Serval

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Le serval (Leptailurus serval, anciennement Felis serval) est un félin africain de taille moyenne.

Leptailurus serval est la seule espèce du genre Leptailurus. Des analyses d'ADN ont montré que le serval descend du même ancêtre que le lion, mais qu'il constitue une lignée unique n'ayant pas de rapports proches avec d'autres espèces de félins, bien qu'il présente quelques points communs avec le guépard. Cependant, d'autres études indiquent que le serval est proche du chat doré africain ainsi que du caracal[1].

Description[modifier | modifier le code]

Un jeune serval du parc animalier de Thoiry.

Sa longueur est d’environ 85 à 112 cm, et celle de sa queue de l’ordre de 30 à 50 cm. Il mesure de 54 à 66 cm au garrot. Son poids est de 9 à 16 kg chez les femelles, de 12 à 26 kg chez les mâles.

Il a de longues pattes et une tête élancée ; ses oreilles sont à la fois longues et larges en comparaison avec sa tête et ont la particularité d'être arrondies. Les oreilles du serval et son long cou lui servent à entendre et à voir au-dessus des hautes herbes de la savane.

L'aspect de sa fourrure est variable  : bien que la plupart des servals arborent des points ou taches à la manière des guépards, certains n'ont pour marques apparentes que quelques taches au-dessus des yeux et des anneaux autour de la queue.

La longévité moyenne du serval est de 20 ans.

Variations de couleurs[modifier | modifier le code]

Des servals noirs, atteints de mélanisme, ont été observés dans la nature et en captivité.

Il existe de rares servals blancs (atteints de leucistisme), mais aucun n'a encore été observé dans la nature, et il n'en a été répertorié que quatre en captivité. Le premier est né dans les années 1990 au Canada et mourut à l'âge de deux semaines. Les trois autres, des mâles, Kongo (mort), Tongo et Pharaoh, sont nés au zoo d'Easy Street en 1997 et 1999.

Cris[modifier | modifier le code]

Le serval fait partie des félins capables de ronronner ; le ronronnement se produit à l'inspiration et à l'expiration[2]. Le serval est également capable de cracher, grogner et miauler.

Biotope[modifier | modifier le code]

Ce chat serval, assez commun en Afrique, vit principalement dans les savanes humides. Comme les servals ont besoin de cours d'eau dans leur territoire, on ne les trouve pas dans les demi-déserts ou les steppes arides. Le serval est capable d'escalader et de nager, mais il le fait rarement.

Il peut uriner 30 fois par heure pour marquer son territoire.

Nourriture[modifier | modifier le code]

Le saut du serval lui permet d'attraper des proies en hauteur.

Le serval est carnivore, il se nourrit d'autres mammifères tels que les rongeurs (comme le rat), les lapins, les damans, les antilopes naines (ourébis, dik-diks, steenbok), et d'oiseaux, ainsi que d'insectes et de grenouilles[3]. Le serval s'attaque peu aux grandes proies, 90 % de ses proies pèsent moins de 200 grammes[4].

Le serval mange rapidement, et si sa proie est trop grosse, elle peut parfois lui obstruer la gorge, ce qui le force à régurgiter. Les petits animaux sont dévorés entiers. Chez les gros, il mange la viande et les petits os, mais laisse sur place les organes, la peau, les sabots ou le bec.

Afin de chasser plus efficacement dans la savane, le serval a de très longues pattes (les plus longues chez les félins, par rapport à la taille du corps). Il peut courir jusqu'à 80 km/h. Ses longues pattes et son cou lui permettent également de regarder par-dessus les hautes herbes, tandis que ses oreilles larges entendent les proies même quand elles se déplacent sous terre. En chasse, le serval peut rester immobile pendant près de 15 minutes, les yeux fermés en écoutant les proies aux alentours.

Après avoir localisé sa proie, en général au crépuscule, et souvent grâce à son ouïe, le serval bondit avec dextérité. Il fait des sauts de quatre mètres de long, et de plus d'un mètre de haut avant de frapper sa victime avec ses pattes antérieures. Sa capacité à sauter lui permet d'attraper des oiseaux en vol[5]. Ses sauts peuvent parfois atteindre trois mètres de haut ou six mètres de longueur. Le serval est un chasseur très efficace, réussissant près de 50 % de ses tentatives (avec un taux de succès global de 67 % par nuit de chasse), tandis que la plupart des félins ne réussissent qu'environ une tentative d'assaut sur dix[4].

Le serval joue souvent avec sa proie pendant plusieurs minutes avant de la manger. La plupart du temps, il défend farouchement sa nourriture contre les autres prédateurs qui tenteraient de la lui prendre, les mâles étant souvent plus agressifs que les femelles.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La femelle serval a une période de gestation de 66 à 77 jours, soit entre 2 mois et 2 mois et demi. Une ou deux fois par an, elle met bas une portée de deux ou trois petits. Ils sont élevés dans des lieux abrités comme les tanières abandonnées de cochons de terre (oryctéropes). Si un tel endroit idéal ne peut être trouvé, un espace entre des arbrisseaux ou encore un nid d'herbes peuvent s'avérer suffisants.

Domestication[modifier | modifier le code]

Serval domestiqué

Les servals, comme les guépards, sont généralement amicaux et faciles à domestiquer. Les Anciens Égyptiens l'adoraient comme un dieu au même titre que les chats. Certains d'entre eux sont domestiqués et s'attachent beaucoup à leur maître. Ils n'acceptent pas facilement de changer de maître ou d'accueillir de nouveaux venus, et peuvent devenir farouches quand ils sont séparés de leurs maîtres.

Son croisement avec le chat domestique donne le Savannah.

Prédateurs[modifier | modifier le code]

Les servals sont parfois la proie des léopards. Mais l'homme est bien plus dangereux pour lui. Les servals ont été beaucoup chassés pour leur fourrure. On peut encore les trouver en Afrique de l'Est et de l'Ouest, mais ils ont disparu de la province du Cap en Afrique du Sud et sont de plus en plus rares au nord du Sahara, bien qu'il était annoncé disparu, quelques espèces subsistent encore au Maroc[6].

Le serval est répertorié par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction dans l'Annexe II, avec la mention « non menacé d'extinction actuellement, mais pourrait l'être si le commerce n'est pas strictement contrôlé »[7].

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Serval dans la zone de Sabi Sands, Afrique du Sud.

Ce mammifère est représenté par 18 sous-espèces :

  • Leptailurus serval serval, Province du Cap (éteinte) ;
  • Leptailurus serval beirae, Mozambique ;
  • Leptailurus serval brachyura, Afrique de l'Ouest, Sahel, Éthiopie ;
  • Leptailurus serval constantinus, Maroc (observé a l’état sauvage en 2014 [8])  ;
  • Leptailurus serval faradjius ;
  • Leptailurus serval ferrarii ;
  • Leptailurus serval hamiltoni, Transvaal de l'Est ;
  • Leptailurus serval hindei, Tanzanie ;
  • Leptailurus serval kempi, Ouganda ;
  • Leptailurus serval kivuensis, République démocratique du Congo ;
  • Leptailurus serval lipostictus, nord de l'Angola ;
  • Leptailurus serval lonnbergi, sud de l'Angola ;
  • Leptailurus serval mababiensis, nord du Botswana ;
  • Leptailurus serval pantastictus ;
  • Leptailurus serval phillipsi ;
  • Leptailurus serval pococki ;
  • Leptailurus serval robertsi, ouest du Transvaal ;
  • Leptailurus serval togoensis, Togo et Bénin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) (en) Johnson et al., The Late Miocene Radioton of Modern Felidae: A Genetic Assessment, p. 73 - 77, Science Vol. 311
  2. (en) Ronronnements du guépard et du serval
  3. (en) « Serval », African Wildlife Foundation (consulté le 2007-03-13)
  4. a et b (en) « The Serval », Cat Survival Trust (consulté le 2007-03-13)
  5. (en) (en) Hunter, Luke, Hinde, Gerald, Cats of Africa, New Holland Publishers, p. 61–62
  6. « Première nationale: un serval photographié dans le moyen Atlas », sur www.ecologie.ma,‎ 16 juillet 2014 (consulté le 24 août 2014)
  7. (en) CITES Appendices
  8. http://ecologie.ma/premiere-nationale-un-serval-photographie-dans-le-moyen-atlas/

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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