Margay

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Le margay, dit aussi chat-tigre, chat sauvage de la Nouvelle Espagne[1] (Leopardus wiedii, anciennement Felis wiedii), est un petit félin se rencontrant dans les forêts tropicales et les milieux broussailleux d'Amérique centrale et du Sud.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le margay pèse de 2 à 4 kg en moyenne. Les mâles mesurent de 50 à 100 cm et leur queue atteint 50 cm. Les femelles n'excèdent pas 60 cm et leur queue mesure en moyenne 40 cm. La longévité de cet animal avoisine celle du chat domestique et atteint 20 ans en captivité. Son pelage court et doux, de couleur brun-jaune, devient blanc sur le ventre, la poitrine et la nuque. Des marques foncées, semblables à celles de l'ocelot, rehaussent le dos et les flancs, tandis que la queue est annelée. Le dessus des oreilles, noir, présente des taches claires.

Le margay est un petit félin (sous-famille des Felinae) : l'os hyoïde constituant l'arc hyoïdien est intégralement ossifié par opposition à celui des grands félins (sous-famille des Pantherinae). Il ne peut pas rugir en le faisant vibrer, mais simplement ronronner de façon continue grâce à la respiration.

L'une de ses caractéristiques physiques particulières réside dans son extrême souplesse, liée intrinsèquement à son comportement arboricole. Par exemple, ses pattes postérieures peuvent pivoter jusqu'à près de 180°, lui permettant de descendre d'un arbre ou d'une branche la tête la première sans bondir.

Un chat arboricole[modifier | modifier le code]

Secret et fuyant, le margay passe une grande partie de son temps dans les arbres, où il se nourrit d'oiseaux et de lézards. Il attend la nuit pour entreprendre ses expéditions au sol, où il chasse les rongeurs (comme les rat, les souris ou les écureuils), les jeunes cervidés, les paresseux et les volailles.

Statut et conservation[modifier | modifier le code]

Le margay est principalement menacé par le braconnage et le trafic de fourrure. Les quelques mesures prises n'ont permis que de réduire le nombre d'individus chassés ou vendus comme animaux de compagnie exotiques, mais le trafic illégal subsiste et de nombreux margays sont encore tués.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Leopardus, la lignée des ocelots[modifier | modifier le code]

Arbre phylogénétique du genre Leopardus[2]

   Leopardus   


 Leopardus wiedii - Marguay



 Leopardus pardalis - Ocelot






 Leopardus jacobita - Chat des Andes



 Leopardus colocolo - Chat des Pampas





 Leopardus tigrinus - Chat-tigre



 Leopardus guigna - Kodkod



 Leopardus geoffroyi - Chat de Geoffroy





La phylogénie s'est longtemps basée sur l'étude des fossiles d'un animal afin de préciser l'apparition et l'évolution d'une espèce. La phylogénie moderne s'appuie essentiellement sur les analyses génétiques en raison du nombre peu important de fossiles de félins. Le premier félin est apparu il y a onze millions d'années[2].

Les félins ont divergé en huit lignées distinctes. La lignée des ocelots, correspondant au genre Leopardus est la quatrième par ordre de divergence. Il y a neuf millions d'années, les félins migrent pour la première fois vers le continent américain en passant par la Béringie[Note 1],[2].

Le niveau des océans remontent à nouveau au cours du Miocène, et les précurseurs des lignées de l'ocelot, du lynx et du puma se trouvent isolés des populations du vieux continent. La lignée de l'ocelot commence à diverger il y a huit millions d'années. Elle se distingue notamment par un nombre de chromosomes différents de celui des autres lignées : 36 chromosomes au lieu de 38. Durant le Pliocène, il y a deux à trois millions d'années, le niveau des océans baisse à nouveau : l'isthme de Panama émerge et permet aux félins, et notamment à la lignée de l'ocelot, de conquérir l'Amérique du Sud[Note 2]. La diversification en espèces s'opère durant cette période et le dernier ancêtre commun du genre Leopardus est daté d'il y a 2,9 millions d'années[2].

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Béringie correspond au détroit de Béring. Il s'agit d'un pont de terre entre l'Asie et l'Amérique qui est apparu plusieurs fois au cours des récentes périodes géologiques.
  2. Cette période est appelée Grand échange interaméricain. L'Amérique du Sud était isolée des autres continents depuis des dizaines de millions d'années. L'arrivée des félins correspond notamment à la disparition des grands prédateurs du continent sudaméricain.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://books.google.fr/books?id=j-sEAAAAYAAJ&pg=PA24&lpg=PA24&dq=chat+sauvage+de+Nouvelle+Espagne&source=bl&ots=e5_OjyR0kL&sig=zqnxfREqr9d96GOVvLdOw7e7YCA&hl=fr&sa=X&oi=book_result&resnum=2&ct=result Buffon
  2. a, b, c et d Stephen O'Brien et Warren Johnson, « L'évolution des chats », Pour la science, no 366,‎ avril 2008 (ISSN 0153-4092) basée sur (en) W. Johnson et al., « The late Miocene radiation of modern felidae : a genetic assessment », Science, no 311,‎ 2006 et (en) C. Driscoll et al., « The near eastern origin of cat domestication », Science, no 317,‎ 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]