Dominique Vivant Denon

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Dominique Vivant Denon

Description de cette image, également commentée ci-après

Vivant Denon
Portrait par Robert Lefèvre.
Musée National du Château de Versailles.

Naissance
Chalon-sur-Saône
Décès (à 78 ans)
Paris
Nationalité française
Autres activités
graveur, écrivain, diplomate et administrateur

Dominique Vivant[1], baron Denon, dit Vivant Denon ou Dominique Vivant Denon, né à Chalon-sur-Saône le et mort à Paris le , est un graveur, écrivain, diplomate et administrateur français.

Devenu directeur général des musées, il s'illustre particulièrement dans l'organisation du musée du Louvre. À ce titre, il est considéré aujourd'hui comme un grand précurseur de la muséologie, de l'histoire de l'art et de l'égyptologie.

« Je n'ai rien étudié, parce que cela m'eût ennuyé. Mais j'ai beaucoup observé, parce que cela m'amusait. Ce qui fait que ma vie a été remplie et que j'ai beaucoup joui. »

— Vivant Denon à Lady Morgan (La France, 1817, tome II, p. 307 et suiv.)

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir entrepris puis abandonné des études de droit à Paris, le jeune Vivant produit en 1769 une comédie, Julie, ou Le bon père, mais se fait surtout connaître pour son esprit et ses talents de causeur. Louis XV le charge de la direction du cabinet de pierres gravées de Madame de Pompadour et le nomme secrétaire d’ambassade à Saint-Pétersbourg. Lors de l'avènement de Louis XVI, il est transféré en Suède, puis en Suisse en 1775.

Il profite du voyage pour rendre visite à Voltaire à Ferney et il écrit un conte libertin, Point de lendemain, qui paraît en 1777[2].

Buste commémoratif de Joseph Charles Marin, montré au Salon de 1827 (musée du Louvre).

À partir de 1782, il est secrétaire d'ambassade, puis chargé d'affaires à Naples. Il commence alors à étudier les monuments anciens et à produire des dessins et des gravures. De retour à Paris en 1787, il est élu membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture.

Pendant la Révolution, Denon se réfugie à Venise, puis revient à Paris en 1793, en pleine Terreur, pour éviter la confiscation de ses biens. Proche de Jacques-Louis David, qui le charge de graver les projets de costumes républicains que le peintre a dessinés, il se rend chez Robespierre, qui lui propose d’être graveur national.

Denon se rapproche de Joséphine de Beauharnais et accompagne ensuite Bonaparte en Égypte, où il rédige son Voyage dans la Basse et la Haute Égypte publié en deux volumes en 1802 et qui a connu quarante rééditions au cours du XIXe siècle[3].

À 51 ans, il réalise sa vocation première : redevenir le dessinateur qu'il a toujours été. C'est en effet lors de la campagne d'Égypte, entre 1798 et 1799, qu'il s'adonne, à cheval, à son passe-temps préféré : le croquis de voyage, le lavis à l'encre brune sur papier blanc ou bleu, le dessin au trait à la plume à la pierre noire ou à la sanguine sur papier calque ou sur papier légèrement orangé. Il ne cesse de se consacrer à l'eau-forte, à la lithographie et au relevé archéologique. Avec le temps, l'œuvre graphique de Denon prend du poids puisque l'on a répertorié près de six cents planches de gravure signées de sa main et pas moins de quatre cents croquis rapportés d'Égypte.

Médaille gravée par Andrieu, d'après un dessin de Denon

À son retour, le premier Consul le nomme directeur général du Museum central des arts, qui devient le musée Napoléon, puis le musée royal du Louvre, ainsi qu'administrateur des arts.

Vivant Denon est chargé par Napoléon d'organiser des expéditions en Europe pour repérer et réquisitionner des objets d'art, qui sont ensuite envoyés au Louvre. Il négocie avec Antonio Canova pour que la France garde Les Noces de Cana de Paul Véronèse, un des rares tableaux volés par Napoléon à ne pas être restitué à l'Italie. Denon sera, par la suite, chargé de restituer, contre son gré, certaines œuvres.

En 1805, il relance le projet de la colonne Vendôme, suspendu en 1803 et dont, selon Anatole France, il eut l'idée à Schœnbrunn. Il en dirige l'exécution et en surveille l'esquisse.

En 1814, Louis XVIII le confirme à la tête du Louvre jusqu'en novembre 1815 ; le comte Forbin lui succède en 1816.

Commentaires[modifier | modifier le code]

Anatole France, qui vécut enfant dans le dernier logement de Vivant Denon, a laissé ces lignes sur lui :

« On peut se le figurer jeune d'après le portrait à l'eau-forte où il s'est représenté un crayon à la main, sous une architecture à la Piranèse. Son chapeau de feutre aux bords souples, sa large collerette, son manteau vénitien, son air souriant et rêveur lui donnent l'air de sortir d'une fête de Watteau (..) il respire une gaieté aimable et fine, avec je ne sais quoi d'attentif et de contenu. Il gravait alors de nombreuses planches dans la manière de Rembrandt et même il fut reçu de l'Académie sur l'envoi d'une Adoration des bergers qu'on dit médiocre »

— Anatole France (« Le Baron Denon », p. 169 et 170).

« […] 9, quai Voltaire. C'est là qu'après la chute de l'Empire, Dominique Vivant Denon, ancien gentilhomme de chambre du roi, ancien attaché d'ambassade, ancien directeur général des Beaux-Arts, membre de l'Institut, s'était retiré avec ses collections et ses souvenirs. Il avait rangé dans des armoires faites par Boule pour Louis XIV les marbres et les bronzes antiques, les vases peints, les émaux, les médailles curieuses recueillies pendant un demi-siècle de vie errante et curieuse […]. Aux murs un beau paysage de Ruysdael, le portrait de Molière par Sébastien Bourdon, un Giotto, un fra Bartolomeo, des Guerchin, fort estimés alors. L'honnête homme qui les conservait avait beaucoup de goût et peu de préférences […] il gardait des porcelaines de Chine et des bronzes du Japon […]. Possédant un beau reliquaire du XVe siècle, il l'avait enrichi de reliques nouvelles : un peu de la cendre d'Héloise, une parcelle de ce beau corps d'Inès de Castro, quelques brins de la moustache de Henri IV, des os de Molière et de La Fontaine, une dent de Voltaire, une mèche de cheveux de l'héroïque Desaix, une goutte du sang de Napoléon recueillie à Longwood […]. Il y reçoit toutes les célébrités de la France et du monde. »

Selon le Journal de Pierre Fontaine, architecte chargé de la rénovation de la Malmaison, Denon est « l'une de ces mouches importunes, qu'on ne peut parvenir à chasser et contre lesquelles il ne faut qu'avoir patience. »[réf. nécessaire]

Hommages[modifier | modifier le code]

Une aile de l'actuel musée du Louvre porte son nom.

En octobre 2008, le site internet officiel du Louvre fait renaître Dominique Vivant Denon ; dessiné par François Place, il devient le partenaire particulier des enfants : il les entraîne dans son atelier, leur raconte des histoires invraisemblables, mais toutes vraies sur les œuvres et le musée.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Benjamin Zix, dessinateur au quartier général de la Grande Armée, a exécuté un Portrait allégorique de Vivant Denon au Louvre en 1811 (dessin à la plume et encre brune, musée du Louvre) reproduit par André Chastel.

Le musée du Louvre conserve également son portrait, septuagénaire, par Prud'hon.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Publications[modifier | modifier le code]

De Vivant Denon[modifier | modifier le code]

Tombe de Vivant Denon
au cimetière du Père-Lachaise
Statue de Pierre Cartellier.
  • Julie, ou Le bon père : comédie en trois actes et en prose[4], Paris, Théâtre de la Comédie-Française, 14 juin 1769
  • Point de lendemain (1777), court roman[5] emblématique de la littérature rococo
    • Anatole France cite une édition postérieure illustrée de treize compositions de Paul Avril éditée à Paris par P. Rouquette
  • Voyage en Sicile[6], 1788 ; réédition : 1993
  • Voyage au royaume de Naples, Perrin, 1997, (ISBN 2-262-01297-0)
  • Voyage dans la Basse et Haute-Égypte pendant les campagnes du général Bonaparte, 2 volumes[7], 1802 ; réédition : 1998
  • Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes, recueillis par Vivant Denon, 1829, publié par Amaury Duval
  • Histoire de Napoléon le Grand gravée en médailler sous la dir. de Mr Denon (1845)
  • L'Œuvre originale de Vivant Denon, collection de 317 eaux-fortes dessinées et gravées par ce célèbre artiste avec une notice très détaillée sur sa vie intime, ses relations et son œuvre par M. Albert de La Fizelière (2 volumes, 1873)
  • Sur l'Expédition de Bonaparte en Égypte (Actes Sud, Arles, 1998), textes croisés de Vivant Denon et Abd el Rahman El-Gabarti
  • Lettres à Isabella Teotochi : 1788-1816 (Paris-Méditerranée, Paris, 1998)
  • Lettres à Bettine (Actes Sud, Arles, 1999)
  • Les Monuments de la Haute-Égypte : manuscrit inédit, Comité Vivant Denon, Université pour tous de Bourgogne, Chalon-sur-Saône, 2003

Sur Vivant Denon[modifier | modifier le code]

  • Anatole France, « Le Baron Denon » (La Vie Littéraire, 3e série, Calmann-Lévy, 1912, p. 166 à 180 - archives pers.)
  • Ulric Richard-Desaix, La Relique de Molière du cabinet du baron Vivant Denon, Paris, Vignères, 1880, p. 11 et 12
  • Philippe Sollers, Le Cavalier du Louvre, Vivant Denon, Plon,‎ 1995
  • Marie-Anne Dupuy-Vachey, Les Itinéraires de Vivant Denon, dessinateur et illustrateur, Éditions Bec en l'air,‎ 2007, 21 x 24 cm, 96 p. (ISBN 9782916073231)
  • André Chastel, L'Art français, livre V : le temps de l'éloquence, 1775-1825, Flammarion 1996, p. 90

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Vivant est un prénom courant en Bourgogne jusqu'au XIXe siècle.
  2. Point de lendemain a inspiré Louis Malle et Louise de Vilmorin pour l'écriture du scénario du film Les Amants, réalisé par Malle.
  3. Jean Lacouture, Champollion, une vie de lumières, Grasset, 1988.
  4. Texte en ligne sur Gallica.
  5. Texte en ligne sur le site de la bibliothèque municipale de Lisieux et sur leboucher.com
  6. Texte en ligne sur Gallica
  7. Textes en ligne : 1 et 2 sur Gallica.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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