Manufacture de Beauvais

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Beauvais.
Manufacture de Beauvais d'après les cartons de Jean-Baptiste Oudry: Les Amusements Champêtres: Le cheval fondu, faisant partie d'un ensemble de huit pièces dont les premiers cartons furent dessinés entre 1720 et 1730. Rencontrant un large succès, la tenture fut reeditée en de nombreuses séries, notamment à Aubusson par Jean-Baptiste Huet.

La manufacture de Beauvais a été créée en 1664 par Jean-Baptiste Colbert pour concurrencer les manufactures de tapisseries des Flandres en réalisant des tapisseries de basse lisse sur des métiers à tisser horizontaux. Elle est d’abord confiée à Louis Hinart, marchand, maître tapissier et entrepreneur, puis en 1678, à son fils Jean-Baptiste Hinart. En 1688, celui-ci criblé de dettes, devra se retirer. Philippe Béhagle, originaire des Flandres et formé aux Gobelins, reprend sa succession[1].

Les tissages de Beauvais étaient d'une qualité exceptionnelle, quasiment à l'équivalent des Gobelins. La manufacture était particulièrement renommée pour les garnitures de sièges.

À sa mort en 1705, les difficultés s’accumulent jusqu’à l’arrivée de Jean-Baptiste Oudry. Sous sa direction, Beauvais travaillera pour l’Europe entière créant d’immenses tentures relatant par exemple l’histoire de Don Quichotte. La manufacture employait à la Révolution française de 1789 plusieurs centaines d’ouvriers et le 8 octobre 1804, Napoléon Bonaparte décida d’en faire une manufacture d'État.

Au XIXe siècle, elle décline par rapport aux siècles précédents, mais elle connaît un renouveau dans les années 1920-1930, sous l'impulsion de son directeur, Jean Ajalbert, académicien Goncourt, qui fait préparer de nouveaux cartons à partir d'oeuvres de grands peintres de son temps, notamment Raoul Dufy. La manufacture, rattachée au Mobilier national en 1935, prend alors une part active au renouveau de la tapisserie qui caractérise le XXe siècle (Le Corbusier, Matisse, Picasso) et se poursuit aujourd’hui avec la contribution d’artistes contemporains (Raymond Hains, Jean-Michel Othoniel, Eduardo Chillida, Roberto Matta, Pierre Buraglio, Gérard Traquandi, David Tremlett, Bioulès, Paul-Armand Gette, Martine Aballéa, Jacques Vieille…).

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Les ateliers installés à Beauvais depuis le XVIIe siècle ont été détruits par des bombardements en 1940. La manufacture a alors été transférée à Paris sur le site des Gobelins. À l’initiative d’André Malraux est ouverte en 1976, la Galerie nationale de la tapisserie, près de la cathédrale de Beauvais, présentant des expositions permanentes et temporaires de tapisseries tissées dans les manufactures nationales, du Moyen Âge à nos jours[1]. En 1989, les ateliers reviennent à Beauvais et sont installés dans des bâtiments de caractère, du XIXe, en brique, anciens abattoirs entièrement transformés et spécialement aménagés, à proximité du centre-ville. La manufacture de Beauvais est aujourd'hui rattachée à l'administration générale du Mobilier national et des manufactures nationales de tapisseries, qui dépend du ministère de la culture (Délégation aux Arts plastiques).

Technique[modifier | modifier le code]

La Manufacture de Beauvais abandonne la pratique de la haute-lisse pour n’utiliser que la seule technique de la basse-lisse dès le premier tiers du XVIIIe siècle. La basse-lisse se caractérise par l'utilisation d'un métier horizontal. Tous les fils de chaîne sont embarrés dans une série de lisses paires et impaires qui s'entrecroisent au moyen de pédales. Le lissier tisse à l'envers en suivant le dessin du modèle transcrit sur un papier blanc placé sous la chaîne du métier.

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]