André Chastel

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André Chastel

Naissance 15 novembre 1912
Paris
Décès 18 juillet 1990
Paris
Nationalité Français
Pays de résidence France
Diplôme Agrégé de Lettres
Docteur ès-Lettres
Profession Enseignant/Universitaire
Activité principale Directeur d'études à l'École pratique des hautes études (1951-1978)
professeur à la Sorbonne (1955-1971)
professeur au Collège de France (1971-1984)
Autres activités chroniqueur au quotidien Le Monde (1944-1988)
vice-président (1962-1974) puis président (1974-1981) de l'Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France
Formation lycée Louis-le-Grand
École normale supérieure
Sorbonne
École pratique des hautes études

André Chastel, né à Paris le 15 novembre 1912 et mort à Paris le 18 juillet 1990, est un historien de l'art français, spécialiste renommé de la Renaissance italienne.

Sommaire

Biographie [modifier]

Admis à l'École normale supérieure en 1933, il suit les cours d'Henri Focillon en Sorbonne et devient agrégé de lettres en 1937. Par l'intermédiaire de Hugo Buchthal et Jean Seznec, il fréquente les chercheurs du Warburg Institute de Londres et est influencé par les travaux de Fritz Saxl et l'iconologie d'Erwin Panofsky, et notamment par l'ouvrage Dürers Melencolia I.

A. Dürer, Melencolia I (1514)

D'abord professeur de lycée (Le Havre), il est mobilisé en 1939 comme lieutenant, fait prisonnier et interné à l'oflag III C de Lüben-Spreewald. Libéré en février 1942, il réintègre l'enseignement secondaire (nommé à Paris (lycée Voltaire, 1942-1944), Chartres (lycée Marceau, 1944-1945), Saint-Maur-des-Fossés (lycée Marcelin-Berthelot, 1948-1949), Paris (lycée Carnot, 1949-1951). À l'été 1942, sur proposition du directeur de l'École normale supérieure, Jean Bayet, il est chargé de faire l'inventaire de l'atelier du peintre Vuillard. Nommé assistant à l'Institut d'art et d'archéologie de la Sorbonne (1945-1948), il soutient en 1950 une thèse de doctorat ès-Lettres, sous la direction de l'historien Augustin Renaudet, intitulée : Art et humanisme à Florence au temps de Laurent le Magnifique. Étude sur la Renaissance et l'humanisme néo platonicien, publiée en 1959 et plusieurs fois rééditée.

Florence au 15e siècle (H. Schedel, Weltchronik, 1493)

Élu directeur d'études à l'École pratique des hautes études (EPHE), de 1951 à 1978. Il est également élu professeur à l'Institut d'art et d'archéologie de la Sorbonne en juillet 1955, succédant à Pierre Lavedan. Il devient professeur au Collège de France, titulaire de la chaire "Art et civilisation de la Renaissance en Italie" de 1970 à 1984. Il est élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1975[1]

Institut d'art et d'archéologie, Paris
Collège de France, Paris
Institut national d'histoire de l'art, Paris

Proche d'André Malraux à l'époque où celui-ci est chargé du Ministère des Affaires culturelles, André Chastel est à l'origine, avec l'historien Marcel Aubert, de la création de l'Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, le 4 mars 1964. Il est vice-président de la Commission nationale chargée de l'Inventaire de 1964 à 1974, puis président après la mort de Julien Cain (1974-1984). Sous la présidence de François Mitterrand, il milite pour la création d'un institut d'histoire de l'art sur le modèle du Courtauld Institute de Londres, ce qui prend forme avec la création de l'Institut national d'histoire de l'art, en 2001.

Collaborateur du quotidien Le Monde, mais aussi de revues telles que L'Oeil ou Médecine de France, André Chastel a fondé trois revues au cours de sa carrière :

  • L'information d'histoire de l'art, 1957-1975 (destinée à diffuser les travaux de recherche de ses étudiants)
  • Art de France, 1961-1964 (avec le libraire Pierre Berès)
  • la Revue de l'Art, créée en 1968 (revue scientifique française de référence en histoire de l'art)

Il a occupé les fonctions de vice-président du Comité international d'histoire de l'art (CIHA) de 1969 à 1985, et de président du ''Centro internazionale di studi dell'architettura Andrea Palladio'' (CISA Palladio, Vicence). Il a été membre de nombreuses sociétés savantes et académies : Société des Antiquaires de France (1959) ; Instituto Veneto delle Scienze, arti e lettere, Padoue (1960) ; Accademia Toscana di Scienze e lettere la Colombaria, Florence (1972) ; Accademia Ateneo Veneto (1974) ; Accademia Arcadia (1975) ; Accademia dei Lincei (1976) ; Accademia Olympica (1979).

Proche de plusieurs artistes de sa génération, comme Étienne Hajdu, André Masson, Nicolas de Staël, il s'est intéressé à l'art moderne, et a écrit sur Édouard Vuillard, Nicolas de Staël, Léon Gischia.

André Chastel a formé toute une génération d'historiens de l'art, conservateurs et universitaires, parmi lesquels Daniel Arasse (directeur d'études, EHESS), Pierre Arizzoli-Clémentel (conservateur généra, Musées), Yves Beauvalot (inspecteur général des Affaires culturelles), Françoise Boudon (CNRS), Georges Brunel, Monique Chatenet (CNRS), Sylvie Deswarte-Rosa (professeur, Université Lyon 2), Bruno Foucart (professeur, Université Paris 4-Sorbonne), Pierre Georgel (conservateur général, Musées), Jean Guillaume (professeur, Université Paris 4-Sorbonne), Françoise Hamon (conservateur-Inventaire puis professeur, Université Paris 4-Sorbonne), Dominique Hervier (conservateur général, Monuments historiques), Françoise Levaillant (directrice de recherche, CNRS), François Macé de Lépinay, Claude Mignot (professeur, Université Paris 4-Sorbonne), Monique Mosser (CNRS), Daniel Rabreau (professeur, Université Paris 1-Panthéon/Sorbonne), Pierre Vaisse, Henri Zerner (professeur, université Harvard), etc.

Ses archives sont déposées à l'Institut national d'histoire de l'art[2].

Principales publications [modifier]

  • Vuillard, Paris, Floury, 1946.
  • Vuillard : peintures, 1890-1930, Paris, Éd. du Chêne, 1948.
  • Léonard de Vinci par lui-même, Édit. Nagel, 1952.
  • Marsile Ficin et l'art, Droz, Genève, 1954.
  • L'Art italien, Paris, Larousse, 1956, 2 vol. (Rééd : 1982, 1989, 1995 ; trad. italienne : 1957-1958, trad. anglaise : 1963)
  • Botticelli, Silvana, Milan, 1957.
  • Art et humanisme à Florence au temps de Laurent le Magnifique, P.U.F, 1959. (Rééd. 1961, 1982)
  • L'Âge de l'humanisme (avec Robert Klein), Éditions de la connaissance, Bruxelles, 1963.
  • Le Grand Atelier d'Italie, 1460-1500, Gallimard, 1965.
  • Renaissance méridionale, 1460-1500, Gallimard, 1965.
  • Nicolas de Staël, Paris, Le Temps, 1968.
  • Le Mythe de la Renaissance, 1420-1520, Skira, Genève, 1969.
  • La Crise de la Renaissance, 1520-1600, Skira, Genève, 1969.
  • Staël, l'artiste et l'oeuvre, Saint-Paul-de-Vence, Fondation Maeght, 1972.
  • Fables, formes, figures, Paris, Flammarion, 1978, 2 vol. (Recueil d'articles parus précédemment)
  • L'Image dans le miroir, Paris, Gallimard, 1980.
  • Grotesque, l'Arpenteur, 1980.
  • Chronique de la peinture italienne à la Renaissance, 1250-1580, Fribourg, Office du Livre, 1983.
  • The Sack of Rome, 1527, Princeton, Princeton University Press, 1983. Édition fr., Le Sac de Rome, 1527 : du premier maniérisme à la Contre-réforme, Paris, Gallimard, 1984.
  • Léon Gischia : rétrospective, 1917-1985, Ante Glibota (dir.), textes d'André Chastel, Paris, Paris Art Center, 1985.
  • L'Illustre incomprise, Mona Lisa, Paris, Gallimard, 1988.
  • Giorgio Vasari, Les vies des meilleurs peintres sculpteurs et architectes, traduction et édition commentée de Le Vite sous la direction d’André Chastel (Nadine Blamoutier, Gabriella Rèpaci-Courtois, ...), Paris, Berger-Levrault, coll. « Arts », 12 vol., 1981-1989. Rééd., Actes Sud, coll. « Thesaurus », 2 vol., 2005.
  • Lettres de l'Arétin (1492-1556), choisies et traduit par André Chastel et Nadine Blamoutier avec la collaboration de Gabriella Rèpaci-Courtois, Scala, 1988[3]

À titre posthume :

  • L'Art français, Paris, Flammarion, 1993-1996, 4 vol.
  • La Pala ou le retable italien des origines à 1500, avec le concours de Christiane Lorgues-Lapouge, préface d’Enrico Castelnuovo, Paris, Liana Levi, 1993. Rééd. 2005 et traduction italienne.
  • Palladiana, Paris, Gallimard, 1995 (recueil d'articles consacrés à Palladio).
  • La Gloire de Raphaël ou le triomphe d’Éros, Paris, Réunion des musées nationaux, 1995.
  • L’Italie et Byzance, édition établie par Christiane Lorgues-Lapouge, Paris, Éditions de Fallois, 1999.

Sources [modifier]

  • Revue de l'Art, 1991, n° 93, numéro hommage à André Chastel.
  • André Chastel (1912-1990). Histoire de l'art et action publique, S. Chauffour, S. Frommel, M. Hochmann (dir.), catalogue de l'exposition (INHA, févr.-avril 2013), Paris, INHA, 2013.

Voir aussi [modifier]

Article connexe [modifier]

Liens externes [modifier]

Notes et références [modifier]