Centre (région française)

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Centre
Détail
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Préfecture Orléans
Départements Cher (18)
Eure-et-Loir (28)
Indre (36)
Indre-et-Loire (37)
Loir-et-Cher (41)
Loiret (45)
Chefs-lieux Bourges
Chartres
Châteauroux
Tours
Blois
Orléans
Arrondissements 20
Cantons

Communes
198

1 842
Conseil régional Conseil régional du Centre
Président François Bonneau (PS)
2010-2015
Préfet Pierre-Étienne Bisch
ISO 3166-2 FR-F
Démographie
Gentilé Centrais
Population 2 556 835 hab. (2011)
Densité 65 hab./km2
Géographie
Superficie 39 151 km2
Localisation
Localisation de Centre
Liens
Site web Site officiel

Le Centre est une région administrative française qui regroupe trois régions historiques : le Berry, l'Orléanais et la Touraine. Une partie de la région se situe dans la région naturelle du Val de Loire.

Quatrième région par sa superficie, le Centre s'étend sur 39 151 km2. Avec 2,56 millions d'habitants au 1er janvier 2013, soit 4,1 % de la population métropolitaine, la région se situe au 10e rang national. Sa densité, de 65 habitants par km², moitié moindre que celle de la France métropolitaine, en fait une région peu peuplée. La densité de population est plus forte sur l'axe ligérien où vivent la moitié des habitants.

Composée de six départements : le Cher, l'Eure-et-Loir, l'Indre, l'Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher et le Loiret, la région ne compte que deux villes de plus de 100 000 habitants : parmi les plus grandes villes de France, Tours se classe 26e avec 135 000 habitants, devant la capitale régionale Orléans, au 32e rang (115 000 habitants). Les autres préfectures de département, Bourges, Blois, Châteauroux et Chartres, comptent une population comprise entre 39 000 et 66 000.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte routière de la région.
Article détaillé : Géographie du Centre.

Six départements composent le Centre, regroupant 185 cantons et 1842 communes pour une superficie de 39 151 km2 :

La préfecture de région est Orléans, également chef-lieu du Loiret. Les chefs-lieux des autres départements sont les villes de Blois (Loir-et-Cher), Bourges (Cher), Chartres (Eure-et-Loir), Châteauroux (Indre) et Tours (Indre-et-Loire).

Le Centre est limitrophe des régions Auvergne, Bourgogne, Île-de-France, Limousin, Basse-Normandie, Haute-Normandie, Pays de la Loire et Poitou-Charentes.

La région est la 4e de France en termes de superficie (1re : Midi-Pyrénées, 2e : Rhône-Alpes, 3e : Aquitaine).

Géologie, topographie et hydrographie[modifier | modifier le code]

La Loire, qui la traverse d'est en ouest, forme l'unité géographique du Centre. Le relief qui se dessine de part et d'autre de son lit est constitué de plaines et de plateaux aux caractéristiques géographiques différentes. Au plateau calcaire légèrement ondulé de la Champagne berrichonne, au sud-est, succèdent la Brenne (pays « aux mille étangs »), et les plateaux argileux de la Touraine dans le sud-ouest.

Au sud et à l'est se dessinent des cuestas avec des plateaux calcaires et des dépressions argileuses en bordure du Massif central (collines du Sancerrois Motte d'Humbligny, 431 m). Au nord et au centre s'étendent les plateaux calcaires de Beauce et les dépôts argilo-sableux de la Sologne et de la forêt d'Orléans. En Sologne, l'histoire et la nature des sols ont favorisé la formation de milliers d'étangs artificiels, de landes et de taillis. C'est le paradis des oiseaux et du gibier.

Le Centre est traversée par le plus long fleuve de France (la Loire, 1 013 km) qui connaît des débits les plus irréguliers. De plus, de nombreux et divers affluents viennent s’y greffer.

Des inondations en région sont possibles. Le Centre est soumis à trois types de crues :

  • les crues d’origine océanique caractérisées par une lente montée des eaux issus de perturbations atmosphériques provenant de l’ouest ;
  • les crues d’origine cévenoles caractérisées par des précipitations intenses et longues se produisant sur les hauts bassins de la Loire et de l’Allier ;
  • les crues dites « mixtes » mêlant les deux origines.

Environnement[modifier | modifier le code]

Le territoire centrais abrite trois parcs naturels régionaux : la Brenne, Loire-Anjou-Touraine et le Perche. Au-delà des images de grandes étendues de blé, le Centre dispose d’une grande diversité de paysages et de milieux naturels : forêts, étangs, pelouses calcaires sèches, landes, tourbières, et la Loire et ses bancs de sables et forêts alluviales.

Près d’un million d’hectares[réf. souhaitée] est couvert par les forêts et les autres boisements, principalement la forêt d’Orléans, la Sologne et l’est de la forêt du Perche. Les forêts sont en très grande majorité privées (85 %)[réf. souhaitée]. La juxtaposition de milieux fermés et ouverts favorise une grande diversité biologique, depuis les grands mammifères comme le cerf élaphe, le chevreuil, le sanglier, les oiseaux des bois comme l’engoulevent d’Europe, le pic noir et le pic cendré.

De plus, la région accueille plus de 5 % des zones humides connues sur le territoire national[réf. souhaitée] concentrées surtout en Brenne avec ses mille trois cents étangs et en Sologne avec ses trois mille étangs. Ces zones humides recèlent une grande diversité d’insectes et constituent une ressource importante pour les nombreuses espèces des cinq classes de vertébrés. Au cours des dix dernières années, plus de 10 % des zones de marais ou de tourbières ont néanmoins disparu.

Les aménagements fluviaux perturbent la dynamique fluviale avec à terme une disparition des zones humides et des vallées alluviales. Les zones d’extraction de granulats ont augmenté par exemple de 30 % en dix ans (16 % au niveau national). Cette disparition entraîne la réduction de la biodiversité de la région. Les peuplements piscicoles reflètent la dégradation du milieu aquatique et restent majoritairement (61 %) perturbés ou dégradés.

La région abrite la plus grande forêt domaniale de France, la forêt d’Orléans qui s’étend sur plus de 35 000 ha au nord de la Loire et d’Orléans. La forêt accueille depuis les années 1980 la nidification du balbuzard pêcheur, marquant le retour du rapace en France après des décennies de déclin[1]. Disparu du territoire métropolitain au cours du XIXe siècle, le rapace avait trouvé un dernier refuge en Corse où il ne subsistait que trois couples en 1974.

La région est écologiquement très fragmentée. En 2010, la DREAL et la région ont lancé[2] l’élaboration du SRCE (Schéma régional de cohérence écologique visant à restaurer dans la région un réseau écologique plus fonctionnel. En 2001, une première cartographie de la trame verte et bleue et des milieux naturels a été réalisée qui permettra de préparer le SRCE, traduction administrative du projet de Trame verte et bleue européenne (Réseau écologique paneuropéen, nationale et régionale pour les six départements de cette région, dans le cadre de la loi Grenelle II et de la nouvelle Stratégie nationale pour la biodiversité (2010-2011).

Flore[modifier | modifier le code]

Bien qu’encore incomplets selon les départements, les inventaires floristiques centrais font état d’une grande diversité des milieux, de grands espaces forestiers comme la Sologne aux grandes plaines comme la Beauce. Le département du Loiret, par exemple, abrite presque un tiers de la flore française avec plus de 1 450 espèces[3].

Axes de communication et transports[modifier | modifier le code]

De nombreuses autoroutes traversent le Centre et relient - Paris à Lyon (A6) - à Bordeaux (A10) - à Clermont-Ferrand (A71) - à Rennes et à Nantes (A11) - à Nevers (A77) - à Toulouse (A20). Trois autoroutes transversales, Orléans-Sens (A19), Vierzon-Tours-Angers (A85) et Tours-Le Mans-Rouen (A28), complètent le réseau.

Côté transport par voie ferrée, le Conseil régional finance le réseau TER Centre, dont il délègue la gestion à la SNCF.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les anciennes provinces composant l'actuelle région Centre.
Article détaillé : Histoire du Centre.

Historiquement, les départements centrais ont été constitués globalement à partir de trois provinces historiques :

Celles-ci sont entrées très tôt dans le domaine royal (Orléans ayant, avec Paris, constitué le noyau d'origine de ce domaine), à la formation duquel elles contribuèrent très largement : les châteaux de la Loire — de Gien à Chinon, en passant par Chambord, Blois, Chenonceaux, Azay-le-Rideau, La Ferté-Saint-Aubin… témoignent d'un héritage commun.

La région a vu naître de nombreuses célébrités littéraires : Honoré de Balzac, René Descartes, François Rabelais, Pierre de Ronsard, George Sand, Charles Péguy, Marcel Proust, Jules Romains, Anatole France, Max Jacob, Maurice Genevoix, Gaston Couté, François Villon, Alain-Fournier, etc.

Controverse identitaire[modifier | modifier le code]

L'histoire du Centre est marquée par des questions de tiraillement identitaire. Elle se compose en effet de provinces anciennement opposées (Berry-Touraine), hétérogènes et aux identités fortes.

Ces oppositions et différences eurent une répercussion d'abord sur le choix de la capitale régionale, puis sur le nom de la région.

La capitale fut attribuée à Orléans en 1964, bien que Tours soit plus peuplée. La raison de ce choix s'expliquerait notamment par une rivalité compliquée entre Jean Royer et Michel Debré, tous deux ministres Gaullistes, et respectivement maires de deux villes de Touraine que sont Tours et Amboise. On prête également à Michel Debré d'avoir influé sur le choix d'Orléans, à la suite de son échec personnel lors des élections législatives de 1962 en Indre-et-Loire[4]. Ce choix anima les crispations entre ces deux villes.

Baptisée « Région Centre » en 1956 par les services du ministère de l'Intérieur, l'appellation de la région fit aussi débat. Si ce nom avait l'avantage de ne pas mettre en avant telle ou telle province, il ne revêtait aucune identité et il était ambigu puisque la région n'est pas au centre de la France. En 1990, les élus régionaux ambitionnent de changer de nom pour en trouver un plus évocateur en France et à l'étranger. Quatre propositions sont faites : « Val de France », « Val de Loire », « Cœur de France » et « Centre-Val-de-Loire ». À l'automne 1994, les élus votent pour le nom « Centre-Val-de-Loire »[5], mais ils se heurtent à la loi, qui indique que pour changer de nom, une région doit recevoir l'accord des autres régions. Le président des Pays de la Loire exige la protection du label « Loire » : l’opposition de cette région voisine interdit alors le passage du nom Centre au nom Centre-Val-de-Loire. Le changement de label, bien que parfois évoqué, n'a depuis jamais été soumis au vote.

Désormais, la cohabitation au sein de cette région est apaisée, les rivalités ont diminué, les universités d'Orléans et Tours se réunissant même pour créer le PRES Centre - Val de Loire Université.

Néanmoins, la réforme des collectivités territoriales et notamment la question du rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne impliquent la recomposition du Grand-Ouest et la création d'une possible région « Val de Loire » qui réunirait à l'actuelle région Centre, l'Anjou et le Maine.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et élections[modifier | modifier le code]

Élection / collectivité Droite Gauche
Élection présidentielle de 2012 (2ndtour) 50,56 % (Nicolas Sarkozy) 49,44 % (François Hollande)
Conseil régional 21 (UMP-UDI), 7 (FN) 49 (PS-PCF-PRG-EELV)
Conseils généraux 4 (Eure-et-Loir, Indre, Loir-et-Cher, Loiret) 2 (Cher, Indre-et-Loire)
Députés 12 (UMP), 2 (UDI) 8 (PS), 1 (PCF)
Sénateurs 9 (UMP) 2 (UDI) 1 (MoDem) 4 (PS), 1 (PCF)
Villes chefs-lieux de département 5 (Bourges, Chartres, Châteauroux, Orléans, Tours ) 1 ( Blois )

Coopération décentralisée[modifier | modifier le code]

Le Centre et la région de Mopti (Mali) ont signé un accord de coopération décentralisée en décembre 2005. Dans le cadre de cette coopération, le projet « Loire-Niger ». Un autre accord a été signé avec la région du Gorgol en Mauritanie[6].

Économie[modifier | modifier le code]

Le Centre est la première région céréalière en Europe et la sixième région industrielle française.

Une agence de développement économique, appelée Centréco, a été créée en 1994 par le Conseil régional du Centre pour favoriser la venue d'investissements et l’implantation de nouvelles entreprises en région Centre. Celle-ci assure une mission d’information et de promotion économique en France et à l’international, d’accompagnement d’entreprises régionales à l’export et de valorisation des produits régionaux via une signature régionale, © du Centre.

Énergie[modifier | modifier le code]

La principale production d’énergie centraise est d’origine nucléaire et ne sert pas exclusivement le niveau régional. Quatre centrales — Chinon, Saint-Laurent-des-Eaux, Belleville et Dampierre — représentent la quasi-totalité[réf. souhaitée] de la production énergétique régionale et produisent 15 % de l’énergie nucléaire française. La proximité de l'Île-de-France, forte consommatrice d’électricité a justifié l’implantation de ces centrales[réf. souhaitée]. Pour le transport de l'énergie, un réseau dense de lignes électriques de hautes et très hautes tensions est présent sur tout le territoire régional (4 382 km au 1er janvier 2002). Il y a trois barrages hydroélectriques sur l’Indre.

La consommation régionale représente 4 % de la consommation d’énergie nationale ce qui reste proportionnel à la population. La tendance globale est à l’augmentation de la consommation liée, entre autres, à l’évolution des comportements individuels.

Les ressources utilisées sont les produits pétroliers, le gaz naturel et l’électricité nucléaire. La consommation de gaz naturel et d’énergie nucléaire a presque doublé en 16 ans (pour la période 1982/1998)[réf. souhaitée].

Le potentiel d’énergies renouvelables disponibles a été estimé à plus de 900 ktep/an (Tonne d'équivalent pétrole) sachant que la consommation totale est évaluée à 6 millions de Tep.

Le bois est le premier gisement d’énergie renouvelable centrais. Le taux de boisement atteint 22 % et a connu un accroissement de 40 % en un siècle. La région compte 650 entreprises d’exploitation ou de scierie. L’usage de la paille peut également être associé à la filière bois.

La région est la première productrice de colza, elle produit également du diester (additif du gazole à hauteur de 5 %) et de l’éthanol (à partir de blé ou de betterave) permettant la création de biocarburants.

Il existe par ailleurs une petite production de pétrole dans le département du Loiret, d'environ 45 000 tonnes par an (soit moins de 1000 barils/jours)[7].

En 2006, le Centre est la première région en termes de production d'électricité éolienne avec une capacité de près de 244 Mégawatt. L'Eure-et-Loir représente près de 67 % de ce total avec 77 éoliennes installées[8].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Centre.

Le Centre a connu une forte croissance démographique. La population de l’axe ligérien est près de dix fois supérieure à celle du siècle dernier. Environ 10 % de la population de la région habite en zone inondable. Orléans, par exemple, s’est développé beaucoup plus vite en zone inondable qu’en zone non inondable. Une crue similaire à la grande crue de 1856 provoquerait en région des dommages estimés à 5 milliards d’euros touchant 300 000 personnes, 13 600 entreprises sur 110 000 hectares.

Lors du recensement partiel de 2004, le Centre a gagné 40 000 habitants par rapport au chiffre de 1999, pour atteindre 2 480 000 habitants. Le taux de croissance reste stable autour de 0,32 %, inférieur aux chiffres nationaux. Au niveau population, la région est la treizième (sur 22).

Le recensement de 2007, dénombre dans la région 2 526 919 habitants.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Centre.

Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

La cathédrale de Chartres, l'une des plus grandes cathédrales de la France, connue pour ses vitraux et sa nef gothique, est construite au début du XIIIe siècle et inscrite au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979. La Cathédrale Saint-Étienne de Bourges est également inscrite depuis décembre 1992 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Celles d'Orléans et de Tours sont d’autres exemples d'art gothique.

À la fin du Moyen Âge, la Renaissance transformait l'architecture, les châteaux de la Loire comme cette tendance de l'art, surtout le château de Chambord, le plus grand d'entre eux. Construit entre 1515 et 1521, le château de Chenonceau compte parmi les plus anciens bâtiments de la Loire. Il était fameux en raison de ses fêtes pendant le XVIe siècle. Les « femmes de Chenonceau », ses habitants pour longtemps, sont bien connus : Catherine de Médicis et Diane de Poitiers (respectivement épouse et favorite de Henri II). Le Palais Jacques-Cœur à Bourges du XVe siècle préfigure les hôtels particuliers qui fleuriront à la Renaissance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Conseil Général du Loiret, « À la rencontre du balbuzard pêcheur » (consulté le 14 janvier 2008)
  2. Lancement de l’élaboration du Schéma Régional de Cohérence Écologique (SRCE) 2010/01/21 ]
  3. [PDF]Conservatoire botanique national du bassin parisien, délégation Centre, « Inventaire de la flore du Loiret, document des correspondants 2005 », Muséum national d'histoire naturelle,‎ 2005 (consulté le 14 janvier 2008)
  4. Deux villes, deux stratégies - article de L'Express du 6 mars 2003.
  5. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/12/MILIEU/15968 Identité de la région Centre
  6. La région du Gorgol en Mauritanie [1]
  7. [2]
  8. La République du Centre, 30 janvier 2007, p III

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]