Palais Jacques-Cœur

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Palais Jacques-Cœur
Image illustrative de l'article Palais Jacques-Cœur
Façade intérieure et tour d'escalier principal du Palais Jacques-Cœur
Nom local Hôtel Jacques-Cœur
Période ou style Gothique tardif
Type hôtel particulier
Début construction 1443
Fin construction 1451
Propriétaire initial Jacques Cœur
Destination initiale Lieu d'habitat
Propriétaire actuel État français
Destination actuelle En restauration
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Coordonnées 47° 05′ 05″ N 2° 23′ 39″ E / 47.084662, 2.394054 ()47° 05′ 05″ Nord 2° 23′ 39″ Est / 47.084662, 2.394054 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Berry
Région Centre
Département Cher
Commune Bourges

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Palais Jacques-Cœur

Le palais Jacques-Cœur,dit Hôtel de la Chaussée [1] situé à Bourges, est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique tardive. Cet édifice naît de la volonté du riche marchand Jacques Cœur de bâtir une « grand’ maison » dans sa ville natale. Cette bâtisse du XVe siècle préfigure les hôtels particuliers qui fleuriront à la Renaissance. Toutefois, l’argentier de Charles VII n’y habita jamais.
C'est, par l'élégance de son architecture, la richesse et la variété de sa décoration, que ce palais est considéré comme l'un des plus beaux et des plus somptueux édifices civils de l'époque gothique.
Commencée en 1443, cette splendide demeure fut pratiquement achevée en moins de dix ans, pour un coût de 100 000 écus d'or. Jacques Cœur, tombé en disgrâce en 1451, n'en profita guère, puisqu'il fut emprisonné durant trois ans, avant de s'évader et se réfugier dans les îles grecques où il mourut en 1456. Restitué à ses héritiers dès l'année suivant sa mort, le palais connut des fortunes diverses.Acquis par Claude de L'Aubespineet de son frère évêque de Limoges.[2] , Il fut brièvement propriété de Jean-Baptiste Colbert en 1679 et fut acquis peu après par la ville de Bourges. Acheté par l'État en 1925, il a été depuis complètement restauré. Le palais Jacques-Cœur fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[3]. Le palais, propriété de l’État, est géré, animé et ouvert à la visite par le centre des monuments nationaux.

Description[modifier | modifier le code]

« Ce palais de Bourges, auquel j'avais jusque-là prêté peu d'attention et dont j'avais décidé la création pour faire plaisir à Macé, avait pris en moi une place inattendue. [...] Macé pourrait laisser voir à tous l'imposante muraille d'un château digne de nous et témoin de notre nouvelle puissance. Mais en arrivant par l'autre côté, dans les ruelles qui descendent de la cathédrale, là où j'ai passé mon enfance noire et grise, j'aurai le bonheur d'avoir fait surgir une image en pierre de l'avenir, le témoignage que la vie peut être autre, et pas seulement ailleurs. Sitôt franchi la porte de ce côté, porte modeste comme celle des palais d'Italie, on entrerait dans une cour et j'imaginais un logis gai, percé d'immenses ouvertures, où le peu de murs visibles serait orné de sculptures, de fines colonnettes, de fresques... »

— Jean-Christophe Ruffin, Le grand Cœur[4].


« J'aimais profondément cet édifice. [...] Sa division entre deux mondes, d'un côté l'ancien, qui l'apparent à une demeure seigneuriale, de l'autre un air d'Italie et déjà des raffinements orientaux. Partout, des souvenirs de mes voyages, ces palmiers sculptés sur la porte, les naves dessinés sur les vitraux et ces figures en pierre de mon régisseur et notre plus ancienne servantes qui m'attendent, penchés à la fenêtre... »

— Jean-Christophe Ruffin, Le grand Cœur[5].

Historique[modifier | modifier le code]

La construction du bâtiment débuta en 1443 et semble juste terminée en juillet 1451 lorsque Jacques Cœur fut arrêté. Le palais fut alors confisqué, avec tout son mobilier, par la couronne.

Le palais L'Aubespine[modifier | modifier le code]

Ne trouvant pas d'acquéreur, le roi le rendit finalement en 1457 aux fils de Jacques Cœur, Henri, Ravan et Geoffroy. Il fut revendu en 1501 par le fils de Geoffroy à un notable local, Antoine Turpin qui le revendit lui-même en 1552 à Claude de L'Aubespine, secrétaire d'État et des finances. Le palais connut alors pendant plus de cent ans la vie animée et brillante des gens du pouvoir.

Le bâtiment administratif[modifier | modifier le code]

Adjugé par décret judiciaire au ministre Jean-Baptiste Colbert en 1679, il fut rétrocédé à la municipalité de Bourges le 30 janvier 1682. Celle-ci y installa divers services administratifs et judiciaires. La demeure ne fut par la suite que peu modifiée même si la Révolution occasionna la destruction de bas-reliefs divers et surtout celle de la statue équestre de Charles VII qui occupait le dais du porche d'entrée depuis l'origine.

La lente destruction évitée[modifier | modifier le code]

Le palais en 1890

C'est l'installation de la Cour d'appel et des tribunaux en 1820 qui entraîna les plus graves destructions dans le bâtiment : l'intérieur fut remodelé au fur et à mesure des besoins d'espace sans respect pour les décorations existantes, des fenêtres furent ouvertes, etc. Prosper Mérimée le dénonça dès 1837 et le bâtiment fut classé monument historique en 1840. Une campagne de restauration commença alors et se poursuivit jusqu'en 1885. Malgré une réfection importante des façades et une reconstitution ambitieuse de l'intérieur, cette restauration ne fut pas exempte d'erreurs comme la suppression arbitraire de la toiture conique du donjon par l'architecte Paul Bœswillwald.

Les restaurations[modifier | modifier le code]

En 1920, la Cour d'appel et les tribunaux quittèrent enfin le bâtiment. L'hôtel Jacques Cœur continue à porter l'appellation de Palais en référence à cette ancienne utilisation. L'État se porta acquéreur de l'ensemble du bâtiment en 1923 et une restauration reposant sur des bases historiques sérieuses fut menée de 1927 à 1937 sous la direction des architectes Henri Huignard et Robert Gauchery. L'état actuel des bâtiments en est le résultat direct.

Depuis 1999, un nettoyage des façades est en cours.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Yves Ribault, Le palais Jacques-Cœur, Éditions du Patrimoine, Paris (France), mars 2001, ISBN 978-2-85822-609-2
  • Jean Mesqui, 3. L'étuve du Palais Jacques Cœur de Bourges (Cher), p. 29-31, Bulletin Monumental, année 2001, no 159-1

Persée texte

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]