Le Roman de Silence

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Le Roman de Silence
Auteur Heldris de Cornouailles
Genre roman
Pays d'origine France
Date de parution XIIIe siècle

Le Roman de Silence est un roman de Heldris de Cornouailles, du XIIIe siècle, en vers octosyllabiques.

Le nom de l'auteur, qui renvoie à l'univers arthurien, est sans doute un pseudonyme. Le roman raconte en effet les aventures de Cador, héritier du comté de Cornouailles, puis de sa fille Silence. Le roman mêle l'univers arthurien, dominant, à des éléments provenant des chansons de geste, des romans antiques, ou des fabliaux.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le roi d'Angleterre ayant interdit aux femmes d'hériter, Cador, comte de Cornouailles, décide, à la naissance de sa fille, de la nommer Silence et de la faire élever comme un garçon. Celle-ci devient jongleur, puis chevalier. La reine en tombe amoureuse mais Silence refuse ses avances. Après la révélation de la véritable identité de Silence par Merlin, le roi fait écarteler la reine et épouse Silence.

Le manuscrit[modifier | modifier le code]

Le texte ne nous a été conservé que par un seul manuscrit, conservé à la bibliothèque Wollaton[1] de l'université de Nottingham ; redécouvert en 1911, sa première édition moderne date de 1972.

Le manuscrit contient dix-huit histoires en français, dont sept romans et dix fabliaux : parmi ces histoires, outre le Roman de Silence, Le Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure, Ille et Galeron de Gautier d'Arras, La Chanson d'Aspremont, une partie du Roman d'Alexandre, La vengeance Raguidel, des fabliaux de Gautier le Leu.

Analyse et commentaires[modifier | modifier le code]

Le Roman de Silence s'intègre dans le débat à la mode au XIIIe siècle sur la primauté de Nature ou de Culture. En tant que fille travestie, Silence, perfection de la nature, transgresse les genres, et excelle dans ses activités masculines de jongleur puis de chevalier. La tentative de séduction de la part de la reine conduit en outre le texte à jouer avec l'interdit de l'homosexualité, ici féminine. Ces transgressions reposent sur la conservation du secret, illustration du prénom de l'héroïne, Silence. L'aveu final conduit au retour à la norme, celle de l'époque, et Silence épouse le roi[2].

Deux romans contemporains, L'Enfant de sable (1985) de Tahar Ben Jelloun et Le Chevalier Silence (1997) de Jacques Roubaud, présentent des similitudes avec le texte médiéval.

Références[modifier | modifier le code]

  1. WLC/LM/6: French Romances and Fabliaux
  2. Florence Bouchet, « Le silence de la travestie : un extrait du Roman de Silence (XIIIe siècle) traduit de l’ancien français », 3-6.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Édition et traduction[modifier | modifier le code]

  • Le Roman de Silence. A Thirteenth Arthurian Verse-Romance by Heldris de Cornuälle, éd. L. Thorpe, Heffer & Sons, 1972.
  • Le Roman de Silence, trad. Florence Bouchet, dans Récits d'amour et de chevalerie, XIIIe ‑ XVe siècle, Robert Laffont, « Bouquins », 2000.
    • Florence Bouchet, « Le silence de la travestie : un extrait du Roman de Silence (XIIIe siècle) traduit de l’ancien français », Clio. Histoire, femmes et sociétés, numéro 10-1999, Femmes travesties : un « mauvais » genre. [lire en ligne]

Études[modifier | modifier le code]

  • Catherine L. White, « Women and Their Fathers in Three French Medieval Literary Works », Medieval Feminist Forum, 24, n° 1, 42-45, 1997. [lire en ligne]
  • Kristin L. Burr, « A Question of Honor: Eufeme's Transgressions in Le Roman De Silence », Medieval Feminist Forum, 38, n° 1 , 28-37, 2004. [lire en ligne]
  • Silvère Menegaldo, Danièle James-Raoul, « Heldris de Cornuälle, Le roman de silence », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, 12 | 2005. [bibliographie détaillée]
  • Silvère Menegaldo, « Merlin et la scolastique », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, 12 | 2005. [lire en ligne]
  • Danièle James-Raoul, « La poétique de la lettrine dans Le Roman de Silence », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, 12 | 2005. [lire en ligne]
  • Michèle Perret, "Travesties et transsexuelles : Yde, Silence, Grisandole, Blanchandine", Romance Note (XXV, 3) 1985, pp.328-340. (Sur le langage de la différence des sexes).
  • F. Regina Psaki, « Un coup de foudre », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, 13 | 2006. [lire en ligne]
  • Renee Scherer, « From Midrashim to Merlin: the "Translation" of Jewish Commentaries in Heldris de Cornuälle's Le Roman de Silence », The Delta, vol. 2, n° 1, 2007. [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]