AMX-13

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AMX-13
Image illustrative de l'article AMX-13
Char AMX-13 Israélien dans un musée
Caractéristiques de service
Service De 1952 à 1985 (dans l'Armée de Terre)
Utilisateurs 35 pays
Production
Concepteur Atelier de Construction d'lssy-les-Moulineaux
Année de conception 1945-1949
Constructeur Atelier de Construction Roanne
Production 7 700 exemplaires
Caractéristiques générales
Équipage 3 (chef de char, tireur et conducteur)
Longueur 6,36 m (4,88 pour la caisse)
Largeur 2,51 m
Hauteur 2,30 m
Masse au combat 14,8 t (13 à vide)
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type De 10 à 40 mm
Armement
Armement principal AMX-13/75 : Canon SA49 ou SA modèle 50 de 75 mm (37 obus)

AMX-13/90 : Canon de 90 mm modèle F3 (34 obus)
AMX-13/105 : Canon CN 105/57 de 105 mm (32 obus)

Armement secondaire 1 mitrailleuse coaxiale MAC 31 Reibel de 7,5 mm (2 100 coups) ou une AA-52 de 7,62 mm (3 600 coups)

1 mitrailleuse optionnelle de 7,62 mm, 4 pots lance-grenade fumigène modèle 51.

Mobilité
Moteur SOFAM 8 Gxb à essence, à 8 cylindres à plat refroidi par eau dérivé d'un moteur d'avion Mathis et construit par SAVIEM.
Puissance 250 ou 270 ch (186 ou 198 kW) à 3 200 tr/min
Transmission Manuelle à 5 vitesses
Suspension Barre de torsion
Vitesse sur route Jusqu'à 60 km/h (45 de moyenne)
Puissance massique 16,7 ch/tonne
Réservoir 480 litres
Autonomie 350−400 km

L'AMX-13 est un char léger français produit à 7 700 exemplaires (dont 3 400 exportés dans 35 pays) entre 1953 et 1985. Son châssis a servi de base à de nombreux engins blindés, char de combat, lance-missile antichars, transport de troupes (AMX-13 VCI), pièce d'artillerie de 105 ou 155 mm, postes de commandement, engins du génie ou ambulance. Sa conception est très avancée notamment grâce à sa tourelle oscillante FL 10 qui permet de mettre sur un châssis de char léger un canon de 75, 90 ou 105 mm à grande vitesse initiale.

Historique[modifier | modifier le code]

Un char léger AMX-13 équipé de missiles antichar Nord SS.11. Un total de 4 300 de ces engins furent perçus par l'armée française entre 1952 et leur retrait dans les années 1980

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les structures de production d'armement de l'armée française se penchent sur trois types de matériels, un char principal de combat (Main Battle Tank - MBT), un char léger et un véhicule blindé de reconnaissance.

En septembre 1946, un avant-projet est émis par la Direction des études et fabrications d'armement (DEFA) est émis pour un char léger destiné à la reconnaissance et à la mission antichar. Peu à peu, le cahier des charges s'affine et se tourne délibérément vers un engin léger qui privilégie le facteur puissance de feu et mobilité au facteur protection. Il doit avoir :

  • une forte puissance de feu
  • un poids inférieur ou égal à 12 t pour être aérotransportable
  • une très bonne mobilité
  • une très bonne autonomie

En janvier 1947, le châssis doit être polyvalent et doit pouvoir accueillir une gamme complète d'armement. La décision quant au type d'armement doit être prise rapidement et le principe d'une tourelle oscillante est adopté et validé par la Section technique de l'Armée (STA).

En avril 1947, quatre constructeurs sont mis en compétition : l'AMX, Renault, les Forges et chantiers de la Méditerranée (FCM) et la Compagnie générale de construction de locomotives (Batignolles-Chatillon). La tourelle FL 4 de chez Fives-Lille équipée d'un canon de 75 mm à haute vitesse initiale est adoptée.

En décembre 1949, la société AMX remporte le marché. Cinq prototypes sont construits. À la fin de 1949, l'exigence d'aérotransportabilité est abandonnée.

De février à avril 1950, les prototypes sont essayés en corps de troupe. 135 blindés de pré-série sont commandés.

En octobre 1950, le prototype no 2 modifié est envoyé aux États-Unis pour concourir aux financements ouverts dans le cadre des off-shore procurement programs offert par les États-Unis qu'il obtient.

Début 1951, le char est adopté sous le nom de "char de 13 tonnes modèle 1951" ou "char AMX 13". Au premier semestre 1952 les premiers exemplaires de série sont livrés au 8e régiment de hussards. Les tests sont, par ailleurs, poursuivis en Afrique du Nord, notamment. Le moteur Mathis 8 cylindres de 250 ch d'origine est changé pour un moteur 8 cylindres à plat de la SOFAM (Société de fabrication d'armements et de moteurs) et qui sera finalement produit par SAVIEM.

La mise au point et l'expérimentation durent jusqu'en 1955. Les modèles de série sortent des ateliers de Roanne (ARE). Creusot-Loire à Chalon-sur-Saône à partir de 1964 remplaça l'ARE et une troisième ligne de montage est ouverte aux Forges et Chantiers de la Méditerranée à la Seyne-sur-Mer. La fabrication se termine en 1985.

Description[modifier | modifier le code]

La coque de l'AMX 13 est entièrement soudée. Le conducteur est assis à l'avant gauche. Il dispose de trois épiscopes qui lui donnent une visibilité panoramique et d'une trappe blindée d'une seule pièce qui s'écarte du côté gauche. Le moteur est placé à sa droite. La tourelle est placée derrière lui.

L'AMX 13 a une suspension à barre de torsion, un total de 5 galets de roulement, la poulie de tension est à l'arrière et le barbotin à l'avant, et trois rouleaux supports de chenille sur le dessus. La suspension du premier et du cinquième galet de roulement est renforcée par un amortisseur hydraulique. La boite de vitesses est manuelle et possède cinq vitesses avant et une marche arrière. Une boite automatique a été développée. Le différentiel est du type Cleveland. La direction et le freinage sont assurés par un système de bandes sèches et de bandes humides mise en œuvre par quatre leviers en fonction de l'effet à obtenir. Le système électrique est alimenté par 4 batteries de 12 volts (100 Ah) et d'un générateur de 4,5 kW.

L'AMX-13 n'a pas de capacité amphibie, ni de franchissement en eau profonde, ni de capacité NBC.

Participations aux opérations[modifier | modifier le code]

En opérations, l'armée française le déploie durant la guerre d'Algérie avec, en mars 1958, 114 AMX-13[1].

Le 2e escadron du 2e Régiment étranger de cavalerie en renforcement du 1er régiment étranger de parachutistes met en œuvre des AMX 13 lors de la crise de Suez en 1956. L'armée de défense d'Israël l'emploie durant la même campagne, la guerre des Six Jours de 1967 et la guerre du Kippour de 1973.

Les AMX-13 des forces armées indiennes sont utilisés lors de la bataille d'Asal Uttar (en), l'un des moments décisifs de la Deuxième Guerre indo-pakistanaise de 1965 et le plus grand engagement de chars depuis la Deuxième Guerre mondiale. Les Américains auraient conclu que le 75 mm de l'AMX-13, comme le 20 livres/84 mm du Centurion, pouvait perforer le blindage du M60 Patton.

Il est utilisé lors de la guerre civile dominicaine et des chars capturés s'opposeront sans succès aux blindés américains.

En France, au début des années 1980, environ 1 010 chars sont en parc dans l'armée de terre[2], ils sont alors en cours de remplacement dans les régiments mécanisés par les AMX-30. Un escadron de 16 AMX-13/90[3] et des AMX-VCI restent en service jusqu'en 1990 au 30e groupe de chasseurs de la 7e division blindée[4].

Variantes[5][modifier | modifier le code]

Le modèle char de combat[modifier | modifier le code]

  • Les prototypes AMX-13
    • Char AMX-13 (2A): avec 4 galets de roulement et la poulie de tension au niveau du sol.
    • Char AMX-13 (2B): avec 5 galets de roulement et la poulie de tension surélevée.
    • Char AMX-13 (2C): avec la tourelle FL-10 et deux rouleaux supports de chenille.
    • Char AMX-13 (2D): avec 4 rouleaux supports de chenille
    • Char AMX-13 (2E): avec 3 rouleaux supports de chenille et un canon de 90 mm
    • Char AMX-13 (2F): avec 2 rouleaux supports de chenille et un manchon anti-arcure sur le canon.
  • AMX-13 canon de 75 Modèle 1951: est le premier modèle d'AMX 13 en service. La tourelle FL 10 de l'AMX-13 est armée avec un canon semi-automatique SA 50 de 75 mm (Cn 75 SA 50)[6] inspiré du canon de 75 mm long 7,5 cm KwK 42 L/70 du Pzkw V Panther. Il est doté d'un obus perforant de 75 mm d'une vitesse initiale de 1 000 m/s[7]. Il est alimenté par un système original de barillets rotatifs d'une capacité de six obus chacun. Ce système permet d'économiser un membre d'équipage spécifique pour recharger le canon. En revanche, une fois les douze projectiles tirés, le retour à l'arrière est nécessaire pour compléter les barillets.
  • AMX 13 FL 11[8] : En 1954, à la fin de la guerre d'Indochine, les matériels blindés sont tous d'origine américaine ou britannique datant de la Deuxième Guerre mondiale et leur usure se fait passablement sentir. C'est pourquoi, l'armée française envisage d'adopter un AMX 13 avec la tourelle FL 11 doté du canon de 75 mm de l'EBR. Cette tourelle a l'avantage de ne pas posséder le système à barillet. La commande est passée pour 5 puis 20 exemplaires. Seuls, les 5 premiers exemplaires seront livrés et mis en service au 2e Régiment étranger de cavalerie (2e REC) à Oujda puis sont cédés au Maroc à l'indépendance de ce pays.
  • AMX 13 avec tourelle de M24 Chaffee[8] : En 1957, pour remplacer les chars M24 Chaffee très usés, l'armée française envisage de monter une tourelle de M24 sur le châssis de l'AMX 13. Un prototype est essayé puis 150 exemplaires sont fabriqués en 1960. Ils servent en Algérie notamment au 9e régiment de hussards, puis sont rapatriés en 1962. Les canons sont démontés et le bouclier est remplacé par un pare-brise pour placer un instructeur. L'engin reçoit alors le nom d'AMX 13 DTT et les chars sont versés à l'instruction.
  • AMX 13 canon de 90 mm Modèle 1951 : À partir de la moitié des années 1960, les M47 Patton sont retirés du service et l'AMX 30 n'est pas encore prêt pour les remplacer. Aussi, pour remettre à niveau les AMX 13 par rapport à leurs adversaires du Pacte de Varsovie, les tourelles FL 10 sont modifiées à partir de février 1967 par le réalésage du canon SA 50 et la modification de l'aménagement intérieur. Le tube devient le "Canon de 90 mm Modèle F3" (Cn 90 F3), doté d'un obus empenné à charge creuse (APFS- Armour Piercing Fin Stabilized) et tirant à la vitesse initiale de 750 m/s. Le système à barillets est conservé, la durée du rechargement complet allant de une heure à une heure et demie. Les nouveaux modèles reçoivent un aide à la conduite infra-rouge et une capacité NRBC qui se caractérise à l'extérieur, par l'apposition d'une jupe textile au niveau de la jonction entre la partie mobile et la partie fixe de la tourelle oscillante. Ils sont retirés du service en 1990.
  • AMX 13 T75 mm SS-11 : L'industrie française est très avancée en matière de missiles anti-char et elle les essaye dans de nombreuses configurations et sur de nombreux châssis. Le Centre de Tir des Engins Blindés de Mailly-le-Camp propose une solution avec le montage de missiles SS-11 de part et d'autre du canon de 75 mm sur la tourelle FL-10 D2. Le principe est accepté en avril 1960 et les premiers exemplaires sont livrés en janvier 1963.
    • AMX-13 T75: version avec les missiles SS-11 filoguidés.
    • AMX-13 T75/TCA: version avec les missiles SS-11 guidés électroniquement.
  • AMX 13 "Ben-Hur" : sont des châssis AMX 13 avec la tourelle démontée destinés à l'instruction à la conduite avec une rambarde mise autour de l'orifice de tourelle pour donner à l'instructeur une certaine stabilité.

Le modèle transport de troupes d'infanterie[modifier | modifier le code]

  • AMX-13 VTT (véhicule de transports de troupes) Modèle 1956 : La version VTT de l'AMX 13 est choisie par l'EMA en juillet 1955 pour remplacer les half-tracks White américains. Son appellation varie selon les périodes : Transport de Troupe Chenillé Modèle 56 (AMX-13 TT 12 CH Mle 56), Véhicule transport de personnel ( AMX-13 VTP), véhicule transport de troupe (AMX-13 VTT) ou véhicule de combat d'infanterie ( AMX-13 VCI). Des essais sont menés d'avril à juin 1956 par la STA sur quatre prototypes. En 1957, une présérie de 25 exemplaires est commandée. 230 exemplaires sont construits et livrés en 1960. L'armement initial est assuré par une mitrailleuse Reibel Mle 1931 non protégée. Deux versions de tourelleaux sont adoptés par la suite, le CAFL 38 (Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine à Homécourt) doté d'une mitrailleuse Browning Mle 1919 de 7,62 mmou d'une mitrailleuse AA 52 de 7,5 mm et le S470 ( Giat CB 127) avec une mitrailleuse Browning M2 HB de 12,7 mm.
  • AMX-13 VCI (véhicule de combat de l'infanterie) : Les dernières versions du VTT sont équipées du tourelleau T20-13 doté d'un canon de 20 mm à tir rapide ce qui peut lui donner les caractéristiques d'un véhicule de combat d'infanterie sans vraiment en avoir les qualités de protection. Il est supplanté progressivement dès 1975 par l'AMX 10.
  • AMX 13 Poste de commandement chenillé Mle 1956 (AMX-13 PC CH Mle 56) :

Les modèles destinés à l'artillerie sol-sol[modifier | modifier le code]

  • AMX-13 Obusier de 105 mm automoteur Modèle 1950 (105 AU 50) :

Le projet d'un canon automoteur de 105 date de 1946 dans le cadre du renouveau de l'industrie de défense française. Le châssis AMX-13 est choisi parmi trois concurrents. Une longue phase d'expérimentation a lieu entre 1950 et 1954. En 1955, 20 exemplaires de pré-série sont construits par les ARE. 425 sont produits au total. 337 sont livrés à l'armée française avec le tube de 23 calibres, 92 sont exportés aux Pays-Bas avec le tube de 30 calibres.

La masse artillerie est composée d'un obusier tracté de 105 OB 105 Mle 50 TF développé dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale mais qui n'est pas produit en masse.

Le véhicule est un châssis AMX-13 renforcé et sa description est sensiblement la même que celle de la version "char".

    • AMX 105 A ou Mk 61 : casemate fixe. L'obusier peut tirer sous un angle positif de 70° et négatif de - 4° 30". Le débattement horizontal du canon est de 20° à gauche et 20° à droite. L'ensemble du pointage se fait à la main. Le canon a une portée maximum de 15 km. L'obus a une vitesse initiale comprise entre 220 et 670 m/s. Le tube qui peut avoir deux longueurs, 25 ou 30 calibre est terminé par un frein de bouche à deux volets. Sa capacité d'emport est de 56 obus de 105 mm dont 6 antichar. Il est équipé d'un télescope à grossissement 6 pour les tir antichar et d'un goniomètre de grossissement 4 pour le tir d'artillerie. Une mitrailleuse de 7,5 mm AA 52 ou de 7,62 mm ANF1 est transportée à l'intérieur de la casemate. Une autre mitrailleuse du même type est montée sur le kiosque du chef de char à droite du compartiment de combat. Le compartiment de combat est couvert par deux plaques de blindage est il est accessible par deux portes à l'arrière.
    • AMX 105 B : tourelle rotative. La tourelle rotative est un projet d'étude qui aboutit à la construction de quatre exemplaires pour la Suisse mais qui n'aboutit pas à une production. Les caractéristiques de la masse artillerie et du châssis sont sensiblement les mêmes que celles du modèle A.[9]
  • AMX 13 obusier de 105 mm auto-mouvant Modèle F3 (155 AMF3) : Le modèle est développé au début des années 1960 et consiste en un obusier de 155 mm monté à l'arrière d'un châssis AMX-13. L'obusier lui-même est construit par les Ateliers de construction de Tarbes (ATS) et il est dérivé du tube du l'obusier TR Mle 50. Le châssis est fabriqué par les ateliers de construction de Roanne (ARE) à l'origine puis, à partir de 1965, la fabrication est transférée auprès de Creusot-Loire pour laisser la place aux chaines de montage de l'AMX-30. Les essais sont conduits par les Établissements d’Études et de Fabrication d'Armement de Bourges (EFAB).
  • AMX 13 Mortier :
    • Mortier de 81 mm : modèle destiné à l'armée belge et appelé AMX-VPCM (véhicule chenillé porte-mortier), il est armé avec un mortier de 81 mm Brandt qui tire de la partie avant du toit. Le mortier peut tirer sous un angle compris entre 43 et 80° avec un débattement latéral de 40°. L'équipage est de 6 hommes et l'engin porte un total de 128 roquettes de mortier. Une embase est portée devant la coque pour que le mortier puisse être mis en œuvre hors du véhicule si nécessaire.
    • Mortier de 120 mm : toujours dénommé AMX-VPCM (véhicule chenillé porte-mortier), il porte un mortier de 120 mm Brandt et une équipe de pièce de 5 hommes. Il peut transporter 60 coups. Le mortier peut tirer sous un angle compris entre 43 et 80° selon un débattement latéral de 46°.
  • AMX 13 VCA (Véhicule à chenille d'accompagnement) : fait pour accompagner l'AMX 13 AMF3, il transporte le conducteur et l'équipe de pièce de 7 hommes. Il peut transporter 25 coups complets (obus et gargousses), 39 fusées, et il peut tracter une remorque de ravitaillement en munition ARE (Ateliers de Roanne) 2T F2 qui contient 30 coups complets dont 26 gargousses à propulsion lente, 4 à propulsion rapide et 6 fusées. Il est armé avec un tourelleau standard. Dans la plupart des régiments d'artillerie, il est remplacé par un camion 3t GBC 8 KT d'accompagnement armé d'une mitrailleuse Browning HB de 12,7 mm sur affût circulaire pour la lutte antiaérienne.
  • AMX 13 Véhicule de commandement d'artillerie : Version de l'AMX 13 VTT qui accompagne les batteries de 105 AU 50 ou de 155 AMF3 et qui contient tout le matériel pour la préparation des tirs sur le côté droit à l'arrière (planches de graphiquage et de tenue de la situation tactiques) et les transmissions avec à l'avant un ensemble de postes radio AN-GRC 9 (Un poste pour les ordres, un poste pour le renseignement et un poste pour le réglage des tirs en liaison avec les observateurs avancés), un haut parleur et à l'arrière, un faisceau destiné à recevoir les fils téléphoniques en direction des pièces. L'équipage est de 9 personnels. Il peut tirer une remorque de ravitaillement en munitions ARE (Ateliers de Roanne) 2T F2.
  • AMX 13 RATAC (Radar de tir de l'artillerie de campagne) : Version de l'AMX 13 VTT doté d'un radar Doppler RATAC qui permet de détecter et de distinguer les mouvements et régler les tirs.

Les modèles destinés à l'artillerie sol-air[modifier | modifier le code]

Dés l'après-guerre, l'armée française cherche à améliorer ses capacités antiaériennes qui ne sont composées, alors que de quadritubes de 12,7 mm montés sur half-track du modèle M-16 Multiple Gun Motor Carriage et des canons tractés de 40 mm Bofors. Une tourelle quadritube composée de canons de Flak allemands MG-151/20 Vierling est essayée sur une plateforme AMX-13 mais la portée utile du système d'arme, 1 200 m, n'est pas satisfaisante.

  • AMX-13 défense contre-avion (DCA) monotube de 40 mm : parmi les essais, un L/70 Bofors produit sous licence est monté sur une tourelle blindée SAMM (Société pour les Applications des Machines Motrices) S-980. Le système d'arme destiné principalement à la marine est équipé un radar COTAM de détection, acquisition, poursuite et tir, d'un poste de conduite de tir avec un calculateur PHF 40 et d'une binoculaire L879. Les études cessent à partir de 1957 car la batterie s'avère trop lourde, la cadence de tir de 120 coups par minutes est insuffisante et les missiles antiaériens semblent proposer une alternative plus prometteuse. Aucune suite n'est donnée au projet[10].
  • AMX-13 défense contre-avion (DCA) bitube de 30 mm : Suite à l'échec du modèle précédent, l'armée française se tourne au début des années 1960 sur un affût bitube de 30 mm Hispano-Suiza HS 831.A, inspiré du canon allemand de 30 mm Mk. 103, monté sous une tourelle blindée SAMM S 401.A et doté d'un radar de veille et de contrôle du tir Thomson-CSF Œil Noir. Le système d'arme permet une défense antiaérienne du corps de bataille à basse altitude dans la zone des 1 000 m. 60 exemplaires sont produits. Les premiers sont livrés en 1969 et quittent le service à la fin de la guerre froide. Le châssis est du modèle renforcé de l'OB AU 50 qui permet d'avoir une plateforme horizontale sur laquelle la tourelle peut pivoter. Le bitube est contrôlé par des détentes électriques et la vitesse initiale du projectile est de 1 000 m/s. Le tir peut être au coup par coup ou par rafales de 5 ou de 20 coups pouvant atteindre une cadence de tir de 600 coups/minutes pour les deux tubes[11]. Chaque tube dispose de 300 obus en réserve. Le système de pointage électrico-hydraulique n'est pas stabilisé. La tourelle peut pivoter à raison de 80° par seconde avec un pointage en hauteur maximum de 85° atteint au rythme de 45° par seconde. Le radar Doppler à vagues cohérentes Œil Noir développé par Électronique Marcel Dassault (EMD) peut détecter tout type d'aéronefs dans un rayon de 12 km et jusqu'à une altitude de 3 000 m. Il permet au système d'arme d'atteindre un portée utile de 5 000 m. Le système d'arme a aussi une capacité auxiliaire anti-char pour laquelle il est doté d'un viseur APX M 250. La tourelle reçoit un réceptacle arrière destiné à récupérer les étuis des obus tirés. Elle reçoit aussi des barres soudées pour accrocher des sacs de stockage textiles. La tourelle étant un peu lourde pour le châssis AMX 13, une version montée sur le châssis AMX 30 est étudiée à partir de 1965, version qui n'est pas adoptée par l'armée française mais qui est proposée à l'export.
  • AMX-13 Roland : le châssis de l'AMX-13 a été initialement envisagé pour soutenir le système de missile antiaérien franco-allemand Roland mais aucune production ne s'en est suivie et tous les exemplaires, prototypes et productions ont été montés sur un châssis de char AMX-30.

Les modèles destinés au génie[modifier | modifier le code]

  • AMX 13 VCG (véhicule de combat du génie) [12] : Introduit en 1964, il est destiné au génie "combat", il est dérivé de la version VTT de l'AMX 13. Il transporte 10 hommes dont un chef de char, un conducteur et 7 hommes. Il pèse 17,6 t. Il permet à ces personnels de faire des opérations de déblaiement, de destructions, de levage et de terrassement. Il est équipé d'une lame de bulldozer, d'une bigue démontable pouvant soulever 4 500 kg, et d'un treuil hydraulique (3,5 t - 4,5 t) commandés depuis l'intérieur du véhicule et d'outils de pionnier : détecteurs de mines, scies mécaniques, marteau perforateur automoteur, etc. Il peut tracter une remorque à deux essieux tous terrains d'une charge utile de 2 t. Il est armé d'une mitrailleuse Browning HB M2 de 12,7 mm sans tourelleau.
  • AMX-13 poseur de pont : En 1955, le projet d'un véhicule poseur de pont est lancé. Un prototype est commandé en 1959 et il est testé en avril-mai 1962. Entre temps, une série de 18 engins est commandée en janvier 1961 et une autre de 12 engins en septembre 1961.
  • AMX-13 poseur de pont Mle F1 :
  • AMX 13 poseur de mines Minotaur :

Les modèles destinés au service de santé des armées[modifier | modifier le code]

  • AMX 13 Sanitaire VCBT :

Les modèles destinés au dépannage et au matériel[modifier | modifier le code]

  • AMX-13 Mle 1955 Dépannage :

Les modèles spécifiques à l'étranger ou prototypes destinés à l'export[13][modifier | modifier le code]

  • AMX-13 canon de 105 Modèle 1958 : En juillet 1957, une nouvelle tourelle FL 12 équipée d'un canon de 105 mm Mle 1957 (Cn 75 SA 57 (F1)) L 44, est essayée aux Ateliers de Bourges (ABS). Une présérie est livrée à l'armée française mais elle n'est pas suivie de production. En revanche, cette version intéresse les pays étrangers comme les Pays-Bas, le Liban, le Pérou et l'Équateur. La tourelle FL 12 sans le châssis est vendu à l'Autriche pour être montée sur le chasseurs de char SK-105 Kürassier.
  • AMX-13 FL 15 : version hollandaise avec une tourelle FL 15 similaire à la FL 12 mais avec un équipement de vision comprenant sept épiscopes M554 et des jumelles de vision nocturne OB 44 pour le chef de char et deux épiscopes M552 pour le tireur, un périscope/télescope M212 avec un grossissement de 1,6 à 6,5 fois pour le chef de char et un télescope à grossissement 8 de jour et 6 de nuit pour le tireur. Un système de contrôle de tir facilite l'acquisition de la cible, réduit le temps d'engagement et augmente la probabilité d'atteinte au premier coup.
  • AMX 13-105 : version destinée à l'export avec un canon de 105 à manchon anti-arcure et l'avant de la coque renforcé.
  • LAR-16 [14] : version vénézuélienne retrofitté par Israël avec un lanceur de roquettes multiples (MBRL) avec 26 tubes de 160 mm LAR pour projectiles explosifs (HE). 25 exemplaires ont été mis en service. Les châssis ont été rétrofittés selon la norme NIMDA.
  • AMX-13V CLI: AMX-13/90 amélioré pour l'armée vénézuélienne.
  • AMX-13 VCPC: AMX-13 VCI amélioré pour l'armée vénézuélienne.
  • AMX-13 AD: version antiaérienne vénézuélienne avec une tourelle bitube américaine de 40 mm M42 Duster.
  • AMX 13 VTT avec missile ENTAC : modèle développé pour la Belgique.
  • AMX 13 Obusier de 105 mm automoteur Modèle 1950 avec tourelle rotative : version du 105 AU 50 achetée par la Suisse à quatre exemplaires qui restent à l'état de prototypes.
  • AMX-13 GTI: version semi-expérimentale d'essai avec une nouvelle suspension construite par GLS, une succursale de Krauss-Maffei.
  • AMX-13 HOT: prototype avec missiles antichar HOT.
  • AMX 13 modèle 1987: ultime version proposée à l'export avec un canon de 105 mm.
  • AMX-13 SM1: version améliorée pour l'armée singapourienne.
  • AMX-13 THS: prototype avec une nouvelle transmission hydraulique.
  • AMX-40 DCA: système antiaérien avec un canon de 40 mm Bofors.
  • AMX-113: version améliorée destinée à l'Argentine.
  • AMX-13 PRA (PantserRups Artillerie) : version hollandaise de l'obusier AU50.
  • AMX-13 PRI (PantserRups Infanterie) : version hollandaise de l'AMX 13 VTT
  • AMX-13 PRB : version hollandaise de l'AMX 13 dépannage.
  • AMX-13 PRCO : version hollandaise de l'AMX 13 VTT PC
  • AMX-13 PRVR : version hollandaise de l'AMX 13 Cargo
  • AMX-13 PRGWT: version hollandaise de l'AMX 13 VCTB ambulance.
  • AMX-13 PRAT : version hollandaise de l'AMX-13 VTT avec missiles antichar TOW.
  • AMX-VTT Cargo : version du VTT destiné au ravitaillement et au transport logistique construits pour la Belgique et les Pays-Bas avec une capacité d'emport de 3 tonnes.
  • AMX-VTT PADTA (poste avancé de direction tactique air) : version du VTT équipé d'un radar de veille aérienne.
  • AMX-VTT Modèle 1987: ultime version du VTT modernisée avec une mobilité et un système de tir améliorés.
  • AMX-13 57L/100: prototype avec un canon britannique L7 de 100 mm.
  • AMX13/Cockerill: version rétrofittée par Cockerill avec un canon de 90 mm.
  • DNC-1 : nom des AMX-13 livrés au Mexique, surplus de l'armée belge remis à niveau par l'industrie belge SABIEX pour le châssis et SEBENA pour le canon.
  • DNC-1 “Grua”: version de l'AMX dépannage Mle 1955 améliorée localement par l'armée mexicaine.
  • Char léger 51 / Leichter Panzer Lpz 51: nom de la version suisse du Modèle 51. Dans l'attente de la livraison de chars Centurion par les Britanniques, l'armée suisse adopte l'AMX 13 Mle 51. Ces chars restent en service jusqu'en 1980.
  • NIMDA Upgrade: pack de modernisation proposé par la compagnie israélienne NIMDA. Il comprend un moteur diesel Detroit Model 6V-53T de 275 ch à 2 800 tours par minute avec une transmission automatique NIMDA N303, un nouvel armement, un système informatisé de contrôle des tirs, du blindage additionnel réactif.

Pays utilisateurs[modifier | modifier le code]

Les nations ayant utilisé ou utilisant encore l'AMX-13 et ses variantes sont nombreuses. Cette liste comporte :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La cavalerie pendant la guerre d'Algérie - Le 1er RHP », sur FNCV (consulté le 11 mai 2015)
  2. Xavier Palson, La Guerre de demain : Est/Ouest Les forces en présence, Tallandier, , 258 p. (ISBN 978-2-235-01600-1), p. 123.
  3. David Delporte, « Ordre de bataille de l’armée de terre au 1er janvier 1989 », sur Armée française en 1989, (consulté le 5 mars 2015).
  4. David Delporte, « Les unités d'infanterie », sur Armée française en 1989, (consulté le 5 mars 2015).
  5. Laurent Tirone, « Les chars légers et variantes », Trucks & Tanks,‎ , p. 14-27 (ISSN 2100-9414)
  6. www.chars-francais.net, 1954 EBR PANHARD mod55
  7. Ingénieur général de l’armement Michel MAREST et ingénieur en chef de l’armement (retr.) Michel TAUZIN, L'armement de gros calibre, T.9, COMHART : COMITÉ POUR L’HISTOIRE DE L’ARMEMENT TERRESTRE, T.9, 2008, p. 79 et 137
  8. a et b « AMX-13 FL11 », sur Chars français, (consulté le 22 janvier 2017)
  9. (en) Christopher F. Foss, Jane's World Armoured Fighting Vehicles, Londres, Book Club Associates, , 437 p., p. 350-351
  10. ingénieurs généraux René LESAVRE et Michel de LAUNET, « LES ARMEMENTS DE DEFENSE ANTI-AERIENNE PAR CANONS ET ARMES AUTOMATIQUES », Ouvrage édité par le Centre des hautes études de l’armement,‎ , p. 32
  11. ingénieurs généraux René LESAVRE et Michel de LAUNET, « LES ARMEMENTS DE DEFENSE ANTI-AERIENNE PAR CANONS ET ARMES AUTOMATIQUES », Centre des hautes études de l’armement,‎ , p. 43-45
  12. « 1964 AMX 13 VCG », sur chars français.net, (consulté le 2 février 2017)
  13. (en) « AMX-13 », sur Tanks encyclopedia, (consulté le 24 janvier 2017)
  14. (en) « LAR 160 », sur IMI System (consulté le 24 janvier 2017)
  15. https://books.google.fr/books?id=FaXPDQAAQBAJ&pg=PA1578&lpg=PA1578&dq=amx+30+venezuela&source=bl&ots=1w0bro6dEq&sig=pkQO2RtfhsY_O6g6kdx9Ke9Wtds&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj46uHB_rTVAhUqKcAKHUxMAAA4ChDoAQg6MAk#v=onepage&q=amx%2030%20venezuela&f=false

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armour in Profile No.12 - AMX.13 by Colonel E. F. Offord, Profile Publication Ltd., 1967.
  • The AMX-13 Light Tank, Volume 1: Châssis by Peter Lau, Rock Publications, 2006.
  • The AMX-13 Light Tank, Volume 2: Turret by Peter Lau, Rock Publications, 2007.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]