Pardofelis

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Le genre Pardofelis comprend des félidés de taille moyenne et les trois espèces suivantes :

Comprenant au départ une unique espèce, des analyses génétiques ont montré que l'ancien genre Catopuma était confondu avec le genre Pardofelis. Les deux espèces que comprenait Catopuma, à savoir le Chat bai et le Chat de Temminck, font à présent partie de Pardofelis[1].

Description[modifier | modifier le code]

Morphologie[modifier | modifier le code]

Les félins du genre Pardofelis ont une masse moyenne équivalente à une à trois fois celle du chat domestique. On peut aisément faire la distinction entre le Chat marbré, le Chat de Temminck et le Chat bai. Le Chat marbré se distingue par sa robe aux taches rappelant le marbre, mais également par son allure générale dominée par sa longue queue qui atteint la moitié de sa longueur totale[2]. Il est donc difficile de comparer ce félin à marbrures aux félins à robes unies que représentent le Chat bai et le Chat de Temminck. Le Chat bai est quant à lui souvent décrit comme un Chat de Temminck miniature[3].

Taille et poids des différentes espèces du genre Pardofelis
Chat bai[4],[5] Chat marbré[2] Chat de Temminck[6]
Longueur 85 cm 80 à 115 cm 120 à 160 cm
Hauteur au garrot 28 à 30 cm 35 à 55 cm 56 cm
Poids 2 à 4 kg 4 à 8 kg 9 à 16 kg

Comportement[modifier | modifier le code]

Statistique de la reproduction des différentes espèces du genre Pardofelis
Chat bai[7] Chat marbré[8] Chat de Temminck[9]
Gestation Inconnue 81 jours 68 à 70 jours
Taille de la portée Inconnue 1 à 4 jeunes 1 à 3 jeunes
Maturité sexuelle Inconnue ♂ : 21 mois
♀ : 21 mois
♂ : 24 mois
♀ : 18 et 24 mois

Phylogenèse[modifier | modifier le code]

Histoire de la taxonomie du genre Pardofelis[modifier | modifier le code]

Relations taxonomiques entre Chat bai et Chat de Temminck[modifier | modifier le code]

Une première hypothèse avancée par les taxonomistes était que le Chat bai est une sous-espèce insulaire du Chat de Temminck[10]. Celle-ci s'appuyait sur les ressemblances morphologiques et génétiques entre les deux félins : des études menées sur les crânes de deux espèces ont montré qu'elles étaient très proches, de plus l'aire de répartition du Chat de Temminck inclut l'île de Sumatra, qui ne s'est séparée de Bornéo que depuis 10 000 à 15 000 ans[11]. Le Chat de Temminck et le Chat bai se sont différenciés il y a quatre millions d'années, bien avant la séparation des îles de la Sonde : les deux félins forment bien deux espèces différentes[12],[13]. Ces deux chats étaient les seuls représentants du genre Catopuma, avant d'être déplacés dans le genre Pardofelis[12].

Relations taxonomiques entre Panthère nébuleuse et Chat marbré[modifier | modifier le code]

Le Chat marbré a été apparenté à la Panthère nébuleuse.

Le Chat marbré partage des caractères communs aux petits félins (Felinae) et est génétiquement proche des grands félins (Pantherinae), et notamment du Tigre (Panthera tigris)[14]. Pour cette raison, le Chat marbré a pu faire partie de la sous-famille des Pantherinae comme des Felinae[Note 1]. Plusieurs modèles phylogéniques ont placé la Panthère nébuleuse et le Chat marbré dans un même genre, soit dans Pardofelis, soit dans Neofelis[12] en raison de la grande ressemblance morphologique entre ces deux félins[11]. Des études génétiques effectuées sur huit espèces de félins ont montré que le Chat marbré faisait bien partie de la sous-famille des Felinae tandis que la Panthère nébuleuse, bien que très proche du Chat marbré, appartient aux Pantherinae[15].

Phylogenèse[modifier | modifier le code]

La phylogénie s'est longtemps basée sur l'étude des fossiles d'un animal afin de préciser l'apparition et l'évolution d'une espèce. La phylogénie moderne s'appuie essentiellement sur les analyses génétiques en raison du nombre peu important de fossiles de félins. Le premier félin daterait d'il y a onze millions d'années[16].

Les félins ont divergé en huit lignées distinctes. Les Pardofelis composent la deuxième lignée qui a divergé il y a 9,4 millions d'années. Le Chat marbré est le premier à diverger de l'ancêtre commun à tous les Pardofelis, il y a 5,4 millions d'années. Selon ces études, la Panthère nébuleuse appartient à la lignée des panthères et n'est donc pas apparentée aux Pardofelis[13]. Le Chat de Temminck et le Chat bai se sont différenciés il y a quatre millions d'années[12],[13].

Systématique[modifier | modifier le code]

Classification classique[modifier | modifier le code]

La classification classique range le genre Pardofelis dans la sous-famille des Felinae, qui contient historiquement tous les félins qui ne rugissent pas[17].

─oCarnivora
 └─o Feliformia
   └─o Felidae
     ├─o Pantherinae
     └─o Felinae
       ├─o Nombreux genres tels que Prionailurus, Felis, Caracal, …
       └─o Pardofelis
         ├─o Pardofelis badia
         ├─o Pardofelis marmorata
         └─o Pardofelis temminckii

Classification phylogénétique[modifier | modifier le code]

La classification phylogénétique divise les félins en huit lignées distinctes ; les Pardofelis constituent la deuxième lignée. Les trois espèces auraient évolué dans cet ordre : Chat marbré, Chat bai et Chat de Temminck[16].

   Felidae   

Panthera, Neofelis




Pardofelis




Caracal, Leptailurus




Leopardus




Lynx




Puma, Acinonyx




Prionailurus, Otocolobus



Felis









   Pardofelis   

 Pardofelis marmorata - Chat marbré




 Pardofelis temminckii - Chat de Temminck



 Pardofelis badia - Chat bai




Espèces et sous-espèces[modifier | modifier le code]

Selon Mammal Species of the World[18], il existe deux sous-espèces de Chat marbré : Pardofelis marmorata marmorata vivant sur la péninsule indochinoise et les îles de Sumatra et Bornéo[19] et Pardofelis marmorata charltonii qui se rencontre au Népal, dans les provinces du Sikkim et de l'Assam et dans la partie nord du Myanmar[19]. Une troisième sous-espèce Pardofelis marmorata longicaudata est parfois ajoutée[20]. Il existe trois sous-espèces de Chat de Temminck[21] : Pardofelis (Catopuma) temminckii, présente sur l'île de Sumatra[22], Pardofelis (Catopuma) dominicanorum et Pardofelis (Catopuma) tristis dont l'aire de répartition va du Sichuan au Tibet et qui est censée représenter les Chats de Temminck à ocelles[11]. Le Chat bai n'est pas divisé en sous-espèce.

Chorologie[modifier | modifier le code]

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

Les félins du genre Pardofelis vivent en Asie du Sud-Est. L'aire de répartition du Chat de Temminck s'étend du Népal à l'Est au centre la Chine et descend jusqu'à l'île de Sumatra[23]. Le Chat marbré a une aire de répartition similaire, bien que limitée au nord par les frontières chinoises ; elle inclut également l'île de Bornéo[14]. Seul le Chat bai est endémique de l’île de Bornéo[5].

Ces félins sont des habitants des forêts, notamment tropicales[24],[25],[26], mais plusieurs observations ont été faites dans les forêts secondaires et les forêts mixtes[25]. Le Chat de Temminck est capable de s'adapter à un habitat plus varié, comme les plaines rocailleuses[26]. Des observations ont été faites jusqu'à 3 000 mètres d'altitude[27],[28] sauf pour le Chat bai dont l'unique observation en haute altitude n'a jamais été confirmée[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La base NCBI le considère toujours comme un Pantherinae.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Référence UICN : espèce Pardofelis marmorata Martin, 1837 (en), Référence UICN : espèce Pardofelis temminckii (Vigors et Horsfield, 1827) (en), Référence UICN : espèce Pardofelis badia (Gray, 1874) (en)
  2. a et b Rémy Marion, op. cit., « Chat marbré Pardofelis marmorata », p. 104
  3. (en) Melvin E. Sunquist et Fiona Sunquist, Wild cats of the world, Presse universitaire de Chicago,‎ 2002, 452 p. (ISBN 0226779998 et 9780226779997, lire en ligne), « Bay cat », p. 48-51
  4. (fr) Rémy Marion (dir.), Cécile Callou, Julie Delfour, Andy Jennings, Catherine Marion et Géraldine Véron, Larousse des félins, Paris, Larousse,‎ septembre 2005, 224 p. (ISBN 2-03-560453-2 et 978-2035604538, OCLC 179897108), « Chat bai Catopuma badia », p. 82
  5. a et b (fr) Peter Jackson et Adrienne Farrel Jackson (trad. Danièle Devitre, préf. Dr Claude Martin, ill. Robert Dallet et Johan de Crem), Les Félins : Toutes les espèces du monde, Turin, Delachaux et Niestlé, coll. « La bibliothèque du naturaliste »,‎ 15 octobre 1996, relié, 272 p. (ISBN 978-2603010198 et 2-603-01019-0), « Chat bai », p. 164
  6. Rémy Marion, op. cit., « Chat de Temminck Catopuma temminckii », p. 83
  7. Peter et Adrienne Farrel Jackson, op. cit., « Chat bai », p. 163
  8. Peter et Adrienne Farrel Jackson, op. cit., « Chat marbré », p. 140
  9. Peter et Adrienne Farrel Jackson, op. cit., « Chat de Temminck », p. 168
  10. (fr) Peter Jackson et Adrienne Farrel Jackson (trad. Danièle Devitre, préf. Dr Claude Martin, ill. Robert Dallet et Johan de Crem), Les Félins : Toutes les espèces du monde, Turin, Delachaux et Niestlé, coll. « La bibliothèque du naturaliste »,‎ 15 octobre 1996, relié, 272 p. (ISBN 978-2603010198 et 2-603-01019-0), « Chat bai », p. 163
  11. a, b, c et d (en) Peter Jackson, « Bornean Bay Cat (Catopuma badia) », sur http://www.catsg.org/, Cat Specialist Group,‎ 1996 (consulté le 13 octobre 2009)
  12. a, b, c et d Référence UICN : espèce Pardofelis badia (Gray, 1874) (en)
  13. a, b et c (fr) Stephen O’Brien et Warren Johnson, « L’évolution des chats », Pour la science, no 366,‎ Avril 2008 (ISSN 0 153-4092)
  14. a et b Peter ed Adrienne Farrel Jackson, op. cit., p. 138
  15. (en) N. Srisamoot, A. Chaveerach, S. Nuchadomrong, N. Sattayasai, P. Chaveerach, A. Tanomtong et K. Pinthong, « Genetic relationships among wild Felidae in Thailand using AFLP markers », Pakistan Journal of Biological Sciences, vol. 10,‎ 2007, p. 2639-2645 (lire en ligne)
  16. a et b Stephen O'Brien et Warren Johnson, « L'évolution des chats », Pour la science, no 366,‎ Avril 2008 (ISSN 0 153-4092) basée sur (en) W. Johnson et al., « The late Miocene radiation of modern felidae : a genetic assessment », Science, no 311,‎ 2006 et (en) C. Driscoll et al., « The near eastern origin of cat domestication », Science, no 317,‎ 2007
  17. Référence Mammal Species of the World : Pardofelis (en)
  18. (en) « Pardofelis marmorata », sur http://www.bucknell.edu/MSW3, Mammal Species of the World (consulté le 5 novembre 2009)
  19. a et b (en) James Dolan, « A description of two small Asiatic Felines : Felis (Pardofelis) marmorata Martin, 1836; Felis (Prionailurus) planiceps Vigors & Horsfield, 1827 », sur http://library.sandiegozoo.org/, Zoo de San Diego,‎ 1964 (consulté le 10 novembre 2009)
  20. Référence Animal Diversity Web : espèce Pardofelis marmorata (en)
  21. Référence Mammal Species of the World : Catopuma temminckii (en)
  22. Référence Mammal Species of the World : Catopuma temminckii temminckii (en)
  23. Peter Jackson, op. cit., p. 166
  24. (en) Mohammed Azlan et Jim Sanderson, « Geographic distribution and conservation status of the bay cat Catopuma badia, a Bornean endemic », Oryx, vol. 41, no 3,‎ juillet 2007 (lire en ligne [PDF]).
  25. a et b Peter Jackson, op. cit., p. 139
  26. a et b Référence Animal Diversity Web : Catopuma temminckii (en)
  27. Peter Jackson, op. cit., p. 167
  28. (fr) Rémy Marion (dir.), Cécile Callou, Julie Delfour, Andy Jennings, Catherine Marion et Géraldine Véron, Larousse des félins, Paris, Larousse,‎ septembre 2005, 224 p. (ISBN 2-03-560453-2 et 978-2035604538, OCLC 179897108), « Chat marbré Pardofelis marmorata », p. 104

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Genre Catopuma[modifier | modifier le code]

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