Jakob Böhme

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Jakob Böhme ou Boehme, surnommé le Philosophus Teutonicus, né à Alt-Seidenberg (Görlitz) le 8 mars 1575, et mort le 17 novembre 1624 à Görlitz (Silésie) est un théosophe allemand de la Renaissance, cordonnier de son état.

Située aux confins de la métaphysique, de la mystique et de l'alchimie théorique, son œuvre présente une forme d'ésotérisme chrétien, et permettra à la théosophie du XVIIe siècle d'acquérir ses caractéristiques définitives.

Le théosophe Jakob Böhme, Philosophus Teutonicus

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

A Zgorzelec, maison de Böhme

Jakob Böhme est né, le 8 mars 1575, dans le hameau du Alt-Seidenberg (Vieux Seidenbourg), à une lieue et demie de Görlitz, en Haute-Lusace, aujourd'hui Zgorzelec (Pologne). Ses parents appartiennent à la paysannerie, mais ils jouissent, grâce à la carrière du grand-père, Ambroise Böhme, d'une relative aisance et d'un certain niveau de culture[1]. Aussi envoient-ils leur fils à l'école, où il apprend à lire, écrire et calculer, ainsi que les rudiments du latin; et comme la constitution fragile de l'enfant l'empêche de travailler la terre, ils le destinent à l'artisanat de la cordonnerie[2]. D'après son premier biographe, Abraham von Frankenberg, Böhme aurait vécu, dès l'enfance, des épisodes surnaturels, telle cette entrée dans une caverne creusée sous le mont Landeskrone, où il aurait découvert, sans y toucher, un monceau d'argent[3]. Quoi qu'il en soit de l'historicité de ce récit initiatique, il est bientôt relayé par un autre épisode étrange qui eut lieu durant l'apprentissage du jeune cordonnier : après avoir acheté des souliers, un étranger à la mine impressionnante, lui prédit, en termes religieux, une destinée et une mission exceptionnelles[4]. Apprenti cordonnier durant trois ans, puis compagnon itinérant durant cinq ans, Böhme se révèle un jeune homme très pieux, assidu au culte protestant comme à la prière privée, au point de connaître, dès le temps de son compagnonnage, une expérience d'illumination et de ravissement[5].

Débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Aurore sur la région de Dresde (par Caspar Friedrich)
A Zgorzelec, monument consacré à Böhme
Le cabinet du philosophe

Obéissant aux statuts de sa corporation, Böhme s'installe en 1599 à Görlitz et épouse la fille d'un boucher, Katharina Kuntzschmann, avant de louer une boutique hors des remparts de la cité, à quelques pas de la porte de Neisse[6]. Père de quatre garçons (le dernier naît en 1606), il se consacre à sa vie de famille et à sa réussite professionnelle, mais également à la défense des intérêts de sa corporation (jusqu'en 1612)[7]. Pour un regard extérieur, rien ne le différencie de ses voisins, si ce n'est une haute moralité, qui fait l'admiration de tous; et cependant, en 1600 s'est produite une deuxième illumination qui l'a comblé de joie : à la suite de la vision intérieure d'un pot d'étain, Jakob a découvert qu'il est désormais capable de pénétrer les secrets de la nature, grâce aux signatures imprimées dans les choses; plus précisément encore, il aurait alors vu et connu l'être de tous les êtres, le fond et le sans-fond, également la naissance de la Sainte Trinité, l'origine et l'état originel de ce monde et de toutes les créatures par la Sagesse divine[8]. C'est dix ans plus tard, toutefois, qu'une troisième illumination, en dissipant définitivement ses doutes quant à l'ordre providentiel du monde, viendra, en l'unissant au Divin, bouleverser sa paisible existence[9].

Premières difficultés[modifier | modifier le code]

Cette troisième illumination, Jakob en rédige le compte-rendu entre janvier et mai 1612, sous le titre Morgenröte im Aufgang (L'Aurore naissante)[10], et confie le manuscrit à un ami, Karl Ender von Sercha qui, enthousiaste se met à le diffuser. C'est ainsi qu'en 1613, le texte tombe entre les mains du pastor primarius (pasteur en chef) de Görlitz, Gregor Richter, un farouche gardien de l'orthodoxie luthérienne, qui a succédé à Martin Moller, dont les sympathies pour le rosicrucisme étaient connues de tous[11]. Richter alerte les autorités de la ville, et celles-ci convoquent Bôhme à l'hôtel de ville, avant de le jeter en prison et de saisir son manuscrit : non seulement le mystique ne sera libéré que sur la promesse de ne plus écrire une ligne, mais il s'entend rudement condamné en chaire, le dimanche suivant, et doit se soumettre à un interrogatoire inquisitorial au presbytère[12]. Sept ans durant, Jakob tiendra son serment, et se contentera de conversations confidentielles, tenues au gré de son nouveau commerce de fil, ce qui n'empêche pas le pasteur de mener une véritable campagne de diffamation à son encontre[13]. A cette source de tristesse s'ajoute une véritable crise spirituelle, dans le pénible contexte de la Guerre de Trente Ans (1618-1648), qui voit s'affronter l'Autriche catholique et l'Empire protestant[14].

Sortie de crise[modifier | modifier le code]

Jakob Böhme (par Gottlob Glymann)
Aurore sur la ville de Dresde (par Caspar Friedrich)

Durant cette sombre époque, Böhme se lie avec quelques érudits de l'occultisme, comme Tobias Kober, Balthasar Walther ou Christian Bernhard, lesquels se montrent à ce point intéressés par sa pensée qu'ils seraient prêts à le soutenir publiquement, si besoin était. De plus, il s'immerge dans la lecture des grands auteurs de l'ésotérisme à la Renaissance : Paracelse, Kaspar Schwenkfeld, Sébastien Franck et Valentin Weigel. Alors qu'il vient de frôler la mort à deux reprises, ces ouvrages lui permettent de développer et de structurer ses propres intuitions[15]. De plus en plus convaincu qu'il est porteur d'une mission de vérité, particulièrement face aux ecclésiastiques, il a l'audace de reprendre la plume en 1619, pour composer un De tribus principiis ou Beschreibung der drei Prinzipien Göttlichen Wesens (Desription des trois principes d l'essence divine)[16]. Entre la fin de 1619 et le début de 1620, il rédige De triplici vita hominis ou Von dreifachen Leben des menschen (Fondements supérieurs et inférieurs de la triple vie de l'homme), et au printemps 1620, Psychologia vera ou Vierzig Fragen von der Seelen. Pour faire bonne mesure, au cours de la même année, il écrira également De incarnatione Verbi ou von der Menschwerdung Jesu Christi (De l'incarnation du Verbe), Sex puncta mystica (Les six points mystiques), Mysterium pansophicum (Le mystère pansophique) et Informatorum novissimorum (De tout nouveaux informateurs)[17].

Apostolat mystique[modifier | modifier le code]

Entouré d'un cénacle d'amis et d'admirateurs de plus en plus nombreux, qui lisent, discutent et diffusent ses ouvrages, Jakob parcourt désormais la Silésie, ainsi qu'il l'explique dans les Theosophische Sendbriefe (Epîtres théosophiques), mû par un idéal missionnaire : la régénération. Depuis longtemps, en effet, l'idée s'est imposée à lui que les croyants ne pouvaient se contenter d'une conception abstraite du salut et de la justification : celles-ci devaient prendre la forme concrète d'une régénération, définie comme un processus aisément traduisible dans les termes de l'alchimie, et qui concernerait non seulement l'âme humaine, mais aussi l'univers entier[18]. Cet idéal de conversion, relayée par une vie d'abandon à Dieu à travers la pratique de la pénitence, des sacrements et de la contemplation, se retrouvera au centre du premier livre dont Böhme acceptera l'impression, en 1623, à l'invitation de Joachim Siegismund von Schweinichen : Der weg zu Christo (Le chemin pour aller au Christ)[19]. A la lecture de l'ouvrage, le pasteur Richter s'enflamme à nouveau et traite l'auteur d'hérétique sous prétexte que celui-ci a introduit le concept de Sophia au cœur de la Trinité. Aussi Jakob est-il convoqué, en mars 1624, par le conseil de ville de Görlitz. Entre les membres dudit conseil, les avis sont toutefois partagés et, tandis que le pasteur publie des pamphlets où Böhme est traîné dans la boue, il semble que l'on s'oriente vers une sommation d'exil pour le cordonnier. En butte à la réprobation de la populace, celui-ci ne s'avoue pourtant pas vaincu et rédige même une Apologie contre Gregor Richter, dans laquelle il répond aux calomnies de l'ecclésiastique, non sans souligner la publicité que lui a fournie involontairement ce dernier[20].

Séjour à Dresde[modifier | modifier le code]

Jakob ne s'en tient pas là : désireux de laver son honneur et de faire reconnaître son orthodoxie, il prend le chemin de Dresde, en mai 1624[21]. Là, il est hébergé par un médecin de la cour et savant alchimiste, Benedikt Hinckelman, lequel lui fait part du retentissement que connaissent ses œuvres dans la capitale de l'Allemagne orientale. Il reçoit d'ailleurs la visite de personnages importants, ce qui lui laisse espérer une entrevue avec le prince Electeur[22]. Loin du provincialisme étriqué de Görlitz, il découvre surtout avec émerveillement une haute société passionnée d'alchimie, impressionnée par son étrange destin, et plutôt favorable à ses conceptions religieuses. Tout cela ne semble cependant pas suffire à être admis en présence du chef de l'Etat, de sorte qu'après une conversation informelle avec le surintendant Aegidius Strauch à la fin juin, Böhme se voit contraint de rentrer chez lui, bredouille[23].

Epreuves ultimes[modifier | modifier le code]

A Zgorzelec, tombe de Böhme

Le théosophe ne s'attarde pas à Görlitz, mais va s'établir chez von Schweinichen, à Schweinhaus, puis David von Schweinitz, à Seifersdorf, où séjourne également von Frankenberg, qui deviendra son premier biographe. Dans cette atmosphère amicale, il se remet à l'écriture : après De signatura rerum en 1622, "De electione gratiae et Mysterium magnum en 1623, ce seront les Tabula principiorum (Trois tablettes sur la révélation divine), puis les 177 Quaestiones theosophicae, deux ouvrages dans lesquels il approfondit les idées-forces de son système[24]. Mais ce régime de travail, combiné aux inquiétudes générées par sa situation sociale, l'épuise. A l'automne, gagné par une forte fièvre, il ingurgite une grande quantité d'eau, et se met à enfler démesurément, au point qu'il faut le rapatrier d'urgence à Görlitz, auprès de sa femme et de ses proches, le 7 novembre 1624. Se pose alors le problème des derniers sacrements. Certes, depuis juillet, le pasteur Richter n'est plus de ce monde, mais son successeur Nicolaus Thomas s'est révélé tout aussi hostile aux théories du théosophe. A la prière de Tobias Kober, c'est un membre du conseil ecclésiastique, Elias Dietrich, qui accepte d'administrer le mourant, non sans lui avoir fait passer, au préalable, un éprouvant examen catéchétique. Ayant donc rendu un ultime témoignage de la droiture de sa foi, Jakob Böhme entre dans une tranquille et pieuse agonie, avant de décéder, le 16 novembre 1624[25]. Pour la famille et les amis, les difficultés ne s'arrêteront pas là, puisque le pasteur Thomas usera de tous les moyens pour refuser la sépulture chrétienne au défunt. Finalement, c'est à nouveau Dietrich qui s'exécutera, avec une mauvaise grâce perceptible, entre autres, dans le choix des textes liturgiques. Ultime avanie : la populace brisera la croix que les proches de Jakob avaient érigée sur sa tombe et ornée avec soin de symboles éloquents[26].

Théosophie[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

C'est au cours du XVIIe siècle, grâce aux éditeurs des ouvrages de Böhme, que se répand l'usage du mot "théosophie" pour désigner un courant ésotérique, apparu, parmi d'autres, au XVIe siècle, et auquel on peut rattacher, à cette époque, Valentin Weigel (1533-1588), Heinrich Khunrath (1560-1605) et Johann Arndt (1555-1621)[27]. Avec l'œuvre de Böhme, la théosophie acquiert, au-delà d'un certain pluralisme doctrinal, ses caractéristiques définitives, qu'Antoine Faivre a synthétisées en trois points :

  • Dieu, l'homme et la nature sont associés pour faire l'objet d'une spéculation, basée sur des phénomènes d'illumination;
  • Les aspects mythiques de la révélation chrétienne sont privilégiés par le théosophe, lequel met en scène Adam, Lucifer, les anges, mais aussi la Sophia ou l'androgyne primitif;
  • L'être humain possède la capacité d'accéder immédiatement au monde divin, de sorte qu'il peut espérer, avec une interpénétration du divin et de l'humain, associer son esprit à un corps de lumière afin de connaître une seconde naissance.

Le succès que la théosophie rencontra à l'époque, peut s'expliquer par divers facteurs : le libre-examen mis à la mode par le luthéranisme; l'opposition à un magistère plutôt hostile au prophétisme; le désir de renouveler la spiritualité, cent ans après la Réforme; le va-et-vient entre discours rationnel externe et expérience intérieure personnelle; le besoin, caractéristique de cette période, de globaliser la science et la morale; l'apparition de la physique cartésienne (mécanisme), qui provoque, en réaction, la reprise de l'idée de correspondances universelles (le microcosme dans le macrocosme)[28].

A la suite de Böhme, le XVIIe siècle européen connaîtra d'autres théosophes : en Allemagne, Johann Georg Gichtel (1638-1710) et Gottfried Arnold (1666-1714); dans les Pays-Bas, Johann Baptist Van Helmont (1577-1664) et Franziscus Mercurius Van Helmont (1618-1699); en Angleterre, Robert Fludd (1574-1637), John Pordage (1608-1681) et Jane Leade (1623-1704); en France, Pierre Poiret (1646-1719) et Antoinette Bourignon (1616-1680)[29].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Parce qu'il fait une large place à l'intuition imaginative (illumination) et à la démarche analogique (correspondances), ainsi qu'au savoir disponible à un homme de son milieu (christianisme réformé et alchimie théorique), le syncrétisme de Böhme reçoit des éclairages ou des interprétations qui diffèrent selon l'angle de vue adopté, mais se complètent pour couvrir l'ensemble des domaines concernés et livrer l'essentiel de l'enseignement théosophique :

  • Pour Emile Boutroux, dans le cadre d'une histoire de la philosophie, le point de départ de Böhme réside dans une tentative de conciliation, concernant les fins de l'homme, entre l'optimisme des mystiques (accéder au Royaume de Dieu) et le pessimisme luthérien (participer à un monde corrompu). Pour découvrir comment Dieu peut renaître en ce qui s'est violemment séparé de lui, le théosophe recherche comment le Divin s'est engendré, pourquoi il a créé le monde, et quelle est l'origine du mal. L'originalité de la démarche se manifeste dans le fait que l'auteur s'intéresse à des opérations et non a des essences; bien plus, la connaissance étant définie comme conscience de l'action, il s'agit, pour connaître, de prendre part à l'opération divine qui a pour terme l'épanouissement et le règne de la personnalité[30].
  • Pour Serge Hutin, dans le cadre d'une présentation de l'alchimie, Böhme est influencé par le système contemporain des Frères de la Rose-Croix, lesquels associaient illuminisme, mysticisme, astrologie et alchimie proprement dite[31]. Sur ce modèle, Böhme a étayé ses propres conceptions métaphysico-religieuses en utilisant la symbolique et l'imagerie des alchimistes[32] : à titre d'exemple, la Quintessence, l'Œuf ou l'Androgyne. Ce rapprochement entre religion et ésotérisme, était facilité par l'idée selon laquelle les opérations de l' Ars Magna nécessitaient une démarche ascétique et mystique[33].
  • Pour Françoise Bonardel, dans le cadre d'un panorama des sagesses universelles, Böhme met en exergue la prise de conscience par l'être humain de sa ressemblance avec la Déité. Devient alors possible la régénération de l'homme, définie sur le modèle de la transmutation alchimique, alliant la matière à l'esprit. Il s'agira, dans le même temps, de laisser Dieu naître en soi et de le connaître, non pas théoriquement, mais en explorant sa nature paradoxale (amour et colère), en scrutant ses signatures dans la nature, en se laissant emporter au cœur de la roue divine[34].
  • Pour Michel Cornuz, dans le cadre d'une encyclopédie du protestantisme, Böhme (dont il souligne que l'œuvre fut mise à l'index par l'orthodoxie luthérienne) pose une dualité entre le bien et le mal dans la nature, ou encore entre l'angoisse et la joie chez l'homme, cette dualité étant, par le jeu des correspondances, le signe hiéroglyphique d'une dualité en Dieu même. A tous les niveaux de l'être s'observe ainsi une dialectique, qui répète le Mysterium magnum, à savoir la naissance de Dieu, qui triomphe de l' Ungrund (sans fond) de l'abîme, pour établir ordre et harmonie dans l'univers[35]
  • Pour Jean-Marc Vivenza, dans le cadre d'une monographie consacrée au théosophe, Böhme confie un rôle capital à la figure gnostique de la Vierge Sophia, présente et agissante aussi bien lors de la génération de Dieu (passage de l'abîme sans fond à l'Un primordial, lequel prélude à formation de la Trinité)[36], qu'au cours du processus de régénération de l'homme par la pénitence, la prière et la contemplation[37]. Sophia est en effet donatrice d'être : sagesse de Dieu, elle dédouble le Logos, constituant d'ailleurs le corps spirituel du Christ; miroir de Dieu, elle exprime le monde divin à l'intérieur de la nature; désir de Dieu, elle suscite, par la prise de conscience des êtres, leur émergence active à la plénitude de l'existence[38].
  • Pour Anselm Grün, dans le cadre d'une initiation à la mystique chrétienne, Böhme manifeste le désir de pénétrer progressivement dans le mystère de Dieu, au fondement de tout être, et ce par le biais de la nature, car c'est en elle que se révèle par excellence la beauté de Dieu et l'amour qu'il porte à l'homme. Cette référence à la nature vient compléter, de manière intuitive, les Ecritures, pour imaginer une entité formée de Dieu, de l'homme et de l'univers, dans laquelle, cependant, Dieu ne peut être confondu ni avec l'un ni avec l'autre (panthéisme). Le visible est ainsi miroir de l'Invisible : pour se révéler, le Dieu caché utilise une sorte de langage naturel, qui peut être compris et vécu comme une expérience mystique, même de ceux qui ne se reconnaissent pas dans le christianisme[39].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Jakob Böhme[modifier | modifier le code]

  • Aurora, oder die Morgenröte im Aufgang (1612). Trad. de l'all. Louis-Claude de Saint-Martin 1800 : Aurore naissante ou la Racine de la philosophie, Milan Martin, 1975 [1] [2]
  • Des trois principes de l'essence divine (1619). Trad. Louis-Claude de Saint-Martin 1802 [3] ;
  • De la triple vie de l'homme, selon le mystère des trois principes de la manifestation divine (1620). Trad. Louis-Claude de Saint-Martin 1809 [4] ;
  • Quarante questions sur l'origine, l'essence, l'être, la nature et la propriété de l'âme, trad. Louis-Claude de Saint-Martin 1807 [5]
  • De l'incarnation du Christ, de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, et de l'arbre de la foi (1620) [6] ;
  • Du mystère céleste et terrestre (1620) ;
  • Six points théosophiques (Sex puncta theosophica, 1620). Trad. Louis-Claude de Saint-Martin 1806 : De la base profonde et sublime des six points théosophiques [7]
  • Six points mystiques (Sex puncta mystica, 1620). Trad. Louis-Claude der Saint-Martin  : Courte explication en six points [8]
  • De la signature des choses (De signatura rerum, oder Von der Geburt und Bezeichnung aller Wesen, 1622), trad. abrégée Paul Sédir 1908;
  • De la vraie repentance (1622) ;
  • De l'élection de la grâce (De electione gratiae, oder Von der Gnadeen-Wahl, 1623), trad. Debeo (1928), Milan, 1976 ;
  • Le Grand Mystère (Mysterium Magnum', équivalent de Les Arcanes Majeures, 1623), trad. S. Jankélévitch, avec deux études de Nicolas Berdiaeff, Aubier, 1945, 2 t. [9] Il s'agit d'un commentaire de la Genèse précédé de l'exposition du mythe qui a conduit à la création du monde;
  • De la contemplation divine (1623);
  • La voie vers le Christ (Der Weg zu Christo, 1624), trad. G. Schlechtiger 1722 : Le chemin pour aller à Christ [10];
  • Clef (1624). Trad. 1826 [11]

Études sur Jakob Böhme[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Jacob Boehme ou l'obscure lumière de la connaissance mystique, Librairie Philosophique J. Vrin, 1979.
  • Alexandrian, Histoire de la philosophie occulte, Petite Bibliothèque Payot, 1994.
  • Nicolas Berdiaev : deux Études sur Jakob Boehme introduisant sa traduction française en 2 vol. du Mysterium Magnum, Aubier-Montaigne, 1945. Réed. 1978, 4 vol.
  • Émile Boutroux, Le Philosophe allemand Jacob Boehme, in Études d'histoire de la philosophie, Alcan, (1888) 3e éd. 1908.
  • Antoine Faivre, Accès de l'ésotérisme occidental, 2 tomes, Bibliothèque des Sciences Humaines, Éditions Gallimard, 1996.
  • M. Jugie, Boehme Jacques, in Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique, I, Paris, Beauchesne, 1937, pp. 1745-1754.
  • Alexandre Koyré, La Philosophie de Jacob Boehme. Étude sur les origines de la métaphysique allemande; 3e éd. Paris: J. Vrin, 1979. (Bibliothèque d'histoire de la philosophie). xvii-526p. ISBN 2-7116-0445-4.
  • Wilhelm Külhmann, Friedrich Vollhardt, "Offenbarung und Episteme : Zur europäischen Wirkung Jakob Böhmes im 17. und 18. Jahrhundert", De Gruyter, 2012, 618 p., (Frühe Neuzeit, 173).
  • Patricia Lasserre, La théosophie de Jacob Böhme dans la philosophie en langue française (LC. de Saint-Martin, Nicolas Berdiaev, Henri Bergson). Éditions Universitaires Européennes (2010). (ISBN 978-613-1-54722-5) Thèse de Doctorat soutenue à Lyon en juin 2007.
  • Basarab Nicolescu, L'Homme et le sens de l'univers. Essai sur Jakob Böhme, Le Félin - Philippe Lebaud, Paris, 1988, 2e édition 1995 (ISBN 2-86645-211-9)
  • Jean-Marc Vivenza, Boehme, Grez-sur-Loing, Pardès, coll. « Qui suis-je ? »,‎ , 128 p. (ISBN 978-2867143656)
  • Franz von Baader :
    • Conférences sur la théologie et la philosophie de J.Boehme, œuvres complètes, vol. 3, 1852.
    • Conférences et commentaires de la doctrine de J.B., id., vol. 13, 1855.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Vivenza 2005, p. 14
  2. Vivenza 2005, p. 17
  3. Vivenza 2005, p. 16
  4. Vivenza 2005, p. 18
  5. Vivenza 2005, p. 19-20
  6. Vivenza 2005, p. 20
  7. Vivenza 2005, p. 20-21
  8. Vivenza 2005, p. 21-22
  9. Vivenza 2005, p. 25
  10. Vivenza 2005, p. 25
  11. Vivenza 2005, p. 27
  12. Vivenza 2005, p. 28
  13. Vivenza 2005, p. 28-30
  14. Vivenza 2005, p. 30
  15. Vivenza 2005, p. 32-34
  16. Vivenza 2005, p. 35-36
  17. Vivenza 2005, p. 37-38
  18. Vivenza 2005, p. 38-41
  19. Vivenza 2005, p. 42-43
  20. Vivenza 2005, p. 45-49
  21. Vivenza 2005, p. 50
  22. Vivenza 2005, p. 51-52
  23. Vivenza 2005, p. 53-54
  24. Vivenza 2005, p. 54-55
  25. Vivenza 2005, p. 56-60
  26. Vivenza 2005, p. 60-62
  27. A. Faivre, "Théosophie", pp. 1388-1391, in "Dictionnaire critique de théologie", Paris, Presses Universitaires de France, 2007, p. 1388.
  28. A. Faivre, "Théosophie", pp. 1388-1391, in "Dictionnaire critique de théologie", Paris, Presses Universitaires de France, 2007, p. 1389.
  29. A. Faivre, "Théosophie", pp. 1388-1391, in "Dictionnaire critique de théologie", Paris, Presses Universitaires de France, 2007, p. 1389-1390.
  30. E. Boutroux, "Le philosophe allemand Jacob Boehme", pp. 211-288, in "Etudes d'histoire de la philosophie", Félix Alcan, 1908, pp. 221-224.
  31. S. Hutin, "L'alchimie", coll. Que sais-je ?, Paris, Presses Universitaires de France, 1981, p. 107.
  32. S. Hutin, "L'alchimie", coll. Que sais-je ?, Paris, Presses Universitaires de France, 1981, p. 54.
  33. S. Hutin, "L'alchimie", coll. Que sais-je ?, Paris, presses Universitaires de France, 1981, p. 102.
  34. F. Bonardel, "Jacob Böhme et Angelus Silesius", pp. 670-677, in Fr. Lenoir et Y. Tardan-Masquelier (dir.), "Le livre des sagesses, l'aventure spirituelle de l'humanité, Paris, Bayard, 2005, pp. 672-673
  35. M. Cornuz, "Böhme, Jakob (1575-1624)", in P. Gisel et L. Kaennel (dir.), "Encyclopédie du protestantisme", Paris, Presses Universitaires de France - Labor et Fides, 2006, p. 157, col. 2.
  36. Vivenza 2005, p. 70-71
  37. Vivenza 2005, p. 90
  38. Vivenza 2005, p. 97-98
  39. A. Grün, "La Mystique, la quête de l'espace intérieur", Paris, Editions Salvator, 2010, pp. 90-94.