Manufacture de Beauvais

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Manufacture de Beauvais d'après les cartons de Jean-Baptiste Oudry: Les Amusements Champêtres: Le cheval fondu, faisant partie d'un ensemble de huit pièces dont les premiers cartons furent dessinés entre 1720 et 1730. Rencontrant un large succès, la tenture fut reeditée en de nombreuses séries, notamment à Aubusson par Jean-Baptiste Huet.

La Manufacture de tapisserie de Beauvais, est une manufacture royale fondée en 1664 par Colbert, à Beauvais, dont la qualité de la production de basse-lisse était équivalente à la production de la manufacture des Gobelins. Elle continue de produire des tapisserie jusqu'à aujourd'hui.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

La manufacture de Beauvais a été créée en 1664 par Jean-Baptiste Colbert pour concurrencer les manufactures de tapisseries des Flandres pour répondre aux exigences de sa politique mercantiliste et réduire les importations en réalisant des tapisseries de basse-lisse sur des métiers à tisser horizontaux. Contrairement à la Manufacture des Gobelins dont la production était essentiellement destinée au roi, la Manufacture de Beauvais, fut à l'origine une entreprise privée qui devait trouver dans la vente de ses productions les moyens de subvenir à son existence. Elle est d’abord confiée à Louis Hinart, marchand, maître tapissier et entrepreneur, puis en 1678, à son fils Jean-Baptiste Hinart. En 1688, celui-ci criblé de dettes, dut se retirer. Philippe Béhagle, originaire des Flandres et formé aux Gobelins, prit sa succession[1]. À sa mort en 1705, les difficultés de la manufacture s’accumulèrent.

Apogée de la manufacture au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Sous la direction de Jean-Baptiste Oudry, Beauvais travailla pour l’Europe entière créant d’immenses tentures relatant par exemple l’histoire de Don Quichotte. La production du XVIIIe siècle marqua l'apogée de la Manufacture. La collaboration entre les peintres Oudry et François Boucher contribua pour une large part à cette réussite. A cette époque furent réalisées d'importantes productions de tapisseries pour sièges assorties aux motifs des tentures créant ainsi des ensembles décoratifs très homogènes. Malgré son succès auprès de la clientèle privée, la Manufacture de Beauvais dut son maintien aux commandes annuelles du Garde-Meuble royal.

La manufacture employait à la Révolution française plusieurs centaines d’ouvriers et le 8 octobre 1804, Napoléon Bonaparte décida d’en faire une manufacture d'État.

Les tissages de Beauvais étaient d'une qualité exceptionnelle, quasiment à l'équivalent des Gobelins. La manufacture était particulièrement renommée pour les garnitures de sièges.

Au XIXe siècle, la manufacture déclina.

Le renouveau de l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Les années 1920-1930 sonnent le renouveau de la manufacture, sous l'impulsion de son directeur, Jean Ajalbert, académicien Goncourt, qui fit préparer de nouveaux cartons à partir d’œuvres de grands peintres de son temps, notamment Raoul Dufy. La manufacture, rattachée au Mobilier national en 1935, prit alors une part active au renouveau de la tapisserie qui caractérisa le XXe siècle (Le Corbusier, Henri Matisse, Pablo Picasso) et se poursuit aujourd’hui avec la contribution d’artistes contemporains (Raymond Hains, Jean-Michel Othoniel, Eduardo Chillida, Roberto Matta, Pierre Buraglio, Gérard Traquandi, David Tremlett, Bioulès, Paul-Armand Gette, Martine Aballéa, Jacques Vieille…).

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L'épreuve de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les ateliers installés à Beauvais depuis le XVIIe siècle furent détruits par des bombardements en 1940. La manufacture de Beauvais fut alors transférée à Paris sur le site des Gobelins.

En 1989, les ateliers reviennent à Beauvais et sont installés dans des bâtiments de caractère, du XIXe, en brique, anciens abattoirs entièrement transformés et spécialement aménagés, à proximité du centre-ville. La manufacture de Beauvais est aujourd'hui rattachée à l'administration générale du Mobilier national et des manufactures nationales de tapisseries, qui dépend du ministère de la culture (Délégation aux Arts plastiques).

La Galerie nationale de la tapisserie[modifier | modifier le code]

Édifiée à l’initiative d’André Malraux, près de la cathédrale de Beauvais, sur les plans de l'architecte André Hermant, la galerie est assise sur les contreforts des remparts gallo-romains.

Ouverte en 1976, la Galerie nationale de la Tapisserie, présente des expositions permanentes et temporaires de tapisseries tissées dans les manufactures nationales, du Moyen Âge à nos jours,[1] ainsi que du mobilier et des textiles appartenant aux collections du Mobilier National.

Elle rend hommage à la célèbre Manufacture royale de tapisserie que fût Beauvais autrefois. Elle abrite et sert de présentation aux collections du Mobilier National.

Technique[modifier | modifier le code]

La Manufacture de Beauvais abandonne la pratique de la haute-lisse pour n’utiliser que la seule technique de la basse-lisse dès le premier tiers du XVIIIe siècle.

La basse-lisse se caractérise par l'utilisation d'un métier horizontal. Tous les fils de chaîne sont embarrés dans une série de lisses paires et impaires qui s'entrecroisent au moyen de pédales. Le lissier tisse à l'envers en suivant le dessin du modèle transcrit sur un papier blanc placé sous la chaîne du métier.

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Galerie nationale de la Tapisserie [1]
  • Tapisserie de Beauvais [2]

Notes et références[modifier | modifier le code]