Tigre de Java

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Le Tigre de Java (Panthera tigris sondaica) est une sous-espèce du tigre éteinte. Vivant uniquement sur l'île de Java, ce tigre de petite taille se caractérisait par une robe aux rayures fines et serrées, un museau long et étroit avec des carnassières longues. Très peu de données sont connues sur son comportement.

Chassé et empoisonné par les populations locales, le Tigre de Java a subi la déforestation de son habitat au profit des rizières et de forêt de teck, de café et d'hévéa. La raréfaction de sa proie principale, le Cerf rusa, et la modification de son habitat a entraîné une concurrence avec le Léopard de Java, mieux adapté pour la chasse des proies de taille petite à moyenne. Cette combinaison de facteurs a conduit à l'extinction de la sous-espèce dans les années 1980.

Au niveau culturel, le Tigre de Java était associé à une cérémonie, le rampokan macan, qui consistait à sacrifier un de ces félins.

Description[modifier | modifier le code]

Physique[modifier | modifier le code]

Le pelage du Tigre de Java se caractérise par des nombreuses et fines rayures.

Le Tigre de Java était plus petit que les sous-espèces continentales du tigre : un peu plus grand que le Tigre de Bali (Panthera tigris balica), sa taille approchait celle du Tigre de Sumatra (Panthera tigris sondaica). Le mâle mesurait 2,48 m de longueur totale entre piquets[Note 1] et il n'existe pas de données pour la femelle. La longueur du crâne était de 30,6 à 34,9 cm pour le mâle et de 27,0 à 29,2 cm pour la femelle. Le poids variait de 100 à 141 kg pour le mâle et de 75 à 115 kg pour la femelle[1].

La petite taille du Tigre de Java et des Tigres des îles de la Sonde en général suit la règle de Bergmann, qui établit une corrélation entre la masse des animaux endothermes et la température extérieure : plus la température est élevée, plus l'animal est léger, ce qui facilite la thermorégulation[2],[3]. Par ailleurs, la taille des proies disponibles à Java, qui sont plus petites que les cervidés et les bovidés d'Asie continentale, est également un facteur limitant la taille des prédateurs[2]. L'influence de l'insularité peut également être un des facteurs du « rétrécissement » du Tigre de Java[3].

Le Tigre de Java avait des rayures longues et fines, légèrement plus nombreuses que celles du Tigre de Sumatra. Le museau était long et étroit, le planum occipitale notablement étroit et les carnassières longues en comparaison de la taille du crâne[4].

Le diamètre des empreintes était plus grand que celui du Tigre du Bengale (Panthera tigris tigris) au Bangladesh, en Inde et au Népal[2].

Comportement[modifier | modifier le code]

Le Tigre de Java se nourrissait de Cerf rusa (Cervus timorensis), de Banteng (Bos javanicus) et de Sangliers (Sus scrofa) et parfois d'oiseaux aquatiques et de reptiles[2]. L'analyse des restes de repas dans une tanière montre que le Tigre de Java se rabattait également sur des proies plus petites, notamment après la modification de son habitat : macaques, sanglier, oiseaux et Civettes des palmiers composaient le régime alimentaire[5].

Nous ne connaissons rien de la biologie reproductive et du cycle de vie en général[2].

Habitat[modifier | modifier le code]

Le Tigre de Java est l'une des trois sous-espèces dont l’aire de répartition est limitée à une île[4].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Sous-espèce du tigre.

La lignée des panthères, les Pantherinae, a divergé il y a 10,8 millions d'années de l'ancêtre commun des Felidae[6]. Le tigre est apparu bien avant le jaguar et le léopard. Tigre et Panthère des neiges (Panthera uncia) auraient divergé il y a deux millions d'années[7]. Selon l'avis général, le berceau de l’espèce est localisé dans l'Est et le Nord-Est de l'Asie. Le territoire du tigre se serait ensuite étendu sur les îles de la Sonde puis vers l'Inde[8]. Il y a 73 000 ans, le tigre frôla l'extinction en raison des éruptions du volcan Toba à Sumatra, ce qui peut expliquer la faible diversité génétique de l’espèce actuelle[6].

La première description du tigre a été effectuée par Linné en 1758 dans son livre Systema Naturae. Neuf sous-espèces de tigre sont communément admises. Plusieurs modèles tendent à diminuer le nombre de sous-espèces et consistent à séparer les tigres continentaux (tigre de Sibérie, du Bengale, de Chine, d'Indochine et de la Caspienne) des tigres insulaires (tigres de Java, de Bali et de Sumatra)[9],[8].

Le Tigre de Java est classé comme une espèce Panthera sondaica par Mazak et Groves en 2006 selon une étude basée sur les dimensions crâniennes[4]. Le Tigre de Java est cependant plus usuellement considéré comme une sous-espèce du tigre[10].


L'extinction[modifier | modifier le code]

Article connexe : Extinction des espèces.

Causes du déclin[modifier | modifier le code]

Un tigre de Java abattu à Malingping dans la province de Banten en 1941.

À la fin du XVIIIe siècle, les tigres sont présents sur la plus grande partie de l'île de Java. Vers 1850, les humains vivant dans les zones rurales le considèrent comme un fléau[11]. En 1822, dans le Java oriental, les tigres sont si nombreux entre Panarukan et Banyuwangi qu'ils représentent un danger pour le bétail[12]. La déforestation au milieu du XIXe siècle siècle est engagée lors de la migration interne de milliers de paysans du Java central et de Madura. Les ressources forestières et cynégétiques sont rapidement épuisées. Le tigre s'est rabattu sur le bétail et commencé à piller les villages, causant la mort d'environ 2 500 personnes par an. L'image du tigre dans l'imaginaire javanais en est modifiée. En 1822, le gouvernement emploie pour la première fois des chasseurs professionnels contre le tigre[13].

Au début du XXe siècle, 28 millions de personnes vivent sur l'île de Java. La production annuelle de riz étant insuffisante pour subsister et nourrir les populations futures, la surface cultivable est accrue de 150 % en quinze ans. Entre 1938 et 1975, la couverture forestière sur l'île passe de 23 % à 8 % tandis que la population javanaise augmente pour atteindre 85 millions d'habitants[2].

L'extirpation du Tigre de Java est le résultat de la conjonction de plusieurs évènements[11] :

Dès le début du XXe siècle, des forêts de tecks sont plantées dans toute l'île, hormis dans les zones les plus reculées et inaccessibles où les Tigres de Java doivent se retirer. Par ailleurs, ce changement de biotope ne permet plus d'entretenir les mêmes populations d'herbivores : l'absence de végétation au sol favorise le développement des primates et diminuent les populations de sangliers et surtout de cervidés, ne laissant plus que les espèces les plus petites, comme le Muntjac. Sur des proies de taille moyenne à petite, le Tigre de Java s'est retrouvé en concurrence avec le Léopard de Java (Panthera pardus melas), bien mieux adapté[14] : c'est un cas d'exclusion écologique, deux prédateurs ne pouvant pas occuper de façon pérenne la même niche écologique[15]. Par ailleurs, la sous-espèce a été fortement chassée[10].

Avant la Seconde Guerre mondiale, des Tigres de Java ont été maintenus en captivité dans des zoos indonésiens, mais ceux-ci ont été fermés durant la guerre. La paix revenue, le Tigre de Java était déjà si rare qu'il était plus facile de se procurer des Tigres de Sumatra[2]. Il n'existe plus aucun Tigre de Java en captivité[10].

Les dernières observations[modifier | modifier le code]

Le Tigre de Java est absent sur une grande partie de l'île à partir des années 1940[16] : la population des tigres est estimée à 200 à 300 tigres[13]. A la fin des années 1960, il est toujours possible de tirer des tigres à Banyuwangi dans le Java oriental[13]. Jusque dans le milieu des années 1960, le Tigre de Java survivait dans trois aires protégées fondées durant les années 1920 et 1930 : les parcs nationaux de Ujung Kulon, de Leuwen Sancang et de Baluran. Après les insurrections civiles de 1965, plus aucune observation n'est rapportée. En 1971, une vieille femelle est abattue dans une plantation près du Mont Betiri, la plus haute montagne de l'île, culminant à 1 192 m, au sud-est de Java. En 1972, cette zone de 500 km2 est transformée en réserve naturelle[11],[17]. Elle est protégée par un petit contingent de garde-chasse et quatre projets de conservation de la nature sont initiés. La réserve est cependant morcelée par deux grandes plantations situées dans les vallées. Les proies potentielles se réduisent à quelques Batengs près des plantations et à l'absence du Cerf rusa, la proie principale du félin. En 1976, des empreintes de trois à cinq Tigres de Java sont relevées à l'est du parc[18].

En 1980, Seidensticker et Suyono recommandent d'agrandir la réserve et de supprimer les activités humaines perturbatrices, ce qui est mis en œuvre en 1982 par l'Indonesian Nature Conservation Authority en transformant la réserve en parc national. Ces derniers efforts arrivent cependant trop tard pour sauver la sous-espèce[11].

Les efforts pour confirmer la présence du Tigre de Java[modifier | modifier le code]

En 1987, un groupe de trente étudiant de l'institut agronomique de Bogor mènent une expédition au parc national de Meru Betiri. Par groupe de cinq, ils ont sillonné l'aire complète et trouvé des excréments et des empreintes de tigres[19].

Dans la réserve de Halimum, plus tard inclue dans le parc national Halimun Salak, un tigre est tué en 1984 et des empreintes de la taille de celles d'un tigre sont signalées en 1989. Cependant, en 1990, une équipe de six biologistes n'a pu trouver aucune preuve tangible de la présence du félin dans cette aire protégée[19].

En automne 1992, la toute première étude avec des pièges photographiques est menée au parc national de Meru Betiri en collaboration avec le WWF d'Indonésie. Entre mars 1993 et mars 1994, des appareils-photographiques à déclenchement automatiques sont disséminés sur 19 sites qui n'apporteront pas une seule photographie du félin. Par ailleurs, aucune empreinte n'a pu être relevé durant la même période[20]. La publication du rapport entraîna la déclaration officielle de l'extinction de la sous-espèce[21].

Les nombreuses rumeurs sur la survivance possible du Tigre de Java dans le parc national de Meru Betiri conduisent le responsable du parc Indra Arinal à lancer une autre étude. Avec le soutien du Sumatran Tiger Project, treize membres des équipes du parc se sont entraînés à poser des pièges photographiques et à localiser leurs observations. Des appareils photographiques à infrarouge ont même été fournis par The Tiger Foudation[22]. Après un an de travail, les photographies ne montrent pas de tigre, mais seulement quelques herbivore et de nombreux braconniers[23].

Des rumeurs persistantes[modifier | modifier le code]

Des témoignages sur la présence du Tigre de Java sont régulièrement rapportés par des personnes enthousiastes qui pensent toujours que l'espèce est vivante[24], telles que des attaques de tigres[25], de prétendues observations d'empreintes de pas[26]. Ces nombreuses observations peuvent pour partie s'expliquer par une confusion linguistique en javanais, où le mot « macan », désigne à la fois le tigre et le léopard[27]. Par ailleurs, la situation écologique du tigre est très mal connue par la population javanaise. Dans les années 1990, les populations urbaines comme rurales pensent encore que le tigre est une espèce commune des forêts de leur île, sans prendre la mesure que celui-ci a déjà disparu[27].

Ces témoignages n'ont jamais été confirmés scientifiquement et sont plus de l'ordre de la rumeur et de la légende urbaine. Rien n'indique que ces félins soient des tigres[Note 2] et d'autant plus des Tigres de Java : il est toujours possible qu'une autre sous-espèce ait été réintroduite intentionnellement et illégalement. Par ailleurs, l'environnement de l'île est fortement modifié et n'offre plus l'habitat nécessaire à une implantation pérenne de ce félin[14].

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe le Tigre de Java comme éteint (EX)[10].

Tigre de Java dans la culture[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Tigre dans la culture et Culture javanaise.

Linguistique[modifier | modifier le code]

En javanais, il y a une confusion linguistique pour différencier les félins. En effet, le mot javanais pour désigner le tigre, « macan » est également couramment utilisé pour désigner le léopard. « macan » fait également partie des termes désignant toutes sortes de félins comme la Panthère nébuleuse « macan dahan » ou encore le lion « macan garambis ». A Java, il est absolument nécessaire de demander des précisions lorsque le mot « macan » est utilisé, de façon à bien identifier le félin. Par ailleurs, le tigre est désigné par trois mots folkloriques : « macan loreng », le tigre ordinaire, « macan sruni », le tigre dont les rayures se trouvent essentiellement sur la croupe, « macan gembong », un félin de couleur grisâtre clair. En Indonésien, le tigre est appelé « harimau » et dans le Java oriental, il peut être désigné par le terme « singa », qui signifie « lion »[27].

Croyances javanaises[modifier | modifier le code]

Un félin à âme humaine[modifier | modifier le code]

En Asie du Sud-Est en général, le tigre et l'homme sont considérés comme descendant d'un même ancêtre. La tradition est donc que « le tigre a une âme humaine ». Ainsi, une fable javanaise raconte qu'à l'origine, les tigres et les hommes étaient végétariens et vivaient en égal. Les tigres mangeaient des feuilles de Pædérie fétide (Paederia foetida) et de Durian (Durio zibethinus). Un jour, lors de la préparation du repas, un homme se coupa le doigt et un bout de chair se trouva dans le déjeuner des tigres : ceux-ci y prirent goût et devinrent des animaux sauvages[28].

Une autre légende de la côte nord du Java oriental fait descendre les tigres et les crocodiles de Syeh Sayyidina Ali, un beau-fils de Mahomet[28].

Le roi de la forêt[modifier | modifier le code]

Les pouvoirs magiques attribués au tigre sont intimement liés à la perception de la forêt dans la culture javanaise : un lieu mystérieux, dangereux et ampli de forces magiques. Le tigre et la forêt ne forment qu'un. Ainsi, une fable javanaise raconte que le tigre protège la foret en faisant peur aux villageois et que la foret protège le tigre en lui fournissant un abri : pour détruire l'un, il faut détruire l'autre[29].

En jeûnant et méditant pendant quarante jours dans une caverne dans la forêt, le tigre peut y acquérir le kesaktian, des pouvoirs magiques. Le kesaktian lui permet notamment de devenir invisible dans la forêt. L'un des tabou pour un tigre serait d'ailleurs d'être aperçu par un humain : il devrait alors à nouveau jeûner pendant quarante jours pour retrouver le kesaktian[29].

Selon les traditions javanaises, afin d'assurer sa sécurité dans une forêt, il est nécessaire de montrer son respect au tigre en lui rappelant qu'il est un aussi « un fils d'Adam », puis de faire une prière[29]. Le félin, en raison de son origine humaine, comprendrait le langage javanais, et utiliser le mot « macan » dans la forêt risquerait de l'attirer. Ainsi, le tigre est appelé nenek (« grand-parent »), datuk (« grand-père »), guda (« secret, caché »)[30], « kiai » ou « kiaine » (objets ou personnes magiques)[28]. Ces termes révèlent la relation de parenté avec l'homme et d'animal magique qui caractérise la symbolique du tigre à Java[30],[28].

Un animal lié aux esprits[modifier | modifier le code]

Les esprits gardiens appelés dhanyang protègent et assurent la fertilité de leur domaine, qui peut être la forêt ou un village par exemple. Ce sont les habitants des arbres ou des pierres, souvent confondus avec les esprits des ancêtres[31]. Le dhanyang se matérialise fréquemment sous la forme d'un tigre[31]. Ainsi, dans la forêt autour du Baluran, les esprits prennent la forme d'un énorme animal noir qui laisse des empreintes de tigre[29].

Dans la culture javanaise, les ancêtres fondateurs d'un village sont considérés comme possédant de puissants pouvoirs magiques et notamment celui de négocier avec les tigres. Selon une légende de Lumajang, le fondateur a transformé une personne en tigre pour nettoyer la forêt puis cette personne aurait eu des enfants qui devinrent des tigres-garous : leurs descendants mâles devaient avoir les doigts coupés après leur mort pour éviter ce désagrément. De même, en Madura et dans le Java oriental, l'âme d'un ancêtre magicien peut se réincarner en tigre si son pouvoir spirituel n'est pas retransmis à ses descendants[31].

Les dhanyang protègent tout ce qui a un rapport avec le fondateur, et notamment sa tombe — comme le mausolée de Syeh Maulana Isak — ou les écoles religieuses qu'il a pu fonder de son vivant. Ainsi, l'école islamique Tanjung Keraksaan près de Probolinggo est protégée par un tigre bienfaisant, incarnation de la sainteté du fondateur de l'école. Selon une autre tradition, le tigre peut être invoqué par un kiai qui doit jeûner et suivre différentes règles avant de prononcer une formule invoquant le nom de Dieu. Le tigre ainsi créé est une manifestation des anges gardiens associés au Coran et hadîths[32].

Anciennes traditions javanaises[modifier | modifier le code]

Ordalie[modifier | modifier le code]

Les tigres ont été utilisés pour l'exécution des rebelles et des criminels par la cour javanaise à la fin du XVIIIe siècle comme une forme d'ordalie. Ce châtiment n'était pas toujours fatal : ainsi, deux hommes accusés d'être entrés sans autorisation dans le kraton ont été placés armés de bâtons dans la cage de trois tigres choisis pour leur férocité. Survivants à ce combat, ils ont été condamnés à l'exil[33].

Le rampokan macan[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rampokan macan.
Un rampokan macan, cérémonie au cours de laquelle était sacrifié un tigre à Java (lithographie tirée d'une peinture de L. H. W. M. de Stuers, 1876).

Le rampokan macan est une cérémonie sacrificielle javanaise ayant cours du XVIIe siècle au début du XXe siècle. À l'origine réalisé dans l'alun-alun des cours royales javanaises, le rampokan macan était constitué en deux parties : le sima-maesa, un combat dans une cage entre un buffle domestique et un tigre[Note 3], et le rampogan-sima, où plusieurs tigres étaient positionnés dans un cercle d'hommes armés de piques, et se tuaient en tentant de s'échapper[34],[35]. Le rituel a évolué au cours des siècles, et entre la fin du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle, le rampokan macan est amputé du combat entre le tigre et le buffle et son caractère sacré s'amoindrit pour devenir un spectacle mis en scène pour satisfaire les visiteurs européens[36]. Les félins utilisés, capturés en avance et maintenus en captivité par l'organisateur jusqu'à la réalisation du rituel, étaient en majorité des Tigres de Java ou des Léopard de Java lorsque ces premiers devinrent plus rares[34],[Note 4].

Le rampokan macan a été perçu par les observateurs européens comme la mise à mort par la communauté du mal, personnifié par le tigre[36]. Toutefois, une interprétation plus fine voit la lutte victorieuse du pouvoir royal javanais représenté par le buffle contre le chaos et les forces chthoniennes représentés par le tigre[37],[33], voire comme une purification symbolique contre le chaos du royaume tout entier[37]. Plus tard, par la multiplication des rampokan macan hors des cours royales, le rituel est devenu le symbole du pouvoir et de la richesse des priyayi sur la noblesse princière déclinante[38], puis la représentation d'une lutte politique symbolique entre la compagnie néerlandaise des Indes orientales (le tigre) et les autorités de Java (le buffle)[37],[33].


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La mesure entre piquets consistait à étirer le tigre mort et à marquer le bout du museau et l'extrémité de la queue.
  2. Le Léopard de Java est un félin de taille similaire dont les empreintes et l'allure peuvent aisément être confondues avec celles d'un tigre.
  3. Lors de cet affrontement, le tigre était perdant dans la majorité des cas.
  4. Le terme macan signifie autant « tigre » que « léopard » en langue javanaise.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. a, b, c, d, e, f et g Seidensticker, Miller et Everett 1986, p. 1−42
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  4. a, b et c (en) J. H. Mazák et C. P. Groves, « A taxonomic revision of the tigers (Panthera tigris) », Mammalian Biology, vol. 71, no 5,‎ 2006, p. 268–287 (lire en ligne)
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  6. a et b (fr) Stephen O'Brien et Warren Johnson, « L'évolution des chats », Pour la science, no 366,‎ Avril 2008 (ISSN 0 153-4092) basée sur (en) W. Johnson et al., « The late Miocene radiation of modern felidae : a genetic assessment », Science, no 311,‎ 2006 et (en) C. Driscoll et al., « The near eastern origin of cat domestication », Science, no 317,‎ 2007
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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