Paul Hervieu

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Paul Hervieu
Paul Hervieu

Paul Hervieu, né à Neuilly-sur-Seine le et mort à Paris le , est un romancier et auteur dramatique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille bourgeoise, il se destine tout d’abord au barreau, devient avocat et fréquente un moment les milieux politiques. Il obtient en 1881 un poste d’attaché d’ambassade à Mexico, qu’il ne conserve pas longtemps. Intéressé surtout par la littérature, il se consacre principalement à l’écriture, tout en fréquentant des salons littéraires et mondains, tels ceux de Madame de Pierrebourg, qui fut sa maîtresse, et de Madame Émile Straus, où il côtoye des écrivains, Marcel Proust, Paul Bourget, Henri Meilhac, Ludovic Halévy, Guy de Maupassant ; des aristocrates, la Princesse Mathilde, le Prince Georges Bibesco ; des comédiens comme Réjane ou Lucien Guitry et des artistes comme Edgar Degas.

En 1883, commence sa longue amitié avec Octave Mirbeau, dont il devient le confident. Il collabore cette année-là, sous le pseudonyme de Liris, à l'éphémère revue que fonde son nouvel ami et à laquelle collaborent également Alfred Capus et Étienne Grosclaude, Les Grimaces, hebdomadaire satirique et de combat anti-opportuniste, mais aussi antisémite, destiné selon Mirbeau « à faire grimacer tout ce faux monde de brigands impunis de la finance ». Pourtant, à l'instar de Mirbeau, qui fera partie des intellectuels dreyfusistes les plus engagés, Hervieu sera dreyfusard, ce qui lui vaudra un échec lors de sa première candidature académique.

Préoccupé par les problèmes sociaux de son époque, il les expose dans des romans psychologiques et mondains, à la manière de Paul Bourget, et dans des pièces de théâtre, volontiers moralisatrices. Voulant analyser rigoureusement une situation et en montrer les conséquences inéluctables, il met en scène des personnages qui se conduisent avec une logique extrême, sans la moindre humanité, attentifs uniquement au sentiment du devoir et aux conventions sociales. Cette rigidité amène à des dénouements dramatiques qui paraissent outranciers aujourd’hui. Les problèmes sont exposés en milieux aristocratiques ou mondains : la femme adultère dans L'Énigme et dans Le Réveil, le remariage d’une femme divorcée dans Le Dédale, et le soin dû aux enfants, quelles qu’en soient les conséquences, dans La Course du flambeau.

« Je ne crois pas qu'il ait jamais un mot de pitié pour les souffrances physiques ou morales qu'il dépeint avec une inflexible vigueur. [...] C'est par l'intensité seule de ses descriptions ou de ses analyses qu'il trahit son émotion et qu'il provoque la nôtre. Tel il était dans ses livres, tel il était aussi dans sa vie[1] »

— Edmond Estève, Paul Hervieu, conteur, moraliste et dramaturge

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Il succéda en 1900 à Édouard Pailleron au fauteuil 12 de l'Académie française. Edmond de Goncourt disait de lui : « Le petit Hervieu a une voix curieuse, c'est comme la voix lointaine d'un somnambule que son endormeur ferait parler. »[2]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Envoi de Paul Hervieu

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Diogène le Chien, nouvelles (1882) Texte en ligne.
  • La Bêtise parisienne : Choses de l'amour, Insinuations psychologiques, Curieux usages, Croquis, du Costume féminin. (1882) Texte en ligne.
  • Les Yeux verts et les yeux bleus, nouvelles (1886) Texte en ligne.
  • L'Alpe homicide, nouvelles (1886).
  • L'Inconnu (1887) Texte en ligne
  • Deux Plaisanteries : Histoire d'un duel, Aux Affaires étrangères (1888).
  • Flirt (1890) Texte en ligne.
  • L'Exorcisée (1891).
  • Peints par eux-mêmes, roman par lettres (1893) Texte en ligne.
  • Œuvres : Diogène le Chien, l'Esquimau, Argile de femme, Une scène de collège, Krab, la Matrone adultère, Attentat à la pudeur, Guignol, Prologue de l'Incendie de Sodome, Peints par eux-mêmes (2 volumes, 1894-1898).
  • L'Armature, roman (1895) Texte en ligne
  • Le Petit Duc. Figures falotes et figures sombres (1896) Texte en ligne.
  • Le Bienheureux du Val de Pralognan (1921).

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Théâtre : I. La Loi de l'homme. Les Tenailles. Les paroles restent. II. L'Énigme. Point de lendemain. La Course du flambeau ; III. Le Dédale. Théroigne de Méricourt. IV. Le Réveil. Modestie. Connais-toi (4 volumes, 1900-1909).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Edmond Estève, Paul Hervieu, conteur, moraliste et dramaturge, Paris, Nancy, Berger-Levrault, coll. « Annales de l'Est »,‎ juillet 1917, 150 p. page 15
  2. Edmond de Goncourt, Journal, 12 juin 1887.
  • Recueils de pièces complètes, Modern-Théâtre, Arthème Fayard

Liens externes[modifier | modifier le code]


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Fauteuil 12 de l’Académie française
1900-1915
François de Curel