculins et êtres féminins coexistent avec les études sur les inégalités entre les sexes. Par exemple, le Comité France de l'ONU fait réaliser par un cabinet de consultants et diffuse l'étude « Bienvenue sur la planète Femmes »[93],[94].

L'organisme national français de statistiques, l'INSEE, mesure des inégalités entre les sexes « mais qui se réduisent »[95].

La journée annuelle des droits des femmes présente l'occasion de rappeler les inégalités entre les sexes[96].

Les inégalités entre les sexes se traduisent par les violences faites aux femmes, mais également par les violences faites aux hommes[97],[98], lesquelles représentent un quart des violences domestiques[99].

Critiques du concept de genre et « théorie du genre »[modifier | modifier le code]

L'expression « théorie du genre » : querelle sémantique[modifier | modifier le code]

L'expression « théorie du genre » est parfois présentée comme une traduction de l'expression anglaise « gender theory »[100],[101],[102]. Selon d'autres auteurs, en revanche, il s'agit d'une « francisation maladroite des gender studies », les études de genre[103],[104],[105],[Note 2]. Ainsi, la pertinence de l'expression « théorie du genre » est contestée par de nombreux chercheurs estimant que le genre n'est pas une théorie mais plutôt une notion qu'ils utilisent ponctuellement[111],[112],[113].

L'expression « théorie du genre », calquée sur l'anglais « gender theory », ne serait par ailleurs pas anodine[114] : alors que l'anglais « theory » peut avoir le sens d'une « hypothèse testée et confirmée »[115], le sens français de « théorie » est celui d'une « construction intellectuelle méthodique et organisée de caractère hypothétique »[116]. Pour François Cusset, cité par Éric Aeschimann dans un article du Nouvel Observateur, « aux États-Unis, le mot “theory” désigne un discours critique à contenu philosophique mais qui a dépassé le cercle des philosophes ». Et pour Aeschimann, « a contrario, en français, la “théorie” peut renvoyer à un système de pensée très cohérent, et alors, en effet, le genre n’est [pas] une théorie »[117].

Au contraire, le sociologue Éric Fassin insiste sur le fait que « le genre est un concept. Ce n'est ni une théorie ni une idéologie, mais une notion qui aide à penser »[27]. L'expression « théorie du genre » serait, selon Laure Bereni, une tentative de faire croire qu'il existe une stratégie politique unifiée derrière les études de genre[111].

Selon Odile Fillod, chercheuse indépendante[118],[119],[120], l'expression « théorie du genre » aurait été créée au début des années 2000 par Tony Anatrella à des fins rhétoriques, dans le cadre de l'offensive menée par le Vatican contre les politiques qui remettent en cause les rôles des sexes dans la société et qui favorisent les droits des femmes et étendent les droits des personnes LGBT[121]. L'historienne Joan W. Scott voit également dans cette expression une « invention » des catholiques « qui a remplacé le communisme dans la rhétorique du Vatican ». Pour elle, cette expression est utilisée par « les adversaires du “genre” » qui entendent faire valoir que les différences entre femmes et hommes établissent « une complémentarité qui justifierait selon eux une inégalité »[82]. Le politologue Bruno Perreau estime lui aussi que « la “théorie du genre” n'existe que dans la tête des opposants à l'égalité des droits. Cette croyance repose sur le fantasme selon lequel le sexe et la sexualité pourraient être déterminés par un simple discours »[122].

Le journaliste Éric Aeschimann considère néanmoins que le terme de théorie est approprié « même s’il n’existe pas une doctrine unifiée » autour du genre, car ce mot a également le sens d'« hypothèse » : or les études de genre font « l’hypothèse que les identités sexuelles ne sont pas biologiquement déterminées, mais socialement construites »[117].

Cependant, pour d'autres chercheurs, l'emploi de « théorie du genre » au singulier masquerait la pluralité de thèses aussi différentes que celles de Judith Butler ou Christine Delphy[114]. Ainsi, dans un contexte universitaire, lorsque l'expression « théories du genre » est employée, c'est presque toujours au pluriel : Anne-Emmanuelle Berger affirme ainsi que « la théorie du genre n'existe pas. Il en existe une multitude »[123] et Judith Butler que « les théories du genre existent au pluriel »[124].

L'expression « théorie du genre » employée par Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale en mai 2013[125],[126] suscite de nombreuses réactions dans le monde des sciences sociales[127] et notamment la publication d'une tribune, signée par une centaine d'universitaires, qui indique qu'« il n’y a pas “une” théorie du genre, fantasme entretenu par ceux et celles que la perspective d’une égalité effective dérange ou effraie, mais “des” études de genre »[113],[128]. Après avoir employé l'expression en 2011[129], Najat Vallaud-Belkacem la juge, en 2013, impropre[130].

En dépit des protestations des chercheurs, la philosophe Bérénice Levet réitère que « pour qu'il y ait des études de genre, encore faut-il que ce petit vocable de genre ait été conceptualisé, théorisé. Or, lorsque nous parlons de théorie du genre, nous n'affirmons rien d'autre. Judith Butler se définit elle-même comme théoricienne du genre. Il a été forgé afin d'affranchir l'identité sexuelle du sexe biologique. Au commencement est la neutralité, en quelque sorte, et seule la machine sociale vous « assigne » à une identité »[131].

Idéologie de déconstruction[modifier | modifier le code]

Des critiques du concept de genre — alors généralement désigné par les expressions « théorie du genre », « théorie du gender » ou « gender » — émergent dès les années 1980[132] puis se développent dans les années 1990 sous la plume notamment d'auteurs catholiques, en particulier après que la notion de genre fut intégrée au rapport final de la quatrième conférence mondiale sur les femmes malgré les objections du Saint-Siège[133]. Ces auteurs dénoncent ce qui est, selon eux, « un discours idéologique unifié qui aurait pour but de déstabiliser les rapports traditionnels entre les sexes[114]. »

Pour les critiques, avant d'être un outil d'analyse, le genre est une « théorie et même une métaphysique » dont l'objectif est de « déconstruire » les fondements de notre société au nom du principe d'égalité entre hommes et femmes poussé jusqu'à l' « interchangeabilité »[134]. Pour certains de ces auteurs, le genre est une notion « arbitraire »[135] dérivée à la fois du socialisme et du libéralisme, alliant « égalitarisme » et « utilitarisme », susceptible de « s’imposer violemment aux différentes cultures à travers la mondialisation »[136],[137] et témoignant d'une « soif d'auto-suffisance »[135]. Le genre agirait comme l'instrument d'une « nouvelle culture[138] » fondée sur la remise en cause de la sexualité humaine comme « inclination vers l'autre sexe »[135] et la contestation des « rôles fondés sur les différences naturelles »[138]. Selon la philosophe Chantal Delsol, avec la « théorie du gender », nous sommes « à l'acmé de la volonté de refaire le monde selon notre désir » et la consécration du « désir de l'individu de choisir, sinon son sexe biologique, au moins son appartenance de « genre » »[139]. Elle considère qu'« apprendre le gender à l'école [...] dans le cours de SVT (sciences de la vie et de la terre) » est « de la propagande », car « il ne s'agit aucunement d'une partie de la science, mais bien d'une opinion, et plutôt en l'occurrence d'une idéologie »[139].

Pour certains auteurs, tels que le prêtre Michel Schooyans, le psychanalyste Jacques Arènes ou le prêtre et psychologue Tony Anatrella, le genre est une idéologie utilisée par une minorité subversive et militante emmenée par le « lobby homosexuel » et le mouvement LGBT[136] qui « s’en prend délibérément à tout ce qui pourrait rappeler et signifier la différence sexuelle »[140] afin de remettre en cause la prééminence de l'hétérosexualité[141] et revendiquer le mariage homosexuel[142].

Selon le pape Benoît XVI, « ce qui est souvent exprimé et entendu par le terme « gender », se résout en définitive dans l’auto-émancipation de l’homme par rapport à la création et au Créateur »[143] et légitime le mariage homosexuel, l'homoparentalité[144] et la procréation médicalement assistée[145],[114],[146].

Polémique en France[modifier | modifier le code]

« Le gender c'est pas mon genre » : un slogan de La Manif pour tous.

En France, des opposants au mariage des couples homosexuels, notamment La Manif pour tous, ont établi un lien entre la « théorie du genre » et l'ouverture du mariage aux couples de même sexe[147] ou des programmes de lutte contre les stéréotypes filles-garçons à l'école[148].

Certaines associations engagées considèrent que ces idées reposent sur une erreur d'appréciation fondamentale, puisqu'il n'existe pas de théorie du genre mais des études et des apports en sciences sociales sur le genre[149].

Cette position trouvent écho chez certains politiques, en premier lieu au sein de la droite catholique conservatrice, puis auprès de nombreux députés et sénateurs UMP[150], qui demandent par exemple la création d'une commission d'enquête à l'Assemblée nationale, regrettant que les études de genre aient intégré la « théorie du gender »[151] qu'ils présentent comme un système de pensée et d’organisation globale de la société refusant en général ce qui est donné par la nature et en particulier le corps sexué lui donnant un « sens subversif de l’indifférenciation des sexes »[151]. Ces députés attribuent ainsi à la « théorie du gender » la création de laboratoires sur le genre dans différents établissements d'enseignement supérieur, l'introduction d'un chapitre intitulé « Devenir homme ou femme » dans les manuels scolaires de sciences de la vie et de la terre de première, la répression des discriminations fondées sur l'orientation ou l'identité sexuelle, la lutte contre les stéréotypes filles-garçons dans certaines crèches, le remplacement de certains termes du code civil comme « femme et mari » par « époux » et « père et mère » par « parent » dans le cadre du projet de loi sur le mariage homosexuel ou encore le programme de lutte du gouvernement contre les discriminations basées sur l'orientation sexuelle[151],[152]. À partir de 2013, divers groupes politiques, liés pour certains à La Manif pour Tous, ont lancé en France des campagnes prêtant à l'Éducation nationale l'intention d'enseigner la « théorie du genre » à l'école[153],[154] ; les groupes les plus radicaux ont affirmé que cet enseignement s'accompagnerait de cours d'éducation sexuelle dès l'école maternelle et de propagande en faveur de l'homosexualité[réf. nécessaire]. Bien que rapidement démenties, ces rumeurs ont occasionné des mouvements d'inquiétude, notamment dans certains milieux issus de l'immigration[155],[156].

Défenseurs de la prééminence biologique[modifier | modifier le code]

Pour Claudine Junien, professeur émérite de génétique médicale, et Peggy Sastre, journaliste scientifique, le genre est devenu « un cache-sexe » qui occulte l’inné, le biologique, le « sexe ». Elles considèrent que le genre masque les différences qui existent entre les hommes et les femmes sous prétexte d’éviter toute discrimination, et pénalise ainsi tout à la fois hommes et femmes. A contrario, elles pensent que les progrès de la recherche médicale passent par une segmentation beaucoup plus poussée entre les deux sexes[157].

Les travaux d'Anne Fausto-Sterling et notamment l'idée d'un continuum sexuel sont contestés par d'autres chercheurs[158] qui considèrent que la sexualité humaine est binaire par nature dans le but de reproduire notre espèce et que le cas de rares troubles du développement sexuel ne saurait constituer un « continuum »[159]. Les chercheurs en études de genre (par exemple la sociologue Christine Deplhy[160] ou Rebecca M. Jordan-Young (en) professeure en sociologie des sciences médicales) explicitent pourtant qu'il ne s'agit pas de nier l'existence de l'anatomie ou de la biologie[8](p33,38). Certains d'entre eux, comme Anne Fausto-Sterling, sont d'ailleurs biologistes ou comme Catherine Vidal sont neurobiologiste, et intègrent ces disciplines dans leurs travaux.

Le Paradoxe de l'égalité des genres (2010)[modifier | modifier le code]

En 2010, le norvégien Harald Eia, diplômé en sociologie de l'Université d'Oslo, réalise Hjernevask (en) (lavage de cerveau), une série de sept documentaires scientifiques pour la chaîne de télévision publique norvégienne NRK1[161] sur le débat inné/acquis[162]. Le premier épisode intitulé Le Paradoxe de l'égalité des genres et diffusé le suscita une grande controverse[163].

Harald Eia part du paradoxe suivant : La Norvège est l'un des pays les plus égalitaires au monde selon les rapports internationaux traitant de l'égalité hommes-femmes, pourtant c'est aussi celui où les professions sont les plus genrées (les ingénieurs sont à une écrasante majorité des hommes, les infirmières des femmes).

À partir de ce simple constat, il s'en va interviewer de nombreux scientifiques et chercheurs en Norvège et à l'étranger, dont le psychologue britannique Simon Baron-Cohen.

La série recevra la même année le Prix Fritt Ord, une fondation norvégienne qui milite pour la liberté d'expression[164].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette distinction est également possible dans l'étude des types sexuels.
  2. L'expression gender theory est utilisée par plusieurs sociologues américains pour désigner leur champ d'études. Selon Myra Marx Ferree, la gender theory « se concentre sur la manière dont on attribue à des comportements et des rôles spécifiques une signification en matière de genre, sur la manière dont on divise le travail pour exprimer symboliquement les disparités entre les genres et sur la manière dont diverses structures sociales [...] incorporent des valeurs ou confèrent des avantages liés aux genres »[106]. Selon Jean Potuchek, qui se réfère notamment à l'article Doing gender (en) de Candace West et Don Zimmerman, la gender theory « définit le genre non pas en tant que rôle individuel appris dès l'enfance et relativement stable par la suite, mais en tant que système d'inégalités qui se crée et se recrée dans l'expérience quotidienne [...] Les sociologues en gender theory ne font pas d'hypothèse à propos du « caractère naturel » des catégories de genre dichotomiques, mais ils examinent la construction sociale de ces catégories à travers un ensemble de frontières qui définissent ce qui est mâle ou femelle, masculin ou féminin »[107]. Ce point de vue n'est cependant pas le seul, différents auteurs soulignant la variété des approches sociologiques de la gender theory[108],[109]. La « gender theory », en tant que mise en œuvre du concept de genre, est donc une notion connexe des études de genre, dans lesquelles le concept de genre est appliqué[110].

Références[modifier | modifier le code]

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    « La distinction entre le sexe et le genre ne saurait rendre simplement compte d’une opposition entre du "physique" et du "social". Le genre peut être défini comme le rapport social divisant l’humanité en deux sexes distincts et hiérarchiquement articulés en dehors desquels il semble que rien ne puisse exister. En vertu de cette définition, le sexe apparaît comme le "produit" du genre, comme le résultat d’un système de division qui renforce continuellement sa pertinence en donnant à voir les sexes comme les éléments naturels et pré-sociaux constitutifs du monde dans lequel nous vivons [p.54] »

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  12. Jean-Christophe Coffin, « Le genre, une notion prise au sérieux dans les années 1960 », Sociétés & Représentations, vol. 43, no 1,‎ , pp. 43 à 63 (ISSN 1262-2966 et 2104-404X, DOI 10.3917/sr.043.0043, lire en ligne, consulté le 22 juillet 2020) :

    « Le sexe renvoie donc à la constitution anatomique originelle, tandis que le genre se rapporte aux développements psychologiques, aux influences sociales et culturelles [§10] »

  13. Dorlin, Elsa., Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe, Paris, Presses universitaires de France, , 153 p. (ISBN 978-2-13-055889-7 et 2130558895, OCLC 278432147, lire en ligne), p. 55

    « Le concept de genre est lui-même déterminé par la sexualité, comprise comme système politique, en l’occurrence l’hétérosexualité reproductive, qui définit le féminin et le masculin par la polarisation sexuelle socialement organisée des corps »

  14. Isabelle Clair, « Pourquoi penser la sexualité pour penser le genre en sociologie ? », Cahiers du Genre, vol. 54, no 1,‎ , p. 93 (ISSN 1298-6046 et 1968-3928, DOI 10.3917/cdge.054.0093, lire en ligne, consulté le 16 janvier 2019)
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    « Gender identity starts with the knowledge and awareness, whether conscious or unconscious, that one belongs to one sex and not the other [...] gender role is the overt behavior one displays in society, the role which he plays, especially with other people. »

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    « Le problème n'est pas que le corps n'a pas de sexe ou n'est pas sexué - il l'est ; le problème n'est pas que le processus physio-anatomique de sexuation n'a pas fonctionné - il a fonctionné ; le problème, pour les médecins, [...] il n'a pas donné lieu à une identité sexuelle identifiable comme "mâle" ou "femelle". Aussi l'intervention consiste à intervenir sur les corps intersexes pour leur assigner, non pas un sexe (ils en ont déjà un), mais le bon sexe. [...] Ce "bon sexe" consiste essentiellement [à ce qui] doit être "normalement" hétérosexuel. »

  55. Dorlin, Elsa., Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe, Paris, Presses universitaires de France, , 153 p. (ISBN 978-2-13-055889-7 et 2130558895, OCLC 278432147, lire en ligne), p. 38

    « La sexuation n'est donc pas le tout du "sexe": dans la définition commune du "sexe biologique", l'anatomie n'est jamais seule. Autrement dit, il y a toujours déjà, dans ce que nous appréhendons communément comme le "sexe biologique" des individus, du genre et les traces d'une gestion sociales de la reproduction, c'est à dire, une identité sexuelle (de genre et de sexualité) imposée, assignée. »

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  71. Alain Degenne, « Types d’interactions, formes de confiance et relations », REDES- Revista hispana para el análisis de redes sociales Vol.16,#3, Junio 2009,‎ , p.73 (lire en ligne) :

    « La littérature sociologique met en avant le fait que l’organisation sociale, au moins dans les pays occidentaux, favorise les hommes plutôt que les femmes : le droit de vote leur a été accordé récemment au regard de l’histoire (en 1945 en France), à travail égal, elles sont moins bien payées que les hommes, elles ont moins de possibilité d’accéder aux postes de direction dans les entreprises, sans parler des violences des hommes envers les femmes, qui sont fréquentes et en tout cas beaucoup plus fréquentes que les violences des femmes vers les hommes.. »

  72. Alain Degenne, « Types d’interactions, formes de confiance et relations », REDES- Revista hispana para el análisis de redes sociales Vol.16,#3, Junio 2009,‎ , p.74 (lire en ligne)
  73. Alain Degenne, « Types d’interactions, formes de confiance et relations », REDES- Revista hispana para el análisis de redes sociales Vol.16,#3, Junio 2009,‎ (lire en ligne) :

    « François de Singly (2007), dans l’injustice ménagère propose une autre approche. Il constate, lui aussi, que le partage des tâches ménagères entre les conjoints n’évolue guère au cours du temps. Il en propose une explication par la recherche de la compétence par les femmes et la démission des hommes. »

  74. Alain Degenne, « Types d’interactions, formes de confiance et relations », REDES- Revista hispana para el análisis de redes sociales Vol.16,#3, Junio 2009,‎ , pp.72 à 74 (lire en ligne) :

    « Le rapport de soumission fondé sur la compétence ne peut pas déboucher sur la révolte puisqu’il apparaît comme naturellement légitime et souhaitable. [...] Cette explication est du type expert-patient. Elle est peu compatible avec la thèse féministe. [...] Retenons de cette évocation des interactions corrélatives que c’est un type d’interaction assez large, qui se caractérise par la dépendance mutuelle des partenaires, dépendance qui vient de leurs qualités propres. Ils sont différents et c’est cette différence qui crée leur dépendance et induit l’interaction. On peut rapprocher des exemples que nous avons pris (médecin-patient, professeur-élève, hommes-femmes), les producteurs et les consommateurs, les politiciens et leur clientèle, ceux qui donnent des conseils et ceux qui les reçoivent, etc. »

  75. Alain Degenne, « Types d’interactions, formes de confiance et relations », REDES- Revista hispana para el análisis de redes sociales Vol.16,#3, Junio 2009,‎ , pp. 74 à 75 (lire en ligne) :

    « La maîtresse de maison dessine l’univers dans lequel elle vit et dans lequel les autres vivent. Il est rare que l’homme dorme dans des draps qu’il a choisis ! Les femmes s’occupent désormais de l’intérieur pour elles-mêmes, pour s’assurer ordre et bien-être et - éventuellement - pour leurs enfants. Mais certainement pas pour l’homme ! Il en tire bénéfice juste parce qu’il partage le même toit. Pour lui, c’est à la fois excluant et confortable - et le réveil est brutal en cas de divorce. Pour elle, c’est une forme de pouvoir secondaire. Cette explication est du type expert-patient. Elle est peu compatible avec la thèse féministe [...]. »

  76. Alain Degenne, « Types d’interactions, formes de confiance et relations », REDES- Revista hispana para el análisis de redes sociales Vol.16,#3, Junio 2009,‎ , p.85 (lire en ligne) :

    « Ensuite il n’y a aucune raison de passer automatiquement du constat d’un déséquilibre dans une interaction à une interprétation en termes de domination. [...] que l’on observe les conditions dans lesquelles se déroulent les interactions au sein de relations qui perdurent, les déséquilibres peuvent s’interpréter autrement qu’en termes de domination, par exemple comme facteurs de dynamisme dans une relation qui ne cherche pas nécessairement à évoluer vers l’équilibre. »

  77. Alain Degenne, « Types d’interactions, formes de confiance et relations », REDES- Revista hispana para el análisis de redes sociales Vol.16,#3, Junio 2009,‎ , p.74 (lire en ligne) :

    « Comme la femme est de toutes façons plus sollicitée pour la reproduction, le plus efficace est qu’elle se spécialise dans les tâches domestiques. Le partage inégal du travail domestique n’est donc pas le fait d’une domination mais le résultat d’un calcul économique. Pour les conjoints, il n’y a pas d’inégalité, il n’y a qu’une spécialisation. [...] En effet, la spécialisation inégale a pour effet de rendre dépendant l’homme qui, tout en bénéficiant des services de sa compagne, perd pour une part une maîtrise de son monde. »

  78. (en) Gary Becker, A Treatise on the Family, , 441 p. (ISBN 978-0-674-90699-0), p.30 - p.41 :

    « The various divisions of labor among family members are determined partly by biological differences and partly by different experiences and different investments in human capital. […] Since married women have been specialized to child bearing and other domestic activities, they have demanded long-term "contracts" from their husbands to protect them against abandonment and other adversities. [...] Specialized investments and time allocation together with biological differences in comparative advantage imply that married men specialize in the market sector and married women in the household sector. »

  79. Héritier Françoise, « Quel sens donner aux notions de couple et de mariage ? à la lumière de l'anthropologie », Informations sociales,‎ (DOI https://doi.org/10.3917/inso.122.0006, URL : https://www.cairn.info/revue-informations-sociales-2005-2-page-6.htm)
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    « La «théorie du genre» (gender theory) prétend que la primauté accordée à l'hétérosexualité culpabilise les pratiques homosexuelles, bisexuelles et plurisexuelles. »

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    « Gender theory focuses upon how specific behaviours and roles are given gendered meanings; how labor is divided to express gender differences symbolically, and how diverse social structures [...] incorporate gender values and convey gender advantages »

  107. (en) Jean Potuchek, « Employed Wives' Orientations to Breadwinning: A Gender Theory Analysis », Journal of Marriage and Family, vol. 54, no 3,‎ (JSTOR 353241) :

    « Gender theory does not define gender as an individualized role that is learned in childhood and relatively stable thereafter, but as a system of inequality that is created and recreated in daily experience [...] Gender theorists do not assume the "naturalness" of dichotomous gender categories, but examine the social construction of such categories through a system of boundaries that delineate male and female, masculine and feminine. »

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Ouvrages critiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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