Chat de Geoffroy

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Le chat de Geoffroy[1] (Leopardus geoffroyi) est une espèce de félins qui vit de la Bolivie à la Patagonie.

Description[modifier | modifier le code]

Chat de Geoffroy

Le chat de Geoffroy a un pelage de couleur jaune ocre dans le nord de son aire de répartition et plutôt gris argenté dans le sud. Il porte de nombreux points noirs, ronds et nets disposées sur les flancs et le dos, et des rayures sur le haut des membres et la queue.

On rencontre des formes mélaniques (entièrement noires), surtout dans les régions de forêts denses.

Ce chat a été nommé en l'honneur du zoologiste francais du XIXe siècle, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844), décédé l'année où le chat a été scientifiquement décrit.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La femelle met au monde entre un à trois petits par portée, au bout d'une durée de gestation de 72 jours, la maturité sexuelle pour les femelles arrive à l'âge de 18 mois et 24 mois pour celle des mâles.

Leur longévité est d'environ 14 ans.

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Ce félin chasse particulièrement les oiseaux, les reptiles (serpents-lézards) et les petits mammifères. Il ne chasse que la nuit.

Divers[modifier | modifier le code]

Chat de Geoffroy noir (mélanisme).

Ce petit félin passe la majeure partie de sa vie dans les arbres, où il grimpe avec une rare dextérité. Capturé jeune, il peut supporter la présence de l'homme mais sans jamais se laisser apprivoiser.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Arbre phylogénétique du genre Leopardus[2]

   Leopardus   


 Leopardus wiedii - Marguay



 Leopardus pardalis - Ocelot






 Leopardus jacobita - Chat des Andes



 Leopardus colocolo - Chat des Pampas





 Leopardus tigrinus - Chat-tigre



 Leopardus guigna - Kodkod



 Leopardus geoffroyi - Chat de Geoffroy





La phylogénie s'est longtemps basée sur l'étude des fossiles d'un animal afin de préciser l'apparition et l'évolution d'une espèce. La phylogénie moderne s'appuie essentiellement sur les analyses génétiques en raison du nombre peu important de fossiles de félins. Le premier félin est apparu il y a onze millions d'années[2].

Les félins ont divergé en huit lignées distinctes. La lignée des ocelots, correspondant au genre Leopardus est la quatrième par ordre de divergence. Il y a neuf millions d'années, les félins migrent pour la première fois vers le continent américain en passant par la Béringie[Note 1],[2].

Le niveau des océans remontent à nouveau au cours du Miocène, et les précurseurs des lignées de l'ocelot, du lynx et du puma se trouvent isolés des populations du vieux continent. La lignée de l'ocelot commence à diverger il y a huit millions d'années. Elle se distingue notamment par un nombre de chromosomes différents de celui des autres lignées : 36 chromosomes au lieu de 38. Durant le Pliocène, il y a deux à trois millions d'années, le niveau des océans baisse à nouveau : l'isthme de Panama émerge et permet aux félins, et notamment à la lignée de l'ocelot, de conquérir l'Amérique du Sud[Note 2]. La diversification en espèces s'opère durant cette période et le dernier ancêtre commun du genre Leopardus est daté d'il y a 2,9 millions d'années[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Béringie correspond au détroit de Béring. Il s'agit d'un pont de terre entre l'Asie et l'Amérique qui est apparu plusieurs fois au cours des récentes périodes géologiques.
  2. Cette période est appelée Grand échange interaméricain. L'Amérique du Sud était isolée des autres continents depuis des dizaines de millions d'années. L'arrivée des félins correspond notamment à la disparition des grands prédateurs du continent sudaméricain.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Annexes au Journal officiel des Communautés européennes du 18 décembre 2000. Lire en ligne.
  2. a, b, c et d Stephen O'Brien et Warren Johnson, « L'évolution des chats », Pour la science, no 366,‎ avril 2008 (ISSN 0153-4092) basée sur (en) W. Johnson et al., « The late Miocene radiation of modern felidae : a genetic assessment », Science, no 311,‎ 2006 et (en) C. Driscoll et al., « The near eastern origin of cat domestication », Science, no 317,‎ 2007

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Charif Tala et all., Especies Amenazadas de Chile:Protejámoslas y evitemos su extinción, CONAMA,‎ 2009, 122 p. (ISBN 978-956-7204-29-8, lire en ligne), p. 49, Gato de Geoffroy