Leopardus pajeros

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Leopardus pajeros

Description de cette image, également commentée ci-après

Un « Chat des pampas » dont la subdivision en espèce ou sous-espèces est encore très débattue.

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Felidae
Sous-famille Felinae
Genre Leopardus

Nom binominal

Leopardus pajeros
(Desmarest, 1816)

Statut de conservation UICN

( NE )
NE  : Non évalué

Statut CITES

Sur l'annexe II  de la CITES Annexe II , Rév. du 01/07/1975

Le Chat des pampas est une espèce (Leopardus pajeros) ou une sous-espèce (Leopardus colocolo pajeros) de félin d'Amérique du Sud. C'est un animal terrestre qui vit sur les hauts plateaux couverts de prairies, de l'Équateur à la Patagonie.

Description[modifier | modifier le code]

Le chat des pampas[1] mesure entre 52 et 70 cm de long, 30 et 35 cm de hauteur au garrot, il possède une queue de 20–25 cm de long et pèse entre 3 et 7 kg en moyenne. Il a les oreilles pointues et la couleur de sa robe, très variable, peut être grise, jaune ou brune, avec des rayures brun foncé. Une crinière dorsale existe chez certains individus. Les portées comptent en moyenne deux petits, après une durée de gestation de 80-85 jours, l'espérance de vie de l'animal varie entre 9 et 16 ans.

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Il est originaire de la pampa et des régions avoisinantes du centre ouest de l'Amérique du Sud. Son aire de répartition s'étend de l'Équateur et du Chili, à l'ouest, et traverse les Andes jusqu'en Argentine et quelques pays voisins. Il s’agit d’un des petits félins d’Amérique du Sud les moins connus. Il se rencontre dans les prairies de la Pampa et le monte argentin. Ces écorégions sont très affectées par l’élevage, l’agriculture et la chasse et également très peu protégées par la loi.

Une étude basée sur des pièges photographiques, le suivi d’individus par collier émetteur et la collecte de fèces a montré que sur 47 photographies de carnivores, seules 2 % représentent le chat de la Pampa[2].

Chasse et alimentation[modifier | modifier le code]

On en connaît très peu sur les mœurs de cet animal ; on croit cependant que c'est un chasseur nocturne dont les proies sont surtout de petits mammifères et des oiseaux.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Leopardus : la lignée des ocelots[modifier | modifier le code]

Arbre phylogénétique du genre Leopardus[3]

   Leopardus   


 Leopardus wiedii - Marguay



 Leopardus pardalis - Ocelot






 Leopardus jacobita - Chat des Andes



 Leopardus colocolo - Chat des Pampas





 Leopardus tigrinus - Chat-tigre



 Leopardus guigna - Kodkod



 Leopardus geoffroyi - Chat de Geoffroy





La phylogénie s'est longtemps basée sur l'étude des fossiles d'un animal afin de préciser l'apparition et l'évolution d'une espèce. La phylogénie moderne s'appuie essentiellement sur les analyses génétiques en raison du nombre peu important de fossiles de félins. Le premier félin est apparu il y a onze millions d'années[3].

Les félins ont divergé en huit lignées distinctes. La lignée des ocelots, correspondant au genre Leopardus est la quatrième par ordre de divergence. Il y a neuf millions d'années, les félins migrent pour la première fois vers le continent américain en passant par la Béringie[Note 1],[3].

Le niveau des océans remontent à nouveau au cours du Miocène, et les précurseurs des lignées de l'ocelot, du lynx et du puma se trouvent isolés des populations du vieux continent. La lignée de l'ocelot commence à diverger il y a huit millions d'années. Elle se distingue notamment par un nombre de chromosomes différents de celui des autres lignées : 36 chromosomes au lieu de 38. Durant le Pliocène, il y a deux à trois millions d'années, le niveau des océans baisse à nouveau : l'isthme de Panama émerge et permet aux félins, et notamment à la lignée de l'ocelot, de conquérir l'Amérique du Sud[Note 2]. La diversification en espèces s'opère durant cette période et le dernier ancêtre commun du genre Leopardus est daté d'il y a 2,9 millions d'années[3].

Le cas du Chat des pampas[modifier | modifier le code]

La classification du Chat des pampas (Leopardus colocolo) est encore fortement débattue. Dans les années 1990, des études morphologiques, basées sur la couleur et le patron du pelage, des mesures crâniennes et l'observation de l'habitat tendent vers la séparation de l'espèce en trois espèces distinctes Leopardus braccatus (Cope, 1889), Leopardus pajeros et Leopardus colocolo[4],[5].

Les études génétiques n'ont pas validé cette hypothèse[6],[7] amenant certaines autorités et notamment l'Union internationale pour la conservation de la nature à considérer le Chat des pampas comme une unique espèce en attendant que de nouvelles études puissent valider définitivement ce statut taxonomique[8]. La validité des études génétiques est discutée[9].

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Lorsque le Chat des pampas (Leopardus pajeros) est considéré comme une espèce, cinq sous-espèces sont reconnues[10] :

  • Leopardus pajeros pajeros Desmarest, 1816
  • Leopardus pajeros budini Pocock, 1941
  • Leopardus pajeros garleppi Matschie, 1912
  • Leopardus pajeros steinbachi Pocock, 1941
  • Leopardus pajeros thomasi Lönnberg, 1913

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Béringie correspond au détroit de Béring. Il s'agit d'un pont de terre entre l'Asie et l'Amérique qui est apparu plusieurs fois au cours des récentes périodes géologiques.
  2. Cette période est appelée Grand échange interaméricain. L'Amérique du Sud était isolée des autres continents depuis des dizaines de millions d'années. L'arrivée des félins correspond notamment à la disparition des grands prédateurs du continent sudaméricain.

Références[modifier | modifier le code]

  1. nom vernaculaire dans les documents officiels
  2. : Ecology and Conservation of Four Sympatric Cat Species in the Argentinean Monte, Cat Project of the Month - June 2007, Mauro Lucherini and Claudia Manfredi
  3. a, b, c et d Stephen O'Brien et Warren Johnson, « L'évolution des chats », Pour la science, no 366,‎ avril 2008 (ISSN 0153-4092) basée sur (en) W. Johnson et al., « The late Miocene radiation of modern felidae : a genetic assessment », Science, no 311,‎ 2006 et (en) C. Driscoll et al., « The near eastern origin of cat domestication », Science, no 317,‎ 2007
  4. (en) R. Garcia-Perea, « The pampas cat group (Genus Lynchailurus Severertzov 1858) (Carnivora: Felidae), A systematic and biogeographic review », American Museum Novitates, no 3096,‎ 1994, p. 1-35 (lire en ligne)
  5. Rémy Marion (dir.), Cécile Callou, Julie Delfour, Andy Jennings, Catherine Marion et Géraldine Véron, Larousse des félins, Paris, Larousse,‎ septembre 2005, 224 p. (ISBN 2-03-560453-2 et 978-2035604538, lien OCLC?), « Chat des Pampas Leoparuds Colocolo », p. 94
  6. (en) W. E. Johnson et al., « Disparate phylogeographic patterns of molecular genetic variation in four closely related South American small cat species », Molecular Ecology, vol. 8, no s1,‎ 1999, S79-S94 (lien DOI?)
  7. (en) D. Macdonald et A. Loveridge, The Biology and Conservation of Wild Felids, Presse universitaire d'Oxford,‎ 2010 (ISBN 978-0-19-923445-5)
  8. Référence UICN : espèce Leopardus colocolo (en)
  9. (en) A.L. Barstow et D.M. Leslie, « Leopardus braccatus (Carnivora: Felidae) », Mammalian Species, vol. 44, no 1,‎ 2012, p. 16–25 (lien DOI?)
  10. Référence Mammal Species of the World : Leopardus pajeros Desmarest, 1816 (en)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Charif Tala et all., Especies Amenazadas de Chile:Protejámoslas y evitemos su extinción, CONAMA,‎ 2009, 122 p. (ISBN 978-956-7204-29-8, lire en ligne), p. 45, Gato colocolo

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]