Ulver

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Ulver

alt=Description de l'image ULVER KRAKÓW.JPG.
Informations générales
Pays d'origine Drapeau de la Norvège Norvège
Genre musical Black metal, dark folk, avant-garde metal, musique électronique, ambient, musique expérimentale, art rock
Années actives 1993 à aujourd'hui
Labels Jester Records
Century Media
Site officiel [1]
Composition du groupe
Membres Kristoffer Rygg
Jørn H. Sværen
Tore Ylwizaker
Daniel O'Sullivan
Anciens membres Håvard Jørgensen
Grellmund
A. Reza
Carl Michael Eide
Robin Malmberg
Erik O. Lancelot
Torbjørn Pedersen
Hugh Stephen James Mingay

Ulver est un groupe norvégien fondé en 1993.

Le style musical d'Ulver a beaucoup évolué depuis sa fondation. Le groupe pratiquait aux débuts des années 1990 un black metal influencé par le folklore et la poésie scandinave, tantôt violent et tragique, tantôt mélancolique et sombre, comprenant de nombreux passages dark folk et une production remarquable . Après une trilogie d'albums consacrés à ce style ( dont le deuxième opus (kveldssanger) est paradoxalement exclusivement un album folk ) , le groupe change quelque peu d'orientation en 1998 à l'occasion d'un album-concept ( Themes From William Blake's The Marriage of Heaven and Hell ) consacré à la poésie de l'auteur britannique William Blake dans son ouvrage le mariage du ciel et de l'enfer . La musique électronique et industrielle fait alors son irruption dans l’œuvre d'Ulver, mais conservant toujours une sonorité plus ou moins metal, bien que cela soit assez éloigné du black metal de leurs origines, et plus proche de la nouvelle scène avant-garde metal norvegienne qui se développe autour de groupes tels que ved buens ende, manes, in the woods... et fleurety . Pourtant L'année 1999 voit le groupe amorcer un changement radical, puisque le groupe abandonne définitivement le monde du metal extrême et devient un groupe de musique avant-gardiste aux confluents du trip hop et de l'ambient, pour explorer plus tard la musique post-industrielle, gothique, psychédélique et contemporaine, sans jamais perdre l'esprit musical exceptionnel que ce groupe travaille avec passion. Ainsi malgré la diversité apparente des genres traversés à travers leur discographie, celle-ci ne fait que servir la très riche sensibilité artistique de l'entité surréaliste qu'est Ulver.

Histoire du groupe[modifier | modifier le code]

La période folklorique et black metal[modifier | modifier le code]

Le parcours d'Ulver est assez singulier : Garm a à peine 16 ans lorsqu'il fonde le groupe, et sort dès 1993 une démo appelée Vargnatt ("la nuit des loups"). La musique produite est basée sur un black metal inconventionnel, avec l'incorporation de parties de guitare acoustique et de passages en chant clair théâtral, tout en gardant une production minimaliste, ce qui est entièrement nouveau à cette époque.

L'année suivante paraît le premier album studio d'Ulver, nommé Bergtatt - Et Eeventyr i 5 Capitler ou plus simplement Bergtatt ("Prise par la montagne"). Cet album s'inscrit dans la continuité de Vargnatt, mais en beaucoup plus abouti. Le côté folklorique est davantage développé. À cette époque, les membres du groupe ne cachent pas leur intérêt pour l'occultisme, ils posent sur les photos des livrets parés de pentagrammes, croix inversées et autres attributs typiques du genre . Il faut savoir que l'occultisme primaire d'Ulver est très influencé par le gout prononcé de Garm pour le groupe anglais coil.

En 1996, Ulver surprend en enregistrant Kveldssanger ("Chants du soir"), un album entièrement joué à la guitare acoustique aux airs folks et chanté en chœur avec des voix claires et dégagées.

Après avoir signé avec la maison de disques Century Media, le groupe opère en 1997 un nouveau changement radical de direction, puisque les Norvégiens décident de retourner aux sources et sortent le puissant Nattens Madrigal - Aatte Hymne til Ulven i Manden, plus connu sous le nom abrégé de Nattens Madrigal (le madrigal de la nuit), un album de pur black metal très cru, agressif et saturé.

La « trilogie black metal » prend fin avec ce troisième album et une nouvelle ère s'ouvre pour les Norvégiens, désireux de s'éloigner de ce milieu dans lequel ils ne se retrouvent plus . Malgré cela, ils restent attachés à leur philosophie qui les rapprochaient des idéaux du black métal par un point de vue critique sur la dictature morale du christianisme ; mais quand bien même cette réévaluation des choses est bien nécessaire, cette mise à distance du christianisme reste critique et d'une qualité intellectuelle supérieure, ce qui les sépare tout de même nettement de l'approche radicale et parricide, souvent puérile, inhérente à l'élan primaire du black metal, mais suscitera tout de même auprès des membres du groupe une fascination très forte pour tout le « folklore du mal » , mais toujours dans le contexte du mythe et du sacré . Quoi qu'il en soit, le fait que des références religieuses se réintroduisent dans les thématiques et dans l'esthétique du groupe au fur et à mesure qu'il mûrit montre bien que si il y a bien une chose qui caractérise Ulver, aussi bien dans les idées que la musique, c'est un rapport au sacré qui lui est tout à fait particulier.

Le mieux pour essayer de comprendre en partie la philosophie d'Ulver, ce serait de lire le mariage du ciel et de l'enfer.

La période électronique / ambient et l'ouverture à de nouveaux horizons[modifier | modifier le code]

C'est ainsi qu'en 1998 sort un concept-album Themes From William Blake's The Marriage of Heaven and Hell basé sur Le Mariage du Ciel et de l'Enfer œuvre du peintre et poète anglais William Blake. Ulver retranscrit en chansons l'œuvre du poète, qui à son époque, critiquait la morale chrétienne comme dictature de la raison, prônant le génie, l'énergie, et dont la critique de la raison lui valut d'être pris pour un fou.

"Tandis que je marchais parmi les flammes de l’Enfer, et faisais mes délices du ravissement du génie, que les Anges considèrent comme tourment et folie, je recueillis quelques-uns de leurs Proverbes"

. La musique est plus électronique, mais le côté metal industriel reste néanmoins présent et on peut noter la présence en guest de fenriz de darkthrone et de ihsahn de emperor ! À cette période est également créé le label indépendant de Kristoffer G. Rygg, Jester Records, qui accueillera tous les autres disques d'Ulver.

1999 : le virage définitif est pris ; changement de logo, changement de style : le nom de l'EP sorti cette année-là : Metamorphosis EP, résume tout à lui tout seul. Il reste tout de même un certain recul vis-à-vis de la chrétienté, comme en témoigne la chanson "Gnosis" dont les paroles sont inspirées du poème "Mauvais Sang" dans un recueil nommé "Une Saison en Enfer" d'Arthur Rimbaud, où il est également question de la remise en question de la morale chretienne.

L'année suivante voit sortir Perdition City, album de musique électronique (certains diront trip hop, à raison d'ailleurs, cela est bien relatif) aux ambiances proches de celles que l'on retrouve sur les albums "Lifeforms" et "Dead Cities" du groupe The Future Sound of London - deux morceaux font d'ailleurs référence au duo britannique, à savoir "The Future Sound of Music" et "Dead City Centres". Un saxophoniste est invité pour l'ouverture. Ce Perdition City est généralement considéré comme le meilleur album de la période électronique d'Ulver. Le son est un tant soit peu "psychédélique" .

Deux EP - Silence Teaches You How to Sing EP et Silencing the Singing EP - voient le jour en 2001 et sont réunis sur Teachings in Silence en 2002). Ulver arrive ici au bout d'une des branches de son évolution, amorcée avec Metamorphosis EP : le tournant électronique de leur musique s'extrémise et devient un tournant atmosphérique. Épurés de tout rythme soutenu, ces deux projets très particuliers sont finalement des albums d'ambient quasi-méditatifs.

Viennent ensuite deux Bandes originales de films : Lyckantropen Themes en 2002, pièce très atmosphérique réalisée pour le court métrage du norvégien Steve Ericsson, et Svidd neger ("Nègre brulé"), disque orchestré plus classique, en 2003, pour le court métrage d'Erik Smith Meyer. Ces deux parutions se réclament albums à part entière et sont édités sur le label de Kristoffer G. Rygg. Ulver continue encore aujourd'hui à travailler sur des musiques de films et a récemment composé quelques morceaux pour Uno, long métrage d'Aksel Hennie.

En 2003, sort un nouvel EP : A Quick Fix of Melancholy EP. Une musique avant-gardiste sur fond de néoclassicisme : Ulver continue son évolution et annonce ainsi le futur Blood Inside.

En 2005 sort Blood Inside, sorte d'énigmatique réconciliation avec la chrétienté (Garm change de pseudonyme et se fait appeler "John Paul 2" pour l'occasion) mais surtout avec la sanité. Certains titres de chansons, "For the Love of God", "Christmas" , témoignent du retour d'Ulver, après son extraordinaire parcours, à une musique apaisée, d'une nouvelle maturité, et pourtant avec un son résolument plus rock que les opus précédents ! Pas de reniement, mais un syncrétisme des diverses influences passées, présidé par le travail (que l'on sent acharné) de Garm au chant, qui jamais n'a été autant présent dans Ulver.

2007 voit l'arrivée de Shadows of the Sun, qui marque le retour d'instruments classiques (violons et violoncelle) sans toutefois oublier le penchant électronique : on remarquera la présence du thérémine joué par Pamelia Kurstin, invitée spécialement sur l'album. Sombre et intense, il est chanté de façon plus retenue par un Kristoffer G. Rygg tout en nuances (passages parlés voire chuchotés sur "Vigil"). On peut noter sur cet album la reprise d'un titre de Black Sabbath, « Solitude », plus léger que les autres compositions. Un opus fantastique, et surement une des œuvres les plus abouties et les plus personnelles d'après les membres du groupe.

En 2009 le groupe pourtant exclusivement « studio » depuis 15 ans, annonce qu'il donnera son premier concert le 30 mai 2009, à l'occasion du festival de littérature de Lillehammer. Événement rare qui sera pourtant réitéré par la suite au festival Brutal Assault mais aussi dans des lieux plus chics tels que le Queen Elizabeth Hall à Londres. 2009 aura donc été un tournant pour le groupe qui s'est enrichi d'un nouveau membre, Daniel O'Sullivan, et qui annonce des projets pour l'avenir : une tournée européenne en 2010 (avec notamment une participation au Hellfest), une collaboration avec le groupe Sunn O))) et un album de reprises de chansons hippies des années 60.

Wars of the Roses, sorti le 11 avril 2011, est finalement un album studio, contrairement à ce que le groupe avait laissé penser à l'origine. Celui-ci ouvre de nouveaux horizons pour le groupe, avec notamment une orientation plus art rock, mais tout en conservant les éléments électroniques et ambient chers aux Norvégiens depuis de nombreuses années. Wars of the Roses est paru durant une tournée du groupe, au cours de laquelle l'album fut joué en intégralité durant les concerts, et disponible en format vinyle en avance sur la date de sortie.

Le 10 février 2014, Ulver sort en compagnie de Sunn O))) l'album Terrestrials issu de sessions d'enregistrement organisées en 2008 à Oslo (Norvège)[1].

Membres[modifier | modifier le code]

  • Kristoffer Rygg (Garm) : chant, programmation
  • Tore Ylwizaker : synthétiseur, piano, basse, programmation
  • Jørn H. Sværen dont le rôle a toujours été excentré : cet auteur, possédant une maison d'édition à Oslo, ne joue en effet d'aucun instrument de musique. Il participe néanmoins à l'écriture des paroles avec Garm et conserve une grande influence sur la musicalité du groupe[2].
  • Daniel O'Sullivan : guitare, basse, claviers

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

EP[modifier | modifier le code]

  • 1993 : Vargnatt (démo)
  • 1999 : Metamorphosis EP
  • 2001 : Silence Teaches You How to Sing EP
  • 2001 : Silencing the Singing EP
  • 2003 : A Quick Fix of Melancholy EP

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 1997 : The Trilogie - Three Journeyes Through the Norwegian Netherworlde (compilation en vinyles des trois premiers albums studio du groupe)
  • 2002 : Teachings in Silence (disque regroupant les deux EP Silence Teaches You How to Sing EP et Silencing the Singing EP)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]