Yvain ou le Chevalier au lion

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Yvain ou le Chevalier au lion
Image illustrative de l'article Yvain ou le Chevalier au lion
Fresque inspirée du conte d’Yvain au château de Rodengo (XIIIe siècle)

Auteur Chrétien de Troyes
Genre Roman courtois
Pays d'origine France
Date de parution XIIe siècle
Chronologie
Précédent Lancelot ou le Chevalier de la charrette Perceval ou le Conte du Graal Suivant

Yvain ou le Chevalier au lion est un roman de chevalerie de Chrétien de Troyes. « Le Chevalier au lion » est l'autre nom de messire Yvain dans les romans courtois, ayant trait aux chevaliers de la Table Ronde.

Écrite vers 1176 en octosyllabes, l'œuvre de Chrétien de Troyes puise son inspiration dans la matière de Bretagne, et probablement à la même source que le conte gallois Owein (ou Le Conte de la Dame à la fontaine), qui ne lui serait pas antérieur, mais aurait été davantage composé d'après une source commune dont il ne reste aucune trace. Cette œuvre nous est connue grâce à neuf manuscrits différents[1]. Le roman a en outre inspiré l'auteur Hartmann von Aue qui l'a adapté en allemand sous le titre d'Iwein.

Selon Jean-Pierre Foucher, « l'auteur appréciait Yvain comme son meilleur roman courtois[2]. »

Résumé[modifier | modifier le code]

Yvain secourant la damoiselle. Enluminure tirée d'une version de Lancelot du Lac du XVe siècle.

L'histoire commence à la cour du Roi Arthur où le chevalier Calogrenant raconte l'aventure qui lui est arrivée. Il raconte qu'alors qu'il était en quête d'aventure, il fut une nuit hébergé dans un château, où le seigneur des lieux lui expliqua comment trouver ce qu'il cherchait. Après de nombreuses hésitations, son hôte lui indiqua alors une route qu'il devrait suivre, jusqu'à croiser la rencontre d'un vilain (c'est-à-dire un paysan libre), un rustre hideux qui lui indiquerait le chemin d'une fontaine merveilleuse abritée par un pin. L'homme osant verser l'eau de la fontaine sur le perron s'exposerait alors aux plus grands dangers, causant une tempête à la violence inouïe, immédiatement suivie d'autres merveilles. Le lendemain, Calogrenant reprit sa route, rencontra le rustre et versa l'eau de la fontaine sur le perron. La tempête une fois déclenchée, détruisit les récoltes du pays, et causa la mort de tout homme, femme ou enfant surpris dehors. Une fois les éléments apaisés, la merveille se produisit lorsqu'un nombre innombrable d'oiseau aux chants merveilleux vinrent se poser sur l'arbre. Surgit alors un chevalier noir qui combat Calogrenant, le jette à terre et l'humilie en lui volant son cheval, l'obligeant ainsi à s'en retourner à pied.

La reine Guenièvre, réveillée et attirée par l'histoire, l'écoute. Yvain déclare vouloir venger son cousin Calogrenant. Yvain décide de partir en cachette dans la forêt de Brocéliande, avant Arthur et sa cour. Arrivé à la fontaine, il combat ainsi le chevalier Esclados Le Roux. Celui-ci, touché à mort, s'enfuit. Yvain le poursuit et se trouve bloqué dans le château. Grâce à une servante, Lunette, qui lui donne un anneau d'invisibilité, Yvain réussit à échapper aux serviteurs qui le recherchent pour l'achever. Lunette l'avait rencontré auparavant et s'est souvenue de sa gentillesse et décida donc d'aider Yvain.

Représentation de Yvain sauvant le lion et combattant le serpent / griffon. Décor sculpté de l'un des chapiteaux de la grande cheminée du château de Germolles.
Yvain combattant Gauvain.
Yvain combattant un dragon.

Dans le château, il tombe amoureux de Laudine, Dame de Landuc, veuve d'Esclados Le Roux. Lunette obtient de la châtelaine qu'elle accorde un entretien à Yvain. Ce dernier la convainc qu'elle a besoin d'un chevalier comme lui pour protéger le château et la fontaine. Ils se marient. Arthur arrive avec sa cour et, après avoir reconnu Yvain, ils festoient. Mais les amis d'Yvain lui conseillent de partir faire des tournois : il ne doit pas cesser d'accomplir des prouesses pour garantir son honneur[3]. Laudine accepte, à une seule condition : Yvain doit être rentré avant un an. Elle lui donne aussi un anneau devant lui porter chance.

Mais un an plus tard, Yvain n'est pas encore rentré du fait qu'il avait oublié sa promesse. Laudine envoie alors une messagère pour reprendre l'anneau et annoncer qu'elle ne veut plus voir Yvain. Le chevalier, fou de douleur, part dans la forêt et erre pendant des mois, ayant déchiré ses vêtements et perdu la raison[4].

Une demoiselle l'ayant vu, lui donne un onguent magique confectionné par la fée Morgane pour que la folie disparaisse et qu'il se rétablisse. En se réveillant, Yvain s'habille grâce aux vêtements qu'il trouve près de lui et reprend sa route.

Sur son chemin, il assiste à un combat entre un lion et un serpent crachant des flammes gigantesques. Il choisit d'aider et de sauver le lion car il se dit que le serpent est un être malfaisant. Le lion s'attache alors à lui et le suivra partout : Yvain se fera donc désormais appeler « le Chevalier au Lion ».

Puis, il retrouve Lunette, enfermée dans une chapelle et condamnée parce qu'elle est accusée à tort de trahison envers sa dame. Yvain promet de la défendre. Mais, auparavant, il trouve refuge dans un château menacé par le géant Harpin de la Montagne ; Yvain, avec l'aide de son lion, tue ce géant arrogant. Il retourne au château de Laudine, où personne ne le reconnaît, et sauve Lunette. Une autre demoiselle vient alors lui demander son aide, car sa sœur veut la déshériter : elle a besoin d'un chevalier pour la défendre.

Yvain passe la nuit dans un château maudit, où tous les chevaliers périssent parce qu'ils doivent affronter deux démons. Grâce à l'aide de son lion, Yvain sort vainqueur de ces deux démons. Il lui faut maintenant honorer sa promesse d'aider la jeune fille déshéritée.

Yvain rejoint le royaume d'Arthur et un combat acharné commence entre les deux chevaliers qui défendent les deux sœurs. Yvain a le plus grand mal à lutter contre l'autre chevalier, qu'il finit par reconnaître comme étant Gauvain. Le roi Arthur, reconnaissant leur égale vaillance, met fin au combat et met les deux sœurs d'accord. Grâce à la force de persuasion et la ruse de Lunette, Yvain réussit encore à obtenir un entretien avec Laudine où il lui demande à être le gardien de la fontaine magique. Celle-ci lui pardonne et l'assure de son amour. Yvain et Laudine peuvent désormais vivre heureux...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Walter 1997, p. 58
  2. Jean-Pierre Foucher, Yvain, le Chevalier au Lion, Gallimard,‎ 1982
    traduction de Chrétien de Troyes
  3. Ceci rappelle l'histoire d'Érec qui perdit son honneur pour être trop longtemps resté auprès de sa dame, Énide.
  4. La folie est un thème récurrent dans les romans arthuriens, on le retrouve notamment chez les personnages de Tristan et de Lancelot.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Dufournet, Chrétien de Troyes, le Chevalier au Lion : approches d'un chef d'œuvre, Paris, Champion, coll. « Unichamp »,‎ 1988 (ISBN 2-85203-066-7)
  • Jean Frappier, Étude sur «Yvain ou Le Chevalier au Lion» de Chrétien de Troyes, Paris, Société d'édition d'enseignement supérieur,‎ 1969
  • Pierre-Yves Lambert (trad.), Owein ou Le Conte de la Dame à la fontaine, Les Quatre Branches du Mabinogi et autres contes gallois du Moyen Âge, Paris, NRF, coll. « L'Aube des peuples », 1993
  • Philippe Walter, Chrétien de Troyes, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? »,‎ 1997 (ISBN 978-2130483885)
  • Morgan Watkin, La Civilisation française dans les Mabinogion, Paris, Didier,‎ 1962
  • Brian Woledge, Commentaire sur Yvain, le Chevalier au lion de Chrétien de Troyes : vers 1-3411, t. 1, Genève, Droz, coll. « Publications romanes et françaises »,‎ 1986 (ISBN 978-2-600-02976-6)
  • Brian Woledge, Commentaire sur Yvain, le Chevalier au lion de Chrétien de Troyes : vers 3412-6808, t. 2, Genève, Droz, coll. « Publications romanes et françaises »,‎ 1988 (ISBN 978-2-600-02876-9)
  • Chrétien de Troyes, Le Chevalier au Lion, traduction en français moderne et notes de David F. Hult, Paris, Le Livre de poche, coll. « Lettres gothiques », 2007
  • (en) Tony Hunt, Chrétien de Troyes : Yvain, Le Chevalier au Lion, London, Grant & Cutler, coll. « Critical guides to French texts »,‎ 1986 (ISBN 0-7293-0239-3)

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