Château du Clos Lucé

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Château du Clos Lucé
Image illustrative de l'article Château du Clos Lucé
Château du Clos Lucé
Période ou style Renaissance
Type Château
Propriétaire actuel Famille Saint Bris
Protection Logo monument historique Classé MH (1869)
Coordonnées 47° 24′ 37″ N 0° 59′ 31″ E / 47.4102, 0.99247° 24′ 37″ Nord 0° 59′ 31″ Est / 47.4102, 0.992  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Touraine
Région Centre
Département Indre-et-Loire
Commune Amboise

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château du Clos Lucé

Le château du Clos Lucé, appelé autrefois le manoir du Cloux, est une demeure située en France, dans le centre ville d'Amboise au cœur du Val de Loire, Patrimoine mondial de l'Unesco. C'est là que Léonard de Vinci, invité par François Ier, vécut trois ans, de 1516 à sa mort le 2 mai 1519. Il a été construit en 1500

En tant que maison de Léonard de Vinci, il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1869[2].

Le Château du Clos Lucé est aujourd'hui un lieu d'interprétation, de connaissance et de synthèse qui a pour vocation de permettre au plus large public de découvrir l'univers de Léonard de Vinci. On y découvre tout l'univers de Léonard de Vinci. Il est situé dans le centre ville d'Amboise.

Histoire[modifier | modifier le code]

Du Moyen Âge à la Renaissance[modifier | modifier le code]

Le Chastelet du Cloux était un ancien fief relevant du château d'Amboise[3]. La terre de Lucé a été annexée au clos dès le XIVe siècle. Par acte du 26 octobre 1460, Pierre du Perche céda à Marc Rabouin le lieu du Cloux et reçut en échange la Grange-aux-Lombards.

Ce domaine passe peu de temps après aux mains des religieuses du prieuré de Moncé, qui le vendirent, par acte du 26 mai 1471, à Étienne le Loup, maître d'hôtel et premier huissier d'armes[4], puis conseiller du roi Louis XI et bailli d’Amboise. Les bâtiments tombant en ruine, c'est lui qui donna au Clos Lucé son aspect actuel, avec « sa tour carrée, sa guette, reliée à l'aile droite du bâtiment par une galerie couverte, (...) ses murs bientôt percés de fenêtres gothiques[5] ».

Le logis s’organise autour d’une tour d’angle octogonale abritant un escalier à vis entouré de deux bâtiments à deux étages construits en équerre. L’élégante façade de briques roses et de pierre de tuffeau  porte la marque architecturale du XVe siècle.

Le 22 novembre 1490, Charles VIII racheta le Clos Lucé à Étienne Le Loup pour la somme de 3 500 écus d’or. Charles VIII transforme la forteresse médiévale en château d’agrément.Le château devient alors la résidence d’été des rois de France. Charles VIII y fit construire un oratoire pour son épouse, Anne de Bretagne qui y vécut jusqu'à son départ pour le château royal de Blois. L'oratoire contient des peintures murales réalisées par la suite, par les disciples de Léonard de Vinci: une Annonciation, un Jugement dernier et une la Vierge de lumière située au-dessus de la porte, qui aurait donné son nom au Clos Lucé.

Charles IV d'Alençon et Marguerite de Valois s'y installèrent en 1509. En 1515, le duc d'Alençon vendit le Château du Clos Lucé à la mère de François Ier, Louise de Savoie.

Louise de Savoie, régente de France, y vécut et éleva ses deux jeunes enfants, le bouillant Duc d’Angoulême, futur François Ier, et Marguerite de Navarre, femme de lettres et auteur de l’Heptaméron.

Léonard de Vinci au Château du Clos Lucé[modifier | modifier le code]

Léonard de Vinci - Autoportrait - Bibliothèque Royale de Turin.

En 1516, âgé de 64 ans, Léonard de Vinci quitte Rome, traverse l'Italie à dos de mulet en apportant dans ses sacoches de cuir tous ses carnets de dessins et trois tableaux célèbres : La Joconde, La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne et Saint Jean Baptiste. Ces trois tableaux sont aujourd'hui conservés au Musée du Louvre. Ses disciples Francesco Melzi et Salai l'accompagnent en France, ainsi que de son serviteur, Batista de Vilanis. Le roi lui donne une pension de 1000 écus d’or et met à sa disposition le Château du Clos Lucé. Il le nomme "Premier Peintre, Ingénieur et Architecte" du Roi. Au Château du Clos Lucé, Léonard de Vinci est très prolifique.Il travaille à de nombreux projets : organise les fêtes de la Cour à Amboise, conçoit les plans de la cité idéale de Romorantin et l'escalier à double révolution de Chambord. Il projette de relier le Val de Loire au Lyonnais par un système de canaux.

Le 15 octobre 1517, Léonard de Vinci reçoit la visite du cardinal Louis d'Aragon[6]. Son secrétaire Antonio de Beatis, décrit cette visite dans son Itinerario :

« Messer Léonard de Vinci, âgé de plus de 70 ans, excellentissime peintre de notre époque, qui montra trois tableaux à Notre Seigneurie, un d'une Dame florentine, faite au naturel, à la demande de feu le Magnifique Julien II, un autre de saint Jean-Baptiste jeune, et une Vierge à l'Enfant, qui sont sur les genoux de sainte Anne ; les trois sont d'une rare perfection. Il est vrai qu'en raison d'une paralysie de la main droite, on ne peut plus attendre de chef-d'œuvre de sa part[7].

Le 19 juin 1518, Léonard de Vinci organise une fête au Château du Clos Lucé pour remercier le roi de ses bienfaits. Elle reprend certaines des idées que Léonard de Vinci avait utilisées pour la Fête du Paradis à Milan, le 13 janvier 1490 (Festa del paradisio, pièce du poète Bernardo Bellincioni (en))[8]. Une machinerie évoquait la course des astres : un chapiteau fut monté et une toile peinte en bleu fut dressée, figurant la voûte céleste avec les planètes, le soleil, la lune et les douze signes du zodiaque.

Galeazzo Visconti rapporta dans une lettre que “le roi fit banquet dans une fête admirable […]. Le lieu en était le Cloux, très beau et grand palais. La cour était recouverte de draps bleu-ciel, puis il y avait les principales planètes, le soleil d’un côté et la lune du côté opposé […]. Il y avait 400 candélabres à deux branches, et tellement illuminés, qu’il semblait que la nuit fut chassée”.

Léonard de Vinci s'éteint dans sa chambre du Château du Clos Lucé le 2 mai 1519, léguant ses manuscrits, carnets de dessins et croquis à son disciple bien-aimé, Francesco Melzi. Cette scène fait l'objet de nombreux tableaux, notamment "La mort de Léonard de Vinci" de J.A D Ingres, aujourd'hui conservé au Petit Palais.

De la Renaissance à nos jours[modifier | modifier le code]

Après la mort de Léonard de Vinci, Louise de Savoie reprit possession des lieux. Philibert Babou de La Bourdaisière et son épouse, surnommée la belle Babou (une des favorites de François Ier), y résidèrent à partir de 1523. Michel de Gast, Capitaine des Gardes d’Henri III, qui participe à l’assassinat du Cardinal de Guise, devint le propriétaire du domaine du Clos Lucé en 1583.

Le château revint ensuite dans la Maison d'Amboise en 1632, par le mariage d'Antoine d'Amboise avec la petite-fille de Michel de Gast. Il resta dans la famille d'Amboise jusqu’en 1832.

Le château est la propriété de la famille Saint Bris le 30 juillet 1855[9]. Hubert Saint Bris décide de l’ouvrir au public en 1954[10].

Description du château aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le château est situé au cœur d’un parc de 7 hectares traversé par l’Amasse, un petit affluent de la Loire. La façade, en briques roses et pierres blanches, n’a pratiquement pas été modifiée depuis la Renaissance. On découvre la chambre de Léonard de Vinci, sa cuisine, la salle du Conseil, l’oratoire d’Anne de Bretagne et la chambre de Marguerite de Navarre.

La chambre où mourut Léonard de Vinci et la chambre de Marguerite de Navarre, restaurées en 2011, se trouvent au premier étage.

Quarante maquettes réalisées par IBM d’après les dessins de Léonard de Vinci sont présentées au rez-de-chaussée. Des animations 3D sont également présentées dans les salles des maquettes. Elles permettent de comprendre le fonctionnement des inventions de Léonard et de les voir s’animer.

Un parcours culturel a été mis en place dans le parc du Château du Clos Lucé en 2003 par Jean Saint Bris, avec des bornes sonores et 20 machines géantes inspirées de ses croquis. Un jardin présente les travaux de Léonard sur les plantes, ainsi qu'un pont à deux niveaux, récemment réalisé d'après un croquis de l'artiste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. « Notice no PA00097504 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. A foi et hommage-lige et un épervier par an !
  4. J-X Carré de Busserole, Dictionnaire Géographique Historique et Biographique d'Indre et Loire et de l'ancienne province de Touraine, Tome 2, 1882, p. 325
  5. Marguerite Coleman, Histoire du Clos-Lucé, Tours, 1937.
  6. Sur Louis d'Aragon: André Chastel, Le Cardinal Louis d'Aragon, un voyageur princier de la Renaissance, Fayard, 1986.
  7. Le manuscrit de l’Itinerario se trouve à la Bibliothèque Vittorio Emmanuelle III de Naples. Il y est conservé sous la côte ms. XF28.
  8. Lettre de Galeazzo Visconti (ambassadeur de Mantoue à la cour de France) à Francesco Gonzaga.
  9. Marguerite Coleman, Histoire du Clos-Lucé, Arrault et Cie, Tours, 1937, pp. 93-94
  10. Gonzague Saint Bris, Léonard de Vinci ou le génie du roi au Clos Lucé, Editions CLD, 2005

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marguerite Coleman, Histoire du Clos Lucé, Arrault et Cie, Tours, 1937
  • Gonzague Saint Bris, Léonard de Vinci ou le génie du roi au Clos Lucé, CLD, 2005 (ISBN 9782854434484)
  • Les Pensées de Léonard de Vinci, ed. Château du Clos Lucé.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]