Code-barres

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Exemples de codes 128 et 39
Comparaison des format code-barre et code QR.

Un code-barres, ou code à barres, est la représentation d'une donnée numérique ou alphanumérique sous forme d'un symbole constitué de barres et d'espaces dont l'épaisseur varie en fonction de la symbologie utilisée et des données ainsi codées. Il existe des milliers de codes-barres différents; ceux-ci sont destinés à une lecture automatisée par un capteur électronique, le lecteur de code-barres. Pour l'impression des codes-barres, les technologies les plus utilisées sont l'impression laser et le transfert thermique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le brevet initial date du 7 octobre 1952[1] (concernant un code à lignes verticales, mais aussi en forme de cible, ainsi que le système d'acquisition des données[2],[3]) a été déposé par deux étudiants américains, Norman Joseph Woodland et Bernard Silver, qui cherchaient une méthode pour automatiser l'enregistrement des produits des fabricants. Leur idée a consisté à combiner le système de sonorisation de films et le code morse. Il s'agissait ensuite de balayer le code avec une lumière pour traduire les barres verticales en informations. Ils ont également l'idée d'utiliser plutôt des cercles concentriques au lieu des lignes verticales afin de permettre la lecture du code dans toutes les orientations. L'utilisation courante n'interviendra cependant qu'à partir de 1973, suite à l'invention, le 7 octobre 1970 par George Laurer du code UPC (Universal Product Code, CUP en français). C'est à lui qu'on doit l'ajout de chiffres sous les barres verticales pour identifier le produit. Cette codification va dès lors supplanter les lignes concentriques, trop facilement illisibles en cas de bavures d'impression[4].

La première utilisation de codes-barres a été l'étiquetage des wagons de train, mais ils n'ont pas été un succès commercial, jusqu'à ce qu'ils soient utilisés pour automatiser les activités des supermarchés au point de vente Commander Systems, une tâche dans laquelle ils sont devenus presque universels. Le premier produit doté d'un code-barres scanné à une caisse est un paquet de gomme à mâcher de la William Wrigley Jr. Company, le 26 juin 1974 dans la ville de Troy (Ohio)[5].

Leur usage s'est étendu à bien d'autres rôles, des tâches qui sont généralement qualifiées d'identification automatique et de saisie des données (Auto ID Data Capture : AIDC). D'autres tentent de faire des percées sur le marché AIDC, mais la simplicité, l'universalité et le faible coût des codes-barres ont limité leur pénétration.

Aspects économiques[modifier | modifier le code]

Le coût unitaire de mise en œuvre d'un code-barres est d'environ 0,005 USD, donc nettement inférieur à celui d'une étiquette RFID (Identification par RadioFréquence) qui est de l'ordre de 0,07 USD à 0,30 USD.

Types[modifier | modifier le code]

On distingue deux types généraux de codes-barres :

  • Unidimensionnel (1D) : ces codes sont ceux représentés par une série de lignes parallèles d'épaisseur variable. Leur lecture est unidimensionnelle. Selon la technologie de lecture utilisée, le décodage pourra se faire de façon unidirectionnelle ou bidirectionnelle afin de confirmer le premier décodage.
  • Bidimensionnel (2D) : ces codes utilisent une variété de symboles (rectangles, points, hexagones et autres formes géométriques). Cette forme matricielle permet d'enregistrer davantage d'informations.

On distingue deux familles de codes 2D :

  • Les codes empilés

Il s'agit de codes 1D empilés (Code 16k, PDF417, etc.). Ces codes peuvent aussi être lus par les lecteurs 1D en faisant un balayage du code.

  • Les codes bi-dimensionnels

Il s'agit de codes dont les motifs constituent une forme souvent rectangulaire ou carrée qui ne peuvent être lus que par des technologies de prise de photos.

Symbologies[modifier | modifier le code]

La symbologie désigne la transposition entre un texte et un code-barres. Cette transposition implique un encodage, ainsi que des marqueurs de début et de fin de l'information.

Quelques types de codes-barres unidimensionnels (1D) :

Quelques types de codes-barres bidimensionnels (2D) :

  • le PDF-417 : Portable Data File, code avec une grande capacité de stockage.
  • le code 1 : de domaine public, utilisé pour les étiquettes médicales et l'industrie du recyclage.
  • le Code 16K
  • le Code 49
  • le Code One
  • le DataMatrix surnommé Tag pour certaines applications.
  • le DPM : Direct Part Mark, code DataMatrix gravé dans la matière comme le métal, le verre, le caoutchouc, etc.
  • le Flashcode : spécification issue de DataMatrix.
  • le MaxiCode : de domaine public, utilisé par United Parcel Service.
  • le Code Aztec
  • le Bokode : code expérimental, prévu pour contenir beaucoup plus d’informations que les autres codes-barres tout en étant bien plus petit.
  • le Code QR : Quick Response, conçu pour être décodé rapidement, stocker une grande quantité d'informations et être lu par plusieurs types d'appareils.
  • le EZcode
  • le High Capacity Color Barcode : créé par Microsoft.
  • le MMCC : Mobile multi-coloured composite.

Les codes dits « postaux » :

  • codes à deux états : Postnet et Planet;
  • codes à quatre états : Australian Post, British Post, Canada Post, Dutch Post, Infomail, Intelligent Mail, Japan Post, Sweden Post.

Usages généraux[modifier | modifier le code]

Les codes-barres se retrouvent dans de nombreuses sphères de l'activité économique, principalement celles qui impliquent la circulation des biens et l'identification. Parmi les principaux usages de cette technologie, mentionnons :

  • Suivi des articles dans les magasins à rayons, les grands magasins, les marchés d'alimentation, etc., afin de mieux gérer les inventaires, la facturation et la comptabilité.
  • Suivi des envois postaux, comme les colis ou les lettres recommandées.
  • Suivi des bagages sur les lignes aériennes.
  • Identification des patients et des médicaments.
  • Indexation de documents.
  • Depuis 2005, plusieurs compagnies aériennes utilisent les codes-barres sur les cartes d'embarquement.
  • Encodage d'hyperliens en code 2D pouvant être lus par un téléphone mobile, ce qui donne accès à une page web.

Lecture des codes-barres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lecteur de code-barres.
Un outil avec un code-barres lu par un lecteur manuel

Pour décoder un code-barres, il faut un lecteur relié à un ordinateur. Les premières technologies utilisaient le port RS-232, puis l'USB s'est imposé. La lecture se fait le plus souvent grâce à un rayon laser qui permet le déchiffrage des zones claires et sombres, et ainsi de l'information encodée.

On appelle zone de silence les marges situées autour du code[7] et qui permettent au lecteur de trouver le début et la fin du code.

Évolution vers de nouveaux usages[modifier | modifier le code]

Au service des personnes handicapées[modifier | modifier le code]

Le code-barres peut faciliter l’accès à l’information par les personnes aveugles et, plus largement, par les personnes empêchées de lire les documents imprimés[8]. Le principe est que la personne aveugle utilise un lecteur de code-barres pour lire les codes-barres standards apposés sur tous les articles du commerce et ainsi accéder à l’information relative aux produits. Combinée à la possibilité d’imprimer à bas coût des étiquettes ordinaires permettant de marquer toutes sortes d'objets et/ou documents personnels, cette utilisation des codes-barres permet aux personnes aveugles de

  • reconnaître les articles de consommation courante,
  • organiser leurs effets et objets personnels,
  • archiver et retrouver les documents,
  • prendre en main leur santé (identification des boîtes de médicaments, accès aux données en ligne).

Réalité augmentée[modifier | modifier le code]

Un des exemples d’utilisation en matière de réalité augmentée[9] consiste, par exemple, à placer dans un livre des codes-barres 2D permettant d'accéder à des contenus complémentaires.

Le mythe du code 666[modifier | modifier le code]

Dès son introduction dans les années 1970, le code-barres fut soupçonné par les amateurs américains de théorie du complot de dissimuler en son sein le nombre satanique 666[10],[11],[12]. De fait, il est prédit dans l'Apocalypse qu'à la fin des temps « nul ne pourra rien acheter ni vendre s'il n'est pas marqué au nom de la Bête ou au chiffre de son nom » (Ap 13, 17).

Les codes barres UPC puis EAN, les plus utilisés au monde, possèdent chacun 3 barres de garde (début, milieux, fin) chacune de ces barres possédant une séquence de bits contenant entre autres la suite binaire 101 (début: 101, milieu: 01010, fin: 101). Le seul chiffre possédant également au sein de sa séquence la suite binaire 101 est le 6 (0000101). C'est pour cela que les barres de garde et le chiffre 6 sont visuellement similaires.

L'inventeur du code-barres décrit lui-même cette ressemblance comme une simple coïncidence.

Exemples de codes-barres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marc Lehu, L'encyclopédie du marketing commentée et illustrée, Eyrolles,2012
  2. Brevet US 2612994 Classifying apparatus and method, par Norman J. Woodland et Bernard Silver, demandé le 20 octobre 1949, délivré le 7 octobre 1952
  3. (en) Brevet initial date du 7 octobre 1952[PDF]
  4. Keren Jego et Victor Battaggion, « Le code-barres », Historia,‎ novembre 2011, p. 117 (ISSN 0750-0475)
  5. Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos, « C'est également arrivé un 26 juin », sur Le Point.fr,‎ 25 juin 2013
  6. http://www.quartet.fr/code_barres/logiciels/symbologies/codabar.html
  7. Roland Carrat, L'oreille numérique, EDP Sciences (lire en ligne)
  8. « Éticode: gagnant du concours Handitec 2010 sur le site du Certam » (consulté le 17 décembre 2010)
  9. MacKay J, Fayard, A-L, Designing interactive paper: Lessons from three augmented reality projects, in Augmented reality: placing artificial objects in real scenes, Reinhold Behringer éd., 1998.
  10. (en) Terry Cook, The Mark of the New World Order, 1996
  11. (en) Bob Fraley, The Last Days in America, 1984, p. 225, 228
  12. (fr) Explication de la théorie 666

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sophie Clerc, L'information et sa maîtrise : le cas du code-barres, Université de Paris 1, 1991, 104 p. (Mémoire de DEA d'Économie de l'industrie et des services)
  • Alain Macaigne, La Clé du code-barres, A. Macaigne, Paris, 1989, 117 p.
  • Lucien Petit, Systèmes informatiques d'identification automatique par codes-barres, CNAM, Versailles, 1995, 169 p. (Mémoire de diplôme d'ingénieur en Informatique)
  • Claudine Segala, Labinal : implantation du code-barres, CNAM, Toulouse, 1994 (Mémoire de diplôme d'ingénieur en Informatique)
  • Gaëlle Ulmer, Les problèmes juridiques posés par l'utilisation du code-barres en droit français, Université de Limoges, 1999, 65 p. (Mémoire de DEA de Droit privé général et européen)

Liens externes[modifier | modifier le code]