André le Chapelain

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Andreas Capellanus, appelé en français par une traduction de son nom André le Chapelain, a écrit au XIIe siècle un traité intitulé ordinairement De Amore, et souvent traduit, de façon quelque peu fautive, Traité de l'Amour courtois, bien que son ton réaliste, voire cynique indique que, dans une certaine mesure, il se veut un antidote à l'amour courtois. On ne sait rien de la vie d'André le Chapelain, mais on suppose qu'il faisait partie de la cour de Marie de Troyes, et qu'il était probablement d'origine française.

Œuvre[modifier | modifier le code]

De Amore a été écrit à la demande de Marie de Troyes, fille du roi Louis VII et d'Aliénor d'Aquitaine. Une allusion dans le texte à la « richesse de la Hongrie » a suggéré l'hypothèse qu'il aurait été écrit entre 1184, au moment où Béla III de Hongrie avait envoyé à la cour de France un état de ses richesses et proposé le mariage avec Marguerite de France, la sœur de Marie, et 1186, date avant laquelle sa proposition a été acceptée.

Le Traité de l'Amour courtois (en latin, De Arte honeste amandi ou De Amore) connaît une importante diffusion au cours de l’époque médiévale. Dans la seconde partie du traité, « Comment maintenir l'amour ? », l’auteur expose 21 « jugements d’amour » qui auraient été prononcés par certaines des plus grandes dames du royaume de France : sept de ces jugements sont attribués à Marie de France, comtesse de Champagne, trois à sa mère, Aliénor d'Aquitaine, trois autres à sa belle-sœur, la reine de France Adèle de Champagne, deux à sa cousine germaine, Élisabeth de Vermandois, comtesse de Flandre, un à l'« assemblée des dames de Gascogne » et cinq à Ermengarde de Narbonne (jugements 8, 9, 10, 11 et 15)[1], qui est la seule dame nommément désignée par l'auteur qui ne soit pas apparentée aux autres[2]. En dépit du caractère probablement fictif de ces jugements, ils attestent de la renommée acquise par Ermengarde dans le domaine de l’amour courtois, même dans l’ère culturelle de la langue d'oïl.

John Jay Parry, éditeur de De Amore, cite Robert Bossuat, qui décrit ce traité comme « une de ces œuvres capitales qui reflètent la pensée d'une grande époque, une œuvre qui explique le secret d'une civilisation ». On peut la considérer comme didactique, satirique, ou simplement descriptive ; en tout état de cause, elle préserve les attitudes et les pratiques qui constituaient le fondement d'une tradition longue et importante dans la littérature occidentale.

Le système social de l'« amour courtois », peu à peu élaboré par les troubadours provençaux à partir du milieu du XIIe siècle, connut une extension rapide. Un des cercles dans lesquels cette poésie et son éthique ont été cultivés était la cour d'Aliénor d'Aquitaine (elle-même petite-fille d'un des premiers poètes troubadours, Guillaume IX d'Aquitaine). On a soutenu que De Amore codifie la vie sociale et sexuelle de la cour d'Aliénor à Poitiers, entre 1170 et 1174, mais il a été manifestement écrit au moins dix ans plus tard et, semble-t-il, à Troyes. Il traite de plusieurs thèmes spécifiques qui faisaient l'objet d'un débat poétique entre troubadours et trobairitz à la fin du XIIe siècle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. lamop.univ-paris1.fr, « André le Chapelain », sur Le comté de Champagne et de Brie au Moyen Âge,‎ 20 septembre 2003 (consulté le 3 janvier 2006).
  2. John Jay Parry, « Introduction », dans John Jay Parry, traducteur, The Art of Courtly Love by Andreas Capellanus, Columbia University Press, New York, réédition, 1990 (1941, 1959, 1969), p. 20.