Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie
Logo de l’association
Cadre
Fondation
Fondation
Fondateur Jean-Jacques Servan-Schreiber
Identité
Siège 37/39 Rue des Gâtines 75020 Paris, Drapeau de la France France
Président Guy Darmanin
Secrétaire André Cognard
Trésorier Jean-Luc Lemant
Membres 358 000
Site web http://fnaca.org

La Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA) est une association française d'anciens combattants d'Afrique du Nord.

Elle se présente comme la première association nationale avec 358 505 membres et 3 560 sections locales et départementales[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

En 1958, trois associations d'appelés et de rappelés de la guerre d'Algérie, se réunissent pour former la Fédération nationale des anciens d'Algérie (FNAA), ancêtre de la FNACA[2] :

Jean-Jacques Servan-Schreiber en est élu président[7].

Les buts de la FNAA sont : entretenir et renforcer les liens de camaraderie et d'amitié entre les anciens d'Algérie, permettre la défense de leurs droits matériels et moraux[8].

Jean-Jacques Servan-Schreiber conclut sa première intervention devant le congrès d'unification : « Dans le respect des convictions intimes de chacun, nous nous attelons maintenant ensemble, non seulement pour la défense des droits légitimes de tous nos camarades mais pour faire triompher à l'avenir ce que le général de Bollardière a appelé les valeurs morales qui ont fait la grandeur de notre civilisation et de notre armée et pour la paix »[9].

Évolution[modifier | modifier le code]

Le 30 et au 4e congrès national de Noisy-le-Sec est ajouté le «C» de combattant dans le sigle de la FNACA[10]. La FNACA modifie son appellation et ses statuts pour mieux marquer sa volonté de faire reconnaître le titre de "combattant" aux deux millions de soldats qui, jusque-là, sont considérés comme ayant participé à des "opérations de police" ou de "maintien de l'ordre" en Algérie, Maroc et Tunisie. L'article 2 de ses statuts, déposés le , stipule que la FNACA est indépendante à l'égard des pouvoirs publics et de tout parti politique, groupement philosophique ou religieux[réf. souhaitée].

En 1965, Jean-Jacques Servan-Schreiber abandonne la présidence nationale de la FNACA à Jacques De Jaeger[réf. nécessaire]. En 1975, Jacques De Jaeger passe le relais à Wladyslas Marek[réf. nécessaire], jusque-là secrétaire national chargé des relations avec les élus. Il assure la présidence nationale jusqu'à sa mort, en .

De 1963 à 1974, la FNACA se heurte à la vive résistance des gouvernements qui ne veulent absolument pas entendre parler de « guerre » d'Algérie et encore moins reconnaître les droits des participants[réf. nécessaire]. Partant de quelques exemples de dirigeants nationaux dont l'engagement personnel est connu, certains mouvements politiques d'extrême droite ou nostalgiques de l'Algérie française (Organisation de l'armée secrète (OAS), Occident, Ordre nouveau, Groupe union défense (GUD), Front national) comme la publication Bab el Oued story , citée comme source le prouve, vont tenter de démontrer, en vain, que la FNACA est inféodée au PCF[11].

En 1985, après plusieurs années de mauvaise gestion, la caisse nationale mutualiste (CNM) de la FNACA est en difficultés financières. Selon le procès-verbal du conseil d'administration de la CNM de la FNACA, des lacunes graves dans la comptabilité sont observées ainsi qu'un détournement d'argent. Uniquement pour les premiers mois de 1985, la perte d'exploitation est alors de 2 283 134 francs. L'ancien directeur de la CNM, Raymond Froumentin, a d'ailleurs reconnu les faits le et a été licencié le [12]. La situation a été rapidement redressée et la CNM présente depuis une situation saine[réf. nécessaire]. Il est à noter que la CNM et la FNACA constituent des entités juridiquement différentes, l'une relevant de la Mutualité, l'autre du mouvement combattant.

Effectifs[modifier | modifier le code]

La FNACA atteint jusqu'à 382 000 adhérents dans les années 1990[réf. nécessaire] et elle regroupe des appelés, des rappelés, militaires de carrière et engagés de toutes sensibilités.

Selon l'association elle-même, la FNACA rassemble 370 000 membres en 2006[13], 360 000 membres en 2009[14], 353 000 membres en 2010[15], 328 000 membres en 2014[16], 301 000 membres en 2017[17], 296 000 membres en 2018[18], 280 000 membres en 2020[19], 245 000 membres en 2022[20], demeurant toujours la plus importante des associations d'anciens combattants.

La diffusion totale de son journal, l'Ancien d'Algérie, contrôlé par l'Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM), s'élevait chaque mois à 338 000 exemplaires en moyenne en 2014, à 300 000 en 2018, à 280 000 en 2020[21], chiffres traduisant l'érosion progressive des effectifs de la FNACA.

Actions[modifier | modifier le code]

Plaque funéraire sur la tombe d'un ancien combattant.

La FNACA est à l'origine de la Loi du , qui reconnaît le principe de la qualité de combattant pour les anciens d'Afrique du Nord. La carte du combattant est attribuée pour tout séjour de 120 jours minimum en Afrique du Nord entre le et le . Elle agit pour que ces conditions soient élargies à tout militaire ayant effectué 120 jours commencés avant le . Les militaires ayant effectué un séjour de 90 jours en Algérie entre le et le , peuvent prétendre au titre de reconnaissance de la nation qui leur ouvre les portes de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre. Depuis 1974, les anciens combattants ont donc des droits à la retraite mutualiste du combattant.

La FNACA a également permis la reconnaissance officielle de la guerre d'Algérie le [22].

Chaque , la FNACA commémore le cessez-le-feu en Algérie[Note 1]. Elle demande qu'il devienne le jour officiel de commémoration de cette guerre[23](la journée commémorative est aussi officiellement le ). Cette demande n'est pas partagée par d'autres associations d'anciens combattants [24] et de rapatriés, à l'image de l'Union nationale des combattants (UNC), puisque la fin des combats de l'armée française en Algérie a été loin de signifier la fin des pertes dans la population civile[25]. Elle obtient satisfaction, dans un premier temps avec l'adoption d'une proposition de Loi le et finalement avec le vote de cette proposition de Loi par le Sénat, le . Le , le président de la République promulgue la Loi No 2012-1631 qui fait du de chaque année, une « Journée nationale du souvenir et de recueillement » en hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie.

Valeurs[modifier | modifier le code]

De ce fait, bien que non engagée politiquement et revendiquant son indépendance partisane, la FNACA est fréquemment catégorisée comme proche des idées de gauche, du PS et du PCF contrairement à l'UNC, proche des idées de droite, voire de l'extrême droite et de l'OAS.

Présidence[modifier | modifier le code]

La présidence est assurée par Guy Darmanin depuis [26], date à laquelle il a succédé à Wladyslas Marek, décédé.

L'actuel secrétaire-général de l'association est André Cognard.[Quand ?]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La signature des accords d'Évian a eu lieu le

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site de la FNACA en 2013
  2. Andrea Brazzoduro, Soldati senza causa: Memorie della guerra d'Algeria, Roma-Bari, Editori Laterza, 2012 [lire en ligne]
  3. Michel Rachline, Courrier d'Algérie: 1955-1956, Luneau Ascot, 1980, p. 14
  4. Jean-Luc Einaudi, Franc Tireur : Georges Mattéi, de la guerre d'Algérie à la guérilla, Digital Index Editore, 2013 [lire en ligne]
  5. |lire enligne=https://maitron.fr/spip.php?article23692
  6. Jean-Luc Einaudi, Franc Tireur
  7. Claude Juin, Des soldats tortionnaires, Robert Laffont, 2012 [lire en ligne]
  8. Journal officiel de la République française, 1958, p. 9948 [lire en ligne]
  9. « Réserve citoyenne », sur reserve-citoyenne-paris.org (consulté le )
  10. Andrea Brazzoduro, Soldati senza causa: Memorie della guerra d'Algeria, Roma-Bari, Editori Laterza, 2012 [lire en ligne]
  11. La FNACA aux ordres du PCF
  12. « Détournement de fonds dans une association d'anciens combattants : déficit », sur babelouedstory.com (consulté le )
  13. « Communiqué du 13 Septembre 2006 », sur http://www.fnaca.org/,
  14. « Communiqué du 22e Conseil National de la FNACA »,
  15. « Communiqué du 10 Octobre 2010 », sur www.fnaca.org,
  16. « Lors de son congrès, la FNACA regrette le manque d'expositions sur la guerre d'Algérie », sur LaProvence.com, (consulté le )
  17. « Communiqué de presse du 9 septembre 2017 », sur fnaca.org, (consulté le )
  18. « Appel final du 33e congrès national de la FNACA », sur fnaca.org, (consulté le )
  19. « Communiqué de la FNACA du 8 juillet 2020 », sur fnaca.org, (consulté le )
  20. « Communiqué de la FNACA », sur fnaca.org, (consulté le )
  21. l'Ancien d'Algérie, ojd.com
  22. Gérard Benquet, « Des instants de mémoire enfouis : Le rôle de la Fnaca », sur sudouest.fr, Sud Ouest, (consulté le )
  23. Rapport, assemblee-nationale.fr, 14 janvier 2002
  24. Guerre d'Algérie, bataille mémorielle, lemonde.fr, 16 mars 2012
  25. Fin de la guerre d'Algérie : la date du continue de diviser, leparisien.fr, 18 mars 2012
  26. Il avait assuré l'intérim de septembre à novembre 2011 à la suite du retrait pour des raisons de santé de Wladyslas Marek


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]