Jean le Bel

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Jean le Bel, aussi connu sous le nom de Jean Lebel ou de Jehan le Bel, est un chroniqueur liégeois du Moyen Âge, né à Liège vers 1290 et mort vers 1370, chanoine de Saint-Lambert de Liège. Il a été qualifié par Henri Pirenne de premier grand prosateur du XIVe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacques de Hemricourt a fait son éloge dans le Miroir des nobles de Hesbaye. Fils d'un échevin de Liège, il est signalé comme participant à la vie publique dès 1313. Il alla en Angleterre en 1327 et prit part à la campagne militaire contre Robert Bruce, avec son frère Henri le Bel. Il devint un proche de Jean de Beaumont, fils du comte Jean Ier de Hainaut. Malgré son titre de chanoine de la cathédrale Saint-Lambert de Liège, c'était un homme très mondain et profane, combattant à l'occasion, menant joyeuse vie, ayant eu des enfants hors mariage (des jumeaux, qu'il reconnut, nés d'une demoiselle de bonne famille, alors qu'il était lui-même d'âge plus que mûr). Il avait composé une œuvre poétique importante, mais elle est perdue.

Dans son ouvrage intitulé Vrayes chroniques (en fait Vraye hystoire du roi Edwart), commencé en 1357, il relate la première partie de la guerre de Cent Ans (la période qui va de 1326 à 1361, avec une interruption brusque du récit à la fin). Il définit lui-même son sujet comme l'histoire du règne d'Édouard III d'Angleterre. C'est le récit très vivant, en dialecte wallon, des événements dont il fut contemporain, surtout de l'histoire militaire, en partie d'après ses souvenirs, en partie d'après le rapport de témoins oculaires. Son style remarquable fit son succès. Jean Froissart s'en inspira très largement pour la rédaction de toute la première partie de ses Chroniques :

« Pour encourager tous les nobles cœurs et montrer un exemple en matière d'honneur, moi Jean Froissart, je commence à parler, d'après la relation de Monseigneur Jean le Bel, jadis chanoine de Saint-Lambert de Liège... » Jean Froissart, prologue des Chroniques.

Une partie de la Chronique de Jean le Bel se trouve aussi dans la compilation de Jean d'Outremeuse intitulée Myreur des hystoirs.

Son regard lucide, objectif et son talent font de Jehan le Bel une des sources les plus importantes dans l'étude de la première phase de la guerre de Cent Ans.

La Chronique de Jean le Bel a longtemps été considérée comme perdue, sans doute victime du succès de celle de Froissart, qui la reprend très largement. Elle a été retrouvée en 1861 par le chartiste Paul Meyer dans un manuscrit de la Bibliothèque municipale de Châlons-en-Champagne, et on ne connaît à ce jour que ce seul manuscrit.

Édition[modifier | modifier le code]

  • Jules Viard et Eugène Déprez (éd.), Chronique de Jean le Bel, pour la Société de l'Histoire de France, Paris, Laurens, 1907.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicole Chareyron, Jean Le Bel. Le maître de Froissart, grand imagier de la guerre de Cent Ans, Bibliothèque du Moyen Âge n°7, Bruxelles, De Boeck-Université, 1996.

Homonymie[modifier | modifier le code]

On conserve une Chronique de Richard II depuis l'an 1377 jusques en l'an 1399, dont l'auteur, dans le prologue, se nomme « Jean le Bel, jadis chanoine de Saint-Lambert de Liège ». Ce n'est évidemment pas le même. Jean Alexandre Buchon, qui a édité ce texte dans sa Collection des chroniques nationales françaises en 1826, pensait qu'il s'agissait d'un petit-fils du premier, par l'un de ses fils naturels. Selon Joseph Kervyn de Lettenhove, il s'agit d'une simple confusion, l'auteur ayant reproduit maladroitement le prologue de Froissart au début de son texte.

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